Commentaire d'auteur :

Hello mes petits niffleurs! :D j'espère que Noël c'est bien passé pour vous et que vous avez eut ce que vous vouliez comme cadeaux! (personnellement je n'ai pas à me plaindre, surtout avec tous les bouquins (artbook et autre) sur les animaux fantastiques :3) En attendant nous revoilà pour un OS :)

Il est un peu en retard, je l'avais prévu pour jeudi dernier mais vous savez ce que c'est avec les fêtes! Et puis tous les ans je passe beaucoup de temps sur mon PC à écrire alors là j'ai pris quelques jours où je n'ai pas touché à cette histoire et ait profité de ma famille x) Mais dans tous les cas la voici terminée :)

Cet OS était pour une demande de MlleMau qui m'avait énormément inspirée (si tu en as des aussi lumineuses que celle-ci n'hésite pas bon sang, je suis toute ouïe!) et je suis plutôt contente du résultat, même si j'ai toujours tendance à penser que j'aurai pu mieux faire ne publiant un texte...XD J'espère qu'il vous plaira tout de même :)

Dans cet OS il s'agit bien de Grindelwald et pas du vrai Percival, même s'il possède l'apparence de ce dernier tout le long de l'histoire! :) Je sais que nous sommes très nombreux à détester ce personnage où plutôt l'acteur qui a été choisi pour l'incarner mais j'espère que ça ne vous empêchera pas de lire ce texte car j'ai adoré l'écrire! :) (Je précise donc que j'utilise autant le nom de Grindelwald que celui de Graves, ça fait plus de diversité lors de l'écrit! XD)

Tant que j'y suis, la chanson Spit It Out de IAMX m'a pas mal inspirée pour ce texte, allez y jeter un oeil, ou plutôt une oreille si vous avez le temps, les paroles se prêtent à merveille à ce texte :)

Je pense avoir fait le tour, je vous souhaite bonne lecture et vous parlerai des prochains OS à la fin de ce dernier :)


One-Shot 5 : Descente aux enfers

Le jour de leur première rencontre fut glacial, tout de neige froide qui tourbillonnait et tombait sur les passants, et le vent s'engouffrait dans leurs manteaux, glaçant les os mais surtout les lèvres et les mains devenus froides et engourdies. Credence avait ces dernières crispées sur les papiers qu'il distribuait dans la rue, une nuage blanc s'échappant de ses lèvres à chaque respiration : ces dernières étaient une véritable torture dans ce froid presque brûlant, lui qui ne portait qu'une simple veste de demi-saison : sa mère Mary Lou estimait qu'il ne méritait pas davantage, et c'était un miracle qu'il n'ait pas encore attrapé un violent rhume.

Dans cette atmosphère froide, alors qu'il tentait de rester éveiller et de continuer à faire ce pourquoi sa mère l'avait envoyé au coin de cette grande avenue, ou tout du moins tant bien que mal puisque les trois quarts des gens l'ignorait royalement, c'est à cet instant précis que Grindelwald décida de lui apparaître pour la première fois.

Il avait fallut à ce dernier quelques temps pour s'adapter à cette apparence qu'il avait choisi d'arborer et à présent que c'était chose faite, il marchait d'un pas décidé vers sa destination, vers le garçon perdu dans la foule des passants. L'esquisse d'un sourire se dessina sur ses lèvres à présent un peu plus charnues et il se planta devant le brun, qui avait le visage obstinément baissé, la tête rentrée tant bien que mal dans les épaules pour tenter de se protéger du froid. Avec lenteur, il leva une main et récupéra l'un des flyers sans y accorder grande attention, se concentrant davantage sur le fait d'effleurer les doigts du jeune homme de manière délibérée. Avec satisfaction, il fixa ce dernier lorsqu'il releva la tête d'un air légèrement surpris et le fixa une dizaine de secondes, presque suspendues dans le temps.

- Merci, souffla-t-il en glissant le papier légèrement humide à cause de la neige dans sa poche.

Sa voix, ou plutôt celle de Percival était chaude, presque une caresse pour les oreilles du brun qui lui jeta un regard confus et le regarda s'éloigner sans un mot, plus qu'intrigué par ce moment de flottement qu'il avait eu en présence de cet inconnu.


Grindelwald savait charmer les gens, attirer leur attention alors qu'il n'était qu'un inconnu pour eux. Il l'avait bon nombre de fois par le passé, s'attirer les faveurs des plus grands d'un simple sourire, d'un mot bien placé ou un geste exécuté à la perfection et ces imbéciles tombaient, hommes ou femmes, il les manipulait si facilement. Le processus était long parfois mais il atteignait son but à chaque fois et il les regardait sombrer pour lui, un sourire moqueur aux lèvres.

Avec les années, son corps n'était plus que l'ombre de lui même, la couleur chocolat presque caramel de ses cheveux devenu d'un blond presque blanc, comme rongés par l'acide et ses yeux aussi étaient plus clairs, comme aveugles même si sa vision n'était en rien altérée : il le savait, lorsqu'on s'aventurait aux bords de la magie, vers celle la plus noire possible, il y avait des conséquences, et son apparence brusquement devenue presque repoussante était l'une de ces dernières, tant et si bien que manipuler d'un sourire était devenu bien plus difficile.

C'était pour cette raison que Percival lui avait semblé parfait, il était très bien placé au MACUSA, les gens lui faisaient une confiance aveugle et surtout, il avait ce charme des gentleman des années vingt, l'air intemporel, tout en retenue et sourire en coin comme Grindewald aimait tant et usait à outrance pour rassembler de stupides sorciers à ses pieds. Cela avait été tellement simple de faire disparaître le véritable Percival, de l'enfermer où il n'était pas près de revoir la lumière du jour, tandis que lui s'appropriait sa place avec une facilité déconcertante. Avec cette apparence, il serait bien plus facile de manipuler le garçon, car il ne se leurrait pas et savait que son véritable corps n'aurait fait que l'effrayer.

Il avait vu ce dernier dans l'une de ses visions, l'Obscurus surpuissant dont il avait tant besoin, qui avait survécu pendant près de dix-huit ans et qui devait à présent posséder une force formidable : ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne s'en empare.

Durant les jours qui suivirent leur première interaction, Credence pour sa part avait remarqué cet homme présent un peu trop souvent dans son sillage, commençant à lui faire légèrement peur. Les premiers jours, il ne le remarquait pas immédiatement mais après plus d'une semaine, il pouvait distinguer le brun dans la foule de passants, l'air étrangement immobile au milieu du chemin, le regard focalisé sur lui, faisant à chaque fois courir un frisson de peur le long de son échine en se demandant ce que cet inconnu pouvait lui vouloir pour sembler le suivre de la sorte. Credence était de plus en plus terrifié car il ne pouvait en parler à quiconque, et certainement pas sa mère qui se moquerait de lui ou le frapperait pour lui faire perdre son temps avec de telles élucubrations.

