Bonjour à tous, s'il vous plait, lisez ce paragraphe :

Ce qui va suivre va parler de torture et de morts et d'autres trucs pas cool du tout.

Si vous êtes sensible à ce genre de chose, ne lisez pas, arrêtez-vous là, le prochain chapitre sentira la rose et les pâquerettes, et vous vous rattraperez. (Non, je déconne, c'est la guerre quand même, à quoi vous vous attendiez, mais vous pourrez lire le prochain paragraphe qui sera moins graphique).

Simplement, sachez que je ne suis pas pour la peine de mort pour les êtres humain, mais nous partons ici du principe que devenir un mage noir équivaut à renoncer à son humanité. C'est ce que les français et les anglais (et les espagnols, n'oublions pas les espagnols) ont longtemps utilisé comme excuse pour massacrer des autochtones durant leur conquête du monde alors je suis un peu inquiète pour ce chapitre... Mais on ne peut pas vivre d'arc-en-ciel.

Je réitère donc :

Si vous êtes particulièrement sensible aux idées de torture psychologique ou physique, ou que vous ne supportez pas de lire des passages où l'on parle de douleur intense, n'insistez pas pour vous faire du mal. Ça vaut aussi pour les végétariens. Nous mangerons du rat dans ce chapitre. C'est de la viande.

Les autres : ne vous inquiétez pas si vous aimez ce chapitre, vous n'êtes pas du tout malade ou étrange. On a le droit d'aimer voir le sang couler. Nos ancêtres ont fait ça pendant des générations.

Voilà, maintenant, vous avez bien les boules, alors qu'en fait, c'est pas si terrible. Je préfère juste prévenir pour qu'on ne vienne pas m'engueuler ensuite.

Mais bon, maintenant qu'Hermione est morte (ou pas, je rappelle qu'on en sait rien), parlons d'autre chose :

Voilà le chapitre !


.

Revenons un peu dans le temps, quelques deux ans et demi avant :

Blaise avait quitté Poudlard dans un état de semi-panique.

Ses amis allaient se battre pour leur cause, quelle qu'elle soit, ils allaient tuer, être punis, pratiquer la magie noire… Il avait essayé, lui aussi, comme Théo, mais il avait eu peur.

Jamais il ne l'admettrait bien sûr mais ce soir-là, seul dans une vieille salle de classe vide, assis sur une table, il avait sorti un livre poussiéreux emprunté à Draco -ok, Draco n'était pas encore au courant donc disons qu'il l'avait déplacé temporairement sans permission préalable.

Sa baguette à la main, il avait jeté un petit sort de magie noire, juste pour voir, pour goûter… Un sort de jardinier, voilà ce qu'il avait jeté.

Pour créer une plante, disait le livre. C'était en latin, et ça disait juste "créer une plante". C'était génial, parce que la magie blanche ne permet pas de créer les choses, encore moins des choses vivantes comme des plantes. La magie grise permettait quelques entorses à ce règlement –en créant des illusions, comme le serpent de Draco en deuxième année, mais pas la magie blanche.

Alors il s'était dit que c'était un bon départ.

Il était excité, assis sur une table bancale, sa baguette à la main, le livre de l'autre.

Mais il était Serpentard. En temps normal, il aurait pris son air le plus blasé, un air qu'il avait aussi emprunté à Draco. Mais il était seul. Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche. Son premier sort de magie noire ! La magie grise était bien, mais là… Un grand sourire heureux illumina son visage, lui donnant à nouveau l'air de l'enfant qu'il avait été à son entrée dans cette école puis :

- Caryophyllales Droseraceae Nasce

Alors, son corps fut pris de tremblements, démarrant de sa main, vagues après vagues de vibrations étaient transmises à son corps, et seule sa baguette restait fixe. Puis la noirceur, le dégoût, qui l'envahirent. Ses yeux se révulsèrent et enfin, un poids. Sa baguette qui penche, jusqu'à produire une plante, une énorme fleur rouge glisse sur le sol, suivit d'une tige qui s'agite comme celle d'un serpent. Et enfin, la voilà.

Sa plante.

