Noir Hiver : Le Corbeau et le Lion
PARTIE II
Tada! Voilà un chapitre qui m'a donné du fil à retordre! Mais je ne sais pas vous mais je suis quand même assez satisfaite. J'aborde plusieurs choses en même temps donc excusez moi si jamais il y a des fautes, je me perds moi-même dans mes relectures. Et je ne voulais pas tout remettre en question comme j'ai pu le faire la vielle (oui car ce chapitre vient d'être complétement réécrit et l'auteur est en phase de dépression)
Bref, dites moi ce que vous en pensez, sortez un peu de l'ombre mes chers lecteurs! Car sans vous je ne pourrais pas avancer!
Chapitre 6
Sur l'île de Smo, printemps 1518. Maison de Ciel.
« Arg pitié ! Ciel-chan, si tu met encore un truc aussi niais sur ta liste je te jure que je pars en dépression ! »
« -Comment ? »
Nirvana était désespérée, elle avait sous ses yeux la liste de tout ce que le médecin se rappelait de sa fille et...Grand Dieu que c'était plein de niaiseries. Elle aimait les fleurs, l'été, les fêtes du village. Elle était même tombée amoureuse mais elle avait refusée de dire de qui. Bref une pseudo-idylle qui donnait la nausée à la blessée.
« -Non mais Ciel-chan ! Pourquoi est-ce que tu me raconte qu'elle adorait marcher dans le sable ? On s'en tape ! Je m'attendais plutôt à son caractère, ses centres d'intérêts et ses capacités ! »
Ciel regardait sans vraiment bien comprendre sa patiente allongée dans son lit. Cela faisait une semaine qu'elle était alitée et elle débordait d'énergie...Et de mauvaise humeur. Le médecin lui avait donné au fil de l'eau plus d'une dizaine de feuille. Au début le pauvre vieil homme ne savait pas vraiment quoi raconter, alors il avait tout mis. Même des choses insignifiantes qui faisaient enrager Nirvana.
« -Doucement petit oiseau. Tu sais très bien que je t'ai donné ces informations pour éviter tout malentendu au cas où... Et puis, ce n'est pas si niais. »
Ciel eut un petit rire en voyant les yeux ronds de sa patiente et s'arrêta bien vite lorsque cette dernière lui lança une boule de papier sur la tête.
« Hé ! »
« -Arf, bon je résume donc tes informations douteuses . Lili a mon âge, me ressemble un peu quoi que...Bref, elle est douce, niaise, naïve et oh combien énervante... Ne me regarde pas comme ça ! »
« -Petit oiseau, ma fille n'était pas niaise ! »
« -A parce que pour toi « aimer sentir les lilas un soir de printemps » ce n'est pas niais ? ...Je crois que je vais mourir »
« - Ah parce que toi quand tu étais jeune tu n'as jamais fait ça ? »
Le ton grinçant du docteur surprit la jeune femme avant que celle-ci ne se rembrunisse.
« -...Sûrement...Je ne m'en souviens pas »
« -Toujours tes problèmes de mémoire ? »
Le ton baissa légèrement entre eux et le médecin s'assit sur le lit de Nirvana.
« -...O...Ouais sans doute »
Depuis quelques jours Ciel ne cessait de questionner la jeune femme sur son passé. Mais elle ne pouvait se résoudre à lui dire la vérité. Elle ne se comprenait pas elle-même mais elle se voyait mal lui déballer son enfer. Mais d'ailleurs, était-ce vraiment un enfer ? Tout son entraînement, ces morts et ces terreurs. Tout ça l'avait aidée à devenir meilleure, plus forte et plus adepte à défendre la Justice.
Sa mine pensive fut sans doute remarquée par Ciel car ce dernier tapota la cuisse de la jeune femme. Un geste paternel qui mit un peu mal à l'aise Nirvana.
« Ne te tracasse pas petit oiseau, ta mémoire te reviendras sans doute. C'est déjà un miracle que tu sois en vie et aussi en forme. Malheureusement pour moi »
« -Hé ! Ça veut dire quoi ça ? »
Le médecin eut un bref éclat de rire en voyant la colère dans les yeux de la mademoiselle. En cinq jours, le caractère renfermé et cynique de la jeune femme s'était peu à peu mué en un plus doux, mais aussi plus à fleur de peau. Jamais il n'aurait pensé que la lueur froide de ces deux yeux de jade pouvaient devenir aussi éclatante.