Un autre matin néanmoins, plus d'une semaine après leur première rencontre, Credence vit le brun avancer cette fois encore droit vers lui tandis qu'il distribuait ces énièmes papiers : il aurait voulu fuir quelque part mais il était cloué sur place, encore plus terrifié à l'idée que sa mère, qui cette fois-là était avec lui, ne le punisse comme jamais encore elle ne l'avait fait. Gardant les lèvres serrées, tentant de raffermir sa prise sur les flyers pour empêcher ses mains de trembler, il garda la tête levée avec difficulté, fixant l'autre qui arrivait. Ce dernier posa un instant son regard sur lui sans qu'aucun mot ne soit prononcé puis récupéra un papier, et Credence en profita pour rassembler son courage à deux mains et demander :

- Qui êtes-vous?!

Il referma brutalement la bouche en se rendant compte que son ton était plus qu'accusateur et presque agressif, ce qu'il n'était absolument pas sensé faire. Il jeta un regard d'appréhension à l'inconnu, priant pour que sa mère ne l'ait pas entendu parler à ce dernier.

Le brun ne répondit rien sur l'instant, se contentant de le dévisager d'un regard sombre : il avait un sourire au coin des lèvres, à peine visible mais qui rassura légèrement le jeune homme. Ce dernier se figea néanmoins immédiatement lorsque l'autre se pencha dangereusement vers lui, envahissant brusquement son espace personnel et lui coupant la respiration, les yeux écarquillés de stupeur. Le plus vieux posa une main chaude sur son épaule, pressant cette dernière d'un geste ferme et presque possessif, approchant ses lèvres de son oreille et murmura dans un souffle brûlant :

- Je m'appelle Percival Graves, lâcha-t-il.

Il n'avait fait que répondre à sa question, mais Credence eut le souffle coupé à nouveau, perdu dans une demie réalité, et la présence de l'inconnu n'était pas inconfortable, juste terriblement intriguante et lorsqu'il reprit ses esprits et respira à nouveau, il eut à peine le temps de sentir le parfum enivrant que portait le dénommé Percival avant que ce dernier ne se retire presque brutalement, laissant son épaule libre et disparaissant dans la foule comme si rien ne s'était produit. Credence ne put s'empêcher de le suivre des yeux alors qu'il se glissait parmi les gens normaux - car, à n'en pas douter, il n'était pas de ceux qu'il pouvait compter comme étant normaux - ses yeux toujours aussi grands ouverts, se demandant ce qu'il s'était produit exactement, et il finit par jeter un coup d'oeil à Mary Lou, qui ne semblait pas avoir remarqué la scène, comme si cela ne s'était jamais produit.


Credence n'avait pas oublié le presque inconnu les jours suivants, loin de là : seulement, ses pensées étaient davantage accaparées par sa propre personne. Plusieurs fois, il était rentré un peu plus tard que prévu, n'ayant aucune montre ou quoi que ce soit d'autre pour lui indiquer l'heure, et les punitions avaient rapidement suivit, tombant sur lui comme un couperet : malheureusement, avec le froid glacial et le frottement du tissu des vêtements usés qu'il portait, les blessures passaient leur temps à se rouvrir et la souffrance était telle qu'il devait se mordre la langue jusqu'au sang pour empêcher la moindre plainte de s'échapper d'entre ses lèvres.

C'est pour cette raison que lorsqu'il vit à nouveau Percival avancer vers lui quelques jours plus tard, il fut plus que surpris, davantage concentré sur le fait de ne pas tomber raide à cause de la douleur qui iradiait de son dos et lui faisait légèrement tourner la tête. Il l'avait déjà remarqué à plusieurs reprises, à quel point la démarche de cet homme était assurée, comme s'il possédait le sol qu'il foulait de ses pas et que rien ne serait capable de se mettre en travers de sa route. De cette manière, il semblait terriblement intimidant, mais cela ne faisait qu'ajouter une prestance supplémentaire dont il ne semblait pouvoir se départir.

Lorsqu'il arriva face à Credence, ce dernier était seul dans la rue, immobile sur les pavés mouillés de neige grise, et le plus jeune jeune le regarda arriver. Cette fois-ci, ce n'était pas la peur qui le rongeait de l'intérieur, mais bien la curiosité face à cet étrange personnage qui semblait ne pas vouloir le lâcher pour une raison qui lui était totalement inconnue.

Personne ne faisait attention à ces deux hommes debout au milieu de la foule de New-yorkais, se dévisageant : avec curiosité pour l'un, et avec quelque chose qu'on ne pouvait définir venant du second. Avec lenteur, Graves baissa son regard vers les flyers et instinctivement, les mains de Credence se crispèrent sur les papiers humides, les froissant entre ses doigts sans même s'en rendre compte. Il ne savait pas qui était cet homme et malgré le fait que chaque entrevue le mettait mal à l'aise, il ne pouvait s'empêcher d'être fasciné par l'obstination de cet inconnu à l'approcher, comme s'il avait la moindre importance parmi les millions de gens qui vivaient dans cette gigantesque ville. C'était surréaliste, et il ne parvenait pas à trouver la moindre logique aux gestes de ce Percival.

Ce dernier ne se préoccupait guère des états d'âme du plus jeune en cet instant, se contentant de fixer les lignes fines qui s'étalaient sur ses mains et ses doigts telles de sinistres peintures de guerre, sauf qu'elles n'avaient rien de tout cela, ne faisant que clamer au grand jour la souffrance de Credence, et que personne ne semblait remarquer. Grindelwald n'était pas du genre à se soucier de la souffrance des autres - peut-être parce que principalement, c'était lui-même qui l'engendrait. Néanmoins, il était toujours sidéré de voir à quel point les gens "normaux" étaient doués pour ignorer la souffrance des autres, même lorsqu'elle était si visible comme les marques que possédait le plus jeune.

Il savait aussi être patient et cela s'avérait primordial alors qu'il souhaitait entrainer le brun dans son sillage, c'est pour cela qu'il prit tout le temps du monde pour attraper les mains de Credence dans les siennes, avec une douceur délibérée. Il savait que ce dernier devait le fixer d'un air incrédule, puisqu'il avait été tellement surpris que les papiers lui avait échappé, s'éparpillant dans le vent froid de l'hiver, mais il ne s'en préoccupa pas. Lentement, il caressa quelques cicatrices encore fraîches à l'aide de ses pouces et ouvrit la bouche, murmurant :

- Crois-tu aux sorciers, Credence? Crois-tu aux histoires que raconte ta mère?

