CHAPITRE 6 : CENTAURES
CHAPITRE SIX : PREMIERS CENTAURES
– Les Furies ?
– Oui, ce sont des femmes oiseaux hystériques. Elles persécutent les téméraires qui s'aventurent dans la forêt malgré les interdictions formelles d'Eurytion. Il a des yeux et des oreilles partout sur l'île, il se sert des Harpies pour punir les impudents qui échappent à son contrôle.
– A quoi servent alors les Centaures ?
– Ils vont chercher l'argent d'Eurytion à travers les dettes, les recettes de bar, les taxes et tout ce qui peut faire de l'argent. Les Centaures agissent comme des Marines si tu préfères, ils sont sous les ordres et peuvent attaquer lorsqu'ils ont le signal mais généralement ils préfèrent tyranniser les habitants.
– Tu connais plutôt
– J'aime les histoires anciennes.
Law hocha la tête aux mots de la jeune femme, il venait d'apprendre beaucoup de chose en moins de deux jours. Le pirate regarda sa guide, juste à côté de lui. Elle abordait un sourire amical lui donnant un air mignon avec les quelques mèches ébènes qui lui tombaient devant les yeux. Son débardeur vert laisser entrevoir la naissance d'une petite poitrine, ainsi que quelques cicatrices très légères, des ronces ou des plantes, supposa le brun silencieusement.
Une fine pellicule de sueur recouvrait leurs visages, ils venaient de quitter la cabane à toute allure. La deuxième Furie menaçant de revenir à tout moment si jamais elle s'apercevait que sa compagne n'avait pas suivi comme prévu. Ils avaient marché pendant deux bonnes heures afin de s'éloigner définitivement de la cabane où reposait la statue de pierre.
Le regard glacé de l'homme s'accrocha involontairement à une petite gouttelette de sueur naissante sur la tempes de Med, il la regarda descendre lentement le long du visage de la jeune femme, glisser le long de la mâchoire parfaitement dessinée, dans le cou, puis disparaître dans son débardeur sombre. Un frisson connu remonta l'échine de Trafalgar.
Sentant le regard insistant de l'homme, elle tourna la tête pour le regarder. Les yeux fendus de Med allèrent droit dans ceux de Law, l'envoûtant inconsciemment par surprise.
– Comment vont tes yeux ? Trafalgar eut envie de rire à sa question, comment vont ses yeux ? Il venait de reluquer la jeune femme à l'instant même, à croire qu'elle l'avait deviné.
– Mieux, souffla-t-il pour chasser son sarcasme intérieur.
– Nous allons faire une pause pour trouver un truc à manger, je meurs de faim.
Le brun ne put s'empêcher de penser à ses membres d'équipage à la remarque d'Euryale, ils n'étaient absolument pas entre de bonnes mains d'après ce qu'avait raconté sa guide à propos des Furies et des Centaures.
Et encore moins entre celle du dénommé Eurytion, le tyran de l'île dans les grandes lignes.
Le capitaine soupira et acquiesça doucement les mots de la jeune femme d'un hochement de tête, il devait manger aussi. Cela allait faire plus d'un jour qu'ils marcher dans la jungle chaude, sans eau ni nourriture. Un sourire attira l'attention de Law, un sourire chaleureux.
- Ne t'inquiètes pas pour ton équipage, Eurytion n'y touchera pas.
- Comment peux-tu savoir ?
- Tu n'es pas le premier à être tombé dans le piège, Eurytion s'amuse avec toi. Il te place sur un échiquiers géant, puis envisage toutes les possibilités que tu peux choisir.
- Et toi dans tout ça ?
– Je suis une pièce invisible, confia-t-elle tout bas. La guide s'étira sans perdre le rythme de la marche avant de glisser ses mains dans ses poches. Il y a une clairière pas loin, on peut s'y poser sans problème. Suis-moi.
Euryale n'attendit pas de réponse de la part de Trafalgar, elle pivota sur ses pieds, fit signe au brun et s'enfonça dans la végétation immense.
L'ébène accéléra, soudainement. Sans laisser le choix au , il dut la suivre tant bien que mal à travers l'épais branchage et les racines. La jeune femme fendait son chemin avec une souplesse remarquable, Law la voyait disparaître entre deux branches avant de la voir apparaître un peu plus loin sur un caillou avec un sourire provocateur. Destiné au pirate évidémment. Il tenta de la rejoindre, mais à chaque fois qu'il avançait, elle disparaissait pour apparaître un peu plus loin, toujours avec ce même sourire collé au visage.
– Fatigué, Trafalgar ? Lança-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine, loin du Chirurgien qui peina à l'entendre, assise sur un tronc d'arbre défoncé. Il lui répondit par un simple sourire énigmatique avant de tendre sa main tatoué et de prononcer un mot faiblement.
