Hate list
Chapitre 6
D'abord, je me demandais ce qu'il foutait. 'Pourquoi est-ce que Riku était en train de m'embrasser ?'. Mon esprit hurlait dans tous les sens. J'avais toujours ma bière dans la main. Je décidais de faire comme si j'étais réellement en train de l'embrasser afin d'éviter le garçon. Je ne voulais jamais plus le croiser, ni lui adresser la parole. Je fermais les yeux et décidais alors de me laisser aller au baiser de Riku.
Au début, ce n'avait été qu'un effleurement, juste l'histoire de coller nos deux lèvres ensemble, faire comme si devant le mec pour qu'il parte. Et puis... Je ne sais pas. Tout a commencé à se brouiller pour moi. Je savais que ce n'était pas une bonne idée, je le savais au plus profond de moi. Riku mordilla ma lèvre et je commençais moi aussi à jouer avec sa bouche. Je savais qu'il était destiné, un jour, à Sora, j'en étais persuadé. Je savais que c'était un coureur. Il mit une main dans mon dos, me pressant contre lui plus encore et l'autre alla se perdre dans mes cheveux. Je m'accrochais désespérément à son visage et à une poignée de ses cheveux. Je savais que Riku n'éprouvait rien pour moi. Rien du tout. Mais... Je n'arrivais pas à me dégager.
Mais il le fit pour moi. Ses lèvres se séparèrent des miennes, après les avoir dominées pendant de longues dizaines de secondes. Ses yeux étaient toujours fermés, les miens à peine ouverts. Je sentais son souffle sur ma bouche, un souffle à court d'haleine. Je ne savais pas quoi lui dire. Est-ce que je devais lui dire quoique ce soit ? Est-ce que j'étais obligé de briser ce moment ? Je me mordis la lèvre. Il ouvrit pour finir les yeux et j'y lus du désir. Beaucoup de désir retenu. Il dut lire la même chose dans mon regard car il eut un petit sourire. Nos fronts se touchaient presque.
Mon cœur me disait de tout arrêter. De le planter là et de me barrer le plus vite possible que le pourrait mes jambes. De courir, de m'enfermer dans ma chambre et de faire comme si rien n'était arrivé par après. C'est ce que j'aurais du faire. C'est ce que j'aurais pu faire. Mais pour une fois, une des premières fois de ma vie, ce fut mon corps qui agit et prit le contrôle. Juste pour une fois, je pouvais faire une idiotie, non ? Ce n'était pas grave, n'est-ce pas ? Je ne tuais ni ne faisait du mal à personne. Je pouvais faire ça. Je sentis les doigts de Riku se promener sur ma mâchoire, attendant le résultat de ma réflexion silencieuse. J'avais trop bu, je le savais pertinemment. En pleine possession de mes moyens, je n'aurais jamais fait ça. Jamais. Je n'étais pas comme ça. J'étais resté trois ans avec Reno, j'avais été loyal, fidèle, aimant et compréhensif. Reno me disait souvent que « Tu es un bon gamin, n'oublies pas ça ». Alors je pouvais, juste une fois, faire un écart. Juste une fois. Personne ne m'en tiendrais rigueur.
Je plongeais de nouveau sur la bouche de Riku et je me laissais faire dans ses bras.
Xx O xx O xx O xX
Le lendemain, je soupirais quand je voulus ouvrir les yeux. J'avais mal à la tête, j'avais soif, bref, une belle gueule de bois en perspective aujourd'hui. Je mit automatiquement ma main droite, froide, sur mon front.
« Me faudrait de l'eau... » marmonnais-je, pour moi-même.
Jusqu'à ce que j'entende quelqu'un bouger à coté de moi. J'eus un moment d'arrêt et j'ouvris les yeux d'un coup. Ce n'était pas ma chambre. Et d'un coup, tout me revint en mémoire. Oh. Merde.
Lentement, je me tournais vers la droite. Je remarquais que je n'avais plus qu'un boxer. Une touffe argenté émergeait du lit. Riku dormait paisiblement, la bouche fermée.
Flashback :
Il m'avait déjà plaqué contre un mur cent mètres avant la maison. Je n'en pouvais plus. Ma conscience me rappelait à l'ordre à chaque pas. Je mourrais d'envie de sentir sa peau contre la mienne, maintenant. Ses mains entourèrent mes hanches et il se plaça entre elles en grognant d'envie. Il m'embrassa furieusement le cou et je commençais à gémir.
« Riku, on doit rentrer à l'appart... ». Je n'étais pas très convaincant. Sa bouche remonta jusqu'à la mienne et une de ses mains saisit une de mes fesses. Il prenait possession de ma bouche, me consumait. Il réveillait en moi des besoins que j'avais étouffés depuis longtemps.
