Et voilà ! Désolée pour le petit retard... Bonne lecture !
.
.
Chapitre 6
.
- Entrez…
Allongé sur son lit, un bras dans le vide, Harry remua à peine le menton quand les sortilèges se dissipèrent et que la porte pivota. Il soupira profondément en voyant entrer Flitwick, talonné par Malefoy qui semblait un géant près du petit professeur de Sortilèges.
- 'lut… fit le brun en remontant son bras contre son corps.
- Cela ne va pas, monsieur Potter ? demanda Flitwick de sa petite voix flutée.
- Un petit coup de déprime, ce n'est rien, ca va passer… répondit le brun. Quoi de neuf dehors ?
- Hé bien, l'air sent les vacances… fit le professeur, un peu perturbé par l'aura sombre du Gryffondor. Ha, monsieur Potter… soupira-t-il alors. Il serait grand temps que Miss Linda trouve le moyen de vous rendre votre vie, j'ai de la peine à vous voir dans cet état…
Le brun hocha la tête avec un petit sourire puis Flitwick leur souhaita une bonne soirée en faisant les recommandations d'usage qu'Harry écouta d'une demi-oreille…
Quand la porte fut verrouillée, Malefoy le regarda un peu de travers et Harry se tourna sur le dos en soupirant. Le Serpentard s'assit au bord du lit et lui caressa la joue du dos de la main.
- Ca ne va vraiment pas ? demanda-t-il.
- Nan… J'ai un gros coup de cafard… Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fais là ? C'était à Turek de venir…
- Il m'a donné son ticket, fit le blond avec un petit sourire. Et à quoi est-ce dû, ton cafard ?
- A tout et à rien à la fois… fit le brun en soupirant. Embrasse-moi…
Le blond haussa les sourcils puis Harry se redressa et lui vola un baiser.
- Si tu veux rentrer à Serpentard, va, je n'ai pas faim ce soir, fit-il en se rallongeant.
Les sourcils haussés du blond se froncèrent et il secoua la tête.
- Non, si tu déprime, raison de plus pour que je reste ici, lâcha-t-il.
- Je ne pourrais rien manger ce soir et sans manger, la nuit risquera d'être longue, tu sais ?
- Sommes-nous obligés de faire l'amour pour passer le temps ?
Harry eut un bref son nasal puis il secoua la tête avec un petit sourire. Il tendit alors une main et Malefoy la prit pour le faire asseoir.
- Tu sais quoi, je vais tenter un truc… fit-il.
- De quel genre ?
- J'ai apprit un sortilège dans un livre il y a quelques temps déjà, il permet de créer une sorte de monde fictif, le même genre que dans la Salle sur Demande.
- C'est vrai ?
- Oui, il suffit de prononcer la formule tout en pensant à ce qu'on veut voir apparaitre et ca apparait. Le sortilège reste actif aussi longtemps que son lanceur à de la ressource magique. Et étant donné que je suis très puissant…
- Pas autant que moi, fit le brun avec un sourire espiègle.
- J'ai le droit de me lancer des fleurs, non ? bougonna son compagnon.
Harry pouffa. Il se mordit la lèvre inferieure puis alla embrasser le blond.
- T'es tellement adorable une fois qu'on a réussi à se faufiler sous ta carapace… Pourquoi est-ce que tu ne restes pas toujours ainsi ? demanda-t-il en reculant.
- Ce n'est pas l'image de moi que je souhaite graver dans l'histoire, fit le blond en passant sa langue sur ses lèvres. Toi, tu as mangé des biscuits, fit-il ensuite.
- Oui, Hagrid m'en a apportés un peu après midi. Je crois que c'est la premières fois que j'arrive à manger les biscuits qu'il fait. On pourrait tuer quelqu'un avec…
Malefoy sourit. Il se leva alors et prit sa baguette magique à sa ceinture mais Harry secoua la tête.
- Ne gaspille pas ta magie pour moi, viens plutôt là.
- Mais ?
