Bonsôar les gens. Voilà, je poste un nouveau chapitre pour ceux qui en ont toujours pas marre de cette fic. Navrée pour le temps d'écriture, je n'ai aucune excuse en plus, j'avais tout le temps, je suis faible, j'ai péché, je ne suis qu'une pauvre misérable aaaaaaaah, honte sur moi ! Bon, il suffit. Ch'tite réponse à mes reviewers
Fusida : Ouh, j'ai lu ta review juste avant de publier le chapitre^^. Je vois qu'il y en a qui comprennent ma douleur. Je ne suis pas croyante mais je compte bientôt aller allumer un cierge pour mes résultats, ça pourrait marcher pour une fois, qui sait… et peut-être que tes prières seront entendues, je croise les doigts 3. Merci en tout cas.
Evangelysta : Bah pour mes partiels…voilà quoi ('- .-). Pour les personnages, je sais bien, ça m'énerve aussi de pas arriver à bien les définir et à garder le maximum de fidélité par rapport à leur personnalité dans Tsubasa. Bon j'ai tenté d'améliorer dans ce chapitre, dis-moi ce que t'en pense. Si ça ne convient pas je serais ravie de recevoir tes conseils.
Bonne lecture, j'espère…
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Vendredi, on était vendredi. Vendredi 23 Janvier. le 23 Janvier, c'était l'anniversaire de Fye. Kurogane se leva de son lit, regardant toujours l'écran de son téléphone qui lui indiquait la date. Durant la semaine entière, le blond n'avait pas reprit une seule fois contact avec lui. Néanmoins, lorsqu'il le croisait, il lui adressait toujours un regard désolé et plein de regrets. Evidemment, malgré le fait qu'il était en partiels, Ashura passait ses matières et aussitôt appelait Fye pour le rejoindre, obligeant souvent le jeune homme à sécher les cours. Une fois, Fye avait essayé de parler au brun aux yeux grenade, mais biensûr, il y avait toujours quelqu'un aux alentours jetant un coup d'œil furtif vers lui. Ashura avait dû demander à des personnes de leur classe de veiller au grain pendant les partiels.
Mais aujourd'hui, c'était l'anniversaire de Fye, et il lui avait acheté un cadeau. Biensûr, ça n'avait pas été chose facile, non pas dans le choix du cadeau, mais plutôt dans l'achat en lui-même d'un présent dans une situation pareille. Kurogane avait déjà du mal à reconnaître son affection pour le blond, et voilà qu'il allait lui acheter un quelque chose pour son anniversaire, décidément, il ne se reconnaissait plus. Sans oublier qu' il ne voulait surtout pas montrer au jeune homme ce qu'il ressentait, et puis quoi encore. Mais, il n'était arrivé pas à se dissuader d'acheter le cadeau, au point de passer une heure dans le rayon face à l'objet à le prendre, le reposer, le reprendre, puis le reposer. Maintenant qu'il l'avait acheté, ce serait trop bête de ne pas le donner, mais en aurait-il seulement le courage ?
Autant dire que c'était une incitation pour Fye de lui faire des remarques humiliantes du genre : « oooooooh, Kuro-pi m'a offert un cadeau, il est si mignooon ! » ou encore «Kuro-rin me souhaite mon anniversaaaaaire, il est tellement attentionnééééé » sans oublier, « Kuro-Chan m'offre un cadeau pour mon anniversaire, il est peut-être amoureuuuux !». Rien que d'y penser, il voulait rapporter immédiatement le cadeau au magasin. Mais aller ! quand faut y aller, faut y aller.
« Si tu lui files, tu vas passer pour un abruti et il va encore se foutre de ta gueule », lui disait un côté de sa conscience.
« Hé, ça fait plus d'un an que tu le connais, il t'a aidé pour tes études tout le temps, tu peux au moins faire ça pour son anniversaire, mets un peu ta fierté de côté, c'est aussi une forme de courage », lui rétorquait l'autre.
« Passer pour un faible devant ce clown ? Du courage ? Allons bon !mets-toi à genoux et demande-le en mariage tant que tu y es, ça reviendra au même ! Les sentiments, quelle connerie ! »
« Et avec mon pied au cul pour te donner de l'élan, tu lui donneras nom de Dieu ?! Peut-être que ça améliorera votre relation alors tu vas prendre ce paquet et tu lui donne ! si c'est pas fait ce matin, d'une manière ou d'une autre, ça va chier. C'est clair ? »
Kurogane s'ébroua pour faire disparaître les divagations de son subconscient. Bon, il était face à ce dilemme depuis au moins 4 jours et la situation n'avait pas évolué, il en était toujours au même point. Et en plus avec l'autre peigne-cul qui l'empêchait de lui parler, ça devenait encore plus problématique. Si ça avait pu être comme l'année précédente, ça aurait été tellement plus évident.