Les mots s'envolèrent d'entre ses lèvres, glissant dans l'air et le plus jeune eut l'impression que ces questions étaient d'une importance capitale et plus encore, il se demanda un instant comment cet inconnu connaissait son nom. Il se sentait espionné, acculé peut-être mais il n'arrivait pas à avoir peur, seulement conscient de la manière dont Percival tenait ses mains dans les siennes, penchées sur ces dernières et tellement proche qu'il pouvait sentir son souffle chaud lui glisser entre les doigts.

Il savait qu'il devait donner une réponse, délier sa langue mais sa tentative se solda par un cuisant échec lorsque Graves releva la tête et le fixa droit dans les yeux, coupant momentanément sa capacité à communiquer correctement. Il y avait quelque chose dans le regard de cet homme d'ensorcelant, et il semblait à Credence qu'il aurait pu commander une armée par de simples mots et envoyer les gens mourir pour sa cause sans aucune difficulté. Il aurait du se souvenir de cette pensée et la prendre comme une mise en garde mais le plus jeune l'avait déjà reléguée dans son subconscient, dévorant presque le regard du plus vieux avec une avidité qui ne lui ressemblait pas : mais il avait l'impression que même s'il l'avait voulut, il n'aurait pu se détacher.

Percival finit par bouger légèrement, relevant sa main droite jusqu'à la poser d'un geste presque possessif sur la nuque de Credence, sentant avec satisfaction celui-ci tressaillir entre ses doigts. Petit à petit, il était en train de l'avoir, il le savait, et peu importe le nombre de fois où il avait agit ainsi, c'était toujours la même satisfaction qui l'animait lorsque quelqu'un tombait misérablement entre ses filets. Bougeant encore un peu, il retint le sourire sardonique qui voulait s'étaler sur son visage lorsqu'il vit le brun suivre le mouvement du bout de ses doigts par automatisme.

- As-tu peur des sorciers, Credence ?

L'interpelé retint un frisson à la manière dont l'autre murmurait son prénom, faisant rouler chaque lettre entre ses lèvres avec délectation, et le fixa à nouveau, relevant la tête alors qu'il ne cessait de fixer le sol à intervalles réguliers, apeuré d'être battu pour fixer quelqu'un trop longtemps, comme c'était déjà arrivé avec Mary Lou : tout excuse pour se défouler sur lui était bonne à prendre, selon elle.

Mais présentement, il n'avait pas peur de cet homme. Peut-être aurait-il dû, alors que ce dernier lui avait presque avoué, par ses questions plus qu'explicites, qu'il était lui-même un sorcier : et pour Credence, ce n'était pas si difficile à croire car même s'il n'avait jamais rien eut contre eux à l'inverse de sa mère, il avait parfois vu des choses trop étranges pour être expliquées autrement que par la magie. Dans tous les cas il connaissait la réponse à la question et la lâcha du bout des lèvres :

- Non.

Cette fois-ci, Graves ne retint pas le sourire moqueur qui s'étala sur son visage, étirant ses lèvres dans une grimace amusée : le garçon n'avait pas peur de la magie des autres mais avait réprimé la sienne au point de développer un Obscurus, la situation était risible. Et cet air moqueur, Credence ne parvint pas à le prendre mal où à s'inquiéter, même lorsque l'autre se pencha dangereusement vers lui. Soudainement, il n'y avait plus que Percival, comme si ce dernier avait rendu le reste du monde sourd par sa simple présence. Les bruits de la ville de New-York lui paraissaient étouffés, comme lorsque l'on est coincé dans un rêve brumeux, un entre-deux où on ne parvient pas totalement à se réveiller. Credence avait la respiration coupée, fixant d'un air éberlué son inconnu plus si inconnu que ça, surtout lorsque ce dernier était si proche et qu'il pouvait sentir son souffle sur ses propres lèvres, et la main dont le toucher brûlant semblait rendre son corps enfiévré. Il pouvait le sentir jouer d'un geste distrait avec les cheveux courts de sa nuque, avec une lenteur presque exaspérante mais qui semblait l'hypnotiser totalement. Et il se pencha encore, s'approcha de son oreille comme il l'avait fait quelques jours plus tôt, et sa réponse ne tarda plus à venir :

- Tu devrais...

Le frisson courut le long du dos de Credence et ce dernier déglutit avec difficulté : n'arrivant pas à savoir s'il était terrifié à l'idée que son interlocuteur sous-entende qu'il était dangereux, ou alors parce que la proximité de ce dernier était en train de le rendre fou. Il était enveloppé de la chaleur de ses mains, de son souffle qui tombait sur sa peau comme la caresse d'une brise d'été et son odeur qui accaparait ses sens.

Et puis, comme c'était venu tout cela s'éloigna brusquement de lui et Graves se trouvait un mètre devant lui, à bonne distance, comme s'il hésitait soudainement quant à ses gestes ou qu'il avait peur de l'effrayer. En réalité, ce n'était rien de cela mais le plus jeune se plaisait à le croire, se rassurant comme le le pouvait.

- Suis-moi, murmura Percival dans un souffle, se rapprochant à nouveau comme si sa présence pouvait le convaincre et dieu, elle le pouvait, Credence se sentait incapable de lui refuser cette demande, malgré la peur qui lui nouait l'estomac à la pensée que ce soit un quelconque piège ou que sa mère ne découvre qu'il ne faisait pas ce qu'elle lui demandait.

Il hésita tout de même un instant, mais finit par se glisser à sa suite alors qu'il disparaissait dans la foule, tentant de ne pas le perdre de vue. Credence ne savait pas exactement ce qu'il était en train de faire, se demandant si c'était une bonne idée mais il ne pouvait s'en empêcher, car l'espoir gonflait au creux de sa poitrine, traître mais bien présent, prêt à lui murmurer des merveilles, quitte à ce que la déception ne l'atteigne de plein fouet par la suite.

Voyant Percival tourner dans une énième ruelle, qui semblait assez étroite et plongée dans la pénombre à cause de la hauteur des bâtiments entre lesquels elle se trouvait, il hésita un long moment mais finit par le suivre tout de même, le trouvant arrêté quelques mètres plus loin, les ombres des murs aux briques lézardées se projetant son visage, le plongeant à demi dans la pénombre. Inquiet, Credence fit quelques pas jusqu'à lui, gesticulant légèrement face au regard pénétrant que le plus vieux posait sur lui, le balayant des yeux.

- Pourquoi venir ici? demanda-t-il après un long moment d'hésitation, tentant de garder sa voix ferme et assurée - il ne l'était absolument pas, cependant.

- Je ne peux pas laisser n'importe qui voir ce que je vais faire, répondit Graves l'instant suivant, continuant de le dévisager.

