Notre jeune amie entra dans l'eau, s'avançant doucement jusqu'à ce que l'eau eut atteint sa taille. Avant de plonger elle mangea au préalable la moitié d'une algue, qui permettait à son consommateur de respirer sous l'eau durant une trentaine de minutes. Les ruines se trouvant en profondeur, il lui aurait été impossible de les atteindre avec le si peu d'air qu'elle aurait pris avant de plonger, elle se serait noyée avant de les d'atteindre. De plus, il y avait peu de chance pour qu'il y ait des poches d'air pour reprendre sa respiration. Lorsqu'elle eut avalé l'algue, elle plongea et se fraya un chemin à travers les restes du temple.

Une fois arrivée devant les portes, qui semblaient scellées par la pression de l'eau et des gravats alentour, elle chercha un autre moyen d'entrer plus en hauteur vers un petit dôme, où elle se faufila à travers un brèche. L'intérieur du temple était complètement inondé, il fallait qu'elle se dépêche de trouver un lieu non touché par l'eau ! Il lui restait moins de 10 minutes avant que l'algue ne fasse plus effet, elle avait perdue un peu de temps à trouver la brèche et à observer les écrits sur les portes. Elle avança, continuant de se faufiler la où elle le pouvait, traversa une sorte de tunnel remplit de gravats, de méduses et poissons qui y avaient élus domicile, ainsi que des coraux. Era les évita de justesse pour éviter de ce blesser, mais elle s'écorcha malencontreusement l'avant-bras contre un coraux, caché par des pierres.

C'est alors qu'elle aperçue la sortie du tunnel, les escaliers qui menaient à une surface respirable étaient tout proches. Il fallait qu'elle se dépêche, l'algue ne faisait déjà plus effet ! Alors qu'elle sentait le manque d'air se faire plus persistant, elle atteignit la surface et pris une grande bouffée d'air.

-Sauvée ! De l'air, soupira Era avec satisfaction en scrutant les alentours. Incroyable ! Cette pièce est très ancienne...

Era sortit de l'eau et se dirigea vers un mur couvert de fresques, qui étaient presque effacées par le temps.

-Cela ne ressemble en rien à tout ce que j'ai vu.

Je continuai d'avancer tout en observant les fresque murales qui s'offraient à moi. Je ne suis pas spécialisée dans l'archéologie mais je m'intéresse surtout aux langues mortes. J'en connais quelques unes que je peux traduire maintenant, mais je dois sûrement faire des erreurs car jusque là, je n'ai jamais rencontré personne sachant parler ces langues et qui puisse me corriger. Cependant, il y a une langue qui ne me fait pas défaut, que ce soit dans la lecture ou l'écriture, c'est la langue draconitique. Les gens croient que les dragons ne sont que des mythes, mais ils existent ou ont existé, je me souviens avoir rencontré l'un de ces fameux «Dragons Millénaires» sur l'île du vaisseau de guerre. C'est là-bas même que se trouve leur nid, un endroit unique où les flots se retirent tous les 1 000 ans, à ce moment là tous les dragons millénaires dissémines dans le monde s'y retrouvent. J'aurais bien voulu voir ce phénomène.

Je continuai de marcher et passai de salle en salle, de tailles et d'architectures variées, jusqu'à arriver dans une salle où le plafond fissuré menaçait de s'effondrer, tandis que l'eau du lac s'en écoulait doucement. J'observais la salle lorsque tout à coup je ressentis un profond malaise. J'avais le sentiment que quelque chose se rapprochait de là où je venais. Avais-je sortit quelque chose de son sommeil ? Pourtant, on m'avait dit que l'endroit n'était pas piégé.

Je regardai au loin, les yeux plissés, afin de discerner ce qui pouvait bien se trouver au loin, quand tout d'un coup un grand bruit de fracas résonna dans tout l'édifice, suivit d'un rugissement inquiétant qui me fit tressaillir d'effroi. Je partis me cacher derrière une colonne de pierre, ce cri infâme m'avait déstabilisé, je tremblais de peur. Ce ''son'' ne m'était pas inconnu, c'était le même que celui que j'avais entendu petite, lorsque le bateau marchand sur lequel j'étais avait commencé à tanguer subitement puis à se faire déchiqueter de toute part. Je n'avais pas vu ce qui avait attaqué le bateau car je mettais cachée, jusqu'à ce que celui-ci coule mais cela m'avait inspiré une très grande peur.

Repenser à tout cela seulement à cause d'un rugissement. Ce n'est pas le meilleur endroit ni moment.

Une vieille légende de cette île disait qu'il y avait quelque chose dans les fonds marins, un monstre qui gardait l'île de Magnos et ne laissait passer personne qui était susceptible d'être un danger potentiel pour elle. Rien dans la légende ne décrivait le monstre en question, alors je pouvais bien croire que c'était lui le gardien, et qu'il gardait ou vivait dans ce temple.

Mais le temps n'était pas à la réflexion ! Il fallait avant tout que je trouve ce que j'étais venu chercher. Le mieux que je pouvais faire était de ramper discrètement vers un endroit sûr, loin de cette chose abominable.