L'année dernière, Fye avait organisé une grande fiesta son anniversaire avec plein de monde et quand Kurogane était arrivé, le blond était bien éméché. Ah ça, il en tenait une bonne le Fye, il souriait comme un imbécile heureux, ce qui ne changeait pas de d'habitude, juste la sincérité en plus, avait choisit une jolie petite brunette aux yeux verts dénommée Sakura comme compagnon de beuverie et s'enfilaient des cul-sec à tour de rôle en miaulant comme des attardés. A l'époque, Ashura n'avait pas encore pété les plombs, il était presque sympathique, outre son air un peu froid et flippant, mais ça, Kurogane certifiait que c'était de naissance. Quoiqu'il en soit, c'était cette soirée qui rappelait à Kurogane l'anniversaire de Fye, car c'était la seule fois où le jeune homme s'était prit ce que l'on appelle communément, une bonne murge, celle qui vous laisse un trou noir dans vos souvenirs mais qui se fait bien sentir le lendemain.
En tout cas, c'était la première fois que le brun avait vu le blond sérieux si joyeux et surtout si imbibé. De son côté, Kurogane avait beau être un sportif dans l'âme, il était aussi un bon consommateur d'alcool, sauf que lui, il le tenait bien, et ce soir-là, non seulement il était d'une humeur grincheuse, mais il n'avait pratiquement pas touché à un verre tant il se faisait accoster par de jolie filles de la fac, qui malheureusement pour elles, se firent envoyer proprement sur les roses. Ce qui avait marqué cette soirée, c'était qu'à un moment donné, le beau blond s'était vautré sur les épaules de Kurogane, qui avait grogné comme un chien le ferait devant un intrus qui tenterait d'approcher de son territoire, et après lui avoir répété dix fois d'afilée qu'il était content qu'il soit là et après avoir reprit deux verres avec lui, le blond devient soudainement muet et lui tomba dans les bras. Surpris, Kurogane avait néanmoins eut le réflexe de le rattraper, paniquant un peu en croyant que le blond avait perdu connaissance, puis maugréa quand celui-ci avait rouvert les yeux et s'était mis à sourire de plus belle en gloussant, preuve qu'il était irrémédiablement et complètement bourré.
Le brun avait jeté des regards à droite à gauche en espérant que personne ne les regardait, ce qui, miraculeusement fut le cas, même Ashura était trop occupé à remplir son verre, puis, toujours en grognant, avait s'était un peu reculé et avait saisit le blond ivrogne par le bras et l'avait entraîné vers la sortie pour lui faire prendre l'air, et surtout pour diminuer les risques qu'il lui dégobille dessus, en attrapant son manteau au passage. Fye s'était laissé guider docilement, toujours en rigolant comme une hyène et ils s'étaient retrouvés là dehors sous la neige, le blond vacillant avec le manteau de Kurogane sur les épaules et ce dernier affichant un air exaspéré, plus grognon qu'à son arrivée. En y repensant, le brun songea au joli contraste qu'ils devaient afficher tout les deux à ce moment-là : le pâle blond aux yeux bleus qui se marrait tout seul comme s'il venait de voir Dieu en string, et le brun au teint sombre et aux yeux rouges qui faisait la gueule comme si toutes les merdes de la terre lui était tombé dessus ce jour-là, et le tout sous la neige…un chouette panorama. La fête se déroulait chez un ami d'Ashura, dans une maison en retrait de la ville, donc un peu en cambrousse, sur un terrain en pente. Les deux garçons restèrent là quelques minutes à parler, dialogue qui se résumait à des monosyllabes et des sons primitif pour un, et des paroles un peu incohérentes et accompagnées de gloussement pour l'autre. Ce fut alors que Fye, qui avait dû se lasser du manque de communication de son interlocuteur, l'avait saisit par la manche et l'avait tiré pour qu'il le suive en déclarant à tue-tête :
- Viens, on va faire le tour de la maison, je ne l'ai jamais vue !
Mais dans son état d'ébriété, le blond n'avait pas vu la jolie plaque de verglas sur laquelle il avait glissé quelques instant après, entraînant Kurogane dans sa chute, et ils avaient dévalé la pente en glissant sur la neige. Le grand brun athlétique lui avait alors attéri dessus une fois arrivés en bas et s'était redressé immédiatement sur ses bras pour voir si le blond sous lui était encore en vie et pour lui hurler dessus, mais son sang n'avait fait qu'un tour en constatant que le jeune homme avait les yeux clos et ne bougeait pas.