Le sort le possède, et il sent bien qu'il devrait être inquiet, effrayé, ou au moins ressentir quelque chose. De la joie ? De la peur ? Mais c'est comme si c'était impossible, comme si son propre cerveau ne le laissait pas ressentir autre chose que ce sentiment de victoire, d'envie. « Encore, pense-t-il. Créons encore des plantes, encore d'autres choses, créons, créons, créons encore ! »

Mais il n'est plus seul maître à bord. La magie, la magie noire le contrôle, et elle a faim, faim de plus de magie noire. Il créé une deuxième plante, puis une troisième, une quatrième. Jusqu'à tomber de fatigue. Sa magie est épuisée. Il ne peut plus rien créer. Une voix en lui chuchote qu'il pourra augmenter, améliorer sa résistance s'il pratique davantage. En revenant demain, après-demain, il deviendra plus fort. Et à cet instant, avant de tomber de la table épuisé, en sueur, c'est ce qu'il veut. Plus de magie, oui, plus de pouvoir, ça serait vraiment super !

Mais une fois par terre, faible comme un nouveau-né, essoufflé, il ouvre un œil puis l'autre. Et c'est sa plante qu'il voit. La première, avec sa corolle rouge et sa tige vert foncé, sans feuille.

Si elle avait des yeux, il dirait qu'elle l'observe, mais elle est simplement tournée vers lui. Sa fleur dans sa direction.

.

Et elle est bizarre cette fleur : elle a comme un pistil rose qui… Un rat. C'est un rat qui est à l'intérieur de la fleur !

La colère enfle chez Blaise.

« Comment ce rat a-t-il osé grimper dans ma fleur ? Abîmer mon oeuvre ? Sale rat ! »

La rage le dévore mais il est trop faible pour se lever, impuissant, il observe…

Et enfin, l'incrédulité : « Mais comment ? Comment est-il monté dans ma fleur ? »

.

Et là, dans un petit bruit de succion, le rat disparaît, avalé par la délicate fleur rosé. Une goutte de sang foncé glisse le long de la tige et descend doucement, doucement vers le sol. A quelques centimètre du sol, elle tombe et frappe le sol avec un délicat « pop ! »

Le garçons hypnotisé observe une deuxième goutte rejoindre la première. Puis une troisième.

La fleur, devant son immobilité, se détourne et, utilisant sa tige comme un serpent utilise son corps, elle glisse le long du parquet vers un trou dans le plancher d'où elle guette sa prochaine proie, aussi immobile que l'animal auquel elle ressemble. Formant dans son sillage une courte traînée de sang en passant sur la petite flaque rouge. Blaise sent son corps se révolter contre cette image. Il veut vomir mais n'en a plus la force. La fleur se tourne un instant vers lui, ses larges pétales à nouveau écartées et formant une belle corolle plate. Un magnifique piège pour de petites créatures innocentes. Un couinement se fait entendre et elle revient à son trou.

Un froissement, un bruissement. Deux pétales d'un bordeaux noir qui passent devant lui. Entouré du noir de l'inconscience, il distingue la deuxième fleur qu'il a créé dans sa furie. Elle glisse furtivement hors de son champ de vision.

.

Blaise, lui, sombre finalement dans un sommeil comateux.

.

C'est le soleil qui le réveille. Les rayons tombent sur son visage et il se frotte les yeux, et se retourne pour se protéger. Il attrape son oreiller pour l'utiliser comme barrière contre la lumière, ronchonnant… Sauf qu'il n'est pas dans son lit. Le sol est dur, et il a déjà mal au dos. Pas d'oreiller pour se cacher de la lumière...

Puis, tout lui revient : les plantes, la magie… Sa chute.

Son esprit brusquement réveillé tente de reconstituer les événements de la vielle. Il se souvient de la magie et il frissonne car à cet instant, il sait qu'il a été possédé, manipulé.

Il a dormi avec sa baguette à la main, comme il le faisait parfois quand il avait 11 ans.

Mais là, il la lâche, paniqué. Il se redresse, les yeux fixés sur la baguette, comme si elle allait lui sauter à la gorge et l'avaler, comme la fleur avait avalé le rat, hier. Sur les fesses, à la force des bras, il recule, s'éloigne de cet objet qui a failli lui voler son esprit.

Cette fois, c'est allé trop loin. Il aimerait avoir sa mère avec lui, quelqu'un pour lui dire que tout ira bien. Mais rien n'ira plus bien. Et il le sait maintenant. C'est trop tôt ! Il aurait aimé rester ignorant encore quelques années, jusqu'à ses 60 ans peut-être. Mais maintenant il sait.

Comment les gens peuvent-ils pratiquer cette magie ? Renoncer à eux-mêmes pour créer quelques plantes, quelques sorts ? Il se relève maladroitement et fait quelques pas en arrière, le visage défait. Mais il bute sur quelque chose et tombe en arrière.