Dans un dernier sourire, le vieil homme se leva du lit et quitta la pièce. Laissant la jeune femme seule. Ils passaient le plus clair de leur journée ensemble, mais il savait que l'un comme l'autre, avaient besoin d'un moment de solitude. Sinon il n'aurait pas donné cher de l'ambiance entre eux.
Sa maison était très simple, au bout d'une petite allée en pierre dégrossie. C'était une petite bicoque selon les dires de ces voisins. Elle était dans les tons beige et rose, dernier vestige de sa fille qui a douze ans, avait décidé de se charger de la déco. La chambre de Nirvana et la sienne était attenante, au fond de l'unique couloir de la maison. À gauche se trouvait la salle de bain et le salon. Et enfin, au fond du couloir, se trouvait la cuisine et la porte d'entrée. C'était là qu'il se dirigeait, comme chaque midi depuis toujours.
Une fois arrivée, il caressa d'un air distrait la petite boule de poil qui lui servait de chat. Enfin, si on pouvait appeler cette boule de graisse un se mit à cuisiner, préparer les repas pour deux lui avait manqué. Supportant depuis longtemps l'absence de vie de la maison, l'arrivée de Nirvana avait été surprenante que salvatrice pour le vieil homme.
De son côté, Nirvana lisait toujours les notes du médecin et en prenait de son coté d'autres. Ne prenant que l'essentiel, elle improviserait pour le reste. Ce n'était pas bien compliqué. Même si jouer une jeune femme sortant d'une adolescence si parfaite serait sa première fois. Son regard verdâtre s'arrêta un instant sur une note, celle qui l'avait le plus perturbée en vérité. C'était sans doute la plus niaise qu'elle ait lue jusque là mais elle n'arrivait pas à détacher son regard trop longtemps. Elle y décrivait son enfance et son adolescence avant sa soudaine maladie. Cette même maladie qui avait emportée la mère de Lili lors de ses quatre ans.
« Comme moi » pensa soudain la jeune femme d'un air lugubre.
Ciel y avait écrit que c'était au départ une petite boule de colère qui en voulait à la terre entière. Une petite furie qui refusait d'accepter le deuil. Puis peu à peu elle s'était calmée, acceptant du bout des lèvres la réalité. La jeune fille était devenue douce, se rapprochant de la nature. Mais aussi affreusement solitaire, la compagnie des autres l'excédait plus qu'autre chose.
Et là, la niaiserie atteignait des sommets
Elle tomba amoureuse deux fois
« Comme si j'avais besoin de savoir ça » Plus sa lecture avançait, plus Nirvana ne tenait pas en place. Au fond d'elle-même, la jeune femme se posait une multitude de questions. « Et si Akainu ne m'avait pas enlevée ce jour là ? Est-ce que je serais aussi tombée amoureuse ? » Rien qu'a cette pensée, Nirvana eut un sourire amer. Avec son caractère actuel, la jeune femme ne s'imaginait pas du tout tenir d'un air amoureux la main d'un se sentait plus capable de briser une main et de torturer quelqu'un que de l'embrasser. Nirvana avait été programmée pour tuer, sans aucun état d'âme. Et récemment, à traquer des pirates et les tuer pensées furent brutalement coupées par l'exclamation enjouée de son médecin.
« A table ! »
La prenait-il vraiment pour une enfant ? Soupirant, Nirvana glissa ses pieds hors de sa couverture douillette. Un petit vent frais fit courir un frisson le long du dos bandé de la jeune femme. Puis ses pieds touchèrent le plancher et elle se mit debout. Cette sensation, elle ne l'avait plus ressentie depuis une semaine et elle devait avouer que sa tête tournait un peu. Elle fit un pas après l'autre pour enfin arriver dans le couloir. Là elle tomba nez à nez avec Ciel. C'était le cas de le dire puisque le médecin était si proche qu'elle pouvait voir ses iris noires et les petites ombres qu'y jouaient à l'intérieur. Avec un toussotement, le docteur s'écarta un peu et présenta son bras à la jeune femme. Indécise elle regarda un instant Ciel et celui-ci roula des yeux avant de prendre la main de sa patiente et la poser sur son avant bras.