- Hé ! réveille-toi, lui avait dit Kurogane en secouant son épaule. De petits nuages sortaient régulièrement de la bouche de Fye et le brun avait soupiré bruyamment tant il était soulagé. Il allait lui filer une paire de claques mais était resté figé devant le beau blond, le contemplant, à son grand étonnement, avec fascination : son teint pâle se fondait avec la neige, seul le haut de ses joues étaient teintées de rose pâle, à cause du froid, ses cheveux blonds tout ébouriffés à cause de leur chute venaient tomber sur son visage, dissimulant un peu ses yeux clos, et les flocons de neige venaient mourir sur sa chevelure et sur sa peau, la faisant briller à quelques endroits. Le brun était resté ébahit devant tant de beauté et d'innocence. Il ne connaissait pas bien Fye à cette époque, ils se parlaient parfois, le blond l'embêtait, ils se chamaillaient, mais ne restaient pas ensemble aussi fréquemment par rapport à maintenant.
A ce moment-là pour le brun, Fye était gentil, intelligent, gamin, insupportable et très très chiant quand il commençait à le taquiner. Autant dire qu'il l'appréciait mais de loin, c'est pourquoi il ne s'était pas trop attardé sur son physique qui néanmoins avait quand même retenu son attention la première fois où il l'avait vu. Mais ce soir-là, le portrait devant lui l'absorbait totalement : tout son visage était détendu, il paraissait serein et tellement innocent… quelqu'un lui aurait dit à ce moment-là que c'était un ange, il l'aurait crû sans hésiter, c'était une autre personne qu'il avait devant lui et elle était magnifique. Kurogane n'avait jamais été attiré par les individus du même sexe que le sien, au contraire, ça avait souvent tendance à le répugner, c'est pour cela qu'il s'était empressé de renier cette fascination, la faisant passer pour un moment de faiblesse qui, dans une soirée, pouvait arriver à tout le monde, en aucun cas Kurogane n'admettrait que le blond l'attirait ou qu'il lui trouvât un quelconque charme. Inutile de dire que c'était à compter de cette soirée que le brun avait commencé à douter de pas mal de choses et de se remettre en question, spécialement en ce qui concernait Fye et cette remise en question perdurait toujours à l'heure actuelle.
Il avait toujours gardé cette image du blond inconscient au milieu de la neige, et au fil des mois, alors que les choses changeaient pour Fye, Kurogane n'avait jamais revu cette expression si innocente, ni cette sérénité qui l'avait tant marqué. Les seules qu'il affichaient maintenant étaient de faux sourires qui cachaient une souffrance ainsi qu'une détresse inhumaine. Toute son attitude était jouée et mensongère afin de dissimuler la vraie personne qui souffrait en silence et dont la flamme s'éteignait un peu plus tout les jours.
Une fois qu'il avait réussit à s'extraire furieusement de l'emprise qu'exerçait la beauté de Fye sur lui, Kurogane avait secoué le blond de plus belle et ce dernier avait fini par ouvrir les yeux.
- Oh, bah ça alors, Kuro-pon, t'as un jumeau toi aussi ? avait-il dit en posant la main sur son front dans l'espoir de calmer le tournis qu'il devait ressentir.
Le brun s'était raidit devant la bêtise des propos de Fye et avait commencé à lui aboyer dessus en le traitant de tous les noms et de tous les qualificatifs pouvant évoquer la gaucherie et l'absence de facultés mentales, puis lui avait balancé de la neige en pleine face pour faire taire la crise de fou-rire dont le blond était victime. Après avoir épuisé son stock d'insultes et après que Fye eut fini de glousser comme un dindon, ce dernier s'était relevé et avait continué d'avancer, sûrement pour faire le tour du propriétaire comme il l'avait dit.
Mais il n'était pas allé loin, car, étant toujours sous l'emprise d'une dose considérable d'alcool, et se trouvant dans le noir complet d'une nuit d'hiver, le pauvre s'était prit un arbre et s'était écrouler par terre, cette fois toujours conscient. Et c'est alors que, pour la première fois depuis des années, Kurogane avait éclaté de rire. Il ne savait pas trop si c'était dû à la petite dose de vodka qu'il avait siroté plus tôt, ou au froid, ou encore au fait de voir le blond se cogner et de tomber raide, mais en tout cas, ça aussi, ça l'avait marqué. Après avoir reprit le contrôle de lui-même et avoir fait part de ses impressions à nouveau sur la maladresse de Fye à ce dernier, il lui avait certifié qu'il se rappellerait de son anniversaire et qu'il ne manquerait pas de le lui souhaiter rien que pour pouvoir faire des références à cette scène mémorable.