Harry secoua la tête. Le blond hésita un peu puis rangea sa baguette et revint sur le lit. Harry s'allongea de façon à poser sa tête sur les genoux de son amant qui lui caressa les cheveux.
- Je t'ai déjà vu plus joyeux, fit-il en passant son pouce sur sa cicatrice. La solitude te pèse ?
- Ca et aussi le fait de ne rien pouvoir manger de solide, tout a un goût de cendre…
- Même moi ?
- Non, heureusement, sinon je péterais un câble, fit Harry avec un sourire. Si mon amant a le même goût que tout, où va le monde, Merlin ! Non, toi tu es sucré… et c'est génial.
- Et… Tu vas peut-être me trouver moins bon quand tu seras de nouveau vivant… non ?
- Peut-être, mais je t'aurais toujours et ça pour moi ce sera le meilleur de tout.
Malefoy sourit légèrement, touché. Il se pencha pour embrasser le brun et songea alors qu'il avait une chance incroyable. Il avait pour amant le Survivant, le sorcier-maitre d'Angleterre, celui qui avait vaincu Voldemort, celui que tout le monde adore, celui après qui toutes les filles soupirent mais il est à lui, et rien qu'à lui et pour rien au monde, en cet instant, il n'avait envie de le partager avec qui que ce soit…
.
oOo
.
Vendredi soir, ce fut Ron qui vint servir pour la première et peut-être dernière fois, de diner à Harry. Le rouquin ne fut pas surpris de trouver Malefoy dans la chambre.
- C'est la belle vie je vois, fit-il en refermant la porte dans son dos.
Les sortilèges crépitèrent et Harry, allongé sur le lit en travers des jambes du Serpentard, lui sourit de toutes ses dents.
- Je profite de mon dernier jour…
- Ton dernier jour ? fit le Gryffondor roux en approchant.
- Avec moi, répondit Malefoy. Ca ne te surprend pas, la belette ?
- Quoi ? Harry et toi ? Pas du tout. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure…
- Allons bon… fit Harry en se redressant les coudes.
Malefoy grogna quand le coude droit de son amant s'enfonça dans sa hanche. Harry s'assit ensuite en tailleur et tira sur les épaules de son t-shirt pour le remettre d'aplomb. Ron prit place dans le fauteuil près du lit et haussa les épaules.
- Un vampire bourré de charme, jeune et au sommet de sa forme ne pouvait qu'envoûter celui qui est en tête de toutes les listes des filles de ce collège… T'es en second, Harry, au fait…
- Sérieux, fit alors Harry. T'es pas choqué ?
- Non, à peine surpris. Je ne pensais pas que tu te jetterais sur lui tout de suite.
- Je dois comprendre quoi par-là ? demanda Malefoy avec un sourcil haussé.
- J'imagine qu'il veut dire que j'aurais attendu de redevenir humain avant de te mettre dans mon lit, fit Harry.
- Yep, répondit Ron.
- Pourquoi ? fit alors Harry. Si tu savais à quel point c'est bien d'être un vampire, tous nos sens sont exacerbés… Bon il y a beaucoup trop d'inconvénients à mon goût par contre…
- Parce que toi tu es jeune, répondit Malefoy. Mais un vampire de plus de deux siècles comme Linda ne fait plus grand cas de tout ça.
- Ca quoi ? demanda Ron.
- Le fait de ne rien pouvoir avaler de solide tout d'abord, répondit Harry. Tout a un arrière-goût de cendre, même les gâteaux de Hagrid qui sont affreusement sucrés. Et puis il y aussi l'odeur du sang… Là, par exemple, l'odeur de vos deux sangs mêlés me donne la nausée… C'est trop fort comme odeur. Un peu comme une femme avec un parfum entêtant. On n'a qu'une envie, filer au plus vite de son entourage immédiat.
Malefoy hocha la tête.