Une grosse fleur rose se penche vers lui, et il ferme les yeux, très fort, complètement immobilisé par la panique. Il va mourir, mangé par sa propre ambition.

Mais la plante, la première sortie de sa baguette, sa création, la seule qu'il ait créée en étant encore un peu lui-même, lui lèche presque le visage. Des pétales rêches frôlent sa peau et récoltent ses larmes. Comme un chat affectueux, elle frotte contre lui et doucement, sa tige s'enroule autour d'une jambe. Blaise, tendu, s'en aperçoit et la soupçonne de vouloir le bouffer quand même, mais il reprend espoir, souffle un grand coup et reprend petit à petit le contrôle de son corps, de sa peur. Dans son esprit s'établit un semblat de stratégie de repli.


.

Tout à coup, la plante se détacha de lui, se précipitant vers l'extérieur en sifflant. C'est un son terrible, comme celui d'une Banshee, ces naïades celtiques de la mort qui viennent assister aux batailles pour ramasser les cadavres. Blaise met aussitôt ses mains sur ces oreilles. Jusque-là aveuglé par le végétal, il peut enfin voir son entourage. Trois autres plantes tournent autour de lui. La couleur de leur fleur varie du rouge au noir, en passant par le bordeaux le plus foncé. Maintenant, elles sont tournées vers lui. Elles le veulent, l'étudient.

Sa plante, aux pétales si clairs, le défend. Probablement pour le manger seule, se dit le jeune homme cynique. Mais au moins, il gagne du temps. Sa baguette est à quelques mètres de là. Son entraînement intensif chez les Serpents reprend le dessus, il contrôle sa peur. D'abord fuir, pleurer après.

.

Dans un mouvement d'une fluidité digne de ses trois agresseurs végétaux, il replia son corps, la main tendu, le genou raide. Son pied envoya le bout de bois sur sa droite et son torse plié en deux lui permit d'avoir assez d'allonge pour la rattrapa avec son bras tendu. Aussitôt, il braqua les trois bestioles avec. Deux Expulsos plus tard, et l'une d'elles explosa en pluie de feuilles fines. Sans s'attarder sur le fait qu'il faille deux sorts pour éliminer une seule plante, il visa la deuxième, qui déjà s'éloignait, prouvant qu'elle n'était pas guidée que par l'instinct de se nourrir mais savait aussi faire preuve de prudence. Elle disparut également sous ses sorts, puis la troisième. Blaise s'était remis debout, reprenant confiance en lui. Il hésita un instant devant la dernière plante, de couleur plus pâle, qui l'avait protégé à son réveil. Mais une plante carnivore de compagnie ferait un très bon compagnon pour un mage noir et s'il y a bien quelque chose qu'il ne serait jamais, c'est un mage noir. Il annihila la fleur, un Recurvite dans la foulée, et enfin, aucune trace de son méfait n'existait plus. Il avait vaincu.

Essoufflé, le cœur battant à toute vitesse, Blaise s'assit à même le sol. Il observa sa baguette, la tenant entre deux doigts. Il existait quelque chose en lui de mauvais. Pour la première fois, il avait eu peur de lui-même, de sa magie.

Il fallait faire quelque chose.

Petit à petit, ses tremblements s'apaisèrent et enfin, il éclata en pleurs, sanglotant, les bras serrés autour de lui, effrayé comme un enfant. Jamais le monde ne serait comme avant. Le réconfort de la magie l'avait quitté. Les choses seraient différentes désormais.

.

Les jours suivants, il pouvait à peine utiliser sa baguette sans penser à cet évènement, sans craindre sa propre magie. Il était en permanence sur le qui-vive. Bien sûr, il tentait de le dissimuler, de garder l'air neutre pour ses collègues Serpents, et surtout devant les autres maisons. Mais Théo et Draco voyaient bien qu'il leur cachait quelque chose. Théo tenta même de lui faire avouer qu'il s'était essayé à la magie noire sans lui mais il tint bon. Théo lui-même semblait plus sombre, plus affamé, plus... Dangereux.

Comme une plante carnivore.

Blaise pensait qu'il avait cédé à l'appel de la magie alors il tentait à présent de prendre ses distances avec lui. Un sorcier acceptant de se faire contrôler par sa magie n'était pas quelqu'un qu'il voulait avoir dans son dos. Il pouvait céder à tout moment, devenir assoiffé de sang n'importe quand. Comment se fier à lui ? Les crises d'hystérie meurtrière de Voldemort prenaient à présent bien plus de sens.

