Chapitre 6

Le lendemain, Ianto quitta l'hôpital et Jack le raccompagna chez lui. Une fois installé dans sa chambre, le jeune homme ferma les yeux et s'endormit profondément. Le Capitaine le laissa et alla se préparer un café.

Plus tard, Ianto se leva, ses jambes n'étaient pas très sûres, mais il avait besoin d'un verre d'eau. Il enfila un peignoir et sortit de la chambre. En arrivant dans le salon, il constata que Jack s'était assoupi sur le canapé. Il le regarda quelques instant en finissant de boire. Jack ouvrit les yeux et vit le jeune homme qui retournait vers la cuisine. Il se leva et alla le rejoindre. Il était temps de savoir réellement pourquoi il l'avait embrassé.

– Comment vas-tu ? demanda-t-il.

– Bien Monsieur.

– Trois jours dans le coma, tu as fait fort. Nous ne comprenions pas, le médecin n'avait rien trouvé qui puisse expliquer ton état. Aurais-tu une idée ?

– Non Monsieur, en fait, je dois avouer que j'étais bien même si j'avais froid. Je ne pourrais pas me l'expliquer. Il me semblait que l'on me tenait et que je n'allais pas tomber dans le précipice devant lequel je me trouvais. Je ne voulais pas que l'on me lâche.

– Pourrais-tu me dire pourquoi tu as quitté le pub aussi vite ?

Ianto détourna le regard, il ne voulait pas que le Capitaine y lise la douleur d'avoir été rejeté. Il l'avait embrassé, mais Jack n'avait pas semblé intéressé.

– Ianto !

– Je n'avais plus rien à faire là-bas, dit-il simplement.

– Comment ça ! Tu m'embrasses et tu pars ! J'avoue que je ne comprends pas.

– J'ai fait une erreur, je…

Jack s'approcha et le prit dans ses bras. Ianto posa son verre, la main tremblante. Il avait si souvent souhaité sentir cette chaleur. Le Capitaine le retourna et lui prit doucement les lèvres. Ianto répondit à ce baiser délicat. Lorsqu'ils se séparèrent, le jeune homme avait toujours les yeux fermés et la bouche entrouverte. Sur ses cils perlaient des larmes. Jack les essuya du pouce et l'embrassa de nouveau.

– Ianto, pourquoi ne m'as-tu pas parlé, cela fait des semaines que j'attends. Je ne pensais pas avoir une chance avec toi.

– Pourquoi, parce que vous êtes un homme ?

– Non, parce que tu en es un ! Tu sais bien que pour moi, ce n'est pas un problème. Tout au long de ma vie, j'ai eu des aventures aussi bien masculines que féminines, mais toi, il m'avait semblé que seules les femmes t'intéressaient.

– Effectivement, répondit Ianto, mais ce ne sont pas les hommes qui m'attirent, c'est vous ! Et puis, vous m'aviez dit que vous pensiez à quelqu'un.

Après cet aveu, il baissa les yeux. Il venait de lui avouer ses sentiments et attendait le verdict. Pourtant comme il l'avait si bien dit, il avait eu de nombreuses aventures, alors il en serait de même pour lui. Que pouvait-il espérer, quelques moments, quelques heures ou quelques jours peut-être, mais rien de plus. Lorsqu'il ne l'intéresserait plus, le Capitaine partirait pour d'autres conquêtes.

Mais il aurait le temps d'y penser plus tard, Jack venait de glisser sa main sous le peignoir. De son autre main, il lui caressait la nuque, semant des baisers le long de son cou. Le jeune homme se cambra sous cette sensation merveilleuse, il ne voulait surtout pas qu'il s'arrête. Ses mains passèrent sous la chemise de son partenaire et il commença à goûter son dos du bout de ses doigts.

Jack entraîna Ianto vers le salon sans cesser de l'embrasser. Il le poussa doucement sur le canapé, se mit à genou et visita son corps après avoir écarté le peignoir. Le jeune homme laissait échapper des gémissements et se soumettait aux mains expertes de son futur amant. Après avoir parcouru le corps offert, Jack descendit vers le bas ventre de Ianto et délicatement pris son membre dressé. Il commença à le lécher sur toute sa longueur, puis sans prévenir le prit en bouche. Le Gallois se cambra sous la fellation. Au bout de quelques minutes, le Capitaine délaissa le sexe pour revenir vers le visage de son partenaire.