Lui donner un cadeau cette soirée-là plutôt qu'aujourd'hui aurait été plus simple car premièrement, il n'aurait pas eût l'autre taré qui veillait au grain sur le dos, et deuxièmement car Fye était tellement ivre et il y avait tellement de monde qui le savait bourré que personne n'aurait fait gaffe à ce qui se passait s'il se mettait à crier ses remarques stupide.
Mais voilà, aujourd'hui ce n'était pas l'année dernière et il allait faire avec, et il ferait une bonne action. « voilà, c'est ça, je ferai une bonne action, ce sera juste une bonne action » se répéta-t-il en prenant sa douche et en s'habillant. Il partit avec le paquet dans son sac tout en réfléchissant sur le chemin sur la manière dont il allait le donner sans passer pour un idiot ni pour le mec attentionné.
...
Il était midi. Dans une heure exactement, ils auraient terminé les cours pour la semaine et seraient en vacances. Et Kurogane n'avait toujours pas trouvé de moyen pour refourguer le paquet rouge qu'il avait dans son sac. Pourtant, aujourd'hui, personne ne semblait les regarder constamment contrairement à d'habitude, c'était le moment idéal, mais le blocage venait du brun : vraiment trop peur de se ridiculiser. Sa fierté allait en prendre un grand coup s'il lui donnait, ça, il le savait, et c'est pourquoi il était plutôt réticent à l'idée de se faire charrier par le blond.
Pendant l'heure il avait réfléchi intensément à ce qu'il pourrait dire ou l'attitude à avoir pour paraître le plus indifférent possible ou le plus ennuyé, mais rien à faire, il était sûr des moqueries que lui renverrait Fye.
Il établissait des hypothèses plus folles les unes que les autres quand enfin, l'ampoule s'alluma dans sa tête. Parfait, ça y est, il avait enfin trouvé, il se sentit alors plus léger.
Il déchira un bout de feuille de classeur et griffonna deux mots dessus en essayant de s'appliquer un minimum pour qu'ils soient lisibles. Bon cela jurerait sûrement avec le beau paquet cadeau, mais là, il ne pouvait faire autrement, il ne fallait pas en demander trop non plus. Il hésita à signer puis renonça, le blond reconnaîtrait parfaitement son écriture patte de mouche qu'il s'usait les yeux à déchiffrer quand il lisait les notes de Kurogane, au point de les qualifier de hiéroglyphes. Il plia le papier, saisit le scotch dans sa trousse et en découpa 3 petits bouts dont il colla la moitié de chaque sur le papier, puis, avec autant de discrétion qu'il le pouvait, plongea la main dans son sac et plaqua le tout sur le paquet qu'il reconnut au toucher. Il tapota plusieurs fois pour vérifier qu'il était bien collé et remit sa main sur sa table, sous les yeux un peu perplexes de son voisin qui devait sûrement se demander si le brun n'avait pas les plombs qui sautaient. Mais il n'y prêta pas attention et se concentra sur le cours, la dernière étape de son plan étant déjà bien définie dans sa tête.
Le professeur leur annonça la fin du cours tout en leur souhaitant de bonnes vacances. Les étudiants rangèrent leurs affaires et s'animèrent dans la classe en bavassant des vacances et de diverses choses. D'autres allèrent voir le professeur avant qu'il ne s'en aille pour lui demander des détails sur le cours, et comme toujours, Fye en faisait partie.
Aussitôt, Kurogane mit son plan à exécution avec la plus grande discrétion puis sortit immédiatement hors de la salle. Mission accomplie, le colis est arrivé à destination, il ne fallait pas s'attarder alors il fila chez lui à l'anglaise. Quand à Fye, après avoir posé ses questions, il retourna à sa place, ramassa son cahier et sa trousse, s'étonna un moment de la disparition soudaine de Kurogane, avec une petite pointe de regret qu'il ne se soit pas souvenu de son anniversaire et rangea ses affaires dans son sac.
Il ne remarqua pas immédiatement l'épais volume rouge entre ses livres, mais lorsqu'il en prit conscience, il écarta ses bouquins pour examiner l'objet non identifié. C'était un paquet cadeau avec un morceau de papier plié dessus. « tiens, j'ai ça dans mon sac, moi » s'étonna-t-il en examinant de plus près le papier rouge. Puis il referma son sac rapidement avant de jeter un regard autour de lui et marcha à grandes enjambées vers les toilettes où il s'enferma dans une cabine.
