Non, on ne se fâche pas contre l'auteure : )
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Merci à Paige0703, l'auteure géniale, toujours là pour m'encourager !
Merci à Nourann, Jade181184, Coljayjay et Val81 pour leur fidélité et leurs commentaires toujours appréciés,
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Bonne lecture !
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Le lendemain Reese entra d'un pas décidé dans la bibliothèque. La veille il avait eut beau tout essayer pour bloquer ses pensées il n'avait pas réussi à leur échapper et de ce fait il avait pris quelques décisions.
-« Bonjour Finch »
-« Bonjour M Reese »
John déposa un gobelet et une boite de gâteaux près du clavier.
L'informaticien sursauta et leva les yeux vers lui. John s'y attendait.
-« Je pense qu'il n'y a pas de raison que nous renoncions aux habitudes que nous avions "avant", enfin certaines » annonça t-il, ayant eut le temps de préparer sa réponse.
Finch hésita
-« Je suis d'accord M Reese » fini t-il par approuver, y voyant un geste d'apaisement. Peut être une façon de renouer un lien ?
-« Si nous continuons à travailler ensemble autant que ce soit en bonne entente, ce sera plus simple » tenta John
-« Bien sur » murmura Finch. « Même si j'accepte votre ressentiment. Je sais que vous m'en voulez, mais pas autant que je m'en veux moi-même » songea t-il
Reese se sentit plus détendu. Il était satisfait d'avoir réussi à éclaircir ce sujet. Cela aiderait surement à apaiser les tensions entre eux. Ils auraient besoin d'une certaine sérénité s'ils voulaient continuer les missions en commun.
Il remarqua alors la photo sur le panneau. Il en fut vaguement soulagé. Enfin un peu d'action et, surtout, de quoi occuper ses pensées !
-« C'est notre nouveau client ? »
-« Oui en effet » répondit Finch revenant à la réalité « Diego Liberi, 28 ans » énonça t-il
-« Je doute qu'il soit peintre » constata spontanément l'ex agent.
Finch lui lança un regard surpris et ne put s'empêcher de sourire.
-« Non. Ou peut être pendant ses loisirs. Vos connaissances artistiques deviennent impressionnantes M Reese » approuva t-il admiratif.
-« Merci » marmonna John vaguement mal à l'aise. Il n'était pas certain que cet échange soit vraiment indiqué même s'ils venaient de faire la paix.
Finch comprit ses doutes, il se racla la gorge et continua :
-« M Liberi est épicier. J'ai pu retracer l'historique de son parcours professionnel. Il a été embauché dans cette épicerie à 17 ans. Cinq ans plus tard le patron a pris sa retraite et M Liberi lui a racheté son fonds en s'associant avec son cousin Félipé. D'après le contrat qu'ils avaient signés à l'époque, et dont j'ai trouvé une copie dans les archives du greffe, M Liberi avait acquis 70% du fonds avec ses économies et son cousin 30% en empruntant la somme. Dans ce contrat il était prévu que M Liberi exploiterait le commerce et que son cousin viendrait l'aider les samedi et dimanche, ses jours de repos. Félipé avait déjà un emploi de commercial ».
-« Donc il s'agissait plus d'aider Diego ? »
-« Je le pense. Mais je ne suis pas certain que leur association est réellement fonctionnée. Si j'en crois ceci » il ouvrit d'autres fichiers à l'écran, Reese se pencha pour mieux voir et posa la main sur son épaule par habitude. Finch frémit à ce contact mais ne fit rien pour y mettre fin.