« Tu es sur...? Ça pourrait être très bien, ici et maintenant ». Il me regarda et je vis qu'il le pensait. A vrai dire, l'idée me vint aussi. J'eus un petit sourire et fit non de la tête quand même. « Roh, allez on rentre ». Il m'avait décollé du mur et m'avait entrainé vers l'appartement.
Nous étions arrivés au troisième étage. Il m'avait prit de force dans ses bras, mes hanches toujours soutenu par ses mains puissantes.
« Nous sommes seuls... ». Il eut un petit sourire et me mordit la lèvre inférieure. Nous nous embrassâmes furieusement et il me conduisit jusqu'à sa chambre. Il me laissa tomber sur son lit et enleva sa chemise très rapidement. Je pouvais clairement voir son torse, magnifiquement dessiné. Ses avants-bras étaient parfaitement musclés, sans l'être trop. Rien que de le voir, lui qui était le contraire de moi-même, c'était excitant. Moi j'étais petit, pas très fort, mince. Lui était tout en muscles, basé comme j'avais toujours voulu être, même si c'était impossible.
Il se mit au-dessus de moi, j'ouvris les jambes afin de lui faire de la place. Il ouvrit rapidement ma chemise, bouton par bouton, m'embrassant entre chaque. A chaque baiser, je soupirais de bien-être un peu plus fort. Il arriva à ma ceinture et m'embrassa le bas-ventre. Il m'enleva ensuite ma chemise, révélant ainsi mon torse ridicule de minceur par rapport au sien. Il vit dans mon regard que j'eus quelques doutes sur mon corps.
« Tu es très bien, ne t'inquiètes pas. Très excitant » dit-il avec un petit sourire. Il m'embrassa de nouveau, parcourant tout mon corps de ses mains. Les miennes se mirent sur ses épaules.
Les minutes passèrent et nous nous déshabillions l'un l'autre. Arriva le moment ou nous nous retrouvèrent nus, l'un et l'autre. J'eus un instant d'appréhension ; ce n'était pas une bonne idée. Vraiment. Mais... Cela faisait longtemps que plus personne n'avait autant fait attention à moi, qu'on ne m'avait pas embrassé avec tant de passion, qu'on ne m'avait pas touché avec tant de désir. Je voulais, juste une fois, retrouver cette sensation de bonheur. Cette sensation, pendant un instant, que je plaisais à quelqu'un. Que la personne ne me voyait pas à travers la tuerie. Que il y avait eut le 'avant Reno' et le 'après Reno'. Et que ces deux personnes étaient différentes.
Je me mis sur lui et ses mains s'installèrent sur mes hanches, me guidant à son rythme. Mes cris de plaisir et ses gémissements discrets, ses soupirs, tranchaient dans le silence. Une de ses mains parcourra mon dos, me griffa même.
Tout cela me revint en tête d'un coup et le rouge me monta aux joues. Oh. Mon. Dieu. J'avais passé une nuit...exceptionnelle ? Je dois avouer que j'avais eut énormément de plaisir, j'étais un homme et cela faisait un an que je n'avais plus rien fait. Je savais que ce n'était pas bien ; je n'étais pas un 'garçon facile'. Je n'aurais qu'à me taire. Faire comme si rien ne s'était passé.
D'ailleurs je sentis Riku remuer près de moi et il ouvrit les yeux. Quand il me vit, assit, à coté de lui, presque nu, il sembla réfléchir et ses yeux se rétrécirent. Puis je vis les souvenirs traverser ses yeux, la mémoire lui revenir et il redevint normal. Je ne savais pas quoi lui dire.
« Je te dirais bien que je vais te donner un peu d'argent pour le taxi mais... t'habites ici » railla t-il. J'eus surement l'air blessé et il étouffa un rire. « Je ris, calme toi ». Je me grattais le cuir chevelu.
« Je voudrais qu'on fasse comme si... Il ne s'était rien passé » lui demandais-je, sincère. Il hocha la tête. « Je ne veux pas qu'il y ait des tensions, ou des sous-entendus, ou quoique ce soit. Ce qui est arrivé aujourd'hui ne se reproduira plus ».
« D'accord ». Il me sourit.
Et effectivement, nous fîmes dès lors comme s'il ne s'était rien passé et Sora, qui revint une heure après, n'y vit effectivement que du feu. Même si une fois, j'eus chaud, je passais dans le salon, revenant de ma douche, juste une serviette à ma taille et que Sora m'arrêta. « Roxas, t'as quoi au dos ? ». Riku m'avait lancé un regard amusé.
Je savais cependant qu'Axel me connaissait parfaitement et que la situation serait plus difficile avec lui. J'avais intérêt à faire attention, sinon j'allais me faire engueuler d'une belle affaire. Je l'entendais d'ici : « Mais enfin, qu'est ce qui t'a prit de coucher avec ton COLOC ? ». Je ne savais même pas comment j'allais expliquer ça. La meilleure solution : ne pas l'expliquer.