Après avoir verrouillé la porte, il s'assit sur le couvercle rabattu des toilettes et sortit de son sac le paquet avec empressement. Il déplia le papier et retenut de justesse un hoquet de surprise en reconnaissant l'écriture de son ami : Bon anniv'.
Son cœur battait à tout rompre : Kurogane, Kurogane Suwa le grincheux, l'indifférent, l'insociable, se rappelait de son anniversaire et lui offrait un cadeau ! Soit il était en train d'halluciner complètement, soit le réveil n'allait pas tarder à sonner, soit la Providence avait exceptionnellement réussi un miracle aujourd'hui. Il regarda un instant autour de lui : non, non, tout était bien réel, l'odeur de m'endroit où il se trouvait lui rappela que ce n'était pas un rêve.
Sans plus attendre, il détacha le scotch qui fermait la pochette en papier rouge, malgré son envie de la mettre en pièce pour voir immédiatement ce qu'elle cachait, en prenant soin de ne pas la déchirer. Il sortit délicatement ce qu'il y avait dedans et reconnut au toucher la forme et la couverture d'un livre. Il eut un nouveau coup de chaud au cœur en lisant le titre : Fascination.
Il se rappelait avoir rabattu les oreilles du brun avec ce livre dont il avait attendu la sortie comme il attendrait une prime de 999 milliards de yens. Il se rappelait de la réaction du brun à l'annonce de « histoire d'amour », « vampires » et « récit d'une lycéenne » : « Quelle horreur, celui qui m'obligera à lire ça il est pas né ». il eut un petit rire en imaginant Kurogane tenant le livre à bout de bras et avec deux doigts seulement pour aller le payer.
Avec les cours et Ashura, il avait complètement oublié le bouquin, et ça, Kurogane avait dû le deviner. Par moment, il se demandait si le brun ne le connaissait pas plus que lui-même et cela l'intrigua, pendant un bref instant, avant de reposer son regard sur la couverture de l'ouvrage et d'entendre son cœur s'emballer. Il sentit ses yeux s'humidifier, il était si ému que si le brun était en face de lui, il lui sauterait probablement au cou, et il se surprit même à penser au baiser qu'il pourrait lui donner pour le remercier, pensée qu'il bannit aussitôt avec une pointe de honte. Mais à ce moment précis, il aurait souhaité passer 5 secondes avec Kurogane qui lui souhaiterait son anniversaire plutôt qu'une soirée au restaurant et au lit avec Ashura. Biensûr, il ne devait pas penser cela, mais comment s'y résoudre ?
Machinalement, le brun tripota la couverture du livre et tourna la page de papier épais. En rebaissant les yeux pour commencer à lire une ligne, il tomba à nouveau sur une petite phrase à l'écriture quasi indéchiffrable : En tombant AU HASARD sur une page, j'ai vu un passage qui se passe dans une forêt, tu sais, un truc avec plein d'arbres, cela doit te rappeler des choses…
Sur le coup, Fye ne comprit pas immédiatement l'allusion. « Y a un truc spécial que j'ai fait avec des arbres ? » se demanda-t-il, perplexe. Puis en fouillant bien sa mémoire, il se rappela alors sa fête d'anniversaire et se sentit soudain rouge de honte. Le brun se souvenait de ça aussi ?!
Là, pour le coup, cela l'embêtait plus, il n'avait vraiment pas été à son avantage. En fin de compte, la soirée avec Ashura serait parfaite, en tout cas beaucoup mieux que 5 secondes à se faire charrier par Kurogane pour son élégante prestation de l'année dernière. Il remit précautionneusement le livre dans l'emballage et le rangea avec tout autant d'attention dans son sac avant se sortir des toilettes en vérifiant dans la glace qu'il n'était pas trop rouge à force d'être ému et honteux à tour de rôle. Finalement, ce jour ne serait peut-être pas aussi triste qu'il ne l'avait imaginé.
...
Kurogane avait foncé tel vaisseau de la guerre des étoiles jusqu'à chez lui pour être sûr de ne pas être coursé par Fye lorsqu'il aurait découvert le paquet rouge. Bon certes, il avait été lâche et avait choisit la technique la plus facile pour ne pas se mettre dans l'embarras, ce qui ne lui ressemblait guère, mais au moins, il lui avait donné. En arrivant chez, lui, il ferma la porte et s'adossa dessus en soupirant un grand coup. C'était fait, plus besoin d'y penser.
Il se délesta de son manteau et commença à se préparer à manger. Il prendrait tout son temps car aujourd'hui, il était en vacances et il avait déjà un programme bien définit : cet après-midi, playstation jusqu'à 21h30, puis sortie dans un bar pour s'aérer, s'il était encore lucide en rentrant et ce serait très certainement le cas, il ferait de l'ordinateur jusqu'à ce qu'il s'endorme et le lendemain rebelote, et ainsi de suite jusqu'au dimanche, en casant quand même quelques heures de sports. Les vacances devraient être reposantes.
