Et avec pas mal de retard, voici le chapitre 6 d'Une fine Lame !
J'ai fêté mon anniversaire la semaine dernière, chopée un petit rhume et été pas mal occupée le samedi d'après XD
Un grand merci à CacheCœur, grâce à elle et ses yeux laser qui repèrent toutes les fautes j'ai le grand plaisir de pouvoir enfin publier des chapitres potables et corrigés !
J'ai reçu un nouveau PC pour mon anniv ** Et j'écris mon mot d'auteure sur un nouveau word, y pas grand-chose qui a changé si ce n'est le design mais ça me booste à fond ! J'espère que mes petites doigts seront productifs **
Ou comment un petit changement redonne la motivation XD
Bon fini le blabla, bonne lecture !
CHAPITRE 6
Doute et soupçons
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Les jours suivants furent différents, alors qu'Armand pensait être totalement intégré il découvrit une plus grande proximité avec les quatre mousquetaires que ce qu'il avait vécu jusque-là. La discussion avec Porthos en était la raison. Lui connaissait désormais le regard de ses compagnons à son égard et surtout, les quatre autres savaient que Porthos lui avait parlé, c'était leur accord à tous. Rien n'a pourtant été dit le matin suivant, comme si l'évènement avait été effacé. Seul un regard croisé avec Porthos après avoir passé la porte de la caserne relatait la soirée d'hier.
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Athos et Aramis pénétraient dans la cours, soulevant derrière eux un nuage de poussière. Ils descendirent de cheval et Athos prit immédiatement la direction du bureau de Treville pour lui faire son rapport alors qu'Aramis attachait les chevaux. Armand le vit alors qu'il aidait Constance à faire l'inventaire de poudres et de munitions. La brune avait maintenant un ventre qui commençait à s'arrondir, cela n'était pas flagrant mais pour ceux qui savaient, la différence était visible. Alors Armand tentait de l'aider durant son temps libre à la caserne. Bien qu'il ne le dît pas la jeune femme l'épatait, par son assurance et son tempérament. Constance ne disait rien, heureuse de cette main supplémentaire qui l'aidait quand il s'agissait de relayer des informations ou porter des charges.
Aramis pénétra dans l'entrepôt lui demandant s'il était prêt. Armand se rappela alors qu'ils étaient censés s'entrainer à leur retour vers midi, ou plutôt qu'Aramis allait l'entrainer au tire, car le jeune homme avait une petite lacune dans ce domaine. Il s'excusa prestement auprès de Constance et suivi le mousquetaire dans l'armurerie.
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« _Relevez plus votre bras, et ne soyez pas si raide ! Dites-vous qu'il s'agit uniquement d'une extension de vous-même. »
Aramis était sans nul doute le plus doué au tire de l'équipe. C'est pour cela que, quand il avait fait part de ses déficiences dans ce domaine l'homme avait proposé de lui venir en aide, approuvé par les autres. Depuis il le formait dès qu'il n'était pas en mission.
« _Comme cela ? » Un soupir lui répondit, lui indiquant qu'il se trompait une énième fois.
« _Attendez … . » Aramis posa son pistolet et vint se placer derrière Armand, se baissant légèrement pour se mettre à sa hauteur. Il attrapa son bras pour le mettre à hauteur et mit sa deuxième main sur ses épaules le forçant à les relâcher puis la fit descendre jusqu'à sa hanche, lui faisant prendre la bonne position.
« _ Faites attention au recul. Prévoyez-le. Cela doit devenir un réflexe pour vous. Maintenant visez et tirez. »
Armand sa força à se concentrer malgré la présence de l'homme collé dans son dos. Il releva un peu plus son bras, anticipa le recule puis tira. Il fut tout de même poussé vers l'arrière et buta sur le torse d'Aramis qui le rattrapa par reflexe.
« _Disons …. Que cela est mieux qu'avant, » Dit Aramis. Armand sentit la déconvenue dans sa voix et vit la balle qui avait atteint in-extrémis la cible, a à peine un centimètre du bord. Ce n'était qu'un coup de chance. Il baissa son arme en soupirant, il tirait nul doute mieux qu'à ses débuts mais ne progressait pas assez vite.