.

.

Une chose était sûre, Blaise ne pratiquerait plus la magie noire. Plutôt mourir.

.

Plusieurs mois avait passé depuis cet incident. Il avait coupé les ponts avec ses anciens amis, retournant vivre chez sa mère, caché dans un village sorcier près de la frontière écossaise. Rejoindre Voldemort était hors de question, et c'est ce qu'il dit à son ami Draco dès qu'il l'aperçut sur son perron, ce matin-là.

Mais c'était pour Potter que Draco venait recruter et passé la surprise, Blaise se laissa convaincre. Prêt à être utile à son monde, et à nettoyer le monde des mages noirs. Prêt à affronter sa propre part d'ombre. Parce qu'il le sentait : seul, il ne faisait que sombrer.

.

.

C'est ainsi qu'il rejoint l'Ordre. Personne ne lui faisait confiance au début, alors il sortait peu du QG. Mais ils étaient trop peu nombreux alors, et tout le monde devait mettre la main à la pâte.

Au fil des jours, il devint inspecteur, chercheur, secrétaire. Il interrogeait les Mangemorts capturés par les autres car les Griffondor ne préféraient pas se salir les mains…

C'est ainsi qu'il le découvrit.

Lors de sa première interrogation sous la houlette de Potter, dans une petite pièce sombre du sous-sol de la maison Black où ils vivaient tous, tous les deux faisaient face à un vieil homme, Beestseker, un mage noire à la peau burinée par les années et les éléments. Les yeux du vieil homme étaient à moitié fou et son propos complètement décousu.

Il avait été l'un des professeurs et compagnons de Voldemort à ses débuts. Ensemble, ils avaient exploré les possibilités, avaient créé une magie encore plus sombre, plus instable. Que seul Tom Jedusor semblait pouvoir contrôler.

Un instant, il leur promettait une mort affreuse en hurlant à s'en casser la voix, l'instant suivant, il les suppliait de le tuer. Car il ne pouvait presque plus pratiquer la magie. Blanche, grise ou noire. Son âge et les expériences qu'il avait tenté durant sl'avaient abîmé et depuis 3 ans, il était incapable de se défendre seul. Les Mangemorts l'avaient protégé un temps mais sa folie le rendait impossible à cacher. Grâce aux infos d'un certain Fletcher, Potter et sa clique l'avait récupéré et amené ici. Malgré son handicap magique, il avait quand même fait une crise magique où il avait fait voler tous les meubles de la pièce pendant 30 secondes, mais il s'était ensuite écroulé au sol, la bave aux lèvres, au bord de l'arrêt cardiaque.

Malgré tout ça, l'homme ne prêtait pas à la pitié. Ses piques acérés tapaient juste et il trouvait les failles chez chacun d'eux. Il leur promis les fins les plus affreuses, les tortures les plus terribles. Finalement, Harry autorisa Blaise à le blesser, pour lui faire cracher tout ce qu'il savait sur son ancien ami Tom.

Ils n'avaient pas de temps à perdre. Alors Blaise blessa.

Les infos recueillis sur les lieux où avaient vécu Jedusor avant de devenir Voldemort, les détails sur les sorts inventés et pratiqué, tout cela touchait peu Blaise (mais fit sortir Potter de la pièce). En faisant souffrir cet homme qui avait fait du mal toute sa vie, qui avait renoncé à la raison, il découvrit ce qu'il s'était infligé à lui-même. Beestseker avait renoncé à son humanité et jamais il ne retrouverait la raison. Sa personnalité, ce qu'il aurait pu être s'il n'avait pas cherché le pouvoir et pratiqué la magie noire, tout cela était déjà mort, il était déjà mort. Alors torturer ce type, ça ne gênait pas Blaise, il n'était pas quelqu'un de gentil et il le savait.

Faire du mal à cet homme avait permis à Blaise de recouvrer une partie de sa magie. Celle que la magie noire lui avait volée lors de cette fameuse nuit à Poudlard. Il l'ignorait jusqu'à ce jour mais les faits étaient là. En brisant ce mage noir sans céder à la haine, il avait vaincu une partie de la magie noire en lui. Une toute petite partie. En agissant par amour, par amitié.