-« Ce sont les relevés de compte de Félipé et si l'ont étudie ces règlements il n'était pas souvent présent à l'épicerie le samedi »
-« Je vois. C'est un fêtard et il fréquente des endroits plutôt chics apparemment. C'est un bon commercial s'il peut se payer des soirées dans ce genres d'endroits aussi fréquemment»
-« Au début peut être » commenta Finch « Mais ses revenus deviennent très aléatoires il y a deux ans lorsqu'il change d'employeur»
-« Effectivement c'est à la baisse. Et ça ? » Demanda Reese en désignant une somme qui revenait régulièrement. Il réalisa alors sa position et se redressa vivement. Finch retint un soupir à la sensation de perte éprouvée lorsque la main de son partenaire quitta son épaule.
-« C'est en quelque sorte les bénéfices que M Liberi versait à son cousin pour ses parts dans l'épicerie. Jusqu'en juin dernier où il a racheté lesdites parts »
-« Il est donc seul propriétaire désormais ? »
-« Oui »
-« Et comment a-t-il payé ? »
-« Il a emprunté cette fois et comme l'épicerie tourne bien sous sa direction il a dû verser une belle somme, mais sa banque l'a suivit »
-« Rien d'irrégulier de ce côté alors ? »
-« Non tout est clair. Félipé a remboursé le solde de son prêt avec une partie de la somme et dilapidé le reste »
-« Tout cela en quatre mois ? » jugea Reese avec un petit sifflement.
-« Il n'est visiblement pas d'un naturel économe »
-« Mais la transaction est régulière, il n'y a pas de raison particulière pour que les deux cousins soient en froid ? »
-« Non et rien ne l'indique » confirma Finch
-« D'autres pistes ? »
-« L'épicerie n'est pas situé dans un quartier des plus tranquilles. M Liberi a pu s'attirer quelques inimités. Même si je n'ai pas trouvé d'informations étayant cette hypothèse »
-« Il est célibataire ? »
-« Il a une fiancée, Damari, qu'il doit épouser au printemps prochain. Elle est en vacances dans sa famille pour le moment »
-« Finch, depuis quand êtes vous là exactement ? » Questionna brusquement l'ex agent
-« Pardon ?» demanda Finch surpris
-« Vous n'avez pas réuni autant d'information en une heure »
Finch hésita
-« Le numéro est tombé cette nuit. Je ne dormais pas. Alors j'ai entamé les recherches »
-« Vous n'étiez pas chez vous non plus » constata Reese.
-« Je terminais un codage » répliqua l'informaticien mal à l'aise.
-« Je vois. Je vous avais dit d'éviter les nuits à la bibliothèque, ce n'est pas bon pour vous » ne put s'empêcher de répliquer l'ex agent.
-« Je n'ai pas vu le temps passé » répondit Finch agacé « Et je ne vois pas quelle importance cela peut avoir pour vous ! » ajouta t-il amer.
Reese aurait voulu répliquer mais ce rappel le stoppa et il se retint de justesse.
-« Vous avez l'adresse de son domicile ? » demanda t-il d'un ton qui se voulait neutre et professionnel.
-« C'est la même que son lieu de travail. Il habite au dessus de son magasin » répondit l'informaticien en agissant de même.
Reese grimaça
-« Difficile de lui rendre une visite domiciliaire » constata t-il « mais pas impossible en attendant le bon moment » jugea t-il en observant la photo de l'immeuble.
-« Vous trouverez certainement » trancha Finch. Reese lui jeta un bref regard mais ne répondit pas.
-« En attendant je suis connecté aux caméras de surveillance du magasin. Je peux aisément le surveiller pendant son travail »
-« Bien. Je vais sur place repérer les lieux »
-« Soyez prudent » répondit Finch par reflexe. La remarque lui avait échappé tout naturellement. Il se tourna légèrement guettant une réaction de son associé mais Reese quitta la salle sans un mot.
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John commença la surveillance depuis son véhicule. Vers midi il décida d'aller acheter de quoi déjeuner. Mais c'était en réalité un prétexte. Profitant de l'affluence, il put glisser discrètement un micro près du comptoir et appairer le téléphone de leur numéro.