« _Aramis, Armand ! » La lourde porte de l'armurerie s'ouvrit et Porthos qui se trouvait derrière prit un air renfrogné en pénétrant les lieux. Il lança un regard étrange à Aramis et Armand pouvait assurer qu'il n'avait jamais vu le métis avec une telle expression. Il n'arrivait pas à la déchiffrer.
« _Le capitaine nous attend dans son bureau pour une mission. ». Armand tiqua. Sa voix qui était forte il y a encore une minute était maintenant plus calme, plus morne. Mais plus que ça, son ton était froid, tellement plus froid que celui qu'il avait pris pour lui parler il y a quelque jours. Il ne comprenait pas ce revirement, il n'avait pourtant rien fait pour vexer le mousquetaire. Du moins il n'en avait pas connaissance.
Porthos rebroussa chemin et sortit sans un mot de plus. Les deux hommes restés dans la pièce échangèrent un regarde interrogative, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Armand hésita, ayant peur d'aggraver la situation puis résolu il s'excusa et parti à la poursuite du métis. Bien qu'il le rattrape vite Porthos ne s'arrêta pas, même après ses appels. Ce n'est qu'après la quatrième fois qu'il consenti à s'arrêter sachant d'avance que le nouveau ne s'arrêterait pas.
« _Porthos ! Mais qu'avez-vous ? demanda Armand une fois à sa hauteur. Le métis trainer la question puis lâcha un 'rien'. Il amorça un mouvement pour partir avant que le jeune homme ne lui attrape le bras. Il savait bien que l'homme mentait, même Aramis avait été surpris de son tempérament. »
« _ Porthos ! Ne me mentez pas. Si une chose est plus que flagrante c'est bien votre mauvaise humeur soudaine ! »
Le mousquetaire avait l'air plus qu'ennuyé de l'attitude de son camarde. Il ne pensait pas que le jeune homme le suivrait, ni même qu'il remarquerait quoi que ce soit. Et il savait qu'il ne sortirait pas de cette situation si facilement. Le nouveau savait se montrer persistant.
« _Mhh… juste une mauvaise journée. Maintenant lâchez moi s'il vous plait, nous devons aller chez le capitaine. »
Armand ne savait pas quoi faire. Le capitaine les attendait en effet, et ce n'était pas une bonne idée de le faire patienter ainsi. Mais il ne voulait pas s'arrêter à cette excuse. Il ne voulait pas partir en mission avec un Porthos froid sans savoir comment traiter avec lui. Il ne leurs manquait qu'une mauvaise ambiance, tout s'était pourtant bien passé jusque-là. Mais s'il savait une chose c'est que l'homme était plus têtu qu'un taureau. Il ne lui restait qu'une option. La même que la leurs. Que la sienne. La franchise.
Armand prit une inspiration et entraina le métis dans un coin, ne voulant rester planté au milieu de la cours.
« _Je me fiche bien du capitaine, » commença-t'il. Ce n'était peut-être pas le bon début car le mousquetaire haussa un sourcil, surpris de cette rébellion envers l'homme qu'il respectait le plus.
« _Il peut bien attendre, reprit-il. Ce qui m'importe maintenant c'est pourquoi vous semblez si froid alors qu'il y a quelques jours encore vous m'avez clairement affirmé que … que j'étais votre ami. »
Armand prononça la fin de sa phrase plus faiblement. C'était gênant de parler de cela alors qu'ils ne l'avaient plus évoqué, encore plus que pour lui leurs amitié était importante... plus qu'il ne voulait même le reconnaitre. Ce simple mot le réchauffait, lui donnant le sentiment de ne plus être seul. Et celui à l'origine de tout cela était Porthos.
Porthos fut décontenancé. Il se sentit coupable, coupable de sa contrariété en cet instant précis mais surtout d'avoir causé toutes ces réactions. Cependant malgré tout cela, quelque chose l'avait réjoui, le nouveau tenait à leur amitié plus qu'il ne le montrait. Qui l'aurait cru, en repensant à la recrue distante à laquelle ils avaient eu droit il y a quelque semaines ?
Porthos prit une inspiration. Maintenant il fallait en finir de cette situation. Il ne pouvait pas lui dire la vérité, le garçon se moquerait de lui … au mieux.