« C'est un geste que les hommes galants et civilisés font avec une femme. »
« -Pourquoi ? Une femme sait très bien où aller ! »
« -Haha, Nirvana, c'est juste une coutume. En vérité, avant c'était un geste pour mener une femme pour une danse. Au fil du temps c'est juste devenu une manière d'accompagner une jolie demoiselle. C'est juste une intention gentille. Tu comprends ? »
En discutant les deux seuls habitants de la maisonnette s'assirent à table. Il y avait là deux assiettes sagement disposées l'une devant l'autre sur un tout petit espace de bois vieilli.
« Hum, sans doute. Même si je n'en vois pas beaucoup l'intérêt. Tout ça ralenti la marche et puis on est obligé de se caler sur le pas de l'autre. »
« -Haha, quelque chose me dit que tu n'apprécies pas vraiment la proximité. C'est étrange tout de même »
« -Hum...Je ne sais pas. Disons qu'avant la proximité ne voulait pas dire « intentions gentilles » » Nirvana se mordit soudain la langue, elle s'était un peu trop épanchée sur la question.
« -Tu te rappelles de ça ? » Le médecin quand à lui feignait l'indifférence.
« -Quelques détails... » Gênée, elle se mit à manger sa soupe sans plus parler que ça.
« -Tu n'as pas eu une enfance heureuse alors »
C'était une phrase anodine, Nirvana le savait. Mais l'entendre sur un ton si triste lui fit relever la tête.
« -Au départ si. Je vivais avec ma petite sœur... »
Ciel rencontra son regard, soudain intéressé. Pourquoi elle lui racontait ça ? Elle ne pouvait pas lui faire entièrement confiance, elle ne savait pas encore de quel côté était le médecin. De ceux qui l'avaient poursuivie ou juste un simple vieillard qui vivait reclus de tout le reste de la population ? Mais sa langue se déliait de plus en plus depuis une semaine. En fait, elle savait que tout cela avait commencé quand elle lui avait dit son nom. A cet instant elle en avait déjà trop dit.
« Quand j'avais quatre ans, ma mère aussi est morte. On ne pouvait pas la guérir ma sœur et moi. »
« -Pourquoi ne pas avoir appelé un médecin ? » La question de Ciel la fit sourire, un sourire triste et amer.
« -Parce qu'on vivait dans la zone de non-droit. Je viens du Royaume de Saint Uréa, lorsque la monarchie était encore en place. Ma mère était une femme célibataire. Elle m'avait eu d'une aventure avec un pirate et ma jeune sœur d'une histoire de passage. »
« -Tu...Tu viens de Saint-Uréa ? Mais comment es-tu venue jusqu'ici ? Tu es une pirate ? »
« -Chaque chose en son temps Ciel-chan » Nirvana eut soudain un ton dur. Elle se confiait à lui, elle n'allait pas non plus répondre à toutes ces questions.
« -A six ans, un...Un marine nous as recueilli. Et...Ahem...On a été séparées ma sœur et moi. J'ai vécue avec ce marine et je suis arrivée jusque là... »
« -Ta mémoire te revient très bien ! Mais tu ne me dis pas tout...N'est-ce pas ? »
Nirvana releva les yeux, surprise. Mentait-elle aussi mal que ça ? Sans doute, la fatigue et sa douleur l'empêchait d'appliquer les leçons qu'on lui avait inculquées.
« Je ne me souviens pas de tout Ciel-chan. Comme je te l'es dit ce ne sont que des détails. Alors pour l'instant contente toi de ça »
Son ton aigre fit secouer la tête du médecin. Il avait un petit sourire sur les lèvres et Nirvana pesta. Comme se faisait-il que malgré ses tons agressifs et ses colères Ciel semblait toujours amusé ? Elle savait qu'un médecin devait souvent supporter les crises des patients mais là, c'était plus que des nerfs en aciers qu'il possédait.
« Toi non plus Ciel-chan, tu ne me dis pas tout »
« -Héhé, sans doute petit oiseau, sans doute. Mais l'heure des histoires est terminée. »
La jeune femme le regarda se lever et débarrasser. Le fait qu'il évite le sujet la mit en rogne mais elle se retint de râler en se pinçant les lèvres. Elle savait depuis le temps que le médecin ne disait que ce qu'il avait envie et quand il son bon vouloir était là.Un instant la blonde pensa que le torturer serait une bonne méthode pour lui soutirer des informations mais elle la chassa bien vite. Si elle faisait ça, elle pouvait faire une croix sur la seule protection qu'elle avait. Et courir le risque de se faire attaquer dans son état était une très mauvaise idée. Tout bonne tueuse qu'elle était, elle n'était pas suicidaire pour autant.