Il appela son partenaire
-« Le micro est installé Finch, je ne pense pas avoir été vu »
-« Sauf par moi » commenta ce dernier amusé
-« Je ne pense pas que vous me dénonciez » répondit l'ex agent sur le même ton.
Il songea que la petite mise au point du matin avait du être profitable. Ils discutaient presque comme avant et il en était soulagé. Même si une petite voix continuait de lui rappeler combien il aurait souhaité plus qu'une simple amitié. « Cela passera » songea t-il s'efforçant de s'en convaincre.
-« Diego semble être un gros travailleur. Le magasin est parfaitement tenu même s'il est seul »
-« Nous sommes lundi. Les autres jours il a un employé qui vient l'aider dans la journée »
-« Un jour de repos tout de même ? » demanda Reese
-« Le dimanche l'employé tient le commerce seul » répondit Finch.
La journée s'étira sans incident. Libéro ferma son magasin à 23H et Reese vit les lumières de l'appartement s'allumer puis s'éteindre une demi-heure plus tard. « Il ouvre à 7H, sacré rythme » songea t-il. Il décida de rentrer à son tour. Il fut tenté un instant d'appeler son associé, certain qu'il se trouvait toujours à la bibliothèque mais il n'avait rien de nouveau à lui apprendre. Il résista à l'envie puissante, presque une nécessité d'appeler juste pour attendre sa voix.
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Finch consulta une nouvelle fois l'application qui localisait le portable de son associé. Il se disait qu'il n'appellerait sans doute pas si aucun élément nouveau ne survenait mais il avait besoin de savoir qu'il était en sécurité avant de prendre un peu de repos. Il guettait donc le moment où il quitterait la surveillance pour rentrer chez lui. A 23H30 il vit le point bouger sur l'écran « enfin » songea t-il.
Il observa un instant le curseur puis tendit la main pour fermer l'application. Il s'apprêtait à cliquer lorsqu'un détail l'intrigua. Il se pencha vers l'écran. Reese ne suivait pas la bonne route « Il ne rentre pas au loft ? » s'inquiéta t-il « Où va-t-il ? »
Le trajet ne fut pas très long. Le point redevint fixe et Finch commença aussitôt une recherche pour connaître l'adresse de destination. L'idée qu'il n'avait aucun droit de le surveiller lui traversa l'esprit mais il avait bien trop envie de savoir. Il nota mentalement l'adresse et après une légère hésitation il lança la recherche. Il retrouva l'immeuble, les plans. Il appartenait à une société et les appartements qui le composaient étaient destinés à la location « Il a changé de domicile ? » se demanda t-il « ou il rejoint quelqu'un ? »
Il éprouva aussitôt un sentiment de jalousie qui ne lui sembla même pas déplacé compte tenu des sentiments qu'il éprouvait toujours envers son associé. Il avait besoin de savoir.
« Au point où j'en suis » songea t-il désabusé. Il effectua quelques manipulations et accéda à la caméra de sécurité de l'immeuble, « système étonnement moderne » jugea t-il. Il visionna l'enregistrement à l'heure où son agent était arrivé sur les lieux. Il le vit entrer et adresser un bref salut au gardien à moitié endormi dans son fauteuil. Rien à signaler. Il y avait une autre caméra dans les couloirs. Il vit l'ex agent prendre sa clé dans sa poche et entrer dans l'appartement sans que rien n'indique une autre présence.
-« Il est seul » murmura t-il « Il est forcement seul »
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Le lendemain dès 6H Finch se trouvait derrière l'écran pour surveiller le départ de son agent. Il avait vaguement mauvaise conscience mais s'efforçait de ne pas s'appesantir sur cette pensée dérangeante.
A 6H30 Reese quitta l'appartement. Il ferma la porte sans paraitre prendre de précautions particulières. Un instant il leva la tête et son regard se fixa sur la caméra. Finch eut la sensation très nette qu'il devinait sa présence et se sentit encore plus mal à l'aise, « Comment pourrait-il savoir ? » se rassura t-il.