Dès qu'il eut fini de manger, il alluma sa télé, brancha sa console et joua à son jeu préféré : Dead or Alive. C'était bien un jeu de garçons : baston, jolies filles pixélisées et matchs de volley en bikinis sur la plage.
Cela faisait 3 heures qu'il se défoulait sur sa manette lorsque son téléphone trilla en lui indiquant qu'il avait reçu un message. Le numéro de l'envoyeur lui était inconnu mais il l'ouvrit néanmoins :
Salut Kuro-pii, j'ai eu ton numéro grâce à Tomoyo, mais ne la frappe pas. J'ai bien reçu le « colis » rouge entre mes cahiers. Quand aux arbres, je me rappelles surtout d'un sadique qui s'est bien fichu de moi. J'ai déjà commencé cette « horreur avec des histoires d'amour à l'eau de rose », je te raconterai en détails, je sais que tu en meures d'envie.
Merci du fond du cœur. Fye
Simple, sérieux, une pointe d'humour, de la sincérité… Kurogane se sentit sourire comme un idiot. Il résista à l'envie soudaine d'appeler le blond maintenant qu'il avait son numéro. Fye avait été sympa de ne pas s'être moqué de lui dans le message, il n'allait pas le tenter de le faire en l'appelant, et puis s'il était avec Ashura, ce serait le drame. Il reposa le combiné sur la table et se remit devant son écran de télé sans cesser de sourire bêtement. Au moins il avait fait de Fye un heureux aujourd'hui, et cela lui convenait parfaitement.
...
22h15.
« bon aller, j'ai trop traîné sur ce boss. Un petit remontant ne fera pas de mal », se dit Kurogane alors qu'il s'étirait après une lutte acharnée contre un gros méchant pixélisé sur l'écran. Il éteignit la télévision, prit son manteau, son porte-monnaie, ses clés et sortit l'esprit un peu lent à cause du temps passé devant les jeux.
Il arpenta les ruelles à la recherche d'un bar sympa sans trop d'animation pour ne pas violenter son cerveau ramolli. Au bout de 20 minutes en tourner en rond, il finit par opter pour le petit un peu miteux mais coupé des zones d'animation. Il entra discrètement dans la petite salle, il y avait peu de personnes au comptoir, quelques vieux de 50 ballets, une femme dans les 35 ans maquillée comme une voiture neuve et un qui semblait en train de décuver, la tête posée sur le comptoir, un bras qui cachait son visage, et l'autre qui pendait nonchalamment dans le vide. Il semblait à deux doigts de se vautrer de sa chaise et ses voisins le regardaient étrangement et fréquemment.
Kurogane réprima un soupir dédaigneux par rapport au fait d'être déjà ivre à cette heure-ci et se dirigea vers le bar pour commander quelque chose à boire. C'est en se rapprochant de l'ivrogne à moitié endormi qu'il remarqua soudain des allures et une couleur de cheveux qui ne lui étaient pas étrangères. Il ne l'avait pas reconnut tout de suite tant l'endroit était plongé dans la pénombre à cause des néons défectueux qui ne produisaient qu'une lueur tamisée, mais le jeune homme frêle aux jambes diaboliquement longues et fines, aux cheveux blonds comme les blés qui était prostré sur le comptoir complètement saoul n'était autre que Fye D. Flowrite.
Il posa une main sur son épaule et la secoua doucement pour le faire revenir à lui, mais le blond n'avait pas plus de réaction qu'une poupée de chiffon. Kurogane redoubla d'efforts en l'appelant :
- Hé, idiot ! Fye ! Fye ! Réveille-toi ! Aller, debout !
Le concerné releva enfin la tête, difficilement et regarda son interlocuteur pendant plusieurs secondes avant de s'exclamer :
- Ah ! Kurogane, mais qu'es'tu fais là ?
- Et toi alors, stupide blond ? Ca te prend souvent de te mettre une mine tout seul le soir de ton anniversaire ? s'énerva le brun en regardant le nombre impressionnant de verres vides qui s'entassaient sur le bar à l'endroit où Fye était assis. Il dévisagea le blond et remarqua que son beau visage était mouillé de larmes, ses yeux étaient rouges et son expression semblait ravagée par la tristesse.
- Nan. Mais là…je crois que…j'ai un petit peu abusé… Mais j'm'en fouuuuuut ! hulula-t-il en levant les bras au-dessus de sa tête, manquant de tomber en arrière. Le brun le retint d'une main dans le dos et attrapa son bras pour le passer autour de ses propres épaules, puis il souleva le jeune homme en le tenant par la taille.