- Je connais ça, fit-il en haussant les sourcils. A croire que les femmes de la haute société font un concours entre elles pour savoir qui mettra le parfum qui sent le plus fort. Ma mère est la grande gagnante la plupart du temps…
Il fit une grimace, sentant dans sa bouche l'odeur du parfum capiteux que sa mère utilisait tous les jours.
- Bon, fit soudain le blond en se levant du lit. Je vais vous laisser tranquilles. Je vais aller faire un tour à Serpentard.
- Tu reviens pour la nuit ? demanda Harry en se levant à son tour.
- Je ne sais pas, tu verras bien, répondit l'autre en haussant les épaules. Aller, bon ap'.
Harry lui sourit puis le Serpentard quitta la chambre et le Gryffondor se tourna vers son meilleur ami pour lui expliquer les choses à faire et celles à ne pas faire. Docile, Ron écouta sagement puis il se mit debout dos au fauteuil qui semblait se tenir prêt à l'accueillir au moindre malaise. Harry le mordit alors et se rempli le ventre de sang chaud et extrêmement goûteux en s'interdisant de penser que la veine sous ses canines appartenait à celui qu'il considérait comme son frère.
Tandis qu'il se laissait aller, pas trop afin de ne pas s'effondrer, Ron songeait qu'en fait, servir de nourriture à un vampire n'était pas si terrible que cela. Il sentait parfaitement les canines d'Harry logées dans sa nuque, et il percevait son sang qui s'échappait de la plaie. Il sentait la langue d'Harry contre la blessure, faisant office de valve pour moduler l'écoulement du sang et il réalisa que s'il n'avait pas encore repoussé son meilleur ami, prit de panique, c'était parce que ce dernier usait d'un pouvoir spécifique à sa race qui envoûtait sa proie afin d'inhiber ses peurs le temps d'un repas. Il se sentait du reste comme, soit ivre, soit shooté, au choix. Hum, peut-être même les deux en fin de compte…
.
oOo
.
Ron cligna des yeux, agressé par les lumières vives des chandelles entourant la pièce sans fenêtres.
- Ah, tu reviens, fit la voix de Harry dans le lointain.
- Je me suis évanoui ? demanda le rouquin en se frottant le visage.
- Oui, et heureusement que le fauteuil était là pour te rattraper parce que je n'aurais pas pu, j'ai eut un malaise juste après t'avoir lâché.
- Et c'est normal ?
- Non, mais je pense que j'ai un peu trop abusé… Désolé…
Harry fit une moue désolée et Ron leva un bras en fronçant les sourcils.
- Je suis tout mou… fit-il. Tu t'es régalé au moins, j'espère ?
- Oui, tu es très goûteux, si tu veux savoir. Encore meilleur que Malefoy du reste.
- Hum, ca dépend en quoi…
Harry sourit. Assis sur son lit, il lisait un épais grimoire et Ron lui fit un signe de tête interrogateur.
- Vampires, fit le Gryffondor en montrant la couverture qui avait été gravée d'un visage de femme vampire, bouche ouverte et crocs sortis. Je me documente un peu, histoire de passer le temps en attendant des nouvelles de Linda.
Le rouquin hocha la tête puis fit apparaitre un morceau de chocolat dans sa main et le grignota en silence pendant quelques secondes.
- Dis-moi, Harry… fit-il soudain.
- Mhm ?
- C'est sérieux entre Malefoy et toi ?
- J'aimerais bien… Mais je ne sais pas si nous nous sommes trouvés parce que je suis un vampire, ou alors si ce sont nos âmes qui se sont trouvées.
- Et ça change quoi, l'un ou l'autre ?
- Si je suis tombé amoureux de Malefoy à cause de mon vampire, quand je serais redevenu humain, la donne risque de changer. Soit je n'aurais plus les mêmes sentiments à son égard, soit ce sera lui.
- Et si ce sont vos âmes ?
- Alors là, je pourrais être une gelée visqueuse que ce serait pareil. Oui bon, je sais, l'image est très peu ragoûtante, fit le brun en souriant comme Ron faisait une grimace qui imageait parfaitement les propos de son ami. En fait, je veux dire que mon âme est encore intacte. Si je ne tue personne de mon plein gré, elle le restera encore indéfiniment.