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John quitta l'appartement, fermant la porte avec soin. Il voulait être à son poste pour l'ouverture du magasin. Une fois dans le couloir il se sentit comme observé. Il leva les yeux vers la caméra de sécurité perplexe. Il se faisait des idées. La seule personne qui aurait pu vouloir l'observer ne pouvait pas savoir qu'il se trouvait là. Pourtant il ne parvenait pas à se défaire de cette sensation.
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Un peu plus tard, alors que John était en planque, Finch décida de sortir Bear. Mais il avait une idée de destination bien précise. Ses pas le menèrent jusqu'à l'immeuble où son agent avait passé la nuit. Il n'avait eu aucune difficulté à pirater l'ordinateur du gérant et savait que son associé louait l'un des appartements sous l'un de ses alias. Bien sûr cela ne lui disait pas s'il y vivait seul. Il fut tenté d'entrer mais ce serait risqué d'attirer l'attention du gérant qui pourrait ensuite mentionner la visite à son locataire.
Il finit par ramener Bear au parc. Ses regards régulièrement attirés par la fenêtre qu'il savait être celle du logement de son associé.
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La journée se déroula sans incident et John songea que la menace n'était pas vraiment imminente.
Il avait contacté son associé vers 9H pour lui demander s'il avait fait d'autres découvertes. Finch l'avait rappelé vers 17H pour s'enquérir de l'enquête. Leurs discussions étaient brèves, concentrées sur l'enquête. Chacun regrettait secrètement leurs bavardages tranquilles et les taquineries échangées tout au long de la journée qui rendaient l'attente moins longue.
Comme la veille, Reese reprit le chemin de son appartement à 23H30. Il éprouva en arrivant dans le couloir cette même sensation d'une présence près de lui. « Peut être vais-je devoir changer à nouveau d'adresse » songea t-il « Certains fantômes ont la vie dure »
De l'autre côté de la caméra Finch observait son retour pour se rassurer. Et aussi pour s'assurer qu'il était seul. Une idée lui vint et il songea que l'inquiétude vous donne parfois beaucoup d'imagination
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Reese buvait un café en observant Diego qui réceptionnait une livraison. Il était 9H et il songeait à appeler son associé lorsque celui-ci le devança.
-« Bonjour Finch » dit-il en décrochant.
-« Bonjour M Reese. Rien de nouveau je suppose? »
-« Tout est parfaitement calme. Trop calme »
-« Pour vous sans doute » Jugea Finch « Miss Vasca rentre demain. Peut être cela fera t-il bouger les choses? »
-« Espérons-le » grogna John qui trouvait cette inaction pesante.
Finch hésita un instant puis se lança :
-« A propos de demain. J'ai reçu un appel. Un technicien va passer effectuer le contrôle annuel de l'ascenseur de votre immeuble. J'espère que vous n'avez rien laissé trainer dans les couloirs »
Son ton se voulait moqueur mais il n'était pas certain de maitriser complètement sa voix. Par chance son agent ne remarqua rien.
-« Tout est dans les placards Finch »
-« Tant mieux M Reese. En tous cas si vous croisez ce technicien vous serez averti qu'il ne s'agit pas d'un intrus » insista Finch
-« D'accord » répondit simplement John
-« Enfin si la mission est terminée, car il interviendra dans la journée bien sur » ajouta l'informaticien cherchant à poursuivre sur ce sujet.
Reese nota mentalement que son partenaire semblait perturbé par cette visite
-« Quelque chose ne va pas Finch? Vous voulez surveiller ce type? »
-« Non pas du tout. Je vous prévenais seulement de son intervention. Je passerais plus tard contrôler que tout va bien »
John hésita puis décida d'être franc
-« Finch, autant vous avertir que je… que j'ai quitté l'immeuble »
L'informaticien se raidit. Enfin la réflexion qu'il espérait.
