Coucou tout le monde! Alors je passe très vite, je pars cette nuit en long week-end et je voulais vous poster ce chapitre avant!

On m'a fait remarqué que dans le dernier chapitre j'avais fait une erreur, les ranchs des Hales et bien celui des parents de Rosalie et Jasper et Bella sont frères et soeurs, désolée pour cette erreur!

Merci à Mamounedward pour toutes tes adorables reviews, j'aurais aimé pouvoir te répondre par mp mais je le fais rapidmeent ici, ils sont très butés tous les deux et tout autant attirés l'un par l'autre, le cocktail qui fait des étincelles! J'espère que la suite te plaira elle aussi! Merci de me lire et je te dis à très vite!

Merci Soraya, c'est toujours un grand plaisir de lire tes impressions, j'espère que la suite te plaira elle aussi! Bisous et à très vite!

Merci à Sodium de m'avoir fait remarqué les incohérences! Japser et Bella sont bien frères et soeurs! Désolée de cette erreur!

J'espère n'avoir oublié personne!

Un grand merci à LyraParleOr qui a corrigé ce chapitre très rapidement pour que je puisse vous le poster avant le départ! Merci!

Pov B

La nuit avait été longue, pour ne pas dire interminable! Des gardes comme celles-ci vous vidaient de toute votre énergie vitale!

C'était ma dernière garde avant de partir au Texas et le moins que l'on puisse dire c'est que je m'en serais volontiers passée!

Je m'en étais doutée pourtant lorsque j'avais vu le programme du bloc que cette nuit allait être cauchemardesque. Être de bloc avec le professeur Reecey c'était avoir l'assurance que quelque chose, quelque part n'allait pas tourner rond! C'était pourtant un excellent chirurgien! Mais sa poisse légendaire ne manquait jamais à l'appel. Ce monde ultra rationalisé qu'était le service de chirurgie comportait son lot de superstitions, et le chirurgien poisseux en était une. Dans le cas de Reecey plus qu'une superstition c'était une réalité. On aurait pu croire que tout New York s'était donné rendez-vous pour mourir sur sa table. Les rates qui saignaient la rage c'était pour lui, les appendicectomies qui virent à la péritonite pour lui aussi, les gros foies qui couvrent tout le champ... oui pour lui aussi. Tous les petits grains de sable c'était pour lui. Travailler dans ces conditions révélait de l'exploit, heureusement qu'il était un chirurgien hors pair, personne d'autre ne cumulait autant de malchance.

Alors hier soir lorsque j'avais vu mon nom écrit en tout petit sur le tableau de garde aux côtés du sien j'avais été prise d'une furieuse envie de prier pour qu'aucun cataclysme ne s'abatte sur la ville cette nuit. Mes prières étaient restées vaines bien sûr, un carambolage gigantesque sur l'Interstate 95 avait eu raison de mes espérances autant que de mes heures de sommeil. La journée avait déjà été rude mais ce n'était rien en comparaison de la nuit qui m'attendait. Neuf heures de bloc, trois pauses pipi et trop de cafés pour les compter plus tard, j'étais de retour au vestiaire.

Mais je n'avais pas tant à me plaindre que ça, si nous avions été bien occupés cette nuit ce n'était rien comparé aux blocs de traumato et de chirurgie vasculaire. Il avait fallu rappeler des internes, les anesthésistes étaient au bord du suicide, les brancardiers manquaient, le bloc n'était plus qu'une fourmilière géante en pleine activité.

Je n'avais qu'une hâte, prendre une douche brûlante et me glisser dans mon lit. Mais ça aussi était illusoire, j'allais déjà devoir me battre pour avoir le temps de prendre une douche, pas question de dormir! Nous nous envolions pour le Texas en fin de matinée et je n'avais toujours pas préparé le moindre bagage.