- Oui, c'est cela même, je vois bien, et tu sais quoi ? On va rentrer maintenant, ok ? lui dit-il avant de demander au barman la note du blond ivre. Le patron lui dit que sa consommation avait déjà été payée en désignant la bande de vieux qui lorgnaient Fye avec une lueur perverse dans leurs yeux vitreux. Le brun hocha la tête et s'empressa le faire sortir le blond de cet endroit sordide, tout en hésitant à aller régler leur compte aux chnoques répugnants qui avaient trouvé une proie facile à mettre dans leur lit pour ce soir. Mais il préféra aider son ami à rentrer chez lui sans perdre l'équilibre tout les 2 mètres.
A peine sortis du pub, Fye commença à gigoter pour échapper à la poigne de Kurogane.
- Maiiiiis, laisse-moi, Kurogane !
- Alors ça sûrement pas, je sais pas si t'as remarqué la bande de pervers dans le bar qui te reluquaient comme un morceau de viande cuite, et puis, t'es tellement blindé que si on te retrouvais mort demain ça ne m'étonnerait pas.
- Et si c'est ce que je veux, hein ? lui lança le blond en arrivant à se dégager de l'emprise de Kurogane, qu'est-ce que t'en sais toi d'abord, hein ? Et si j'avais envie de crever ? Si je me sentais tellement mal que j'aurais envie qu'on m'achève ce soir de n'importe quelle manière, hein ?, les larmes jaillissaient de ses yeux au fur et à mesure que sa voix haussait le ton, et soudain, ses jambes le lâchèrent et il s'écroula sur les genoux par terre.
- J'en ai marre ! Marre ! MARRE ! J'en peux plus, Kurogane, tu comprends ? sanglota-t-il en fixant le sol, ma vie est tellement misérable que même un clodo préfèrerait la sienne ! J'ai beau essayer de me dire que tout va s'arranger et que le bonheur reviendra un jour, mais non ! Pourquoi je m'entête ?! A quoi bon continuer de faire semblant, je sais même pas ce que je dois faire, je suis tellement paumé que je me demande si vivre n'est pas une erreur pour moi ! Je n'en peux plus, Kurogane, j-je… je ne sais plus… murmura le jeune homme sentant sa gorge se serrer tellement fort qu'il ne pouvait plus dire un mot, et ses pleurs se perdirent dans l'écho de la ruelle.
Kurogane se tenait devant lui, totalement interdit et soufflé. C'était bien la première fois que le blond extériorisait ce qu'il ressentait et le brun se demanda ce qui avait bien pu se passer pour que Fye en soit arrivé à ce stade. Mais d'abord, il devait le raccompagner chez lui et le laisser se reposer, il était trop à bout pour lui raconter quoi que ce soit. Lentement, il s'accroupit devant le blond en pleurs, reprit son bras pour le remettre autour de ses épaules et le souleva doucement du sol sans un mot. Fye continuait de sangloter mais se laissa faire, résigné.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais une chose est sûre, c'est que je ne vais pas te laisser tout seul ici, je ne te laisserai pas te foutre en l'air ce soir car ta vie n'a jamais été une erreur et elle ne le sera jamais. Tu es mon ami et je ne vais pas te laisser te morfondre ainsi, à déprimer tout seul dans ton coin avec de l'alcool pour atténuer ton mal-être. Alors vas-y, crie, pleure, défends-toi, mais ce soir tu vas rentrer chez toi, te calmer, et on va reparler de tout ça quand t'auras l'esprit clair. T'as bien compris ? déclara Kurogane d'une voix ferme et autoritaire tout en regardant le blond droit dans les yeux.
Ce dernier, toujours larmoyant acquiesça néanmoins, affichant un regard surpris. Le brun se mit alors en marche tout en soutenant Fye à son côté, et il n'eurent pour les accompagner que les larmes silencieuses du blond tout au long du trajet.
Arrivés devant la petite maison de Fye, celui-ci fouilla dans sa poche et en sortit ses clés qu'il tendit à Kurogane afin qu'il ouvre la porte, lui n'étant plus à même de le faire. Le brun entra pour la première fois dans l'antre de son ami, mais n'eût pas le loisir de s'attarder sur l'intérieur car le plus important était d'aller coucher le fardeau qu'il avait à côté de lui, ce dernier lui indiquant le chemin de sa chambre aussi clairement que son état le lui permettait.