A ces mots, le plus jeune eut un mouvement de recul, commençant véritablement à s'inquiéter, se demandant pourquoi il ne l'avait pas fait plus tôt, mais aussi comment allait-il pouvoir s'échapper de cet homme qui lui semblait toujours aussi dangereux mais il n'eut le temps de faire aucun geste de repli car les mains de Percival se trouvaient déjà de part et d'autre de sa nuque, couvrant son cou entre ses doigts, tant et si bien qu'il aurait sûrement pu lui briser ce dernier d'un seul geste. Il l'obligea à le regarder dans les yeux et chuchota :

- Ne prends pas cet air terrifié, je ne vais pas te faire le moindre mal, Credence.

Ce dernier acquiesça, gêné par la proximité qu'il partageait avee le plus vieux mais ce dernier ne s'en souciait guère et en jouait délibérément. Finalement, le brun hésita encore et finit par demander, la curiosité finissant par prendre le dessus :

- Comment connaissez-vous mon nom, monsieur?

Un sourire amusé étira les lèvres du brun : ce dernier riait intérieurement, voyant à quel point c'était simple, si simple : le petit était presque à lui, il le savait.

- J'ai entendu ta mère le prononcer.

Se contentant de cette explication, Credence se contenta d'acquiescer et resta silencieux à nouveau, observant avec une certaine appréhension les mains de son interlocuteur glisser jusqu'à ses clavicules, touchant du bout des doigts les quelques cicatrices encore rougeâtres qui dépassaient du col, même s'il tentait de les cacher le plus possible.

- Elle ne devrait pas être autorisée à te toucher de la sorte, Credence, affirma Percival en secouant légèrement la tête d'un air - faussement - affecté, les sourcils froncés comme s'il imaginait la scène.

Le plus jeune ne répondit rien à cela, incapable de trouver les mots : il ne savait pas quoi dire et son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine à la pensée que cet homme, sans qu'il ne comprenne la raison, semblait se soucier de son sort, semblait vouloir quelque chose de meilleur pour lui. Ce dernier glissa avec lenteur les mains sous ses vêtements abimés, approchant des blessures encore sanglantes de la veille qui faisaient pulser ses veines alors qu'il retenait des bruits de douleur depuis la veille, souffrant en silence. Néanmoins, lorsque Graves effleura les blessures ouvertes de son dos il ne tint plus et un gémissement de douleur, pouvant presque s'apparenter à un cri lui échappa et il demanda misérablement :

- Je vous en suppliez, arrêtez...

Credence se sentit humilié lorsque l'autre se contenta de sourire face à sa souffrance et voulut reculer, l'éloigner de lui mais il en était incapable, se sentant comme aspiré par le regard du plus vieux, brûlant de quelque chose qu'il ne parvenait pas à définir. Il avait l'impression que Graves s'amusait follement, et ce dernier se penchait encore vers lui, demandant d'une voix suave dans laquelle il pouvait presque sentir son sourire :

- Es-tu certain que tu veuilles me voir stopper de te soigner?

- Me-me soigner? répéta le plus jeune d'un air incrédule.

Il fixa de ce même air le visage souriant de son vis-à-vis, et il lui semblait que ce dernier était un peu moins moqueur, peut-être même presque doux tandis qu'il caressait son dos du bout des doigts. Ces derniers semblaient diffuser une sorte de brise fraîche qui courrait le long des larges coupures et la douleur, bon sang, il avait l'impression que la douleur refluait alors qu'elle parvenait à lui tirer des larmes si facilement, serrant les dents pur s'empêcher de faire le moindre bruit.

Lorsque la douleur disparut enfin, il comprit qu'il avait vu juste : que cet homme, aussi étrange soit-il était un sorcier, que la magie existait pour de bon. Cela lui coupait le souffle, et il se trouvait là, immobile et le coeur gonflé par la gratitude vis-à-vis de son interlocuteur, qui avait pris son temps, qui avait usé sa magie pour le soigner lui, alors qu'ils ne se connaissaient même pas. Oh, il aurait dû se méfier, comprendre que cela ne devait en aucun cas être un acte de pure bonté mais en cet instant, cela ne lui venait même pas à l'esprit, alors que ces gestes affectueux si précieux lui étaient donnés et qu'il les prenait comme un noyé aurait besoin d'air.

Avec cette douleur disparue, il sentit presque son corps se relâcher de la tension qui le parcourait et qui lui faisait serrer les dents et contracter les épaules comme pour se focaliser sur autre chose que les blessures : la fatigue l'empoigna et avant qu'il n'ait pu réaliser la conséquence de son geste, sa tête bascula et s'échoua sur l'épaule du sorcier tandis qu'il lâchait un soupir épuisé mais heureux, vibrant de gratitude et de non-dits - parce que quoi qu'il fasse il ne restait pas doué pour parler aux gens, et pour exprimer ce qu'il ressentait.

Bien qu'un peu surpris par le geste, Graves se contenta de poser une main sur le sommet de son crâne, presque par automatisme avant de le bercer contre lui, s'étonnant lui-même de son propre comportement : mais il devait rassurer le plus jeune, faire en sorte qu'il croit en lui aveuglément, et c'était la manière parfaite de s'y prendre.

- ...Pourquoi? demanda finalement Credence après un long moment de silence.

Ce dernier avait finit par être un peu plus rassuré et avait finit par s'accrocher presque désespérément au manteau du plus vieux, comme s'il avait peur que celui-ci ne soit qu'un mirage prêt à disparaître. Lentement, Percival reprit le visage du jeune homme entre ses doigts, le fixant dans les yeux tandis qu'il affirmait avec certitude :

- Tu es quelqu'un de très spécial Credence - quelqu'un qui peut m'aider à avoir ce que je veux.

L'estomac du plus jeune se contracta à la pensée que, évidemment, l'autre n'avait pas fait cela par pure bonté d'âme, et qu'il souhaitait quelque chose de lui en échange : c'était toujours la même rengaine, les mêmes manipulations et pièges dans lesquels il tombait comme un imbécile, il y courait même, parce qu'il avait tellement besoin de ça, que quelqu'un se préoccupe de lui, qu'il était prêt à tout : sombre idiot. En voyant son air presque désespéré à ces mots, le plus vieux agit au plus vite, le forçant à le regarder d'une manière ferme, maintenant son visage face au sien.

- Credence, je ne te force à rien, je demande juste ton aide, tu es le seul qui puisses le faire.

- P-pourquoi moi? hésita le brun. Que souhaitez-vous?

- Je veux la liberté complète et totale, répliqua aussitôt son interlocuteur : il l'avait dit, crié tellement souvent, il l'avait craché au visage de tous, de Dumbledore lui-même, cet imbécile et son visage arborant un air dégoulinant de compassion et de pitié, envers lui. Inacceptable.