-« Quitté l'immeuble? » répéta t-il s'efforçant de prendre un ton surpris.
-« Oui. J'ai trouvé un autre logement. D'ailleurs si vous souhaitez reprendre la clé… »
-« Non M Reese. C'était votre cadeau. On ne reprends pas un cadeau » affirma Finch
-« Je sais » soupira John « Dans ce cas je la garde »
-« Vous y retournerez peut être un jour » suggéra Finch incertain « Je suppose que vous aviez besoin de changement? »
-« On peut dire ça » concéda l'ex agent
Finch s'inquiéta de sa réponse et John perçu sa préoccupation lorsqu'il lui demanda
-« Avez-vous eu un problème avec votre loft M Reese?"
-« Non aucun Finch. Simplement je ne pouvais plus y vivre » il marqua une pause « pas sans vous » ajouta t-il franchement.
L'informaticien ferma les yeux. Que répondre à cela?
Il cherchait ses mots lorsque John reprit la parole :
-« Le cousin de Diego vient d'arriver Finch. Il a l'air un peu nerveux. J'y vais au cas où »
L'informaticien entendit claquer la portière de la voiture. Il se garda bien de raccrocher et se brancha sur la caméra du magasin pour suivre l'action.
Reese entra tranquillement dans l'épicerie et se plaça dans un rayon à proximité de la caisse. Félipé semblait vraiment nerveux. Il parcourut les rayonnages, saisissant quelques articles au passage, puis se dirigea vers la caisse.
-« Salut cousin » lança t-il d'un ton que Reese jugea agressif
-« Bonjour Félipé »
-« Je te prends deux trois trucs, du dépannage »
Diego commença à comptabiliser les articles
-« Hey! t'as pas l'intention de me faire payer dis donc? »
-« Tu prends de la marchandise tu payes Félipé, c'est la règle » répondit doucement Diego
-« Ah ouais ? Parce que t'as payé toi? »
-« Tu ne va pas recommencer encore? » soupira l'épicier « Je t'ai payé pour tes parts »
-« Ouais et tu m'as bien arnaqué! J'ai même pas eu la moitié de ce qu'elles valaient! »
-« Tu sais que c'est faux. C'est un de tes amis qui a fait l'expertise et fixé le prix et il était juste »
-« Sauf que mon ami comme tu dis, il a fait ses études avec ta copine et qu'elle a du le lui rappeler quand il a rédigé son rapport »
-« Tu dis n'importe quoi Damari n'est pas intervenue, c'était une coïncidence »
-« C'est ça et je dois te croire? Vous étiez de mèche et tu m'as arnaqué! »
-« Ce n'est pas de ma faute si tu as déjà tout dépensé! » Diego s'énervait à son tour « j'ai été généreux avec toi. J'ai arrondi le prix sans compter toute les années où je t'ai versé ta part alors que tu ne faisais même pas le travail comme c'était écrit dans notre contrat! »
-« Traite moi de fainéant! » s'exclama Félipé
« Le ton monte » songea Finch qui commençait à s'inquiéter sérieusement. Les images de la caméra étaient de mauvaise qualité mais suffisante pour constater que l'altercation risquait de mal finir. Il serra les poings inconsciemment.
-« Je ne vais pas te manquer de respect, parce que tu es mon cousin, mais maintenant il faut que tu arrête de venir ici et de raconter des mensonges » affirma Diégo
-« Moi je mens ? Escroc ! » Lança Félipé en renversant délibérément un étalage.
John se rapprocha des deux protagonistes, prêt à intervenir.
-« Ca suffit Félipé, arrête ça ! Et laisse-moi tranquille ! »
-« Ah oui tu vas être tranquille cousin ! Éternellement » précisa Félipé en sortant une arme de sa poche.
Diégo recula effrayé.