"-Hey salut ma belle! J'ai appris que tu étais de garde cette nuit. " Alec déposa un bisou sur ma joue, peut-être un peu trop proche de mes lèvres pour qu'il puisse passer pour totalement chaste.

"-Ne m'en parle pas! Avec Reecey..."

"-Ma pauvre! Toutes mes sincères condoléances! Je t'offre un café?"

"-Je n'ai pas le temps, je dois rentrer à l'appart préparer mes affaires."

"-Ah oui c'est vrai que tu parts."

"-Mais viens le prendre à l'appart ce café!"

"-Avec plaisir." En trois semaines mes relations avec Alec avaient considérablement évoluées. Je passais de plus en plus de temps en sa compagnie. Je l'appréciais énormément. Nous passions des heures à discuter, à ses côtés je me sentais stimulée intellectuellement et cela n'avait pas de prix. Il avait un humour satirique et piquant qui rendait le temps passé ensemble vraiment très agréable.

Notre relation encore platonique et chaste évoluait doucement vers quelque chose de plus charnel. Il était tellement séduisant que personne ne pouvait m'en vouloir d'avoir hâte que nous soyons plus intimes. Mais nous prenions notre temps, j'avais envie de quelque chose de construit et durable avec lui. Je me ramollissais! Parfois je me demandais où était passée la Bella intraitable qui ne composait pas avec les sentiments! La seule ombre qui venait assombrir ces jolis projets était le départ imminent d'Alec. Ses vacances New-Yorkaises prenaient fin bientôt et il devait retrouver son poste en Californie d'ici peu. J'en voulais un peu à Alice maintenant, ce séjour au Texas tombait vraiment mal.

"-Je t'en prie, installe-toi!" Alec s'assit à la table de la cuisine alors que je préparais les cafés.

Les autres ne devaient pas encore être réveillés. Rosalie était de garde la nuit dernière elle aussi et Cullen avait surement dû être rappelé. Les autres devaient flotter aux pays des rêves. Le silence de l'appartement apaisait mes douloureux maux de tête. Que n'aurais-je pas donné pour me blottir dans le fond de mon lit. Avec Alec aussi tant qu'on y était...

A l'instant où mes pensées divaguaient vers tout ce que j'aurais aimé faire si je me retrouvais dans mon lit avec le bel italien la porte claqua.

Cullen et sa tête des mauvais jours fît irruption dans la cuisine et marqua un temps d'arrêt en voyant Alec à la place qu'il occupait d'habitude. On pourrait inviter Cullen dans notre lit aussi... Non ne rêvez pas, en trois semaines ma conscience n'avait pas retrouvé la raison! Ni la décence de se taire.

Fait exceptionnellement rare Cullen ne dit pas un mot, ne fit pas la moindre remarque désagréable. Il se contenta de nous saluer d'un signe de tête, se servit un café et disparut dans le couloir de sa chambre.

"-Il est sympa ton coloc!"

"-C'est un con!" Mais un con sexy quand même... La foutue conscience marquait un point, même avec les yeux creusés par la fatigue, les cheveux en bataille et le teint cireux, il fallait reconnaître que Cullen était sexy. Et pourtant faire cette constatation m'arrachait la langue.

Je m'approchais d'Alec pour m'assoir à ses côtés mais il me prit la main pour m'attirer sur ses genoux. Même si nous n'étions encore que de simples amis nous avions l'un pour l'autre des gestes affectueux un peu plus intimes. Il était très tactile et ça me plaisait bien de me sentir proche de lui comme ça.

"-Je voulais t'en parler avant mais je n'ai pas eu le temps..." Une vague d'angoisse parcourut tout mon corps, les phrases qui commençaient ainsi finissaient rarement bien!

"-Je vais bientôt devoir rentrer en Californie."

"-Je sais ça..."

"-Peut-être même avant que tu ne rentres du Texas, je dois y être mardi au plus tard." C'était décidé j'allais faire payer à Alice son idée stupide! Je quittais le Texas lundi soir, la probabilité que je voie Alec avant son départ était très faible.