Aussitôt une sphère bleuté jaillit de sa paume pour s'étendre sur la jungle, le sourire du pirate demeura tandis que celui de la jeune femme s'effaçait peu à peu. Elle se redressa souplement sur ses pieds, jeta un regard averti à l'homme avant de continuer sa course.
Law ricana en la voyant courir à nouveau, elle pouvait courir longtemps comme ça. D'un mouvement de la main, il se retrouva sur les talons de l'ébène. Elle jeta un regard en arrière, croisa celui du pirate. Euryale se retrouva désabusée par la tricherie.
– Tricheur, sonna-t-elle assez fort pour qu'il l'entente. Euryale n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'il l'attrapa par les épaules en la coinçant dans un étau puissant entre ses bras.
– Pirate, répliqua calmement l'homme en la bloquant. Law la gratifia d'un sourire vainqueur, il ouvrit la bouche mais fut stopper par une main sur sa bouche.
– Tu crois avoir gagné ?
Il arqua un sourcil curieux de voir de quelle façon elle allait reprendre le dessus. Law fut surprit lorsqu'elle mordit son pull ; il sentit les dents de la jeune femme mais heureusement pour lui, son habit permettait d'amortir la morsure assez violente. Le pirate résista quelques secondes avant de relâcher prise, elle mordait vraiment.
Trafalgar la laissa prendre quelques pas d'écart et passa sa main sur l'endroit où elle l'avait mordu : ecchymose à venir. Levant les yeux, Law croisa ceux de l'ébène. Ses yeux pers se moquait de lui avec une lueur prédatrice.
– Je gagne.
– Trop facile.
J'ai gagné, insista Euryale sans bouger en tournant la tête pour regarder les arbres. Il soupira longuement et hocha la tête. Oui, elle avait gagné mais avec ses propres règles : il ne le fit pas remarquer.
La jeune femme afficha un nouveau sourire vainqueur, d'avant d'éclater de rire soudainement surprenant le pirate. Le rire cristallin et fin arracha un maigre sourire à Law. L'ébène riait sans honte, riait avec bonne humeur.
– Tu devrais voir ta tête ! Se moqua-t-elle entre deux éclats de rire intenses, elle souffla doucement pour se calmer. Son rire se calma aussi mais son sourire demeura sur le visage fin de l'ébène.
Le pirate arqua un sourcil face à la jeune femme moqueuse, sans perdre son sourire. Le grand, cruel et terrible Trafalgar Law riait avec une simple guide. Qui l'eut crut ?
– Encore quelques pas et on pourra se poser !
Euryale se détourna de lui, en fronçant les sourcils. Elle posa un doigt sur ses lèvres, l'incitant à se taire et écouta longuement les bruits de la jungle. Son sourire disparu.
Écoutes, murmura l'ébène en désignant son oreille droite d'un geste vague, le pirate écouta les bruits propre à la jungle : des oiseaux chantonnant, le bruissement de la végétation au grès du vent et des cris.
Des cris, des cris appelant au secours. Brusquement, Law releva la tête en direction des cris puis regarda Euryale. Celle-ci regardait déjà dans la direction concernée.
– Des cris.
– Des cris de femme.
L'ébène lança un regard entendu à l'homme avant de se lancer en direction des cris suivit par le Corsaire, elle arriva plus rapidement devant la source des cris. En face d'elle, une carrière verdoyante dans laquelle se trouvait une jeune femme à terre entourée de deux Centaures.
La jeune femme, cernée par les deux créatures, se couvrait la tête à l'aide de ses avants-bras. Les deux Centaures, eux, poussait des rires sinistres et claquaient leurs sabots sur le sol, beaucoup trop près de la tête de la jeune femme. Les appels au secours venait de la jeune femme coincée, elle pleurait. Lorsque Law arriva quelques secondes après sa guide, il contempla la scène désastreuse.
– Tu te souviens c e que j'ai dit sur les Centaures ?
– Ils symbolisent les désirs bestiaux.
– Oui, elle croisa les bras et porta un regard sombre sur les Centaures que Law ne loupa pas. Je ne compte pas me battre, donc à toi l'honneur.
Euryale s'avança dans sur l'herbe verte, se détachant de la phénomène des arbres. Law l'imita, ils se dirigèrent vers le groupe d'un pas lourd et menaçant. Peu à peu qu'ils se rapprochaient, la victime semblait de plus en plus mal en point.
Ses cheveux blonds étaient sales comme son visage, en plus du sang et du coquard sur son œil droit. Les traits de la blonde disparaissait sous la couche de sang mélangé à la terre. Des larmes coulaient au coin de ses yeux fermés, des sanglots la secouait violemment.