- Malefoy serait donc ton Âme Sœur.
Harry hocha la tête.
- Je l'espère. Même si ça ne fait qu'une semaine qu'on se connait vraiment, j'ai hâte d'en savoir plus sur lui, de creuser la surface, de briser sa carapace définitivement. Pour l'instant, je n'ai fait qu'effleurer son âme, je me suis faufilé sous sa carapace et j'ai entrevu un Drago Malefoy sensible et séduisant, mais je voudrais en savoir plus, savoir comment il vivait lorsqu'il était enfant, ces choses-là quoi.
- Tu voudrais en gros faire partie de sa vie.
- C'est ça. Malefoy est quelqu'un de très complexe, il joue un rôle en permanence et ne s'en rend même pas compte. La première fois qu'il a cédé à mon charme, j'ai entrevu un garçon gentil et avide d'amour. J'avais trouvé la fissure dans sa coquille et j'y ai sournoisement glissé la pointe d'une lame qui petit à petit a agrandit cette fissure. J'ai accentué mes petites attentions et je me suis vite rendu compte qu'il aimait ça, jusqu'au jour où il m'a demandé clairement de lui faire l'amour.
- C'est lui qui a prit l'initiative ? fit Ron, surpris, en haussant les sourcils. Ca alors ! Je n'en reviens pas ! Drago Malefoy, le Serpentard fils de Mangemort tellement à cheval sur la morale et les principes…
- Oui, fit Harry avec un petit sourire. Mais je suis content que ce soit lui qui ait fait le premier pas, ainsi, cela lui laisse tout le loisir de revenir ou non vers moi. Il a peur, tu sais, il a très peur de ce qu'il va se passer après, mais je vais faire en sorte de le calmer, de lui montrer qu'il n'y a pas à avoir peur, qu'il ne craint rien avec moi. Malgré mon apparence plutôt repoussante, je l'admets, je suis encore humain dans ma tête, et plus le temps passe plus mes souvenirs d'avant me reviennent. Bientôt, je me souviendrais de toute ma vie passée chez les Dursley et si d'aventure je devais rester ainsi jusqu'à ce que l'ennui me tue, je demanderais à Malefoy de m'accompagner.
- Crois-tu qu'il accepterait de devenir comme toi ? demanda alors Ron en pinçant les lèvres. Il t'aime, d'accord, mais n'oublie pas qu'il a une vie lui aussi, un futur peut-être déjà tracé par ses parents, et que peut-être il n'a pas envie de passer les cinq cent prochaines années près de toi à vivre au jour le jour d'amour et de sang frais…
- Je n'ai pas dit que je le transformerais, fit Harry en levant ses mains. Ca, c'est le plan B. Je ne doute pas des capacités du Seigneur Ram, et tant que je ne saurais pas clairement que redevenir humain pour moi est impossible, je n'envisagerais jamais de transformer Malefoy. Je l'aime presque indécemment, Ron… Je ne veux pas qu'il change, même par amour.
- Cela t'honore, répondit Ron en hochant la tête.
Harry sourit puis il laissa le lit à son ami et alla faire quelques devoirs en retard.
Malefoy ne revint pas de la soirée et Ron quitta son meilleur ami à dix heures le lendemain matin, quand McGonagall vint le chercher afin qu'il ne loupe pas le train pour Londres.
.
oOo
.
- Et voilà… C'est les vacances d'été…
- Vous voulez sortir ? demanda McGonagall en ouvrant grand la porte de la chambre. Le soleil est caché derrière les nuages ce matin.
- Malefoy est partit avec les autres ? demanda le brun avec une petit moue bizarre.
- Oui, il a prit le train ce matin…
- J'aurais pensé qu'il viendrait au moins me dire au revoir…
- Vous le reverrez bien vite, fit la Directrice. Allez, venez, allons nous promener.