- Que voulez-vous dire, je ne comprends pas...murmura le plus jeune, lui jetant un regard confus.

Le plus vieux ne put empêcher le soupir lassé qui s'échappa d'entre ses lèvres, parce que ce gamin ne comprenait pas, et il n'y pouvait rien mais Grindelwald haïssait cela tout de même.

- Je veux que les sorciers comme moi - comme toi - puissent être libres et n'aient plus à se cacher des stupides non-majs : ils seraient incapables de nous arrêter.

Credence ne répondit pas immédiatement, fixant avec fascination la lueur enfiévrée dans le regard de l'autre, qui semblait comme fou mais que le plus jeune trouvait parfaitement lucide, plus que bon nombre de gens qu'il connaissait : et puis, les paroles du sorcier montèrent soudainement jusqu'à son cerveau et il écarquilla les yeux en répétant, totalement sous le choc :

- C-comme moi? Je ne suis pas...

Percival ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase, posant un index sur ses lèvres dans le but de le faire taire, le dévisageant de son regard si pénétrant. Rapidement, ses doigts glissèrent sur la peau du plus jeune et son pouce se retrouva à caresser sa lèvres inférieure sans véritablement s'en rendre compte, attiré par ces dernières qu'il soigna d'un geste aussi, faisant disparaître les gerçures et les rendant aussi roses qu'elles devaient être - aussi tentantes qu'elles étaient.

- Tu es puissant, Credence, c'est pour cela que j'ai besoin de toi. Tu as ce pouvoir en toi que je n'ai pas, ce quelque chose qui peut faire la différence.

Il lui avait murmuré cela sans le regarder, continuant de fixer ses lèvres qu'il caressait avec douceur, comme s'il s'agissait de quelque chose de fragile, si précieux, lui si violent et qui passait son temps à briser les vies comme de simples objets. Il ne comprenait pas vraiment la situation, et il se rendait à peine compte qu'elle était en train de lui glisser entre les doigts et lui échappait au fur et à mesure que les minutes passaient, qu'il fixait trop longtemps les lèvres de Credence et que le souffle devenu brûlant de ce dernier caressait ses doigts.

Il n'était plus véritablement sûr que le jeune Obscurial écoutait encore ce qu'il lui disait car ce dernier semblait à présent à des années lumière d'ici, continuant de le fixer comme s'il était soudainement devenu la chose la plus incroyable, la plus belle au monde - et Grindelwald savait qu'il devait en avoir l'air en cet instant, dans ce corps que lui-même ne pouvait s'empêcher d'admirer, qu'il aurait voulut être le sien au final. Le plus jeune était charmé, à n'en pas douter, le dévorant des yeux sans même s'en rendre compte et il se sentait flatté : non, plus que flatté, c'était une satisfaction, un plaisir presque malsain de voir le jeune homme le dévisager de la sorte, de son regard brûlant de mille promesses à des pensées qu'il ne l'aurait jamais cru possible d'avoir. Il ne savait pas s'il devait ou pas se réjouir de ne pas savoir lire dans les pensées, car celles de Credence en cet instant devaient être tout à fait délectables : et son imagination débordante n'aidait pas, faisant courir un frisson le long de son dos.

Il était là, à sa merci de par son regard presque avide, avide de ses mots, de sa présence, de son corps, de tout, s'accrochant à lui si vite, balayant ses doutes que Grindelwald savait qu'il avait déjà gagné et qu'il n'eut qu'à ajouter dans un souffle si chaud qu'il était presque aride, déclenchant un soupir tremblant au plus jeune :

- J'ai tellement besoin de ton aide, Credence.

Il l'avait dit d'un ton presque badin, comme si ce n'était pas d'une importance capitale mais avait préféré se concentrer sur son prénom, laissant les deux syllabes glisser sur sa langue, entre ses dents et ses lèvres jusqu'à s'échapper dans l'air, tombant dans l'oreille du concerné qui retint un soupir de satisfaction en entendant le sorcier prononcer son prénom de la sorte, comme possessif. Credence se demanda un instant si Percival lui avait jeté un sort, pour l'avoir ainsi à sa merci, ou alors s'il n'avait eut qu'à être gentil et tactile avec lui pour qu'il tombe si facilement : même si dieu merci, il semblait être tombé sur quelqu'un de gentil - à ce qu'il croyait, en tout cas.

Le plus jeune remarqua que depuis plusieurs minutes, son interlocuteur lui répondait sans même le fixer, continuant de rester les yeux rivés à ses lèvres comme s'il s'agissait soudainement de la chose la plus importante et il ne put s'empêcher de rougir en pensant comprendre ce que cela signifiait, se mordant légèrement la lèvre inférieure en sentant ses oreilles et son cou le brûler de gêne, et ce fut ce geste qui le perdit pour de bon, lorsque le sorcier perdit définitivement le contrôle et se jeta sans merci sur ses lèvres, le plaquant contre le mur de la ruelle dans la foulée.

Sous le choc, un glapissement de surprise étouffé échappa au plus jeune tandis qu'il sentait ses poignets se retrouver bloqués d'une main au-dessus de sa tête, contre les briques froides et lézardées du mur, tandis que de l'autre Percival saisissait sa mâchoire, l'embrassant avec plus de violence encore. Ce dernier n'était en rien tendre dans ses gestes, mordillant régulièrement ses lèvres, se reculant à peine pour respirer avant de recommencer tout aussi vite, léchant les perles de sang qui s'échappait des plaies causées par ses morsures. Le premier gémissement étouffé de Credence oscilla entre la douleur et le plaisir, foudroyé par les sensations qui s'agglutinaient en lui, à la manière dont son corps s'enflammait à chaque frôlement de la part de Percival : il savait que quelque chose n'était pas correct, que l'on n'embrassait pas les gens comme ça, parce que c'était douloureux et qu'un baiser n'était pas sensé l'être. Pourtant et contre tout attente, il adorait ça, cette manière de l'embrasser plus que possessive, comme s'il lui appartenait : et peut-être était-il naïf, mais il y voyait de l'affection, de l'amour peut-être. Credence aimait la manière dont le brun le maintenait sous sa coupe, imperturbable alors qu'il l'embrassait de manière enfiévrée.

Quelque chose n'allait sûrement pas avec lui, avec eux deux d'ailleurs, alors qu'il commençait à prendre confiance à son tour, répondant au baiser avec force, grondant contre les lèvres du plus vieux pour le laisser faire, et il se demanda un instant ce que sa mère dirait si elle le voyait ainsi, à embrasser un homme - elle leur avait de nombreuses fois répété à quel point s'était contre-nature - avec autant d'avidité, comme si sa propre vie en dépendait mais présentement, il avait oublié tout ça et se perdait seulement contre les lèvres du brun, tremblant sous ses gestes, et il n'avait plus du tout froid dans cette atmosphère glaciale d'hiver.