« Nirvana, tu m'as entendue ? »
« -hein ? »
Ciel parut un instant agacé puis une petite lueur amusée plana dans ses orbes sombres.
« Je te disais que j'allais en ville. J'ai encore quelques patients et je vais prendre un peu des nouvelles de ce qu'il se passe. Lors de mon retour, on avisera du retour de ma « fille » »
A ses dire, le médecin prit sa longue cape beige et sa casquette et fit un dernier sourire avant d'ouvrir la porte
« Ah, et ne fais rien de dangereux pendant mon absence. Je n'ai pas envie de rechanger tes bandages. Comme la dernière fois »
La dernière fois, c'était lorsque Nirvana avait voulue se lever pour ouvrir la fenêtre de sa chambre et qu'elle s'était rétamée lamentablement sur le tapis. Rouvrant ainsi ses blessures et forçant Ciel a refaire ses points et bandages en pleine nuit.
A ce souvenir, Nirvana se contenta de grogner et le rire de Ciel résonna un instant avant que la porte se referme sur lui.
Dans la ville Kech. En pleine après-midi.
Joyce avait une patience infime. Si fine que le jeune homme frappa avec violence une poubelle à sa droite. Cela faisait une semaine qu'il retournait toute la ville à la recherche de ce foutu Corbeau. Pourtant il savait que les villageois ne lui mentait pas. Ils avaient bien trop peur, du Corbeau mais aussi du jeune Homme de main. Personne n'avait vu un homme d'environs un mètre soixante-dix avec les yeux verts dans les environs.
Il avait tout bonnement disparu. Et ça, Joyce ne le permettait pas. Même en omettant l'ordre direct de son frère, c'était une question d'honneur. Il avait juré de défendre la ville et celle-ci était directement menacée par la présence même de cet étrange homme.
Le jeune brun regardait d'un air meurtrier la pauvre poubelle qui roulait au sol. Il était à présent devant une petite allée aux pierres dégrossie qui sortaient parfois de leurs emplacements. L'état de la ruelle était en ruine, à la limite de l'insalubre. Mais Joyce eut un petit sourire. Cette petite ruelle, il l'a connaissait bien, tout aussi bien que ce vieil homme qui sortait justement de sa maison. Joyce eut un léger froncement de sourcil en le voyant sortir en riant. Voilà bien longtemps qu'il ne l'avait plus vu ne serait-ce que sourire. Et c'était depuis que sa jolie fille était tombée malade.
« Oï ! Ciel-sensei ! Cela fait bien longtemps ! »
L'interpellé arrêta aussitôt de rire avant de reconnaître son vis à vis.
« Ah ! Mon garçon ! Effectivement cela fait longtemps ! Mais...Que vois-je ? Tu es devenu Homme de Main ? »
Le vieillard avait vraiment l'air heureux de la nouvelle, et cela mit un peu de baume sur la plaie de Joyce
« -Moyen pratique pour mon frère de me garder à sa botte...Enfin. Comment vas ta fille ? »
« -Et bien, elle se remet doucement... »
« -Lili est guérie ? »
La joie du jeune homme fit légèrement tiquer le médecin. Il savait que Joyce avait été proche avec sa fille. Même parfois un peu trop à son goût et il ne savait pas vraiment comment son petit oiseau allait s'en sortir avec l'entreprenant jeune homme.
« -Et bien...Pas tout à fait...Elle est encore faible et ne doit encore voir personne mais...J'ose espérer que c'est en bonne voie. »
« Je suis si content ! ..Pour toi comme pour ta fille, Ciel-sensei »
Le fait que ce jeune gaillard se reprenne aussi vite fit doucement sourire le médecin. Il paraissait tellement maladroit qu'il secoua doucement la tête.
« Oh ! J'ai failli oublié ! Ciel-sensei, aurait-tu vu ou aperçu un homme étrange ? Il mesure a peu près un mètre soixante-dix et a des yeux verts. Il est couvert de noir et possède six lames. »
Le dénommé se tendit. Joyce cherchait son petit oiseau. Mais heureusement pour lui, il pensait que la jeune femme était un homme. Comme quoi, cette Nirvana était vraiment douée dans ses filatures. Après tout, lui-même s'était fait prendre au piège.