"-Oh, c'est dommage."

"-Par contre, et c'est de ça que je voulais te parler, j'ai fait une demande pour intégrer un programme de chirurgie à New York. Cette ville me manque!"

"-Mais et ton poste?"

"-Le programme est temporaire."

"-C'est une bonne nouvelle alors!" Je posai mes lèvres sur sa joue, appréciant le contact un peu râpeux de sa barbe de trois jours et son parfum frais et acidulé.

"-Ce n'est pas fait encore mais c'est en bonne voie." Était-cenormal que j'ai cette envie folle de poser mes lèvres sur les siennes et de goûter la chaleur d'un de ses baisers?

Alors que j'allais m'approcher de lui et céder à cette trop forte envie Alice débarqua dans la cuisine.

"-Bell's on décolle dans deux heures! Salut Alec!"

"-Salut Alice, je vais te laisser ma belle, j'espère te voir mardi matin quand même..."

Pov E

Rentrer après une nuit de garde éreintante et trouver Swan et son nouveau mec dans la cuisine n'étaient pas une bonne façon de me mettre de meilleure humeur!

Je ne supportais pas ce type, il était l'archétype du chirurgien prétentieux et imbu de sa personne. Dieu serait son deuxième prénom qu'il ne s'en plaindrait pas... Mais ce n'était pas l'avis de Swan qui bavait littéralement devant le grand brun, avec lui elle perdait tout de sa fougue, elle ressemblait à un petit chien bien dressé qui attendait l'approbation de son maître. Elle était foutrement pathétique! Je ne savais même pas s'ils étaient ensemble d'ailleurs, mais Swan semblait en admiration devant celui qu'elle considérait comme son nouveau modèle. C'était tellement évident que ça en était écœurant.

La laissant roucouler sottement en paix sans lui faire la moindre remarque j'allais m'enfermer dans ma chambre pour préparer mon sac. Je serais bien volontiers resté à l'appartement ce week-end mais ça aurait peiné Alice, et pour une raison inconnue je détestais attrister Alice... Peut-être tout simplement parce que tu as peur des représailles! Oui ce n'était pas totalement faux, mais ma sœur pouvait être vraiment effrayante parfois!

Le café ne suffit pas à atténuer ma fatigue. Mes yeux étaient rouges et douloureux, mes neurones semblaient partis quelque part en vacances très loin d'ici. Et mon lit qui me tendait les bras me donnait vraiment envie de tout envoyer promener pour quelques heures.

Je jetai quelques vêtements dans un sac de voyage et pris une douche que j'espérais délassante. Elle le fut, mais pas suffisamment. J'avais la sensation que quelqu'un avait ponctionné mon énergie vitale, je n'avais plus la force de rien. Même pas de me moquer de Swan qui tirait une valise beaucoup trop lourde pour quatre jours derrière elle. Elle avait un air encore plus désabusé que le mien.

Si nos autres colocataires semblaient se réjouir de ce petit séjour, ce n'était pas notre cas! Tu te trouves des points communs avec Swan toi maintenant? Il faut croire que tout arrive! Et puis j'étais bien trop fatigué pour me poser la moindre question!

Chacun voulut bien évidement s'assoir à côté de son conjoint, étant avec Swan les seuls célibataires du groupes nous dûmes nous assoir ensemble. Comme une gamine piailleuse elle voulut se mettre près du hublot et l'avion n'avait même pas décollé qu'elle était profondément endormie.

Je ne mis pas de temps à m'endormir moi aussi, j'avais une nuit de sommeil à rattraper alors l'avion, aussi inconfortable soit-il, ferait l'affaire.

"-Je vais la faire encadrer celle-ci! On pourrait l'accrocher dans le salon! Tu vois Jazz je t'avais dit que ce voyage était une bonne idée, ils réconcilient déjà!"