Deux jours plus tard, Axel vint à l'appartement. Nous discutâmes dans le salon, tandis que Riku faisait la cuisine, j'avais compris avec le temps que c'était une façon pour lui de décompresser, et Sora était dans sa chambre. Cela faisait bien deux heures que nous discutions quand il m'interrompit.
« Tu n'as rien à me dire ? » me demanda t-il, d'un coup. Il fronça les sourcils.
« Euh... Nan ». Je le sentais mal. Mon pied commença à bouger nerveusement.
« Ton pied » me fit-il remarquer alors que je ne faisais pas de bruit. Je me glaçais d'un coup. « Tu me prends pour un con en plus ? ». Je voulus jeter un regard à Riku mais je me retins et me contentais de regarder Axel comme un poisson trop cuit.
« Je ne vois pas de quoi tu parles » essayais-je. Je ne me convaincs même pas. Seigneur, ayez pitié de mon âme.
« Incroyable. J'en reviens pas Roxas ». Il remit son dos sur sa chaise, l'air impressionné. Il me montra du doigt puis Riku. Et merde. Triple merde. Riku fit comme s'il ne savait pas qu'Axel le visait. « Hey, je te parle Riku ». Je vis le gris de cheveux ne pas bouger un instant puis il se retourna, mit le tablier sur le plan de travail, car oui, il mettait un tablier, et vint s'asseoir près de nous.
« Je t'écoute » dit-il.
« Vous avez couché ensemble » dit-il, de but en blanc.
« C'est une question ? » railla Riku. Axel lui lança un regard noir.
« Mais enfin, Roxas, qu'est ce qui t'a prit de coucher de coucher avec ton COLOC ? ». Effectivement, je l'avais senti. J'étais un peu rouge. « Roxas, je te connais... Pourquoi t'a fait ça ? ».
« Je suis encore là... » murmura Riku, levant la main ironiquement. J'haussais les épaules. Axel me jeta un regard critique. Riku soupira et se leva, nous laissant seuls ; il sentait bien que c'était plus des remontrances envers moi qu'envers lui. Il diminua la puissance et partit rejoindre Sora dans sa chambre. Axel prit sa chaise et la mit à coté de moi. Je me prit les mains de nervosité.
« Roxas... Je comprends pas ce qui t'es passé par la tête ». Il abaissa sa tête afin de rencontrer mon regard.
« Axel, je sais pas... Arrête de me demander pourquoi ».
« Tu l'aimes ? ». Je fis non de la tête « Il t'attire ? ». Je lui jetais un regard évident. Il me fit une grimace. « Ouais bon, j'ai compris ».
« Axel, juste pour une fois... C'est pas grave. Il n'y a pas mort d'homme ». Il me jeta un lourd regard.
« Ça te manque ? ».
« De quoi ? ». Je fronçais les sourcils.
« Le contact. Le sexe. On a dix-huit ans, et on est deux garçons. Et tu ne m'as parlé d'aucun garçon depuis que je te connais ». Je commençais à rougir. « Je peux comprendre, tu sais ». Je cherchais mes mots.
« Ça fait tellement longtemps que... je n'avais plus vu ça dans le regard de quelqu'un qui me regarde ». J'haussais les épaules. « Alors ça m'a fait plaisir, je crois ».
« Puis t'avais bu ».
« Puis j'avais bu » ajoutais-je, avec un petit sourire contraint.
« La prochaine fois que tu bois, dis moi de venir » s'amusa t-il. Je sentis sa main dans mes cheveux, me les ébouriffant. J'eus un petit sourire ; la remontrance était terminée.
Le soir venu, Riku vint me voir dans ma chambre. Il s'assit sur mon lit et je relevais les yeux vers lui.
« Alors bien passé ? » me demanda t-il.
« Inquiet ? » ricanais-je. Il me jeta un lourd regard. « Ça s'est bien passé ».
« Il n'était pas fâché sur toi ? ». J'haussais les épaules.
« Non. Ça allait. Il trouve que c'est normal pour un garçon de dix huit ans ». Il eut un grand sourire.
« On rentre lundi. Lundi soir, ça te tente ? ».
« Attends, tu me demandes si je suis libre pour coucher avec toi ? ». J'écarquillais les yeux de surprise. Ben merde. Je devais prendre cela comment...? Il eut un sourire énigmatique puis sortit de ma chambre.
Ni d'une ni deux, j'envoyais un message à Marluxia. Autant être concis.
A Marluxia : Hey. Dis, je peux te demander un truc ?
De Marluxia : Tu viens de le faire.
A Marluxia : Ah. Ah. Ah. Plus sérieusement, Riku a déjà couché plusieurs fois avec la même personne ?
De Marluxia : ... WTF ?
A Marluxia : Réponds, s'il te plait.
De Marluxia : Euh... A y réfléchir, non. Non, il aime bien diversifier ses partenaires.
Hm. Cela m'amena ma réponse.