Regardes un peu Rub, regardes un peu qui voilà, tonna l'un des Centaures en apercevant l'ébène.
Le Centaure qui venait de parler avait l'arcade sourcilière tronçonnée de piercing. Le dénommée Rub tourna à son tour la tête pour regarder, sa joue était tatoué d'un E gigantesque. Le tatouage mal fait chercher à cacher une cicatrice profonde sur la joue.
– Mais ouais ! T'as raison Hoover, regarde donc ! Meduse ! Tu viens te joindre à nous pour martyriser c'tte gamine !? Ça fait longtemps que l'on ne t'as pas vu ici, qu'est-ce que tu nous ramènes ?
– Rub, voyons, grogna Hoover en croisant les bras sur son torse humain. Ce n'est pas une manière de parler aux femmes. Fatales, crut-il bon d'ajouter.
Tandis qu'ils avançaient vers les deux Centaures, Law ne loupait rien la conversation entre les deux créatures aux bustes d'hommes et au corps de chevaux. Les réactions de Euryale. Sa mâchoire était crispée, sa démarche plus raide et son regard plus dur.
Le pirate ne fit aucun commentaire, attendant qu'elle réponde, mais elle ne fit pas. Il reporta son attention sur les Centaures, les observant minutieusement : ils avaient le corps d'un cheval et le buste d'un homme, dans leur dos, un carquois de flèches accompagné d'un arc qu'ils tenaient à la main.
Law s'arrêta à une distance raisonnable tandis que la jeune femme continua son chemin. Elle continua jusqu'à arriver devant les Centaures qui la dépassaient largement d'une double-tête au moins. Elle ne s'arrêta pas et leur glissa sous le nez pour se pencher sur la blonde en sang à leurs pieds.
Meduse, on te cause là ! Regardes les gens quand on te parle ! Râla lourdement le Centaure à la cicatrice tatoué, il foudroya l'ébène du regard qui ne s'en formalisa pas.
Euryale porta son attention sur la jeune femme couchée à terre dans une position de défense. Elle releva la tête pour regarder le Centaure mécontent, il se calma bien vite et détourna le regard visiblement mal à l'aise.
– Pas la peine de me regarder comme ça hein... Grommela-t-il.
– Eurytion se plaint désespérément de ne plus avoir de nouvelles, j'espère que tu as de bons arguments pour lui expliquer ton absence depuis plus d'un an et pour nos pertes aussi.
Hoover regarda l'ébène à terre, puis regarda le pirate en face d'eux. Il arqua un sourcil décoré de fer, et continua.
– J'espère qu'il sait se battre, lui. Rub.
Le second homme cheval rit grassement en regardant Trafalgar Law, laissant l'écho prendre la suite de son rire. Un sourire énorme ornait son visage. Il alla se positionner aux côtés de Hoover qui prenait déjà son arc en main, il l'imita et l'arma d'une flèche.
Les deux Centaures lancèrent leurs flèches en même temps, puis observèrent le brun. Comme si il s'agissait d'un test et sans aucun mal, Trafalgar retira son sabre de son fourreau pour trancher les deux flèches d'un seul coup adroit. Law jugea les deux créatures de la même manière qu'ils le jugeait.
– Je suppose qu'un corps à corps s'impose, non ?
– Les flèches ne seront d'aucune utilité vu son maniement du sabre.
Dans un mouvement souple ils se débarrassèrent de leurs arcs ainsi que de leurs carquois. Law jeta un dernier coup d'œil à Euryale penchée sur la blonde amochée, avant de totalement de focaliser sur le combat contre les Centaures. Les deux animaux humains arrivèrent vers lui au galop, le sol tremblait sous leurs pas lourds et puissants.
Ils tournèrent un ainsi autour du pirate cherchant une ouverture dans la position de défense de l'homme, la poussière se levait au rythme de leur course circulaire. Law tenait son sabre devant lui, concentré en suivant les mouvements des deux ennemis, prêt à répliquer à la moindre offensive. Ce fut Rub qui attaqua en premier.
Chargeant de face vers lui, sans aucun mal il repoussa Rub d'un coup vif et tranchant. Le Centaure tatoué retenta presque aussitôt une offensive du même type, et Law le repoussa de la même manière sans cacher sa lassitude.
Sans prévenir, ce fut au tour de l'autre Centaure de s'en prendre au pirate. Hoover l'attaqua dans le dos, les sabots dirigés sur la colonne du Chirurgien. Celui-ci pivota de justesse pour éviter le coup, levant son sabre qu'il abaissa brusquement en direction de Hoover. Celui-ci l'évita vivement grâce à une pirouette équestre.
– Tu te débrouilles mieux par rapport aux autres.