Une fois en lieu sûr, je pus reprendre ma petite expédition tout en me faisant discrète. J'arrivai dans une salle qui était anciennement scellée par deux portes, l'une d'elle étant fermée et l'autre étant à moitié démolie. Je n'avais pas le choix, il fallait que je prenne le chemin qui m'était accessible.

Si la pièce d'avant était grande, celle-ci l'était beaucoup moins. Le seul accès possible était un passage qui semblait avoir été creusé à ma gauche. En m'en approchant, je trébuchai sur quelque chose qui me fit perdre l'équilibre et tomber. Je relevai la tête pour apercevoir sur quoi j'avais trébuché et atterri, lorsqu'un cri de surprise s'échappa de mes lèvres. J'étais tombé sur un squelette !

Le temps que je me remette de mes émotions, la chose que j'avais réveillé en arrivant entra à son tour dans la pièce voisine. Lorsque les bruits se rapprochèrent, je me cachai précipitamment derrière des gravats, et attendis un peu afin de savoir si la chose allait entrer dans la pièce. Elle resta dans l'autre pièce à mon grand soulagement, alors que je sentais mon cœur battre à toute allure.

Je me repris doucement et regardai discrètement le passage par lequel je pouvais m'échapper. Le seul soucis était qu'il se trouvait en hauteur et que si je voulais l'atteindre, il fallait que je monte sur de nombreuses colonnes de pierre brisées pour atteindre les roches qui bloquaient le passage, ne laissant qu'un fin entrebâillement pour passer. Le seul problème était de faire tout cela sans bruit, et qu'il était aisé de me repérer le temps d'escalader les colonnes. Et à moins que l'autre affreux s'avérait aveugle, je pouvais toujours rêver pour qu'il ne me voit pas ! Il fallait que je trouve une diversion. De quoi le faire voir ailleurs le temps que je grimpe et tout le tralala. Ouais, je préférais nettement cette idée là.

Je pris mon courage à deux mains et un caillou que j'avais ramassé. Je me plaçai silencieusement à côté de l'entrée et jetai un coup d'œil furtif pour voir si la bête était dans les parages, étant donné que je l'entendais s'avancer par ici. Étrangement, il n'y avait rien alors que j'entendais toujours la bête s'approcher. Puis quelque chose m'intrigua, je vis une ombre se mouvoir doucement au sol dans ma direction, je levai doucement la tête vers le plafond et c'est là que je l'aperçu. J'étais tétanisée ! C'était une araignée des mers, ressemblant à s'y méprendre à une mygale mais en 50 fois plus grosse !

J'étais horrifié par la vision de cet animal au plafond. Je n'arrêtais pas de me dire : ressaisis-toi Era ! Tu peux le faire ! Courage ! Et tout un tas de mots d'encouragement alors que j'allais passer à l'attaque. Je serrai la pierre dans ma main et la lança au loin, le bruit du caillou tombant au sol attirant prestement l'araignée géante. Je me dépêchais, en prenant garde à ne pas faire le moindre bruit tandis que je grimpais sur les colonnes de pierre, puis sur les roches. Une fois passée de l'autre côté du passage je savais que j'étais sauvée ! Du moins pour l'instant...

Je continuai ma route à vive allure pour repartir le plus vite possible, tout en me demandant comment j'avais fais pour ne pas avoir vu cette araignée plus tôt ? Elle était pourtant si monstrueuse et tellement énorme ! Mais non je ne l'avais pas vu ! Si je venais à la croiser de nouveau j'appliquerai assurément la loi du «Courage ! Fuyons !» à la perfection. Il était tout simplement impossible que je puisse me battre contre cette chose, elle était bien trop grande et le simple fait de la voir me paralysait... Si elle avait été plus petite, beaucoup plus petite, j'aurais pu... Mais là non, niet ! J'étais bien trop jeune pour mourir ! Et je refusais de mourir comme ça ! Mais quand même, je me sentais bien nulle en cet instant.

Alors que je me lamentais sur mon sort, j'atteignis une grande grille derrière laquelle se trouvait un katana enchaîné. Il n'y avait pas de garde, juste la lame noire. C'était l'une des 12 lames les plus redoutables dans le monde, comme le sabre noir de l'un des grands corsaires, «Dracule Mihawk» alias « Œil de Faucon », son sabre noir qui porte le nom de « Yoru ». Il y avait également un second sabre sur un socle, qui était surplombé par le premier.

En cet instant, mon objectif était de récupérer ces katanas. Il s'agissait de deux sabres Muramasa, le Shibién et le Hokutoshichisei, et malgré la distance entre moi et ces sabres, je sentais l'envie du Shibién de vouloir me tuer. S'il était enchaîné, c'était sûrement parce qu'il n'hésiterait pas à attaquer quiconque s'en approcherait.