Ianto ouvrit les yeux et se noya dans le regard azur qu'il croisa. Il y lut de la tendresse et de la douceur. Il se redressa, rejoignit Jack sur la moquette et laissa ses mains explorer ce corps qui se pressait maintenant contre lui. Sensuellement, il passa son ongle en remontant le long de la colonne vertébrale, arrachant des frissons à Jack. Celui-ci soupira longuement et rejeta sa tête en arrière. Le jeune homme le bascula doucement et Jack s'allongea. Ianto aussi voulait goûter ce corps qui le rendait fou depuis si longtemps. Lentement, il explora chaque parcelle du visage, du cou, puis du torse de son compagnon. Lorsqu'il arriva au sexe tendu, il regarda Jack, celui-ci avait toujours les yeux fermés. Il laissa alors glisser sa main, observant la réaction du Capitaine. Celui-ci se cambra sous la caresse et gémit. Ianto remplaça sa main par sa bouche et lentement entama un va-et-vient qui arracha de nouveaux soupirs à son compagnon.

– Ianto, soupira Jack.

Le Capitaine l'arrêta et le tira à lui. Il l'embrassa, forçant doucement ses lèvres et leurs langues se rencontrèrent, s'enroulant délicatement. Ils se séparèrent quelques instants et il passa ses mains sur le visage du Gallois, le détaillant comme s'il voulait mémoriser ce visage qu'il aimait. Puis il se releva, fouilla dans la poche de son pantalon et revint vers Ianto qui s'était adossé au canapé. Il posa le tube de lubrifiant et entreprit de caresser l'entrejambe de son partenaire. Celui-ci, les yeux vrillés sur ceux du Capitaine, se tendit.

– Tu veux continuer ? demanda-t-il doucement.

Ianto ne répondit rien, mais se tourna et s'appuya sur le canapé. Jack continua de le caresser et arrivé à l'anneau de chair, il entra délicatement un doigt. Le jeune homme se cambra de nouveau, mais se laissa faire. Jack picorait son cou de légers baisers et introduisit un second, puis un troisième doigt. De son autre main, il s'enduisit le sexe afin de pouvoir pénétrer en douceur ce corps offert. Après quelques instants, il retira ses doigts et plaça son membre devant l'intimité de Ianto. Doucement, il pénétra dans l'antre chaud. Sous l'intrusion, le Gallois gémit, puis petit à petit, il se détendit, accompagnant le mouvement du Capitaine. Le lent va-et-vient faisait monter de nouvelles sensations dans son corps et il aimait cela. Jack passa sa main sur son torse, descendit se saisir de sa virilité et commença à la caresser.

Les coups de reins se firent plus rapides, lentement mais sûrement, le Capitaine sentait monter l'orgasme. Sa main se calqua sur le mouvement de ses reins et lorsqu'il jouit, Ianto se répandit également dans sa main. Toujours agité de tremblements, Jack vint embrasser le dos de son compagnon. De petits frissons parcoururent la colonne vertébrale du Gallois qui s'était effondré sur le bord du canapé. Lentement, le Capitaine se retira sans cesser sa promenade de baisers et se colla contre le dos de son partenaire.

– Si tu ne t'étais pas sauvé du pub, la soirée aurait pu finir comme ça, dit-il, le menton appuyé sur l'épaule de son amant.

Ianto ne répondit rien et se tourna pour faire face à Jack. Celui-ci l'embrassa de nouveau, le serrant dans ses bras. Il ne le laisserait plus le quitter, il avait attrapé son étoile filante. Le Gallois s'échappa des bras de son amant et se releva.

– Où vas-tu ? lui demanda le Capitaine.

– Prendre un douche et me coucher. Tu me rejoins ?

– Ce n'est pas le genre d'invitation qu'il faut me faire, tu risques de ne pas dormir beaucoup.

– Alors restes ici, répondit le Gallois, l'œil malicieux. Mon médecin m'a dit de me reposer.

Jack éclata de rire et se leva. Ils prirent rapidement une douche et allèrent se coucher. Ianto se blottit contre le Capitaine et s'endormit, il était éreinté.

Le lendemain, Ianto se leva le premier et alla préparer le café. Lorsqu'il revint, Jack était adossé aux oreillers et semblait réfléchir.