« Ahem...Non, je ne m'en rappelle pas de ce genre de personnage. Pourquoi ? Que lui veut-tu ? »
« -Mais...Enfin ! Ciel-sensei ! Cet homme est très dangereux ! Il a tué Gen, le second commandant de la flotte de Barbe Blanche ! »
Le médecin perdit aussitôt toute couleur. Ce qui n'échappa pas à Joyce qui s'inquiéta rapidement. Mais Ciel ne l'entendait déjà plus. Son petit oiseau était ainsi un gros rapace ? A présent, toutes ces graves blessures trouvaient une explication...Le regard du médecin s'embrunit tout à coup.
« Je vais faire plus attention. Merci de m'avoir prévenu Joyce ! »
Et aussitôt, le médecin disparut. Laissant seul le jeune Homme de Main. Ce dernier secoua la tête, décidément, ce médecin était vraiment très étrange.
Une fois seul, Joyce regarda un instant la petite maison de Ciel.
Ville de Kech, il y a dix ans
« Joyce ! Liam ! Allez les enfants ! »
L'appel clair et résonnant de sa mère fit grogner une petite boule de couverture.
« Joy ! Allez viens ! Je veux voir la ville moi !
-Liam fout moi la paix »
Le dénommé Joy tenta une énième fois de se rendormir mais peine perdu lorsque son piètre abri de tissu fut violemment jeté à terre. La lumière agressa les yeux entrouvert du pauvre garçon qui grogna de plus belle. Il entendit un rire enfantin et des pas précipités s'éloignant. Il soupira avant d'ouvrir doucement ses paupières. Et la vue devant lui ne l'enchanta guère. Des cartons seuls témoins d'un emménagement précipité dans la nuit. Quelque uns étaient ouvert, montrant des vêtements d'enfants, d'autres déjà vide et les autres étaient entassés au pied des lits. Joyce fit la grimace lorsqu'un vent frais caressa sa peau et frotta ses mains sur ses bras. Originaire de Chek, le garçon n'était pas habitué à la fraicheur de Kech.
Néanmoins, lorsqu'il entendit de nouveau l'appel de sa mère en bas, il se décida à s'habiller. Ne voulant pas crée un nouveau conflit dés le matin.
Lorsqu'il descendit, il revit ses même affreux cartons et le peu de meuble que sa mère avait pu monter pendant la nuit. Seule la cuisine avait été finie à temps, c'est d'ailleurs de celle-ci que Joyce entendit le rire de Liam et le bruit de casserole. Alléché par l'odeur du petit déjeuner, il trottina jusque dans la petite pièce aux couleurs grisâtres. Le mobilier de cuisine était simple mais apparemment pratique, une cuisinière,un plan de travail et une petite table pour trois. Et dans ce petit monde, se trouvait sa mère. Il ne savait pas vraiment l'âge de sa mère, mais elle devait être jeune. Elle n'avait pas de cheveux blancs ni de ride, seulement deux grandes cernes et un pli triste au coin des lèvres. Ses cheveux noirs étaient ternes aussi et ses yeux verts semblaient éteints. Pourtant, elle souriait toujours, servant le lait à son grand frère.
« Joyce ! Te voilà mon ange ! Bien dormi ? »
La voix lui sembla lointaine, brisée par les sanglots de la veille. Étonné, Joyce ne trouva rien à répondre et hocha simplement la tête.
Lorsqu'il s'assit, il vit arriver devant lui un bol de lait chaud et un morceau de pain. Mais il était ailleurs, de nouveau. Il repensait aux événements survenus trois jours plutôt. Là où son père riait encore avec Liam et lui qui aidait sa mère en cuisine. Il croyait qu'ils étaient heureux, mais il aurait du se douter que les regards de sa mère étaient différents. Qu'elle semblait moins patiente et que son père ne riait plus vraiment comme avant. Puis le soir était tombé, et les voix rageuses de ses parents s'étaient élevés avec une violence que Joyce ne connaissait pas. Il n'avait pas dormi cette nuit-là, Liam non plus. Le lendemain, leur père était parti. Et leur mère pleurait, en trois jours elle n'avait fait que ça. Ils étaient partis, avant que leur père ne revienne. C'est Liam qui lui avait fait remarquer les traces violettes sur les bras et la joue de sa mère. Alors il n'avait pas posé de question et ils s'étaient enfuis. Kech les avait accueillie la veille.