En observant la grille, je remarquai que celle-ci était bloquée par deux battants en pierre, et à peine m'en étais-je approchée que j'actionnais, sans le vouloir, un mécanisme qui fit descendre l'un de ses battants. C'était une plaque à pression sur laquelle j'avais marché. Je m'avançai de nouveau et le battant remonta. Il fallait que quelque chose reste sur la plaque si je souhaitais passer, je cherchais alors des yeux quelque chose qui me semblait assez lourd pour activer le mécanisme, lorsque mes yeux se posèrent sur une pierre relativement imposante. Je la déplaçai non sans mal vers le mécanisme, mais rien ne s'activa. Je me mis à en chercher une seconde et la plaçai également sur la plaque. Hélas, le poids des deux pierres réunies n'était pas suffisant en plus de moi-même sur la seconde plaque de pression et je dû redoubler de stratagèmes pour faire tomber la grille. Par le plus grand des mystères, et pour mon plus grand plaisir, des lianes avaient poussées dans ces ruines et m'avait permis d'attirer la grille vers moi, tandis que j'avais activée le mécanisme. Le bruit que fit la grille métallique lorsqu'elle s'échoua sur le sol fut si peu discret que je craignais de voir l'araignée apparaître non loin de là ! Mais par chance elle ne vint pas me tenir compagnie. Les minutes m'étaient comptées désormais.

J'entendis l'immonde créature qui essayait de se frayer un chemin à travers les gravats pour venir jusqu'ici, tout en rugissant de colère qu'un intrus ait pénétré sur son territoire. Je me dépêchai d'attraper le Hokutoshichisei, et hésita l'espace d'une seconde à délivrer le Shibién., mais le temps n'était plus à la réflexion. Je brisai les chaînes qui l'emprisonnaient, laissant tomber le Shibién qui transperça le sol en pierre avec une facilité déconcertante. Je voulus prendre la lame, mais elle dégageait une aura encore plus sinistre qu'auparavant,et s'était étrangement mise à trembler. J'hésitai une fois de plus mais l'empoignai arrêtant étrangement les tremblements par la même occasion. Apparemment il acceptait de me suivre ? En l'extirpant du sol mon regard se posa sur un fourreau caché derrière des gravats, je le pris à toute vitesse, rengaina le Shibién et parti. Mais avant d'avoir pu regarder par où m'échapper, je me retrouvai nez à nez avec l'araignée.

Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais que la fixer en train de sortir ses crocs dont s'égouttait son venin. Elle avait boucher l'unique entrée et sortie avec sa toile, je n'avais aucune échappatoire. Je reculai doucement et cherchai du regard un passage étroit ou autre chose pouvant m'aider à me cacher. C'était presque inaudible, mais j'entendis le son d'un filet d'air provenant de derrière moi, là où était enchaîné le Shibién. Je continuais de reculer doucement, l'arachnide continuait d'avancer vers moi, je me voyais déjà finir dans son estomac quand mon dos toucha le mur. Par instinct de défense je dégainai le Hokutoshichisei et le dressa face au monstre, en me déplaçant sur la gauche je trébuchai et tombai au sol, continuant de pointer la pointe du katana vers le monstre.

La bête attaqua et par peur, je fermai les yeux et agitait le sabre comme une enfant ne sachant pas utiliser un couteau pour se défendre. Malgré cela mes coups de sabre lancé en l'air blessèrent l'araignée qui recula en gémissant de douleur. Tout comme la panthère de ce matin, elle allait revenir à l'assaut. C'est alors que je sentis le sol se dérober sous moi, et que je me retrouvais dans l'eau après la chute. Sans bien comprendre ce qu'il venait de se passer, je rengainai le Hokutoshichisei et plongea pour trouver une sortie. J'arrivai alors dans une pièce remplit de livre et de parchemins merveilleusement bien conservés.

En sortant de l'eau, j'essayai de distinguer le moindre bruit indiquant la présence de l'araignée ou encore d'une autre bête. N'entendant rien, je fis le tour de la pièce dans laquelle je me trouvais, c'est alors que je vis dans une petite vitrine un écrin à parchemin. Intriguée, j'ouvris la vitrine et m'emparai de l'écrin sans m'attarder dessus. Je cherchai une sortie, et vis que la porte de la pièce était finement ouverte, je la poussai pour l'ouvrir un peu plus et sortis de la pièce. Je continuai mon chemin en courant par crainte que cette abominable bestiole n'arrive, le chemin était différent mais je pus trouver le moyen de sortir du temple sans rencontrer d'autre problème au passage.

De retour au point de départ, j'avalais une autre algue qui, à mon grand damne, était de moitié plus petite que l'autre réduisant également le temps que j'avais pour respirer sous l'eau. Je sautai aussitôt dans l'eau et nageai le plus rapidement possible, parcourant le même chemin qu'à l'aller pour me diriger vers la surface. Rendue à mi-chemin entre la surface et le temple, il y eu un grand bruit provenant du temple, je tournai le regard derrière-moi et je la vis. Elle était là, toujours à ma poursuite, et elle me rattrapa et me devança aisément pour barrer le passage vers la surface.


Fin du cinquième chapitre.

Reviews ?