Le Gryffondor hocha la tête. Il sourit puis suivit le professeur. Il fit une halte sur le seuil de sa porte. La lumière du jour était nouvelle pour ses yeux ultra-sensibles et il mit quelques secondes à s'y habituer.
- Ca va aller ?
- Oui, oui, c'est juste plutôt violent…
Il se frotta les yeux puis hocha la tête et tous deux longèrent le couloir en silence. Harry évita soigneusement les rectangles de lumière projetés par les hautes fenêtres à croisées et, après quelques minutes à monter et descendre des escaliers, ils parvinrent dans le hall d'entrée.
- Hey ! fit la grosse voix de Hagrid.
- Bonjour Hagrid, répondit Harry en souriant.
Le demi-géant le serra dans ses bras solidement puis le relâcha et Harry vit Rogue non loin qui discutait avec un autre sorcier.
- Monsieur Malefoy ? fit le Gryffondor, surpris.
Les deux hommes se turent et Malefoy Senior se tourna vers Harry.
- Merlin tout puissant ! gronda l'homme blond en voyant le Gryffondor. Alors c'est vrai…
Il fit un geste étrange, comme s'il se signait, et Harry pinça légèrement les lèvres. Il remarqua alors l'épais bandage sur le bras de l'homme.
- Votre bras… ? fit-il.
- Ce n'est rien, répondit Lucius en regardant son bras droit en écharpe. Alors c'est donc vrai, vous avez été transformé en vampire…
Harry écarta les bras.
- Apparemment… lâcha-t-il, un peu sèchement.
Rogue se racla alors la gorge.
- Potter, je viens à l'instant de demander à Monsieur Malefoy s'il serait d'accord pour son fils vienne passer les vacances d'été ici, à titre exceptionnel, fit-il.
Malefoy père regarda McGonagall.
- Minerva, vous êtes certaine qu'il n'y a que mon fils qui puisse le sustenter ? demanda-t-il.
- Non seulement il n'y a que lui qui le puisse mais il n'y a que lui qui le veuille… fit la femme en fronçant les sourcils.
Le mensonge de McGonagall sur le sujet étonna le Gryffondor. Ils étaient neuf à pouvoir le sustenter mais apparemment la vieille sorcière avait décidé de modifier certaines choses.
- Lucius, ce n'est pas urgent, le gamin peut jeûner sans problèmes pendant plusieurs jours mais ne tarde pas trop quand même, fit Rogue.
L'homme blond hocha la tête.
- Oui, mais de toute façon, c'est tout réfléchi… L'ambiance entre Narcissa est moi est plutôt glaciale et j'avais envisagé de l'envoyer chez toi pour les vacances, Severus…
- Alors s'il vient ici, ce sera pareil, non ? fit Harry, soudain très intéressé par la perspective.
Lucius lui jeta un regard acéré en biais puis haussa les épaules.
- Ma foi… J'imagine que oui… fit-il. Je ne vous cache que j'ai quelque crainte quand même à laisser mon unique enfant entre vos canines, Potter…
- Si cela peut vous rassurer, je sais parfaitement me contrôler, monsieur Malefoy, répondit Harry. Il n'y a aucun risque pour que votre fils soit tué ou transformé. Étant ma seule source de nourriture, je ne vais pas l'abimer, croyez-moi. Il en va de ma vie…
- Je ne mets pas doute votre bonne foi, monsieur Potter, vous avez prouvé votre valeur de nombreuses fois, mais c'est mon fils unique, fit Lucius en fronçant légèrement les sourcils.
Harry fronça les sourcils à son tour. Il ne reconnaissait plus l'homme blond tyrannique et sans pitié. Quelque chose avait changé en lui. Le brun plissa les yeux quand Lucius serra son poing droit en essayant de cacher une grimace de douleur.
- Je peux ? fit alors le Gryffondor en tendant les mains vers le bras de l'homme blond.
- Mais je… Pourquoi faire ? fit celui-ci.