Une fois dans la chambre, le brun coucha le blond dans le lit après lui avoir préalablement retiré ses chaussures tout en s'efforçant de ne rien lui retirer d'autre et rabattit la couverture sur le corps de tremblant Fye à cause des sanglots. Kurogane s'agenouilla à son chevet et resta ainsi silencieux quelques minutes en attendant que le blond, la tête enfouie dans l'oreiller, se calme un peu. Une fois qu'il jugea bon de lui parler, il lui demanda s'il avait besoin de quelque chose. En réponse, Fye secoua la tête toujours dans les draps, puis il la tourna finalement vers Kurogane, ses yeux encore rouges et embués de larmes :
- Merci, Kurogane. Je suis désolé. Vraiment.
- Pas grave, t'as pas à t'en faire, lui répondit le brun un peu gêné en regardant partout sauf droit dans les yeux de son ami.
C'est alors que ses yeux grenats tombèrent sur le livre qu'il lui avait offert le matin-même et qui trônait sur la table de nuit, un petit morceau de papier gardant la page de lecture où Fye s'était arrêté. Ce dernier suivit le regard du brun et rougit légèrement.
- Et merci pour ça aussi. Ca m'a fait extrêmement plaisir.
- Y a intérêt, ouais. Pour le nombre de fois où tu m'as cassé les oreilles avec ce truc, vaudrais mieux que ça te fasse plaisir, grommela Kurogane en s'attendant à voir sourire son ami, mais visiblement, même ça ne remonterait pas le moral du blond. Il s'éclaircit la gorge et après avoir longuement hésité, demanda :
- Bon, hum…qu'est-ce qui s'est passé ce soir pour que je te retrouve comme ça ?
Mauvaise formule.
Sitôt qu'il eût achevé sa question, les yeux de Fye débordèrent à nouveau de larmes, il se remit à sangloter et replongea sa tête dans l'oreiller. Tant pis, ce n'était qu'une première tentative, mais il était préférable qu'il réessaye plutôt le lendemain.
- T'as pas envie d'en parler. Heu…OK, résuma le brun en se sentant soudain très seul.
Et maintenant, il faisait quoi ?
Fye était sûrement reparti pour 3 heures de larmes non-stop. Il n'allait pas le laisser tout seul non plus, il savait pertinemment que sinon le blond allait faire une bêtise. Il n'allait pas non plus dormir avec lui, Fye ne serait sûrement pas d'accord et même dans le cas contraire, il n'était pas sûr de pouvoir s'empêcher de lui sauter dessus. Il devait bien y avoir un canapé ou une autre chambre dans la maison où il pourrait se poser.
Il y réfléchirait plus tard, pour le moment, il allait rester avec Fye jusqu'à ce que le sommeil le gagne. Ce dernier pleura, longtemps, s'excusant plusieurs fois entre deux sanglots de ne pas pouvoir arrêter, sa peine semblant ne jamais vouloir s'atténuer.
Au début, Kurogane se contentait de rester assis par terre à côté de son lit, silencieux, ne sachant que dire, que faire pour réconforter cette âme écorchée, puis, voyant que les pleurs ne cessaient d'aller crescendo, il commença à lui parler doucement, avec des mots qu'il espérait adaptés qu'il choisissait avec soin, ensuite, avec beaucoup d'hésitation, il prit la petite main fine et recroquevillée du blond dans la sienne et rapprocha sa tête la sienne, ne s'épuisant plus en mots cohérents, lui murmurant des syllabes dépourvues de sens, juste prononcées pour l'apaiser.
Bientôt, la fatigue eût raison de Fye et il s'endormit, le visage encore mouillé sur son oreiller trempé. Kurogane le regarda s'évader peu à peu vers l'inconscience sans pour autant que les larmes ne cessent de rouler sur ses joues, lui-même la tête reposant sur le matelas tout près de celle de son ami.
Il lutta contre le picotement dans ses yeux, lui indiquant qu'il n'allait pas tarder à imiter Fye, mais les jeux vidéos ayant trop épuisé son intellect, il ferma les yeux et ne les rouvrit que 5 heures plus tard.
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Voilà, voilà. Je me suis sentie honteuse avec le chapitre précédent qui était incontestablement et affreusement court.
Le prochain est à moitié écrit, va y avoir du fricotage sous la couette, mais j'en dis pas plus. Bon ce soir les persos font déjà dodo donc ils ne viendront pas m'emmerder.
Pour taper et étriper l'auteur, c'est juste en dessous. Pour lui envoyer des fleurs *rêve ma grande !* (même mon subconscient me fait chier), c'est le 53 rue de…biiiiiiiip.
Voilà. Bonne nuité pour ceux chez qui c'est la nuit et à bientôt. Goudebaille.