« Joyce dépêche toi de finir de manger, vous allez être en retards à l'école. »
Il sursauta, et s'exécuta aussitôt. Il avait bien trop peur de voir sa mère pleurer de nouveau, alors il faisait ce qu'on lui disait de faire sans rien dire. Seul Liam semblait faire comme si rien ne s'était passé, il semblait même heureux de la situation.
Une fois leur piètre nourriture avalée, Liam et lui sortirent de la maison. Leur mère sur le seuil leur tendit deux sacs.
« Surtout faite bonne impression. »
Joyce hocha doucement la tête en prenant son sac et regarda la ruelle. Elle était sale, les pavés sortaient presque tous de leurs places et les maisons autour étaient pires que la leur. Certaines n'avaient même plus de volet ou de carreau de fenêtre. Tout ça changeait de la caserne où ils vivaient avant.
Liam passa devant lui, impatient d'aller dans un nouvel endroit. Joyce quand à lui regarda une dernière fois leur mère qui lui fit un dernier sourire avant de fermer la porte. Il n'était pas vraiment serein, il n'avait jamais aimé l'école, préférant la bagarre ou les jeux de dé.
Mais il ne dit rien, de toute manière Liam était à présent bien trop loin pour qu'il puisse partager ses craintes. Il se mit alors à regarder autour de lui, les rues semblaient en meilleur état, plus lumineuses et accueillantes. Un oiseau passa devant lui, le bruissement de l'aile le fit sortir de ses pensés, juste à temps pour voir débouler une sorte de furie qui le bouscula à moitié. Hébété, Joyce regarda l'enfant qui n'avait pas ralentie sa course, il était blond, et son uniforme féminin lui indiqua que cette folle était dans sa future école. Liam quand à lui eu de meilleurs réflexes mais grogna tout de même contre l'impolie. Se tournant vers son frère, Liam sourit un peu avant de lui faire signe de se dépêcher.
L'école de la ville était sans doute la plus grande qu'il n'est jamais vu. Un large portail se dressait devant les deux enfants et au delà, comme des ombres menaçantes, trois bâtiments s'élevait dans les airs. Sur la petite pancarte du portail, Joyce put lire « École, Collège, Lycée Saint Pedro ». Impressionné, oyce suivit comme son ombre Liam. Ils passèrent devant le secrétariat où une vieille femme les interpella.
« C'est vous les nouveaux ? »
Liam fut le plus prompt à réagir, comme toujours. Et c'est en souriant qu'il se présenta et qu'il expliqua la situation à la secrétaire.
« -Hum, je vois, donc toi mon garçon tu es déjà en cinquième et ton jeune frère en CM2. Tenez, voilà vos emplois du temps, vos cartes de cantine et deux plans de l'établissement. Je n'aimerais pas avoir le directeur sur le dos parce que deux petites têtes blondes se sont perdus dés leur premier jour. »
« -Merci madame »
Les voix mêles des deux enfants fit sourire la vieillarde puis elle leur fit signe de déguerpir.
« Liam ! Comment je vais faire sans toi ? On est dans deux bâtiments différents !, Joyce était complètement terrorisé.
« -Du calme petit frère, ça ne change pas nos habitudes d'avant. Et puis on se verra bien ce midi. Allez, je vais être en retard et toi aussi
-Liam ! Attend... »
Mais trop tard, son frère avait disparu dans la marée humaine qui l'écrasait sans scrupule. Joyce serra contre lui son sac et tenta de se frayer un chemin. Il était sur d'arriver en retard, son bâtiment étant le plus éloigné de en suivant son plan, il ne se perdit pas une fois et arriva sans plus d'encombre devant la porte de sa classe. Son cœur tambourinait sans relâche entre ses côtes. Il avait les mains moites et la respiration coupée. Mais la sonnerie ne lui laissa aucun autre instant de répit. Alors il toqua à la porte en verre et porte s'ouvrit presque aussitôt, laissant voir une salle bondée de yeux curieux et un visage au-dessus de lui. Intimidé, Joyce regarda le professeur devant lui, il était grand, roux et sentait mauvais. Mais il n'eu pas plus le temps de le détailler que déjà, il se sentait pousser dans la les yeux étaient braqués sur lui, le professeur lui avait demandé de se présenter. Mais qu'est ce qu'il pouvait bien dire ? Ne trouvant pas les mots, l'adulte à côté de lui l'encouragea.