Finch sursauta en reconnaissant le déclic du cran de sureté. Il fixa l'écran en s'efforçant de mieux voir malgré la faiblesse de la mise au point. Il aperçut John qui se glissait derrière l'agresseur et s'efforçait de le désarmer. Félipé, prit par surprise, se laissa prendre son arme avant d'avoir réalisé ce qui se passait.
Diégo, paniqué, avait déclenché l'alarme.
Félipé fit face à Reese, furieux
-« De quoi tu te mêles toi ? » protesta t-il
-« Soyez raisonnable et laissez tomber Félipé. Votre cousin a été honnête envers vous »
-« Qu'est ce que vous en savez ? Vous êtes quoi ? Son garde du corps? »
L'ex agent fit un pas en avant, cherchant à le maîtriser sans heurt, mais l'autre sorti un couteau de sa poche et se mit aussitôt en position défensive.
-« Attends je vais te montrer ce dont je suis capable ! » grogna t-il
-« Félipé ça suffit ! » supplia Diégo
Finch avait fait pivoter la caméra. Il devina le couteau et se tendit dans son fauteuil, oubliant même de respirer pendant un instant, observant John faire face à l'agresseur et entamer le combat avec lui.
L'ex agent esquivait les coups maladroits de Félipé assez facilement. Il envisageait le meilleur moyen de le stopper quand Diégo s'avança vers eux.
-« Félipé arrête ! » ordonna t-il
L'interpellé se retourna aussitôt vers lui pour l'atteindre. Reese s'interposa et dévia le coup mais ne put reculer assez vite pour éviter le couteau qui l'atteignit à l'omoplate. Par chance Félipé n'avait pas beaucoup de force et l'épaisseur de son manteau amorti grandement le coup. Il grimaça légèrement, ce qui n'échappa pas à Finch dont le cœur manqua un battement et qui fut tenter un instant de fermer les yeux pour éviter de voir encore ce spectacle qui lui était insupportable.
John ayant repoussé Diégo à l'abri, il fit à nouveau face à l'agresseur. Celui-ci vit une lueur meurtrière dans le regard de l'ex agent, exaspéré de s'être fait avoir. Il en perdit vaguement contenance et Reese en profita pour le maîtriser en deux prises bien ajustées. Il le garda au sol attaché avec soin. Puis il se tourna vers l'épicier
-« Je pense que vous serez tranquille quelque temps » commenta t-il
-« Je ne sais comment vous remercier » commença Diégo
-« C'est inutile. Disons que j'étais là au bon moment »
-« Comme toujours » affirma une voix bien connu.
-« Salut Lionel. Tu viens chercher ton colis ? »
-« Ouais, retrait express commandé par notre ami commun» Ironisa Fusco « Celui que tu devrais aller voir avant que la cavalerie débarque. Vu que l'alarme est déclenchée » ajouta t-il plus bas.
-« Ok merci Lionel »
-« Pas de quoi. Allez au poste » ajouta t-il à l'intention de Félipé.
Reese regagna sa voiture. « Encore une affaire résolue » songea t-il.
Devait-il faire un détour par la bibliothèque ? Il pensa à sa blessure, presque rien en fait, mais Finch devait déjà être au courant grâce aux caméras.
-« Bon allons-y » murmura t-il résigné.
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Finch observa la tache de sang sur la chemise de son associé.
-« Je vais chercher la trousse de soins » déclara t-il en se levant.
John se tendit.
-« Ce n'est pas la peine Finch. Ce n'est qu'une égratignure. Je soignerais cela plus tard »
-« Je pense qu'une simple égratignure n'aurait pas saigné autant. » remarqua Finch « De plus vous avez été atteint dans le dos, vous aurez du mal à vous soigner seul » constata t-il en quittant la pièce.
L'ex agent soupira. Il n'était pas guérit de lui. Une séance de soins qui les rapprocherait ne lui semblait pas une bonne idée.
Finch revint avec la trousse. John lui lança un regard incertain.