Parce que c'était de sa haine, que se nourrissait la magie noire. En la haïssant, tous ces mois seul dans sa chambre, pour ce qu'elle lui avait fait subir, il l'avait en fait nourrie. Et c'est en tuant le sorcier qu'il le comprit. Et il savait désormais comment il pourrait être utile à Potter tout en étant utile à lui-même. En luttant contre la magie noire chez les autres sans sombrer dans la haine. En jetant des sorts avec en tête de protéger ses amis. Comme Albus Dumbledore disait en son temps, l'amour était plus fort. Et il pouvait le faire. Il était entouré de gentils griffondors, toujours prêts à aider, il avait la volonté pour ne pas sombrer, et surtout, il avait terriblement peur de cette magie. S'il y avait un homme sur terre qui pouvait faire ça pour Potter, c'était lui.

Il devint l'inquisiteur de Potter. Il rejetait toute sa noirceur, son malaise, sur les Mangemorts, redevenant ainsi le sorcier blanc qu'il aurait dû être le reste du temps. Il jetais parfois des sortilège sombres, d'une magie grise, ce que Potter appelé la zone gris foncé, pour blesser, pour faire souffrir. Mais il restait seul maître à bord, sans haine. Il pouvait pratiquer des impardonnables sans sombrer dans la magie noire, dans la folie, parce que ces sorts, les plus proches de la magie noire pourtant, il les jetais pour protéger, pas pour abîmer. C'est ce soir-là qu'il choisit réellement d'entrer dans l'Ordre, de s'y investir et de ne jamais céder à la haine.

.

La magie noire l'avait quitté depuis longtemps quand il rencontra Hermione sur le Chemin de Traverse. Crier ainsi à la cantonade sur le terrain découvert était probablement un peu inconscient, mais il n'était pas un homme de terrain. Il excellait plutôt à l'extraction d'information qu'à l'extraction d'homme. Il avait certainement risqué sa vie bêtement, mais il avait ramené Hermione Granger à ses amis, ça devait bien compter pour quelque chose.

.

.

C'est Hermione qui lui présenta la personne qui allait changer sa vie : le Professeur Dyler. Un vieil homme bedonnant, à la barbe gris claire et la chemise rose pastel. Deux jours après son arrivée au QG, Hermione le prit à part.

- Harry m'a dit que tu étais celui qui connaissait les informations de l'ennemi, tu espionnes ?

- Non, il sourit, j'extrais !

Il était sûr qu'Hermione ne comprendrait pas ce qu'il voulait dire. La plupart des membres ne préféraient pas savoir ce qu'il se passait dans les geôles, et il les comprenait. Il était parfois surpris par ses propres actes. Briser les os de quelques Mangemorts ne suffisait pas toujours à obtenir des informations intéressantes. Parfois, ils mourraient entre ses bras sans avouer quoi que ce soit.

.

Mais Hermione lui sourit en retour et lui demanda comment il procédait.

Décidé à la choquer, il parla des détails crus, de ses idées les plus horribles. Mais Hermione l'écouta sans cesser de sourire. Elle hochait même parfois la tête !

.

- Tu n'es pas choquée ?

- Un peu mais je suis pas là pour juger. C'est un travail pas facile. Tu as du courage !

- Ce n'est pas ce que j'entends souvent dans la bouche des Griffondors.

- Je suis une Griffondor très à part.

Et elle lui fit un clin d'œil. Un. Clin. D'œil.

Ébahi, il la dévisagea.

- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Hermione Granger ?

Elle rit puis elle reprit :

- Sérieusement, c'est quelque chose que les moldus ont longtemps fait. Ils essaient des méthodes moins physiques aujourd'hui à cause des Droits de l'Homme mais c'est un des nombreux domaines que les moldus maitrisent mieux que les sorciers. Ils peuvent t'amener à cracher tous tes secrets sans même te toucher.

- Sans… Comment ?

- Torture psychologique. Franchement, tout ça est un très controversé. Dans les guerres actuelles, l'information n'a plus besoin d'être récupérée de cette manière, on peut l'acheter mais…

- On ne peut pas acheter les mages noirs, termina Blaise.

- C'est ça.