"-Bébé ils dorment... et il n'y a rien à réconcilier entre eux, ils ne se sont jamais entendus!"

"-Mais ils sont trop mignons! Tu trouves pas qu'ils feraient un beau couple?"

"-Si tu as envie que l'appart prenne feu, je t'en prie joue les entremetteuses, mais c'est totalement désespéré je te préviens!"

Le babillage incessant de ma sœur me sortit du sommeil. J'étais si bien pourtant, ma joue reposait sur quelque chose de de doux et de chaud, un parfum délicat flottait autour de moi, je faisais un rêve agréable. Impossible de m'en souvenir avec précision mais il me semblait que je serrais contre moi un corps aux délicates courbes féminines.

En ouvrant difficilement les yeux tant j'avais sommeil encore, je tombais sur ceux de ma sœur et de Jasper qui me regardaient par-dessus le dossier de leurs sièges. Si le sourire d'Alice était ravi celui de Jasper lui était légèrement moqueur.

"-Tiens le prince charmant est réveillé! Rose tu crois qu'il va embrasser sa princesse pour la réveiller elle aussi?" Apparemment mon sommeil était une attraction pour tous mes amis. Je ne savais pas du tout de quoi Emmett parlait mais connaissant Emmett ça devait être totalement à côté de la plaque alors je ne m'en formalisais pas.

"-J'espère... j'ai vraiment envie de voir la claque qu'il va se prendre dans la tronche!" Mais de quoi parlaient-ils à la fin?

A cet instant je pris conscience que le poids appuyé contre moi n'avait rien d'un rêve, ni les courbes, ni le parfum... Swan était affalée contre moi, sa tête reposait sur mon torse alors que la mienne était posée au sommet de ses cheveux. Sainte Mère de Dieu le monde ne tournait vraiment plus rond...

Bien que sa tête soit un oreiller agréable je ne pouvais pas la laisser dormir contre moi, une trop forte proximité physique avec sa meilleure ennemie n'avait jamais été une bonne idée. Je la poussai peut-être un peu plus violemment que je ne l'aurais voulu mais cela eut au moins le mérite de la sortir du sommeil rapidement. Elle poussa un grognement d'ours affamé qui n'avait rien de féminin mais qui ne lui allait pas si mal que ça finalement.

"-Putain Cullen tu m'as fait mal!"

"-Tu baves Swan... pire encore tu me baves dessus!"

"-Je ne baves pas! Et qu'est-ce que tu fous contre moi d'abord?"

"-Je pourrais te retourner la question!"

'-Pfff le répit aura été de courte durée..." Ma sœur se détourna de nous excédée mais imperturbables nous continuions à nous chamailler comme des gamins. Swan faisait ressortir le pire de nous ce n'était pas nouveau!

Inquiète de voir le ton monter une hôtesse finit par interrompre notre joute verbale. Soit disant que nous dérangions les autres voyageurs... je n'en avais pas vu un seul se plaindre et puis ils avaient qu'à prendre un autre vol si ça les dérangeait!

Oui j'étais d'une extrême mauvaise foi quand je n'avais pas assez dormi! Et là bah, je n'avais vraiment pas assez dormi!

Swan mortifiée de s'être fait remarquer s'était collée contre le hublot, mettant le maximum d'espace entre elle et moi.

Pov B

Cullen était un crétin! Vous allez me dire ça fait un moment qu'on est au courant. Mais là sa bêtise dépassait l'entendement, nous étions passés pour des gamins capricieux, les autres passagers nous jetaient des regards noirs et l'hôtesse avait passé le reste du vol à nous surveiller.

Le moins que l'on puisse dire c'est que j'étais soulagée d'arrivée à El Paso.