– Aux autres ? Demanda le pirate s'en sans rendre compte, il regarda à tour de rôle les deux créatures, cherchant à déterminer lequel allait lancer l'offensive cette fois. Ils eurent un sourire à la fois tragique et désolé.
Brutalement, ils chargèrent ensemble en direction du concerné qui n'eut le temps que de créer une sphère bleue et d'échanger sa place avec celle d'un rocher caillou posé plus loin, à l'orée de la carrière. Rub se heurta contre le rocher tandis que Hoover l'esquiva aisément.
Il regarda son partenaire ; sonné. Puis se concentra sur le pirate en face de lui. Le Centaure au sourcil décoré observa la sphère bleue minutieusement, voulant la comprendre, mais Law ne lui laissa pas le loisir pour. Il tourna ses doigts tatoués de façon à les orientés vers le ciel et, prononça très clairement d'un ton froid.
– Tact.
L'effet fut immédiat. Le corps mi-humain, mi-cheval se retrouva levé en l'air par une force inconnu contre laquelle il ne pouvait rien faire. Il flotta ainsi pendant quelques secondes, surpris et désorienté d'être dans les airs. Law leva son sabre magistralement et l'abattu dans le vide avec force, fendant l'air stable.
Quelques mètres plus haut, le corps fut séparer en deux parties distincts. Un cri resta bloqué dans la gorge de l'homme, le brun n'avait pas seulement pris soin de séparer le corps en deux mais aussi de couper toutes les liaisons nerveuses. Un sourire immense pouvant être qualifié de sadisme ou de plaisir trônait sur le visage de Trafalgar.
– Law ! Appela Euryale, le déconcentrant de sa tâche complexe. Il jeta un regard à l'ébène qui lui faisait signe de venir. Elle était penchée sur la blonde et ses mains en sang. Le pirate arqua un sourcil, délaissa le corps tranché et s'approcha rapidement de la guide. Elle a un problème, t'es doc' non !?
– Oui, le regard froid et calculateur alla directement sur la blessure infligée d'où suinté le sang : une plaie ignoble ornait l'abdomen de la blonde. Comment vous appelez vous ?
– Orphée, gémit-elle tout bas en s'arquent de douleur, rien que son nom était douleur à prononcé.
Euryale laissa fleurit un court instant, un sourire amusée sur son visage. Il reprenait son vouvoiement. L'ébène pointa du doigt les bords de la plaie, pour attirer le regard de l'homme dessus.
– Ce genre de blessure ça vient pas des Centaures, c'est autre chose.
– Ça ressemble à des griffures, la chair a dû être lacérée assez violemment.
– D'où viens-tu ?
– De Duz, gémit une nouvelle fois la concernée en se repliant un peu plus sur elle même, souffrante.
– Nous partons maintenant, Law ! Elle a besoin de soins urgent.
– Je l'emmène.
Euryale hocha positivement la tête en se penchant pour ramasser l'arme du pirate. Law, lui, fit lever la jeune femme doucement, avec précaution, pour pouvoir la prendre sur son dos. Il pris son sabre, le glissa sous les jambe d'Orphée de façon à avoir un support assez solide sur lequel elle pouvait reposer sans problème. Il jeta un regard à Euryale, qui, elle, regardait les deux Centaures dans l'herbe un peu plus loin. L'un coupé en deux et l'autre sonné pour un bon moment.
Euryale, rappela Trafalgar. Ils ne bougeront pas avant quelques heures.
L'information ne sembla pas produire une quelque conque émotions chez l'ébène, elle se contenta hocher la tête avant de se mettre en route devant l'homme et la blessée .La jeune femme frissonna en entrant une nouvelle fois la jungle dense, l'air semblait être devenu plus sec.
Elle soupira longuement puis s'avança doucement, pour laisser le temps au pirate de la suivre. La blonde, elle, ne donnait aucun signe de vie hormis une lourde respiration saccadée. La guide, tandis qu'elle marchait devant, ne pût s'empêcher de demander à Trafalgar.
– Pourquoi ne pas les avoir tué ?
– Trop faibles.
– Trop faibles ? Coupa froidement la femme au regard pers sans laisser le temps au brun de comprendre son brusque changement d'humeur. Law arqua un sourcil au ton froid et dangereux de Euryale. Il ne préféra pas continuer la conversation, occupé à maintenir Orphée.
– Pourquoi les Centaures t'ont appelée Méduse ?
Les pas de la concernée se stoppèrent net, elle pivota brusquement pour regarder Law. Une expression de surprise vivait sur son visage, il arqua un sourcil à ce changement brutal attendant la réponse. Pourquoi ? Euryale, se tourna et continua sa route sans rien dire. Un autre détail frappa le pirate lorsqu'il avait prononcé le nom de « Méduse », le corps d'Orphée s'était raidi contre le sien.
Il n'eut aucune réponse.