-« Cela fait partie de mes attributions » ironisa l'informaticien en cherchant dans la trousse ce dont il avait besoin pour désinfecter la blessure.
-« Vous n'êtes pas médecin » grogna Reese.
Finch leva les yeux vers lui.
-« S'il vous plaît John, laissez moi prendre soin de vous » plaida t-il
L'ex agent pouvait difficilement résister à pareille supplique, encore moins à ce regard là…
Il soupira à nouveau et ôta sa veste et sa chemise avec réticence. Il s'assit et Finch prit place derrière lui.
-« C'est étendu » commenta ce dernier en examinant la blessure.
John ne répondit pas, occupé à se concentrer pour garder une attitude parfaitement neutre.
L'informaticien commença à désinfecter la plaie avec des gestes doux comme des caresses, ses mains légèrement tremblantes frôlant le dos de son partenaire. Sa mémoire lui envoyait d'autres souvenirs, les images de moments de tendresse partagés, de leurs étreintes, ces moments de plaisir passés entre les bras de John. Il était si doux avec lui, il faisait preuve d'une telle tendresse. « Comment ai-je pu agir de façon à perdre tout cela ? » songea t-il douloureusement.
John était au supplice. Les yeux fermés il serrait les poings pour ne pas céder à la tentation de se retourner pour prendre son partenaire dans ses bras et l'embrasser éperdument, le tenir contre lui, ne plus jamais le relâcher…
Mais il ne devait pas céder à cette tentation, cela ne le mènerait à rien. Et d'ailleurs Finch le repousserait certainement.
« C'est fini » se répétait-il mentalement pour tenir. Mais ce n'était pas très efficace et le fut moins encore lorsqu'il sentit les lèvres de son partenaire posées sur sa nuque. Il sursauta.
-« Finch ? Qu'est ce que vous faites ? » demanda t-il le souffle court.
L'informaticien ne répondit pas mais continua à déposer de petits baisers dans son cou, laissant ses mains glisser lentement le long de son dos, il voulu l'enlacer mais John se leva brusquement.
-« Finch arrêtez » Il se tourna pour lui faire face. « Qu'est ce qui vous prends ? »
-« Je voulais…je… » Bredouilla l'informaticien perturbé par la vivacité de sa réaction.
-« Je sais pourquoi vous faites cela et c'est inutile. Je n'ai pas l'intention de vous abandonner » John reprit sa chemise et l'enfila précipitamment. « Je vous l'ai dit, le fait que vous ne partagiez pas mes sentiments n'influera pas sur mon travail »
-« Mais vous vous trompez John » protesta Finch « je les partage et… »
John l'interrompit à nouveau.
-« Vous aviez promis de ne pas me mentir Finch et je n'ai pas mérité ces mensonges là »
Il saisit sa veste et se dirigea vers la sortie.
Finch le regarda partir abasourdi par la violence de sa réaction. Sa souffrance était évidente.
-« Je ne vous ai jamais menti John » murmura t-il tandis qu'il entendait ses pas résonner dans l'escalier.
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John sortit du bâtiment et respira profondément pour calmer les battements de son cœur et ses nerfs à vif.
Non il n'avait pas mérité ces mensonges et l'attitude de Finch le blessait. Il savait bien qu'il faisait semblant par peur qu'il ne s'éloigne de lui. Il voulait préserver leur mission, cela avait toujours été son seul et unique but. Mais puisqu'il lui avait dit qu'il ne cesserait pas son travail, il pouvait lui faire confiance au moins sur ce point. Il songea un bref instant que Finch était peut être sincère, mais il repoussa immédiatement cette idée. Il avait eut le temps de constater que ce n'était pas le cas.
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Finch resta immobile un long moment. Son esprit bloqué sur ce qui venait de se passer, cherchant désespérément le moyen de réparer ses erreurs et de faire comprendre à John qu'il ne lui avait jamais mentit sur ses sentiments.
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