A la sortie du terminal nous attendait la souriante Lynda Hale, réplique exacte de sa fille avec quelques années de plus, resplendissante de beauté avec ses longs cheveux blonds et ses yeux bleu océan. Elle se jeta dans les bras de sa fille avant de tous nous embrasser chaleureusement. Lynda était une femme adorable, charismatique et suffisamment autoritaire pour se faire respecter dans son immense ranch. Elle n'en était pas moins une femme pleine de douceur et de bonté.

Tim, le père de Rose qui nous attendait près de son énorme 4X4, nous donna une franche poignée de mains à nous briser les phalanges. Je craignais toujours de confier mes mains à Tim... et cela me fit sourire de voir qu'Emmett éprouvait le même genre de réticences, d'autant que son futur beau-père ne ménageait pas sa force avec lui!

Tim était un petit homme trapu et fort, sa peau burinée par le soleil témoignait des longues heures qu'il passait à s'occuper de son élevage. Les parents de Rose possédaient un élevage de bétail qui aurait été capable de nourrir tout l'état tant il était développé. J'étais toujours surprise de voir dans quel univers avait évolué la très raffinée Rosalie! Ici la terre ne ménageait pas les hommes. Le ranch situé à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville se nichait entre désert et montagne. Ici la terre était craquelée par le soleil, balayée par les vents, les prairies plus jaunes que vertes suffisaient néanmoins à nourrir le bétail. Ce lieu mettait à rude épreuve les hommes, ils s'endurcissaient au contact de cette terre aride.

Entassés dans l'énorme voiture qui transportait facilement six personnes, un peu plus difficilement huit, on ressentait chaque ornière, chaque bosse de la route. Tassée contre Cullen une fois encore je tentais de limiter tous les contacts entre son corps et le mien. Autant dire que cela relevait plutôt de mission impossible! Mais il a un corps tellement musclé... tu ne peux le nier, tu as passé le voyage blottie contre son torse! Endormie! J'étais endormie! Cela était totalement contre ma volonté! Que tu dis! Ta conscience elle sait où est la vérité! Si tu parles de toi ma vieille je doute que tu saches quoi que ce soit! Ma vielle... on a le même âge je te rappelle!

Est-ce que parler à sa conscience est synonyme de démence? Non parce que je n'étais pas très douée en psy et là j'aimerais bien savoir... histoire de me rassurer!

Demande à ton frère bécasse!

La route pour arriver au ranch fût longue et mon état de fatigue ne me permettait pas de profiter du magnifique paysage qui s'offrait à moi. Je mourrais de soif et la proximité de Cullen m'insupportait! Peut-être que c'est elle qui te donne si soif finalement...

J'ignorais cette stupide conscience pour me concentrer sur les montagnes arides qui s'étendaient à perte de vue.

La maison des Hale était une de ces maisons typiquement américaine, surchargées de boiseries. C'était une belle maison blanche aux fenêtres bleutées. Sous le porche une balancelle de bois permettait de profiter de la fraîcheur du soir et de la vue sur la prairie mystérieusement verdoyante.

"-Installez-vous au salon les enfants! Je vais vous chercher de quoi vous rafraîchir."

Le salon des Hale contrastait vraiment avec l'aspect rude de cette partie du pays. Leur intérieur était plein de raffinement. Les canapés tapissés de soies vieux rose s'harmonisaient parfaitement avec les meubles de bois blanc travaillé. On aurait presque pu se croire dans une maison de poupée.

J'appréciais toujours mes vacances chez les Hale, la mère de Rosalie très maternelle nous mettait toujours à l'aise et Tim appréciait beaucoup mes talents de cavalière. J'avais dû abandonner cette passion il y avait de nombreuses années mais chaque fois que j'étais chez les Hale je passais de longues heures à cheval.

Lynda nous servit des boissons fraîches bienvenues étant donné la chaleur écrasante malgré le fait que le printemps n'était pas très avancé.

"-Bon alors Rose il va falloir se répartir les chambres."

