Gomen naisaî gomen gomen !!! je ne suis plus digne de votre confiance j'ai dépassé l'échéance de publication d'un mois !!! TT Pardon c'est la faute à l'éducation nationale ( encore et toujours je sais XD) et de mes 8 h de philo par semaine ( mais qu'est-ce qui m'a pris d'aller en terminale L, pourquoi ?! Ah vi je me souviens … je sais pas compter XD)
Ben sinon c'est pour vous signaler que je suis encore en vie ( pour combien de temps je sais pas, ça dépend de vous : rangez les pioches et remballez la potence des auteurs indignes XD… ah vi les reviews aussi ça compte bicoup ^^)
Un grand merci d'ailleurs à ceux qui m'en laissent, c'est toujours avec un immense plaisir que je les dévore ^^…
A part ça : bonne lecture …
la promesse du crépuscule
A leurs pieds, s'étendait sombre et vaste, une forêt impénétrable….
Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita ….
_ Est-ce que le chauffeur avait fait mention de ça ? demanda Riza en désignant l'immense lagune de jade.
_ Eh bien … le parcours initial était trop long, j'ai voulu qu'il m'indique un raccourci vers le fleuve, c'est là qu'il m'a dit qu'on pouvait couper à travers bois ; mais m'a vivement déconseillé de le faire. La végétation trop dense rendait l'endroit incertain voire dangereux. Considérant la hauteur à laquelle nous étions, j'ai pensé que la peur le faisait dramatiser, mais là…
_ Sans doute était-il plus lucide que vous ne le croyiez, ajouta-t-elle impassible.
_ Certainement,… j'imagine que nous n'avons plus le choix.
_ Non, d'autant plus qu'il serait imprudent de continuer sur ce terrain découvert, cette forêt offre une bien meilleure couverture. Et avec la tempête de tout à l'heure, Aruego a dû renforcer sa frontière... Non vraiment, la traverser est la seule chose à faire.
_ En ce cas …
Ils amorcèrent la descente en silence, trop concentrés sur leurs mouvements qui, sur cette pente vertigineuse, pouvaient s'avérer fatal. Le soleil, auréolé de ses rayons sanguins, semblait décliner avec eux. Appuyant sa masse ensanglantée sur la voûte des arbres, qui l'engloutissait peu à peu, faisant danser son ombre dans un halo pourpre.
Toujours accrochés à la paroi, les deux soldats progressaient à présent joue contre la muraille de granit. Leur circuit fastidieux était rythmé par de légères chutes de pierres. Mais à mesure qu'ils cheminaient, ces dernières gagnaient en fréquences et en intensité, jusqu'à ce que la roche s'effrite littéralement sous leurs pieds.
Mustang n'eut même pas le temps d'étouffer un juron : lui et sa subordonnée dévalèrent la cloison rocailleuse sur la dizaine de mètres restants. La violence de l'impact leur coupa la respiration ; le fracas de leur arrivée fut terrible. Un long silence s'en suivit. Silence durant lequel, la survie des militaires leur fut confirmée par la douleur lancinante qui arpentait leurs membres. Peu à peu ils reprirent leur souffle et s'adossèrent à la traître paroi qui venait de se dérober. Ils restèrent un moment interdit, forcés de constater la faiblesse de leur nature.
_ Eh bien, on dirait qu'on est descendu plus vite que prévu, maugréa Roy.
Riza eut préféré en rire, mais l'élancement qui lui enserrait les côtes l'en empêcha. C'est tout juste si elle ne put lui rendre un rictus souffreteux. L'alchimiste, quant à lui tentait vainement de se relever et fut cependant très vite rappelé à la gravité dans un grognement d'impuissance.
Le soleil était à présent à demi immergé dans l' abysse sylvestre. Il semblait avoir été transpercé par la cime des fûts, et agonisait lentement dans une marre de sang. Les deux soldats assistèrent au trépas de l'astre, happant de leurs rétines, les dernières verbes du jour. Leurs douleurs avaient disparu en même tant que lui ; laissant un vide étrange dans leurs chairs. Quelque chose en eux s'agitait, une angoisse fourbe et farouche, comme une peur ancestrale. Sans doute celle de l'Homme à l'approche de la nuit…. Oui…. mais quelle nuit ?
Le vent s'engouffra entre les feuilles, un frisson leur parcouru l'échine.
_ J'ai beau connaître le motif de ce conflit, parfois je me retiens de rire devant sa dérision. Détestable non ? railla Mustang.
_ Ce qui me paraît le plus détestable dans cette guerre, c'est qu'on a beau en connaître les causes on ne lui voit aucune finalité.
_ Si tenté qu'elle en ait réellement une, ironisa Roy.
_ Tout ça me semble si surréaliste : ces combats, la mission… tout juste un prétexte … non juste un préambule. Comme si tout ce sang versé ne servira à peine à écrire le prologue de la véritable tragédie à venir.
_ Et cela vous effraie-t-il ?
Riza eut un sourire amer :
_ de quoi ? de mourir ?
Son supérieur ne dit rien, et se contenta de hausser les épaules nonchalamment. Il eut un instant de silence durant lequel le sniper réfléchit, puis le regard noyé dans le vide elle lui répondit :
_ Bien sûr que cela me terrorise, personne ne voudrait mourir comme ça ;.. mais si ce n'est pas moi alors ce sera quelqu'un d'autre, avec un autre fusil, une autre innocence à immoler,…une autre vie à perdre.