- Tue-la, mon ange.

Graves avait prononcé cela sur un ton glacial tout prêt de son oreille, la main fermement posée sur sa nuque, brûlante comme à son habitude, tellement proche de lui, tout contre ses côtes, l'enlaçant presque, et le surnom n'était là que pour rassurer Credence, pour le pousser à faire l'impensable, et il se plaisait encore à y voir de l'affection, naïf qu'il était.

Ils se trouvaient dans l'une des nombreuses demeures qu'utilisait Grindelwald pour se cacher du MACUSA ou tout autre organisation cherchant à lui nuire. Cette dernière, malgré le fait que ce soit une planque restait luxueuse, appartenant à l'un des fidèles du sorcier, ce dernier se trouvant dans la même pièce qu'eux, fixant Credence d'un air mauvais en voyant à quel point le jeune homme semblait avoir attiré l'attention de Grindelwald. Il y avait quelques autres sorciers qui les avaient rejoints ici, dans cette grande salle de réception à l'allure poussiéreuse - après tout cela restait un manoir pour les vacances, en premier lieu. Les deux lustres de cristal suspendus au-dessus de leurs têtes avaient été allumés d'un geste par Graves, la lueur des bougies se reflétant à peine dans la surface transparente tant cette dernière était couverte de crasse. La longue et imposante table de réception en bois d'acajou n'était pas en meilleur état, tout comme la nappe tâchée qui se trouvait dessus, inutilisée depuis des années.

Percival était appuyé contre la fameuse table, les bras croisés sur sa poitrine et dévisageait Credence d'un air imperturbable, sa baguette posée négligemment sur la nappe derrière lui. Le plus jeune déglutit une fois encore et jeta un coup d'oeil à la non-maj qui hurlait d'une voix étouffée à travers son bâillon, les bras attachés dans le dos par une corde nouée à coup de baguette et à genoux sur un vieux tapis persan dans des tons de bleu roi usé par les années. Elle avait le visage baigné de larmes et se débattait vainement, maintenu au sol par un homme qui ne semblait vouloir retirer sa capuche et dévoiler son identité - Graves devait être le seul à le connaître réellement - et une femme qui avait déjà l'air âgée, aux longs cheveux gris mal peignés, dont le visage ridé était tordu en un sourire totalement dérangé tandis qu'elle maintenait la non-maj sur une épaule, la secouant à moitié pour la faire taire en lui agitant sa baguette sous le nez. En la voyant d'ailleurs s'agiter un peu trop, Percival plissa les yeux et lâcha d'un ton glacial :

- Ursule, ça suffit.

L'ordre direct fit grimacer la vieille mais celle-ci stoppa ses gestes menaçant, se contentant de s'aplatir presque sur le sol d'un air - faussement - désolé et obéissant. Grindelwald savait qu'elle était fourbe et ne lui faisait que très peu confiance, mais son talent en potions interdites était inégalable, alors il se contentait de la surveiller de près.

Soupirant, il reporta son attention sur le plus jeune de la pièce qui affichait un air terrifié, et il ne put empêcher un rictus de contrariété déformer ses traits. Il considéra Credence du regard. Cela faisait à présent près de deux mois qu'il avait approché le brun pour la première fois, et ce dernier avait énormément changé, grâce à - ou à cause, c'était selon - lui. Il ne portait plus les vêtements usés d'auparavant mais un costume hors de prix que Grindelwald lui-même avait payé - ou volé, si on considérait que l'argent utilisé ne lui appartenait pas. Le tissu était sombre, tellement sombre en réalité qu'il semblait aspirer la luminosité de la pièce. Quant à la chemise en-dessous, le tissu argenté semblait miroiter tel la surface d'un lac, de manière presque hypnotisante. Credence avait refusé tout ces présents au début, horriblement gêné qu'on puisse dépenser pareille fortune pour lui acheter des tenues luxueuses, mais Percival avait tellement insisté qu'il avait capitulé. D'un geste, ce dernier avait fait pousser ses cheveux par magie pour les recouper.

A présent, Credence repoussait souvent les cheveux qui lui tombaient devant les yeux vers l'arrière d'un geste tout à fait séduisant, tout autant que son apparence devenue bien plus captivante : il semblait même, avec la pression que pouvait exercer son Obscurus, tout à fait intimidant. Grindelwald aimait voir le jeune homme ainsi façonné à son idée mais présentement, ce dernier avait tout sauf l'air inquiétant vu l'air à moitié larmoyant qu'il affichait. Poussé à bout, Graves quitta la table à laquelle il était appuyé et décroisa les bras, s'avançant vers le jeune homme pour poser une main sur son épaule, qu'il pressa fermement entre ses doigts.

- Credence, est-ce une demande si difficile à comprendre?

Le concerné ne répondit rien, la lèvre inférieure tremblant légèrement et Grindelwald perdit le peu de patience qui lui restait : d'un geste, il attrapa la mâchoire du brun et le força à le fixer, lui jetant un regard glacial et emplit de colère - de folie aussi, peut-être.

- Je t'ai parfaitement appris à contrôler ton Obscurus. Es-tu à ce point incapable d'effectuer une tâche aussi simple ?!

Il avait murmuré ces mots sur un ton dangereux, bien plus terrifiant que des cris, puisque le plus jeune tremblait de tout ses membres, incapable de détourner le regard malgré cela.

- Tu t'es déjà débarrassé de ta mère. Celle-ci est le même genre de déchet, continua le plus vieux d'un ton froid.

- Je ne...commença Credence, terrifié. Ce n'était qu'un accident, je n'ai jamais tué quelqu'un intentionnellement...

Grindelwald retint un cri de frustration, se contentant de crisper ses doigts sur le visage du plus jeune qui laissa échapper un gémissement de douleur totalement vain. Le sorcier fit signe aux autres de sortir d'un simple geste et ils s'exécutèrent immédiatement, trainant hors de la pièce la non-maj qui continuait ses cris étouffés et jetait au plus jeune un regard larmoyant, désespéré et totalement pris de panique. Ce dernier détourna les yeux d'elle, mal à l'aise, et reporta son attention sur le sorcier.