"-Il y en a quatre de disponibles la répartition va être rapide. Emmett et moi dans la mienne, Alice et Jasper dans la jaune et Bella et Edward choisissent les leurs."

"-Tante Carmen est ici... elle a pris la chambre rose, mais il y a deux lits dans la verte ça devrait aller non?" Lynda regardait sa fille d'un air soucieux, et moi je me mordillais la lèvre pas certaine de comprendre tout à fait ce qu'impliquait la présence de Tante Carmen... Oh que si tu l'as très bien compris! Tu cherches juste à fuir la réalité! Comme d'habitude en fait!

"-Tante Carmen est ici?"

"-Oui elle dort pour le moment. Ce n'était pas prévu mais elle n'est pas en grande forme en ce moment."

"-Ce n'est pas grave Edward et Bella prendront la chambre verte!"

"-Je peux dormir sur le canapé... ou Cullen peut y dormir ça ne devrait pas poser de problème."

"-Swanny ne sois pas désagréable!" Lynda suivait notre échange soucieuse.

"-Ne vous en faites pas Madame Hale! C'est parfait comme ça. Bella et Edward ont quelques petites choses à régler en plus, ils auront tout le temps de le faire comme ça!"

Euh je peux en placer une là? Merci Alice mais c'est totalement ridicule... L'un d'entre nous va tuer l'autre avant la fin du séjour!

Tout le monde commença à se mettre en mouvement pour répartir les bagages dans les chambres alors que je restais figée dans mon fauteuil complètement abasourdie. Le manque de sommeil et mon état de fatigue extrême me donnaient des hallucinations! Parce qu'honnêtement dans quelle réalité saugrenue Cullen et moi pourrions partager une chambre? Ça n'avait aucun sens!

Pourtant du sens ça en prit lorsqu'Emmett déposa mon sac dans la fameuse chambre verte... Au moins il y avait deux grands lits, je n'aurais pas à partager celui de Cullen c'était déjà ça de pris! On aurait pu vérifier quelques petits trucs aussi si on avait partagé le même lit tu ne crois pas?

"-Ça ira les enfants?"

"-Merci Madame Hale c'est très bien! Swan je prends celui face à la fenêtre!" et sans me laisser le temps de protester il posa son sac sur le lit de son choix.

Lynda me jeta un dernier regard anxieux avant de quitter la pièce!

Dans quoi je m'étais fourrée encore... ou plutôt dans quoi Alice m'avait-elle fourrée! Le jour où elle sera appelée pour identifier les restes du corps de son frère il ne faudra pas qu'elle vienne se plaindre, elle l'aura cherché!

Peut-être que c'était pertinemment ce qu'elle cherchait en définitive! S'en débarrasser devait être une idée séduisante quand on avait la malchance de l'avoir pour frère!

"-Bon alors Swanny tu es gentille, tu ne monopolises pas la salle de bain, tes affaires restent près de ton lit, tu te débrouilles pour ne pas parler ni ronfler la nuit et par pitié par de joujoux roses et de cris de plaisir! Si tu respectes tout ça notre cohabitation devrait très bien se passer!"

"-Cullen, la ferme!"

Lorsque tout le monde fût installé, les filles voulurent aller à la piscine mais la nuit dernière m'avait tellement épuisée que je ne rêvais pour ma part que de draps frais et d'oreillers moelleux.

Alice protesta un peu pour la forme mais me laissa tout de même aller me coucher. Retrouver un lit après tant d'heures de veilleça n'avait pas de prix! J'attrapai mes vêtements de nuit en coton souple et doux et me glissai entre les draps. Vu la chaleur j'aurais préféré dormir en sous-vêtements mais avec Cullen dans la même chambre impossible!

Trop fatiguée pour penser au tour désastreux que prenait ce séjour, je fermais les yeux et me laissais glisser dans le sommeil après avoir contemplé une dernière fois la chambre très délicatement meublée.

