Chapitre 6 : Inquiétude

Deux jours, cela faisait maintenant deux jours que je n'avais pas eu Bones au téléphone. J'avais tenté de la joindre à plusieurs reprises, mais je ne faisais que tomber sur son répondeur. Je lui laissais des messages lui disant de me rappeler, que l'on s'inquiétait tous, précisant par la même combien Angela me harcelait pour savoir comment elle allait, mais rien. Je n'avais aucune nouvelle de ma partenaire depuis deux jours.

J'entrais dans le Jefferosium afin de chercher le rapport de Camille sur le meurtre de Madame Demesel.

Nous avions résolu l'affaire le jour précédent. Après avoir constaté que le mari partait régulièrement en voyage d'affaire avec l'une de ses collègues, qui plus est toujours la même, nous avons vite fait le rapprochement, cette femme était sa maîtresse.

Nous avons donc interrogé Mademoiselle Peterson, qui a très vite avoué qu'effectivement, elle entretenait des liens avec le mari, toutefois cela a été un peu plus long pour qu'elle avoue l'assassinat. Elle avait tout d'abord accusé son amant, qui fut très surpris et qui nous expliqua l'évolution de leur relation, mais aussi ses liens avec sa femme. Sweets était persuadé que l'homme était toujours amoureux de son épouse bien qu'il la trompait. Comment pouvait-il lui faire ça et dire qu'il l'aimait ? Certaines personnes ne se rendent vraiment pas compte de l'importance de l'amour et de la confiance dans un mariage.

Dans tous les cas, après avoir fait une perquisition au domicile de Mademoiselle Peterson, nous avons trouvé l'arme du crime, et les fouines ont vite trouvé des empreintes et du sang de la victime. Durant le second interrogatoire, elle a avouée être jalouse. Monsieur Demesel voulait la quitter afin de reconquérir sa femme qui parlait de divorce. Elle fut donc inculpée pour meurtre avec préméditation.

J'étais donc en bas de la plateforme en train de demander à Hodgins où était Camille, quand une tornade brune m'a emportée avec elle dans son bureau, j'avais juste entendu le rire de l'entomologiste face à la situation.

- Vous avez des nouvelles ?

- Bonjour Angela. Comment allez-vous ? Moi, merci de demander, je vais très bien.

- Booth ! Je suis inquiète.

Oh oui, elle l'était, tout comme moi, et j'utilisais le sarcasme pour tenter de le cacher du mieux possible.

Je soupirais avant de m'affaler sur son canapé, cachant mon visage dans mes mains. Je ne supportais plus la situation et je savais que ma réponse à venir allait angoisser d'avantage la jeune femme.

- Je suis désolé Angela je n'arrive pas à la joindre

- Vous ne vous êtes pas disputés avant son départ ?

Je relevais les yeux vers elle, surpris par sa demande.

- Non! bien sûr que non. Vous étiez là que je sache.

- Oui, mais sait-on jamais avec vous. Et puis je cherche une explication.

Elle s'installa sur le siège à côté de moi.

- Ca fait deux jours Booth. Brenn appelle toujours quand elle dit qu'elle va le faire.

- Je sais

- Ca ne lui ressemble pas de ne pas le faire.

- Je sais

Je regardais Angela. Elle était anxieuse pour son amie, tout autant que moi.

Un instant une idée me traversa. Pouvais-je lui demander de localiser le portable de Bones comme elle me l'avait suggéré auparavant ? Ma partenaire me tuerait si elle apprenait que j'avais fait quelque chose comme cela. Pourtant d'un autre côté, j'étais de plus en plus frustré de ne pas savoir où elle était et si elle allait bien. Et s'il s'était passé quelque chose ? Et si elle s'était faite enlevé ? Ou si elle avait eu un accident ? Je ne sais pas, mais il aurait pu lui arriver n'importe quoi sans que nous soyons au courant, elle était à l'autre bout du monde.

- Booth ?

Je relevais les yeux vers l'artiste

- Si vous voulez je peux essayer de voir où elle se trouve.

Avait-elle lu dans mes pensées ? Non c'était impossible. Elle s'inquiétait juste.

- Merci Angela, mais nous devrions attendre encore un peu. Elle est peut-être dans un endroit qui n'a pas de réseau et ne peut donc pas nous joindre.

Je tentais tout aussi bien de la rassurer que de me rassurer par ces paroles.

- Hummm Oui, si vous le dites. Mais si…

- Demain. Si demain on n'a pas d'info, on commencera des recherches.

- Ok demain à la première heure alors.

Elle me sourit, pourtant son sourire était triste. Il était de mon devoir de la réconforter malgré les divers doutes et appréhensions qui me traversaient.

- Vous connaissez Bones Angela, quand elle est plongée dans un truc, elle y est totalement au point de tout oublier autour, aussi bien de manger que l'heure qui passe. Elle dit simplement être débordé et n'a pas vu le temps passer.

- J'espère que vous avez raison Booth. Elle est partie si précipitamment, sans même nous dire où elle allait et ce qu'elle allait faire, alors forcément je m'inquiète pour elle. Je sais qu'elle est forte et capable de se défendre contre pas mal de chose, mais je ne pas m'empêcher de me faire du souci pour elle.

Sans rien répondre, je m'avançais vers elle pour la prendre dans mes bras. Elle avait besoin de soutien, et en tant qu'ami, il était de mon devoir de lui en procurer.