A peine la grande porte en bois peinte d'un vert émeraude écaillé fut refermée d'un bruit sourd, que Percival repoussa violemment Credence contre la table et se jeta sur ce dernier, l'embrassant férocement tandis qu'il l'empêchait de fuir en posant ses mains sur la surface en bois, coinçant l'Obscurial entre lui et cette dernière. Il entendit aussitôt le glapissement de surprise du brun contre ses lèvres tandis qu'il tentait de le repousser un peu, mais en vain, incapable de faire face à sa force, aussi bien physique que celle de persuasion. Grindelwald ignora la légère réticence qui semblait l'animer et se recula un peu, juste avant de mordre violemment sa lèvre inférieure jusqu'à sentir le goût du sang envahir sa bouche, le faisant échapper un grognement satisfait tandis que le plus jeune étouffait un cri de douleur contre sa bouche. Se rappelant qu'il n'était pas sensé lui faire peur sous peine de le voir s'en prendre à lui ou ne plus le suivre, il posa une main sur sa nuque et l'attira pour un baiser plus doux, léchant les perles de sang sur sa lèvres en guise de pardon. Cela eut pour effet de calmer légèrement le plus jeune dont les mains crispées sur le costume du plus vieux se détendirent, s'y accrochant davantage par envie de se tenir le plus proche possible.

Se reculant légèrement, Graves posa les mains sur le visage de Credence, le fixant dans les yeux sans ciller et annonça :

- Je n'ai pas été totalement honnête avec toi.

Le plus jeune le fixa sans un mot, son regard devenu soudainement vide d'expression, alors qu'il sentait son estomac se tordre de douleur à l'idée que cet homme lui avait lui aussi mentit. Son souffle se bloqua dans sa gorge et il plaça ses mains sur les poignets de son interlocuteur, près à repousser ses doigts sur son visage mais l'autre ne lui en laissa pas le temps et resserra son étreinte en continuant, lui expliquant ce qu'il sous-entendait avant qu'il ne comprenne de travers comme c'était en train d'arriver :

- Lorsque je t'ai parlé de la raison pour laquelle je faisais tout ça, la liberté pour tous les sorciers, pour que nous n'ayons plus à nous terrer dans des lieux miteux comme celui-ci...il n'y a pas seulement ça.

Credence buvait ses paroles, la bouche entrouverte et barbouillée de son propre sang mais il n'y prêtait pas la moindre attention, donnant entièrement cette dernière à l'homme en face de lui. Ce dernier ne pouvait s'empêcher de le dévisager un long moment, admirant ce qu'il était advenu du jeune homme : tout cela était de son fait, et il n'en était pas peu fier. Le sang étalé sur ses lèvres était écarlate, ne faisant que ressortir davantage encore son teint si pâle et son regard si sombre toujours focalisé sur lui : parce que Credence ne regardait que lui, qu'ils soient au milieu d'une foule de milliers de passants ou seulement tous les deux en cet instant et où il s'abandonnait presque à lui, le rendant plus que satisfait sans même le vouloir. Grindelwald avait réussit à l'entrainer dans sa descente aux enfers avec une facilité déconcertante sans même qu'il ne s'en aperçoive - et encore en cet instant, il croyait que Graves était attaché à lui, au moins un peu : était-ce de la naïveté, ou un besoin d'affection et d'amour au delà du désespoir, quitte à accepter le traitement parfois douteux de Grindelwald? Personne n'aurait su le dire avec exactitude.

- Credence...penses-tu que je sois autorisé - que nous soyons autorisés à faire...tout ça? demanda-t-il dans un murmure de voix brûlant.

Il avait posé la question tout en caressant son visage de ses doigts, approchant sa bouche de la sienne jusqu'à ce que leurs deux respirations, un peu heurtée pour le plus vieux et quasiment erratique pour le plus jeune, ne se mélangent. Comprenant ce qu'il sous-entendait par-là, puisque sa mère lui avait souvent parlé de ces gestes qu'elle trouvait contre-nature entre deux personnes de même sexe, l'Obscurial fronça un peu les sourcils, perdu et demanda d'une voix, qui bien qu'un peu plus assurée que deux mois plus tôt restait hésitante :

- Pourquoi serait-ce interdit? Que faisons-nous de mal?

Grindelwald ne put arrêter le rictus frustré et agacé qui glissa sur ses lèvres, non pas à cause du jeune homme cet fois mais bel et bien ce à quoi ses paroles lui faisaient penser. S'assurant qu'il avait toute son attention, même si c'était toujours le cas, il expliqua :

- Eh bien tu vois, Credence, certains ont l'esprit un peu plus...fermé que d'autres et penseraient sûrement que je devrais mourir seulement parce que je te touche...comme ça...

Tout à son explication, le jeune homme ne remarqua qu'à cet instant que son interlocuteur avait laissé ses doigts vagabonder sur sa peau, ayant repoussé le haut de sa chemise de chaque côté, juste assez pour avoir accès à ses clavicules qui semblaient le fasciner et qu'il caressait avec lenteur, laissant échapper un soupir involontaire à Credence.

-...ou que je t'embrasse...

Il joignit encore une fois leurs lèvres dans un baiser passionné, grondant contre ses dernières en sentant encore le goût du sang sous sa langue, n'y apportant que davantage de saveur. Le plus jeune glissa une main dans ses cheveux bruns avec empressement, s'accrochant à lui de l'autre comme si sa vie en dépendait. Il savait que le petit aimait cette apparence qui l'avait charmée, à l'inverse de la véritable forme de Grindelwald dont il n'avait jamais entendu parler - ce dernier s'était contenté de lui dire son vrai nom, continuant de faire croire qu'il s'agissait cependant de sa vraie apparence - et que ce dernier ne comptait pas lui montrer. Il avait finit par véritablement s'habituer à son visage sous les traits de Percival et s'était également rendu compte qu'il était devenu bien plus simple de charmer les gens ainsi. Il faut dire que cet homme du MACUSA avait une prestance indéniable et bon sang, savoir qu'il avait réussit à faire chuter un ange tel que Credence jusqu'en enfer, coincé entre ses bras et ses lèvres devenues charnues et tentatrices, était un véritable plaisir dont il ne souhaitait en aucun cas se priver. Le jeune homme était devenu le sien, peut-être pas encore de toutes les manières dont il aurait souhaité mais dans son esprit, cela n'était qu'une question de temps.

Grindelwald recula un peu, adressant un regard davantage sérieux et continua :

- Comprends-tu à présent? Il faut que tu saches que l'on n'obtient rien sans sacrifice...et cette non-maj et du même genre que l'était Mary Lou.

Il marqua une pause et continua, mentant effrontément :

- Si je souhaite la liberté pour les sorciers, je me soucie également des non-majs dans une situation similaire à la tienne quelques mois plus tôt...personne ne devrait être traité de la sorte, et tu peux m'aider à lutter contre cela.