Lorsque j'émergeais de ma sieste, le soleil avait pris une jolie teinte rousse. Par la fenêtre de la chambre on voyait les falaises rougeoyantes sous la lumière de la fin du jour. J'avais hâte de me promener à cheval dans les gorges.

Cullen n'était pas revenu dans la chambre, s'il se montrait aussi transparent tout le séjour j'allais peut-être me retenir de l'étrangler finalement... On pourrait quand même l'attacher à son lit! Je n'étais pas la seule à être bien réveillée, ma conscience se manifestait déjà, malheureusement!

La maison que je traversais était silencieuse, tout le monde était étendu près de la piscine.

"-Hey Bell's enfin réveillée!"

Je fis la connaissance de Tante Carmen, qui était en réalité la sœur/tante? de Lynda qui était aussi brune que l'autre était blonde. Tante Carmen n'avait plus toute sa tête mais elle était très douce et très gentille bien que Rosalie me l'ait toujours décrit comme une femme un peu folle. Chaque famille à sa tante un peu folle. Moi c'est Meggy, la tante de mon père... Mais on s'en fout de ta tante! Oh oui pardon. Regarde plutôt Cullen... Désespéré par les remarques agaçantes de ma conscience je dirigeais mon regard vers le dernier transat où un Cullen torse nu plus sexy que jamais était étendu au soleil. Dans la lumière du soir ses cheveux prenaient des reflets cuivrés très séduisants. Mon regard glissa le long de son torse jusqu'à son abdomen très délicatement sculpté. Cullen avait juste ce qu'il fallait de muscles aux bons endroits. Pourquoi fallait-il qu'il soit si con? Et si on le bâillonne on ne l'entendra plus et on pourra en profiter! Elle avait parfois de riches idées cette conscience. Je n'étais juste pas totalement d'accord avec elle sur le en profiter.

"-Bella je t'attendais pour aller faire un tour aux écuries."

"-Les filles vous monterez demain, on dine dans une petite demi-heure."

"-Oui maman on va juste voir les chevaux."

J'accompagnais Rosalie jusqu'au bâtiment de bois à quelques pas de la maison.

La chaleur était si intense dans cette partie du pays que le père de Rosalie préférait rentrer les chevaux l'après-midi.

Ce qui m'assaillit d'abord fut l'odeur de foin, de cheval et de céréales. Je respirais par grandes bouffées pour m'imprégner de ce parfum presque oublié qui ravivait tant de souvenirs.

Comme dans tout ranch qui se respecte, les Hale possédaient une vingtaine de chevaux. Nous les saluâmes un par un et je laissais Rosalie profiter un peu de sa jument, une magnifique grise truitée qu'elle ne voyait que trop rarement.

"-Je suis désolée pour la chambre Bella, je sais qu'Edward peut se montrer particulièrement désagréable avec toi. Si tu veux Emmett peut changer de chambre et tu viendrais dans la mienne."

"-Non ça va Rose, vous passez déjà trop de nuits l'un sans l'autre, je vais survivre! Pour Cullen c'est moins sûr mais..."

"-Ah non hein! Pas de meurtre dans ma maison... Vous étiez si mignon quand vous dormiez!"

"-Justement on dormait!"

"-Alice va faire encadrer la photo dans le salon, c'est plutôt une bonne idée!"

"-Quoi la photo, quelle photo?"

"-Tu l'as pas vue? Alice nous l'a envoyée" Rose me montra la dite photo sur son téléphone. Photo prise par nos traitres d'amis dans l'avion où l'on me voyait en situation de faiblesse, la tête sur le torse de Cullen qui m'utilisait lui-même comme oreiller. Dans son sommeil il souriait et j'avais un visage apaisé et heureux... Tu te rappelles de ses muscles, pas étonnant que t'avais un visage heureux, rappelle-toi de tes rêves à ce moment là aussi...

Justement! C'était des rêves, et je n'avais pas rêvé de Cullen!