Après être passé chez Camille récupérer le dossier, je retournais au FBI pour tout déposer chez mon supérieur.

La plupart de mes collègues me regardaient étrangement. Il faut dire que depuis le départ de ma partenaire, je n'étais pas très aimable avec eux, et je pense qu'ils se doutaient tous de la raison, mais aucun n'osaient me le dire et j'avais l'impression que la majorité d'entre eux tentait de m'éviter afin de ne pas subir mes foudres.

- Agent Booth, bonjour.

- Sweets que voulez-vous ?

Le gamin, que venait-il faire ici ? Toujours là quand on n'a pas besoin de lui. Toujours là pour se mêler de ce qui ne le regarde pas.

- Rien de particulier, je venais prendre des nouvelles.

Il me sourit. Oh bien sûr, simplement prendre des nouvelles…. J'étais perplexe, il y avait anguille sous roche, comme toujours avec lui.

- Il parait que vous avez résolu votre enquête.

- Effectivement.

- Ca a été rapide, bien que le Docteur Brennan ne vous ait pas aidé.

Voilà, c'était rapide. Sans attendre il attaquait le vif du sujet mais je n'avais pas l'intention de me laisser faire.

- Et bien, nous avons fait notre boulot avec les fouines.

- C'est ce que je constate. Me répondit-il en souriant.

Je continuais de marcher vers le bureau d'Hacker, le jeune psychologue sur les talons.

- Vous vouliez autre chose ?

- A vrai dire, j'ai ouïe dire que vous n'êtes pas de très bonne humeur ces derniers jours.

- Ca arrive. Lançais-je sans grande conviction.

- Cela aurait-il un rapport avec le départ soudain de votre partenaire. ?

Je me stoppais net, il commençait à m'agacer à vouloir toujours se mêler de tout. J'allais répondre, mais il ne me laissa pas le temps.

- Je sais, vous allez répondre que ce n'est pas le cas et que, quand bien même, je ne devrais pas me mêler de votre vie privée.

Je le regardais surpris

- Vous savez, il est normal que l'absence de votre coéquipière vous chamboule. Vous formez un duo extraordinaire ensemble et un lien particulier s'est tissé entre vous. Cela fait plusieurs années que vous travaillez ensemble et il est rare que vous ne fassiez pas équipe ensemble sur un cas. Certes vous avez le reste de l'équipe du Jeffersonium pour vous aidez, mais ce n'est pas pareil.

Fourrant ma main dans ma poche, je commençais à jouer avec le jeton de poker que j'avais toujours sur moi. Je n'aimais pas ce genre de discussion avec le gamin. Il savait taper juste pour m'atteindre, bien que je tentais de ne pas le montrer.

- Vous avez vos habitudes avec le Docteur Brennan, vos cafés, vos repas, vos discussions animés et il est normal que tout cela vous manque.

- Si vous le dites. Répondis-je en essayant de rester distant et évasif

Son petit sourire montrait bien qu'il n'était pas dupe.

- Au fait, où est-elle partie ?

- Je ne sais pas Sweets, elle ne me l'a pas dit.

- Oh. Avez-vous de ses nouvelles alors ?

- Non pas depuis deux jours. Lâchais-je après un certains temps.

- Je suis navré, mais vous savez elle doit sans doute être très prise. Vous savez aussi bien que moi, comme elle peut être lorsqu'elle est prise pas quelque chose.

Je souris, il me sortait la même réflexion que celle que j'avais dite à Angela afin de la réconforter. Au final, il voulait simplement me rassurer. Il avait dû sentir mon malaise, comme la plupart des gens qui me côtoyaient.

- Je sais Sweets mais merci quand même. Lui dis-je en souriant. – Je suis désolé, mais Hacker attend mon rapport.

- Oh mais bien sûr, je ne voudrais pas vous déranger d'avantage.

- Bonne journée. Terminai-je en lui tapotant amicalement l'épaule.

Autant il pouvait être exaspérant parfois, autant il savait comment me rassurer.

Après avoir déposé le dossier, je décidais d'aller manger au Royal Diner. Je ne pouvais m'empêcher de regarder sans arrêt l'heure.

- Vous attendez quelqu'un ou je peux prendre votre commande ? Me demanda la serveuse me voyant fixer ma montre.

- Je vais commander.

Tout en mangeant, je repensais à notre conversation avec Bones. Peut-être aurai-je dû plus insister pour qu'elle me dise ce qu'elle faisait ou bien où elle était. Peut-être n'aurai-je pas dû la laisser partir seule. Encore une fois je regardais l'heure. Il était treize heures trente, et cela ne faisait que cinq minutes depuis la dernière fois. Le premier jour de son départ, elle m'avait appelé vers là, j'espérais qu'elle le fasse aussi cette fois, mais rien, aucun signe.

Sortant mon téléphone, je vérifiais que je n'avais pas raté un appel ou reçu un message de sa part. Encore une fois rien. J'étais inquiet, vraiment inquiet. Comment avais-je pu la laisser partir à l'autre bout du monde sans même m'informer des raisons ? Devais-je attendre demain pour lancer des recherches ? J'étais inquiet et j'avais peur, une peur qu'il lui soit arrivé quelque chose, peur de ne pas avoir été là si cela avait été le cas, peur qu'elle ne me revienne pas.