« _Je suis… quelqu'un d'impulsif. Alors je peux m'emporter pour des futilités ce qui fut le cas maintenant. Vous en êtes pas la cause, si cela l'avait été je vous aurais envoyé paitre et crois moi j'en suis capable. Et puis, ajouta-t-il avec un sourire en coin, Je ne peux me permettre de vous déplaire, ou vous dénoncerez ma triche à Aramis. »
Armand rit, accompagné de Porthos. Le mousquetaire avait mis un terme à leurs débats avec sa plaisanterie et ainsi donc il le tenait en joue. L'idée était intéressante.
« _Bien maintenant, même si vous vous en fichez, cita intentionnellement Porthos, faisait rougir de gêne le plus jeune. Nous devrions aller au bureau de Treville si nous ne voulons avoir à nettoyer les écuries. »
Le simple souvenir de cette corvée convainquit le garçon de se mettre en marche, il donna un coup dans l'épaule de Porthos et le dépassa, l'autre homme sur les talons. Ils toquèrent à la porte et entrèrent quand Treville leur donna la permission. Les 3 autres étaient déjà là. Celui-ci les regarda durement une fois dans le bureau, exigeant muettement des explications. Les deux hommes échangèrent un regard et Porthos allait ouvrir la bouche quand Lacroix le devança.
« _C'est de ma faute. J'avais une demande à formuler a Porthos et je l'ai retenu bien qu'il désirait reporter cela. Je m'en excuse. »
Treville soupira, ce garçon allait lui causer bien des problèmes de discipline il le sentait d'ores et déjà.
« _Nous en reparlerons. Pour le moment vous avez une mission. Athos ! Ajouta-t-il , laissant la parole au mousquetaire.
_ Treville nous a envoyé, Aramis et moi à la demeure du marquis de Féron en repérage.
_Encore lui, marmonna d'Artagnan.
_Une émeute grandi devant ses portes, pour l'instant ils ne tentent rien mais cela pourrait arriver.
Treville reprit la parole.
_ Le roi m'a demandé d'envoyer quelques hommes à l'intérieur du château pour protéger son demi-frère en cas d'attaque. Vous vous y rendrez tous les cinq, il ne faut pas que quelque chose arriver au marquis.
_On y va, » dit Athos en prenant la direction de la porte après un court salut. Les autres le suivirent, cinq minutes plus tard Treville les vit sortir de la caserne à regard 'attarda sur le dernier cavalier, priant qu'il se tient à carreau cette fois.
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« _Hum ... qui est le marquis de Féron ? Vous sembliez avoir déjà eu affaire à lui, demanda Armand.
_C'est le demi-frère du roi, le bâtard d'Henri IV, répondit Aramis.
_Ah, bien. Et … il se passe quoi exactement ?
D'Artagnan prit la parole :
_Depuis quelques jours des émeutes éclatent a Paris, dont beaucoup rassemblées à la demeure du marquis de Féron. C'est à cause de la hausse du prix du blé et du pain, dues à une pénurie.
_Le marquis est le gouverneur de Paris, continua Aramis. C'est à lui qu'incombe de s'assurer que ces problèmes n'arrivent jamais. L'hiver dernier a été rude et la récolte fut basse, et les quelques marchands de pays voisins qui veulent vendre du blé a la capital veulent un plus gros prix donc le marquis refuse.
_Il aurait dû prévoir cela avant, au lieu de laisser maintenant le peuple mourir de faim, donc le bon peuple se soulève. En plus de cela il prévoit d'augmenter les impôts pour acquérir ce blé, conclu Porthos.
_Mais… c'est injuste… , fit remarquer Lacroix. Je veux dire, il a mérité cela.
_Peu importe, trancha Athos. Nous avons une mission, nous devons l'accomplir quelque que soit notre avis. Retenez cela Armand, vous n'êtes pas là pour juger mais obéir. »
Le jeune homme se tut. Il avait vu cette profession plus juste, non pas lutant pour la veuve et l'orphelin mais tout de même. Mais au final ils n'étaient que des soldats au service du roi, il ordonnait, on faisait. Tel était leur rôle.
Les cris et protestations des gens s'entendaient à plusieurs rues. Tous les faubourgs étaient vides de monde, les badauds étaient attirés par l'agitation, quant aux marchands ils avaient fermé leurs étals, que ce soit pour se rendre sur place ou bien car la journée ne serait nullement fructueuse en prévision.