Credence le fixa un instant, leurs regards soudés l'un à l'autre comme si rien d'autre n'existait, que la pièce miteuse et à l'odeur poussiéreuse avait disparut, remplacée par la présence de chacun et surtout celle de Grindelwald qui avait finit par appuyer son front contre le sien, les yeux clos tout en continuant de caresser sa peau du bout des doigts, comme si c'était un geste dont il ne pouvait s'empêcher.

- Très bien...murmura le plus jeune dans un souffle.

Le plus vieux rouvrit les yeux et lui adressa un sourire entendu, lui donnant un dernier baiser, doux cette fois pour le remercier, puisqu'il s'agissait de sa seule manière de procéder et de continuer à le tenir entre ses griffes, puis rouvrit la porte d'un geste de la main, appelant ses sbires partis avec la non-maj d'un second revers, tant et si bien que Credence se demanda un instant si sa baguette lui était si nécessaire que cela.

En parlant de baguette, il avait pensé qu'il en aurait une, qu'il apprendrait la magie mais la manière dont cela c'était fait avait été très différent, Grindelwald lui ayant appris l'existence de la chose qui se cachait au fond de lui, magie réprimée depuis des années et qui semblait gronder de colère, prête à exploser à sa demande s'il le souhaitait, s'il la contrôlait. Pendant près d'un mois il avait apprivoisé son Obscurus, acceptant ce dernier après des années à repousser tout ce qu'il aurait pu à voir avec le monde de la magie qu'il embrassait pleinement à présent.

Il ne fallut que quelques minutes avant que la vieille dénommée Ursule ne revienne en compagnie de l'homme à la capuche, trainant la non-maj qui continuait de hurler dans son bâillon et tentait de leur échapper vainement en s'agitant dans tous les sens. Credence était toujours horriblement mal à l'aise quant au fait de devoir la supprimer, mais il devait le faire, il le savait, c'était ce que Grindelwald - ou Percival, puisque le sorcier l'avait autorisé à l'appeler de la manière dont il le souhaitait - souhaitait, et il voulait faire cela pour lui.

Le sorcier s'éloigna un peu de lui, le libérant par la même occasion et il put enfin s'écarter légèrement de la table, fermant les yeux tout en laissant son Obscurus glisser à la surface de sa peau, commençant à bourdonner tel un essaim de guêpes furieuses. La seconde d'après, tout son corps explosa en une myriade de particules sombres et de fumeroles qui s'étirèrent dans la pièce aux lustres crasseux, grondant et sifflant en direction de la non-maj terrorisée. Un rire incontrôlable échappa à Grindewald qui repoussa la mèche devant ses yeux et leva les bras vers la masse sombre, comme s'il souhaitait l'enlacer, clamant avec adoration :

- Tu es magnifique, Credence..!

La masse de l'Obscurus sembla bourdonner à ces mots, devenant encore plus virulente, s'approchant de la non-maj avec lenteur, comme un félin sur le point de bondir sur sa proie et la seconde suivante, le noir envahit la pièce, éteignant les bougies d'une bourrasque de vent violent, secouant les lustres et soulevant la poussière des lieux, et le cri de la femme retentit entre les murs avant de s'éteindre brusquement, définitivement.


Ce fut des mois plus tard que Grindelwald réalisa pleinement la portée de ses gestes dévastateurs, de ce qu'il avait engendré, attiré comme il était par le pouvoir.

Credence n'était presque plus qu'une arme entre ses bras, aveuglé par l'amour qu'il pensait recevoir d'un sorcier aussi mauvais et qui le manipulait aisément par quelques gestes et de belles paroles, lui faisant miroiter mondes et merveilles alors que tout n'était que noirceur, ténèbres et tâches de sang étalées sous leurs pas. Grindelwald continuait de sourire d'un air moqueur et fier, impeccable dans son costume hors de prix tandis qu'il envoyait ces imbéciles se battre pour lui, et les mois passaient et le monde de la magie s'effondrait au nez et à la barbe des non-majs, qui ne voyaient pourtant que des choses anormales de leur point de vue.

Il semblait que le ciel de New York comprenait ce qui était sur le point d'arriver, devenant de plus en plus sombre chaque jour, de gros nuages d'un gris presque noir que le soleil peinait à percer de ses rayons couvant au-dessus de leurs têtes, alors que le sorcier lançait enfin la première grosse offensive, poussant Credence à s'attaquer de front au MACUSA, telle les premières lignes sur un champ de bataille, celles qui pensaient pouvoir changer le monde avec leurs deux mains mais n'étaient là qu'en tant que vulgaire chair à canon.

Et c'est lorsque l'Obscurus passa les portes pour leur frayer un passage, qu'il fut assaillit par la puissance des aurors qui le détruisirent après plusieurs minutes d'efforts acharnés, que Grindelwald regretta son geste et qu'il se rendit compte de ce qu'il avait fait, de ce qui était arrivé à Credence par sa faute.

Et le manque se creusa dans sa poitrine ce jour-là.


Commentaire d'auteur :

Et voilà mes niffleurs :) Alors oui, évidemment, chacun des OS ne peut pas être tout mignon et avoir une fin heureuse. et encore, je pense être capable de faire bien pire, il faut juste que je trouve l'UA parfait pour cela et vous verrez!

Dans tous les cas j'espère tout de même qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me le dire! :3

Concernant le prochain OS, cette fois il s'agira bel et bien du Newt x Tina, il m'inspire assez bien et je vois à peu près ce qu'il va s'y passer! :) Je pense le poster seulement dimanche pour la rentrée, même s'il sera fini d'écrire d'ici jeudi, tout simplement car c'est bientôt la rentrée et je vais avoir moins de temps pour écrire vu que j'ai enfin eut une sorte de boulot (un service civique en fait) qui, même s'il n'est que de 24h va beaucoup empiéter sur mon temps d'écriture, donc je veux avoir un minimum d'avance, comme ça si c'est le cas le vampire AU devrait arriver le dimanche suivant, le...dimanche 8 si je ne me trompe pas x)

Donc à la rentrée les publications seront un peu plus lentes mais je ne compte pas arrêter pour autant, loin de là :) écrire sur ce film me fait énormément de bien et je suis ravie de voir que ça vous plait aussi :)

Bon, je pense avoir fait le tour, donc à dimanche pour le prochain (à part si je ne peux pas me retenir de le poster avant, ça arrive parfois! XD) et n'hésitez pas à faire des commandes, la liste n'est pas très longue pour l'instant!:) (certains n'ont pas à s'inquiéter, leur demande n'est pas marquée dans le sommaire car je ne sais pas encore quand elle sera faite, mais elle est bien marquée dans une liste sur mon PC, pas d'inquiétude! :D) et comme je l'ai dit je suis toujours prête à discuter en MP, même de tout et de rien si vous vous ennuyez, je réponds vite! XD breeeef à très vite! ^^