« Dis nous au moins comment tu t'appelles mon garçon.
« -J...Je m'appelle Joyce Myazaki...
« -Bienvenue Joyce !, toutes ses voix fit sursauter le pauvre garçon et quelques rires fusèrent du fond de la salle
« -Allons allons, Joyce, tu n'as qu'a t'installer là-bas, à côté de la demoiselle »
Et Joyce hocha de nouveau de la tête. Il avait remarqué la place vide au troisième rang et il s'y dirigea. Lorsqu'il s'installa, des murmures s'élevèrent dans son dos et il rentra un peu la tête.
« Ne t'en fais pas, ce n'est pas sur toi qu'il parle »
Abasourdi par la voix claire et douce qu'il venait d'entendre, le garçon tourna la tête vers sa voisine. Lorsqu'il croisa son regard il reconnut aussitôt la furie blonde de ce matin.
« -Tu...Toi...Je.. »
Le petit rire de la jeune fille à côté de lui le fit rougir. Sentant la chaleur se répandre sur tout son visage, il détourna rapidement la tête.
« -Au fait, moi c'est Lili. »
Fuyant toujours le regard de la dénommée Lili, Joyce ne put néanmoins pas s'empêcher de sourire. Lili, c'était joli comme prénom...
Nirvana avait trouvée un bon bouquin dans le salon de Ciel. A force de s'ennuyer elle avait finie par fouiller un peu la bibliothèque du salon et était tombée sur un livre de médecine. Pas qu'elle soit vraiment intéressée mais elle se disait que ça lui ferait un peu de lecture. Et qu'elle n'avait pas était la surprise en voyant que le livre parlait surtout des articulations et des tendons, soulignant leur rôle dans le corps et les conséquences si ils étaient endommagés. Elle s'était trouvée un coin confortable où débuter sa lecture et s'y était plongée. Parfois elle avait un petit sourire sadique en regardant les schémas précis et presque glauque qui décrivaient avec précision certaines opérations. En réalité, plus elle lisait l'ouvrage, plus elle voyait toute les possibilités de blessure qu'elle pouvait infliger. Elle en arrivait même à se demander pourquoi les auteurs avaient mis en avant l'importance des soins et non pas les possibilités de torture.
Nirvana était en train de prendre note lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir, annonçant l'arrivée de Ciel. Relevant la tête du livre, elle entendit les pas du médecin s'approcher du salon et eu un petit sourire en voyant la surprise sur le visage de Ciel. Certes, se réfugier dans un coin du salon, assise sur une tonnes de couvertures (empruntées dans sa chambre et celle du docteur) avec un livre très précis de médecine, n'était peut-être pas très son sourire se fana bien vite lorsque la surprise dans les yeux de Ciel se mua en peur. Cette lueur, Nirvana l'avait vu et revu dans les yeux de ses victimes mais jamais dans ceux du vieillard. Et elle qui croyait qu'il avait des nerfs en aciers, voilà qu'il prenait peur en la voyant ? Peut-être la prenait-il pour une sociopathe ? (Ce qui n'était pas loin de la vérité)
« -Qui y-a-t-il Ciel-sensei ? »
Elle observa incrédule le teint de ce dernier blanchir et ses mains trembler. Puis soudain, comme un éclair dans un ciel d'orage, une colère sourdre teinta de rouge sa peau et ses yeux. Nirvana fronça les sourcils, incrédule devant tant de changement.
« -Tu as tuée Gen, c'est pour ça que tu étais blessée. Et tu es l'assistante de l'Amiral Akainu. N'est-ce pas Corbeau ? Ou plutôt devrais-je dire Nirvana Winter *? »
Inconsciemment Nirvana posa sa main sur son poignard et un voile se posa dans son regard. Le vieux médecin en savait trop, il était une menace...
*=j'ai délibérément choisi d'enlever le D et Black, mais Nirvana est toujours son véritable nom. Vous comprendrez mon choix plus tard ;)
Alors? Mais que va t-il donc se passer pour Ciel-chan? Qui est-il vraiment? Et que va donc faire Nirvana?