Enfin ils débouchèrent sur la place ou se tenait la résidence du gouverneur. Des centaines de personne étaient agglutinées faces aux grilles du château, un groupe à leurs tête détournant de leurs utilisation des outils agricoles pour en faire des armes, tenu en respect par une ligne de soldats rouges derrière une barrière.
« _Nous allons pénétrez par l'arrière », ordonna Athos.
Les mousquetaires contournèrent le bâtiment jusqu'au passage arrière qui était heureusement épargné par la clameur du peuple. Là-bas des gardes rouges, constituant la garde du marquis étaient postés, derrière mais aussi par devant la grille. La bonne entente entre les deux corps d'armée étant affaire connus les hostilités commencèrent aussitôt.
_Vous n'avez rien à faire ici mousquetaires, retournez a votre caserne !
L'homme qui les avait interpelés était de taille moyenne, aux habits de cuir rouge et aux cheveux brun taillés courts.
_Nous avons été dépêchés ici pour protéger le gouverneur en cas d'attaque, Marcheaux ! Tonna Athos.
_Vous n'êtes pas les bienvenues. Nous n'avons pas besoin de mousquetaires, repartez cela évitera d'éventuelles escarmouches.
_Nous sommes ici par ordre du roi, désirez-vous porter la responsabilité de cette désobéissance ? Menaça sombrement Athos.
Le garde garda le silence, ravalant sa fierté. Malgré sa haine cela ne valait au point de désobéir à un ordre de sa Majesté et encourir la pendaison.
Le capitaine Marcheaux les laissa passer. Sans un regard vers eux il se détourna et rejoignît ses hommes, ignorant les mousquetaires.
Les cinq mousquetaires passèrent la grille, pénétrant dans la cour. Elle fourmillait de gardes au pied de guerre, prêts à défendre la bâtisse de toute intrusion. Athos descendit de cheval et accrocha les brides a une grille plus loin bientôt imité par ses compagnons. Il se dirigea vers celui qui semblait commander les soldats et l'interpella sans plus de manière.
_Par ordre du roi, nous sommes chargés de protéger le gouverneur, ou se trouve-t-il ?
Le capitaine ne s'offusqua pas, connaissant les manières des mousquetaires ainsi que le fait qu'ils obéissent directement au roi. Il l'informa que le marquis se trouvait en lieu sûr dans ses appartements, de l'autre côté du château.
Athos hocha la tête et retourna vers ses compagnons. Ils allaient rester en poste ici, rejoindre le marquis ne servirait à rien actuellement. Ils prirent le chemin de la cour supérieure, une terrasse, agrémentée de haies d'orangers et bancs en acajou se trouvant au-dessus des grilles qui permettait d'avoir une vue plongeante sur tout ce qui se passait en bas et devant les portes ou s'étaient rassemblés les badauds. La situation en bas n'avait pas changé, les gens étaient toujours à la même place, derrière les barricades, criant et vociférant. Athos et Aramis se reposèrent sur le garde-corps alors que les trois autres étaient légèrement en retrait, sous l'ombre des arbres au parfum d'orange.
Les minutes passèrent sans aucune heurte de quel sorte au vue de la situation. A presque une heure le peuple était toujours à même endroit, clamant les mêmes phrases, le groupe d'homme tenant faux ou fourches toujours derrière les barrières sans avoir tenté une quelconque escarmouche. La situation était stable.
Un peu trop stable selon la nouvelle recrue du groupe qui regardait cette scène d'un œil suspect. Il n'avait jamais fait face à ce genre de situation mais quelque chose n'allait définitivement pas.
Pourquoi rester sagement ainsi durant des heures sans tenter d'aller plus loin ?
Pourquoi ces hommes armés n'avaient pas tentés ne serait-ce d'attaquer un garde ? Le capitaine leur avait bien dit qu'il n'y avait eu aucune confrontation ni aucun blessé pour le moment…
Alors pourquoi être si nombreux à amener des armes ?
Pourquoi ne pas briser les barricades ?
Cela faisait plusieurs minutes qu'il y pensait, plusieurs minutes qu'il échafaudait plan sur plan mais rien …
Puis son visage se glaça.
Il comprit.
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Oui j'adore couper au bon moment, me huez paaas XD
Alors, quelqu'un a deviné ce que j'ai bien pu manigancer ?
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