_ C'est une façon de voir les choses … murmura Roy avec un sourire indéfinissable, …bien naïve en tout cas ajouta-t-il dans un éclat de rire sarcastique, … ce n'est pas parce que vous survivrez en martyr que vous épargnerez qui que ce soit. Et si endosser la responsabilité de touts ces crimes est votre seule raison de combattre alors tirez-vous une balle dès maintenant ! Comme si une personne à elle seule pouvait porter le fardeau de cette putain de guerre !
_ Il faut bien pourtant que quelqu'un le fasse ! Se griller la cervelle est tellement plus simple ! croyiez-vous que ça règle quelque chose ?! A votre avis après ma disparition que se passera-t-il ?! Un autre sniper viendra prendre ma place, assistera aux mêmes atrocités et y participera, massacrant des Ishbals, qui seront eux aussi venger par d'autres ! 1000 hommes viendront remplacer les 500 qui seront tombés et 2000 encore lorsque ceux-ci failliront à leur tour ! Et la terre sera souillée de sang et baignée de haine ! Il n'y aura jamais de fin !
_ Parce que survivre lamentablement en espérant éviter la prise d'arme d'un autre c'est une raison de vivre ?
_ C'est en tout cas la mienne ! Quitte à donner mon sang autant qu'il serve ! Que se soit de bouclier ou d'encre pour une préface. Mais à vous entendre parler c'est vous qui semblez ne plus avoir de raison d'être, dans ce cas vous n'avez qu'à retourner votre flingue sur votre tempe !
L'aquilon balaya la plaine de son haleine glacée, jouant à travers les gorges de granit, leur arrachant d'obscures rumeurs, aussitôt englouties par la fureur du crépuscule.
Les deux soldats se faisaient face, à présent cernés par le silence des ténèbres grandissants. Les phalanges encore crispées sur la roche qui les soutenait, et le souffle court de la véhémence de leurs paroles. Totalement désappointés, ils cherchaient dans le regard de l'autre quelque chose à quoi se raccrocher. Jamais ils n'auraient imaginés échanger de tels propos, surtout dans ces conditions.
Chaque minute qui s'écoulait semblait s'écraser au sol comme une bille de plomb. L'alchimiste ferma les yeux et secoua la tête, doucement, il commença à se relever. Riza le regarda faire sans le voir. Les rayons évanescents de la nouvelle lune parvenaient difficilement à happer leur silhouette. C'est tout juste si elle s'aperçut qu'il s'était penché vers elle et lui tendait une main secourable :
_ Si vous voulez préserver les innocents du champs de bataille il vous faudra de l'aide.
_ Comment vous avez renoncé à votre sortie ? répondit-elle sur un ton moins dur.
_ Pour le moment, elle manquait cruellement de panache, ironisa-t-il ; puis dans une expression qui feignait l'indifférence :
_Et si nous restions en vie, histoire d'écrire nous-même le dernier acte ?
Hawkeye esquissa un mouvement vers lui, mais suspendit son geste lorsqu'elle remarqua l' hardiesse nouvelle qui consumait les pupilles sombres de son supérieur.
_ C'est une promesse alors, susurra-t-il en saisissant sa main.
Elle hocha imperceptiblement la tête avant de se hisser jusqu'à sa hauteur ; puis ajouta, les yeux parcourant l'immensité de la forêt :
_ une promesse pour laquelle je vous ferai vivre coûte que coûte …
Le souffle de la nuit accourut, élevant au ciel ces paroles, portées par un nuage humide où la feuille se mêlait à la pierre dans un ballet infernal. Il s'engouffra dans leur uniforme, leurs cheveux, faisant danser l' éclat de leurs yeux et la vigueur de leur âme retrouvée.
Et lorsque la poussière retomba au sol, le regard enflammé du major Roy Mustang toisait déjà les ténèbres de la forêt.
_ Qu'il en soit ainsi, murmura-t-il avant de s'avancer d'un pas décidé vers la lisière.
Il ne sentit pas les prunelles ambrées accrochées sur son dos. Alors comme ça, Riza Hawkeye allait assister à l'avènement de l'alchimiste de feu en plein cœur des ténèbres. Elle eut un sourire imperceptible à la pensée de ce paradoxe. Ses paupières se fermèrent un instant sur les écrans de son passé : Cet homme qui défiait les affres de la nuit, était-il le même qui franchit sa porte dix ans plus tôt sous les traits d'un garçonnet apeuré ? Et Ces iris flamboyants sortaient-ils du même regard larmoyant du nouvel apprenti de son père ? Elle se rappelait encore de sa démarche mal assurée, de sa physionomie chétive qui se recroquevillait lorsque la voix de son maître résonnait dans la demeure, de sa soif d'apprendre et de sa faim de vivre. Il n'était pourtant pas si loin le temps de l'innocence insouciante, quand bien même ils devaient le partager avec les sombres volutes de l'alchimie.. … instinctivement elle porta la main à la naissance de sa nuque, comme si elle eut été saisit d'une vive brûlure. Puis devant l'absurdité de son geste, elle jeta un dernier regard à la lune, seule témoin de leur promesse, avant de s'enfoncer dans l'obscurité de la forêt.
Cette nuit là ils ne virent pas scintiller les premières étoiles…
To be continued...
Et encore désolé pour le retard …