– Bien dormi ? demanda-t-il en tendant la main pour prendre la tasse que lui avait ramenée le Gallois.

– Oui.

– Tu devrais rester chez toi aujourd'hui, on pourra se passer de toi, tu as encore besoin de te reposer.

– Je pense que ça ira, mon boulot n'est pas si épuisant que cela et de toute façon, j'ai du classement à faire dans les archives. Ce n'est pas très physique, dit-il en leva les yeux.

Un éclat passa dans le regard de Jack et Ianto se mordit la lèvre. Il venait de lui tendre une perche que le Capitaine s'empressa de saisir.

– Cela dépend de ce que tu dois classer ! dit-il taquin.

Le jeune homme finit son café, retourna dans la cuisine pour déposer la tasse et partit prendre une douche avant de s'habiller. Lorsqu'ils furent prêt, ils partirent pour le Hub. Ianto s'arrêta prendre des viennoiseries et laissa Jack continuer son chemin. Il n'avait pas vraiment envie d'arriver avec lui, il ne voulait pas entendre de réflexions de la part de Owen.

En pénétrant le Hub, il fut surpris par le silence. Tosh leva les yeux et se précipita vers lui.

– Alors, demanda-t-elle, comment vas-tu ?

– Bien mieux, merci.

– Il est resté avec toi cette nuit ? demanda-t-elle en tournant la tête vers le Capitaine.

– Euh oui ! répondit-il, rougissant légèrement.

– Super, et vous avez pu parler ?

– Pas vraiment, dit-il rougissant de plus belle.

Tosh était aux anges. Ses amis s'étaient rapprochés et cela lui faisait plaisir.

– Je vais préparer du café, tu en veux ?

– Oui, merci, dit-elle en retournant à son poste.

Ianto alla préparer le plateau, disposa les viennoiseries dans une assiette et remplit les tasses. Il alla faire la distribution et finit par le Capitaine.

– Je vais aux archives, dit-il en quittant le bureau.

Jack le regarda partir, Ianto semblait encore fatigué, mais il ne pouvait pas l'obliger à rester chez lui. Vers 10 h, le téléphone sonna, un employé d'UNIT l'informa qu'un candidat allait se présenter et qu'il faudrait qu'un choix soit fait. Il manquait un membre à l'équipe et toutes les propositions qui avaient été faites ne semblaient pas convenir. Il faudrait qu'il fasse un effort.

– Ianto, appela-t-il par l'intercom.

– Oui, Monsieur.

– Cet après-midi, il faudrait que tu restes à l'office, UNIT nous envoie un candidat.

– Ok, dit-il, de toute façon, je devais remonter, il est pratiquement midi. Je dois commander les repas.

Il se rendit à l'office, pour attendre l'arrivée du livreur. Lorsque celui-ci arriva, Ianto ferma la porte pour l'heure du déjeuner, il ne rouvrirait qu'à 14 h. Il descendit et lança à la cantonade :

– Si vous voulez bien venir déjeuner, aujourd'hui, ce sera chinois !

Puis il se rendit dans la cuisine pour déposer la commande. Lorsque ses collègues arrivèrent, il avait déposé les plats devant chaque place et avait préparé les tasses pour le café qui ne manquait jamais de suivre.

Pendant le repas, ils avaient parlé de tout et de rien, c'était une joyeuse cacophonie et tous semblaient de bonne humeur. Ianto jeta un coup d'œil à Jack, celui-ci était silencieux depuis quelques minutes et l'observait. Il sentit la chaleur lui monter aux joues et replongea dans son plat. Lorsqu'ils eurent fini, il nettoya et rangea, puis se dirigea vers l'office, il était temps d'ouvrir le bureau.

Installé à l'ordinateur, il attendait les visiteurs. Il lisait ses messages quand il en vit un de Jack.

De : J. Harkness

À : I. Jones

Sujet : Aucun

J.- Comment te sens-tu ?

I.- Bien.

J.- Pendant le repas, tu me semblais fatigué, tu devrais rentrer.

I.- On attend de la visite. Peux pas partir.

J.- Tosh peut te remplacer.

I.- Inutile, je vais bien.

J.- Quand il sera là, tu pourras rentrer.

I.- On verra. Ton rendez-vous vient d'entrer, nous arrivons.

À suivre…