Il regarda Rogue et McGonagall qui secouèrent la tête, perdus. Harry fit alors jouer son pouvoir charmeur et l'homme blond se détendit brusquement. Cela lui valut un regard noir de Rogue qui recula de plusieurs pas pour être hors de portée des ondes magiques. Il secoua la tête comme pour se débarrasser de quelque chose puis soupira profondément. McGonagall le rejoignit en marmonnant.
- Laissez-moi faire, fit alors Harry en prenant dans ses mains le poing serré de Lucius. Je ne veux pas vous faire mal…
Lentement il le retira de l'écharpe puis il défit le nœud du bandage blanc et le déroula.
- C'est ce qui me semblait… fit-il quand le bandage fut défait.
Harry fit taire son charme et Lucius ferma les yeux. Il voulu récupérer son bras mais Harry resserra sa prise et le regarda. Rogue s'approcha alors et fronça les sourcils.
- Comment as-tu réussi ? fit-il en approchant des doigts tremblants de la large cicatrice fripée au creux de l'avant-bras de l'homme blond. Il est impossible de la retirer…
- Le Maître est mort, Severus, fit alors Malefoy Senior. Ce n'est plus qu'un vulgaire et atroce tatouage…
- Mais ? J'ai tout tenté quand il est mort, il y a vingt ans ! fit Rogue. Rien n'y a fait ! Comment as-tu fait pour la retirer ?
Lucius resta silencieux et Harry eut un bref soupir.
- Jusqu'à maintenant Voldemort n'était pas totalement mort, répondit-il. Tant qu'une partie de son âme restait sur Terre, il restait vivant. Là, je l'ai bel et bien tué…
Harry posa ses doigts sur la cicatrice.
- Elle a été brulée, fit-il en serrant les lèvres. Vous avez dû terriblement souffrir, monsieur Malefoy… Pourquoi avoir fait cela ? Est-ce que cela en valait la peine ?
- Oh oui, monsieur Potter, répondit l'homme blond en ré-enroulant grossièrement le bandage autour de son avant-bras. Oh oui, cela en valait la peine…
Il remit son bras dans son écharpe et Harry recula. Malefoy Senior souhaita alors une bonne journée au petit groupe et Hagrid le raccompagna jusqu'au portail avant de retourner chez lui.
Dans le hall, cependant, les trois sorciers observaient un silence partagé.
- Professeur… fit alors Harry en se tournant vers Rogue. Professeur ?
L'homme grogna quelque chose et s'éloigna soudain mais Harry lui prit le bras.
- Ne faites pas comme lui, monsieur, je vous en prie…
- Si c'est la seule solution, Potter… fit Rogue entre ses dents.
- Severus, s'il vous plait, intervint alors McGonagall. C'est un acte barbare et douloureux…
- C'est…
- C'est inhumain, Severus…
Harry regarda McGonagall. Il lui trouva un air inquiet mais il ne dit rien. Il se contenta d'observer les deux professeurs et finalement, Rogue abdiqua.
- D'accord, fit-il avec un profond soupir. Je ne ferais rien… Parole de sorcier, ajouta-t-il comme Harry le regardait intensément.
- Nous trouverons un autre moyen, fit alors McGonagall. Je vous le promets.
Rogue hocha la tête lentement puis s'en alla dans un tourbillon de capes noires. Harry soupira.
- Il tient toujours ses paroles, Potter, fit McGonagall.
Elle inspira alors profondément puis demanda :
- Vous voulez sortir ?
- Et le soleil ?
- Oh, une cape munie d'un capuchon pourraient remédier à cela, vous ne croyez pas ?
Harry sourit. La vieille sorcière lui invoqua alors une vaste cape noire en coton munie d'un grand capuchon qu'il rabattit sur sa tête avant de se présenter sur le perron du château léché par les rayons du soleil.
.
.
Et voilà ! Alors ? Vous en pensez quoi ? Petit review pour me le dire ? Merciiiiii ^^
Phénix