Cette photo hautement compromettante devait disparaitre, on ressemblait à un parfait petit couple là-dessus! Je vivais vraiment dans une réalité parallèle en ce moment.

Lynda nous avait préparé un succulent diner, bien plus riche que ce que je mangeais le soir d'habitude mais c'était agréable de se retrouver tous autour d'une table. Et comble du bonheur Cullen n'ouvrait pas la bouche! Il avait voulu faire le malin en ne dormant pas après sa garde, il avait maintenant toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts! Bien fait pour lui, et moi je pouvais jouir de la compagnie de mes amis sans supporter sa voix et ses remarques débiles.

La soirée se prolongea sous le porche. La nuit était fraîche et étoilée, c'était un vrai bonheur d'être là, en vacances pour quelques jours. Je lâchais totalement prise en écoutant les histoires que nous racontait Tim. J'étais bien, détendue, apaisée. J'aurais aimé qu'Alec m'accompagne, j'aurais pu me blottir dans ses bras comme mes amies le faisaient avec leurs conjoints.

Cullen était allé se coucher sitôt après le dîner, ce qui ne gâchait rien à cette soirée parfaite.

Je prévoyais de me lever tôt le lendemain pour courir quand il ferait encore frais, alors je me m'éternisai pas et rejoignis ma chambre vers minuit.

Enfin notre chambre...

J'aurais voulu dormir que je n'aurais pas pu! Cullen qui avait de nombreuses heures de sommeil à rattraper ronflait à faire trembler les murs.

Une fois ma toilette terminée je me glissai dans mon lit mais le sommeil tardait à venir. Le bruit de tracteur de mon voisin commençait à m'exaspérer.

J'attrapai une de mes chaussures et excédée je la lui lançais dessus. Ma faculté à viser juste quand il s'agissait d'envoyer des objets dans la tête de Cullen m'étonnera toujours!

"-Rha c'est quoi ça?"

"-Tu ronfles je ne peux pas dormir!"

"-Putain Swan qu'est-ce que tu fous dans ma chambre?"

"-On partage la chambre je te rappelle!"

"-T'es vraiment une vieille grincheuse!"

"-Et toi tu ronfles."

"-Je ne ronfle pas!"

"-Oh que si, je peux pas dormir!"

"-Tu aurais attendu ce soir pour dormir aussi..."

"-Désolée mais certaines bossent pendant les gardes! J'ai passé la nuit à opérer pas à lire des magazines."

"-Euh alors là je t'arrête ma grande, TON chef a opéré, toi tu l'as assisté."

"-Oui les chirurgiens sont des surhommes mais ils ont rarement quatre mains..."

"-Oh tais-toi je suis trop crevé pour entendre ta voix de crécelle! Tiens c'est à toi!"

Il me lança la chaussure mais rata lamentablement sa cible.

"-Raté!"

"-Gamine!"

Dieu qu'elle allait être longue cette cohabitation! Si nous en sortions tous les deux vivants nous aurons beaucoup de chance!

Après un moment de calme, le bruit infernal reprit dans la chambre. Je luttais pour trouver le sommeil, envisageant tous les moyens possibles et imaginables de faire taire Cullen. Ça passait par une claque, le foutre dehors et d'autres choses beaucoup moins avouables. Oui si on s'amusait avec lui, les grognements de plaisir c'est vachement plus sexy quand même! Même ma débile de conscience avait décidé de me pourrir la vie.

Je luttais longtemps pour trouver le sommeil et ce fût seulement aux alentours de deux heures que Morphée m'ouvrit ses bras.

Juste avant de sombrer je formulais le vœu de ne pas parler cette nuit. Je cohabitais déjà avec Cullen, inutile d'en rajouter! Encore deux nuits après celle-ci... ça paraissait tellement long!

J'espère que ça vous a plu! Je vous dis à très bienôt pour la suite!

Merci de me lire!