REGINA
Contrairement aux autres « réfugiés » qui avaient trouvé asile à Storybrooke la semaine passée, Robin de Locksley ne semblait pas enclin à la méfiance en ce qui concernait Regina. Bien au contraire, il se permettait même une petite joute verbale, ce qui ne manqua pas de la faire sourire. Alors qu'elle lui tendait la main après s'être présentée, l'ancienne reine se vit surprise du baise-main donné par son interlocuteur, qui respectait ainsi l'ancien protocole. Elle lui sourit avec un petit hochement de tête.
-Cela ne m'offusque en rien, j'ai cru comprendre que vous étiez habitué aux bois dans votre ancien royaume. J'espère que vous commencez à vous sentir chez vous. Mais vous ne pouvez décemment rester dans des tentes avec le froid qu'il va faire cet hiver. Dès demain, j'envoie des ouvrier vous construire des chalets. D'ailleurs, si vos hommes cherchent du travail, je suis certain qu'il y aurait possibilité de les engager, cela leur procurerait un pécule personnel qu'ils pourront utiliser comme bon leur semble.
L'archer expliqua la présence de son arc avec lui, et la direction qu'il prenait. Tout comme Regina avait organisé l'accueil des réfugiés au couvent de la fée Bleue, Granny avait été réquisitionnée pour les vivres.
-Oh je vois. C'est par ici. Je peux vous accompagner si vous voulez. Quant à l'arc, je tiens à vous informer que le port d'une arme est proscrit en ville. Vous ne pouviez pas le savoir. Je tâcherai d'informer un peu mieux nos nouveaux arrivants.
Ne perdant néanmoins pas le but de sa petite promenade nocturne, Regina ne manqua pas d'informer Robin du but premier de sa visite. Elle fut d'ailleurs étonnée qu'il l'appelle par son prénom. Rares étaient les personnes à se le permettre, mais cela ne la dérangeait pas, au contraire. Et puis lui-même l'autorisait à l'appeler Robin. Le sourire charmeur qu'il arborait avaient tendance à la déstabiliser, et elle resta deux secondes bouche bée, le contemplant comme une idiote avant de lui balancer le fin mot de l'histoire. Cette fichue perle qui avait disparu et que Mushu cherchait partout. Et comme elle le craignait, le héros de Sherwood semblait s'offusquer de la petite accusation du dragon.
-Je n'ai fait que vous poser la question, je ne vous ai pas accusé. Si vous me dites que ce n'est pas vous, je vous crois.
Regina déplorait de ne plus voir ce magnifique sourire sur les lèvres du voleur, mais c'eut été déplacé de le lui dire, alors, elle s'abstint. De toute façon, elle n'eut guère le temps d'ajouter quoi que ce soit que derrière eux, alors qu'ils continuaient à marcher en direction du Granny's, des bruits de pas hâtés se firent entendre ainsi que des éclats de voix. Madame le maire se retourna vivement et aperçut, arrivant dans leur direction, le duo d'idiots renforcé d'encore deux autres gaillards.
« -Il est de son côté ! il faut l'attraper ! »
Regina soupira en levant les yeux au ciel.
-Non mais dites-moi que je rêve ! Qu'est-ce que vous fabriquez encore ?! Ne vous ai-je pas dit de rentrer ? Etes-vous complètement inconscients de me provoquer de la sorte ?!
Bien que peu vaillants, le fait d'être en supériorité numérique semblait soudain conférer un certain courage aux assaillants.
« -Vous n'avez causé que mort et destruction dans nos royaumes, vous devez mourir pour qu'il y ait réparation ! »
Les trois autres approuvèrent vivement. L'un tenait une lance, les trois autres des dagues. L'ancienne reine souffla bruyamment, clairement excédée par le comportement de ces messieurs qui, clairement, ne semblaient pas prêts à entendre, ni à comprendre, qu'elle avait changé. C'était tellement difficile de se retrouver projetée six mois en arrière avec tout à recommencer, Regina ne s'en sentait pas la force.
-Le voyage d'un monde à l'autre vous aurait-il fait perdre la raison ? Vous savez que je peux vous occire en un claquement de doigts ?
« -Si c'était vrai, vous l'auriez déjà fait ! C'est bien le monde sans magie ici, non ?! »
-Pauvres fous...
Celui qui tenait la lance la projeta vers Regina qui l'attrapa au vol et l'enflamma dans sa main avant la la laisser tomber par terre et de pousser, à distance, grâce à la magie, son propriétaire dont le dos vint embrasser un arbre. Pendant ce temps, deux des trois restants se jetèrent sur Robin, et alors qu'elle voulut lui venir en aide, le quatrième s'attaqua à elle, sa dague à la main. Par réflexe, tout ce qu'elle trouva à faire fut de commencer à l'étrangler à distance, mais au bout de trois seconde elle le relâcha, le laissant s'écrouler au sol. Elle pensait à sa promesse. Si elle leur faisait du mal, elle ne serait pas digne d'Henry, et de la promesse qu'elle lui avait faite.
-Non, je ne peux pas faire ça... Arrêtez ces enfantillages !