Blaise réfléchit à ses propos. A mots couverts, elle lui proposait de rencontrer des experts moldus pour l'aider dans sa mission. Il ne dirait pas non à un peu d'aide, un peu de compagnie. Parfois, il se sentait dépassé par son côté sombre. La solitude ne l'aidait pas, il le savait. Et bien qu'il ait rejoint l'Ordre, les années Poudlard restaient dans les souvenirs et il avait du mal à se faire de vrais amis. A part Draco mais Draco n'était pas du genre à s'inquiéter de sa santé. Alors il s'isolait et se sentait de plus en plus seul. Et triste, même si son éducation l'empêchait de l'admettre. Il voulait demander de l'aide mais il ne savait pas vraiment comment faire, il n'avait pas été habitué à ça. Il avait vu les autres le faire et parfois, il demandait un coup de main ou un conseil mais il ne pouvait tout simplement pas oublier son orgueil et demander à Potter de l'aider.

.

Alors il accepta l'offre d'Hermione et la retrouva quelques jours plus tard dans le salon. Elle l'avait prévenu qu'elle ne pourrait pas l'accompagner jusqu'au bout. Elle savait qu'il existait des organisations pas très réglementaires en Angleterre, mais elle savait seulement à qui s'adresser, pas où aller -et honnêtement, elle n'avait pas envie d'en savoir plus, ce n'était pas quelque chose qu'elle approuvait vraiment. Elle savait que les mages noirs ne méritaient aucune compassion et qu'ils n'avaient aucune chance de redevenir des sorciers normaux, mais elle n'aimait pas les méthodes et elle préférait ignorer à quoi servait ce « centre d'interrogation » quand il s'agissait des moldus.

.

Donc elle retrouva Blaise un matin vers 6 heures dans le salon et l'accompagna au QG. Là, elle le conduisit aux bureaux des hauts-gradés et toqua à une porte qui indiquait « Colonel Fraser - Information et Communication », après avoir reçu un « Entrez ! » grave, elle passa la porte, faisant signe au sorcier de la suivre.

.

Claquant des talons -un réflexe moqueur qu'elle avait pris à l'époque où elle servait pour un colonel stupide, elle salua le gradé et se présenta :

- Lieutenant Granger, MI6, je suis envoyé par le général Dovenet pour être mis en contact avec le centre d'études et recherches militaires.

Sans lever la tête, l'homme acquiesça en grognant et pointa du doigt une chaise, posée contre un mur. Hermione fit la moue et jeta un regard désolé à Blaise avant de se tourner vers lui complètement, tournant ainsi le dos au militaire qui les ignorait.

- Vous allez probablement y aller ensemble. Je n'ai pas le droit de quitter le QG… ça ira ?

Blaise était inquiet mais avant tout Serpentard, alors il hocha la tête et la regarda quitter la pièce avec un air impuissant. Ses talons claquèrent dans le couloir par lequel ils étaient arrivés, puis disparurent. Il était seul.

.

Un grincement fit tourner la tête au jeune homme. Le colonel, qui avait si vaillamment ignoré Hermione, s'était levé et s'approchait de lui, la main tendu.

- Salut, c'vous le sorcier ?

Il avait l'air aimable, complètement différent du spécimen grognant et désagréable qui les avait accueillis quelques instants plus tôt.

Remarquant sa surprise, le soldat se sentit obligé de se justifier.

- Je connais Granger, on a servi ensemble. Je préfère limiter mes rencontres avec elle, j'ai trop peur de faire une bourde, v'savez ?

Non, il ne savait pas. Mais de toute façon, ça n'était pas son problème. Il haussa les épaules pour montrer qu'il était d'accord, quel que soit le problème, et serra la main de l'homme -une habitude moldu qu'il avait découvert avec le Monsieur Smith qui suivait Hermione partout.

.

Le colonel commença à raconter une histoire de col dégradé, de soldat en Irak ou en Angleterre, avec des soldats à l'étranger auquel Blaise ne comprenait rien. Mais il hocha la tête et fit des petits « mmh, mmh » aux moments appropriés. Les deux hommes prirent la route dans un 4x4 vert foncé, accompagné de deux autres soldats armés. L'angoisse de Blaise montait en flèche (« Ils m'emmènent dans une forêt pour m'assassiner ? Non mais je pourrais toujours transplaner. Pitié Merlin, faites que ça ne soit pas un piège. ») mais l'histoire du moldu n'en finissait pas –il parlait maintenant de dossier secret-défense qu'il avait dû cacher dans une forêt, et Blaise était perdu. Ils roulèrent plusieurs heures, sans que l'homme tombe à court d'anecdote. Et ils arrivèrent enfin devant une grille, gardée par deux soldats en uniforme. Les demandes d'autorisation et les questions des responsables permirent à Blaise de souffler et ils arrivèrent enfin dans un bureau –chauffé ! Alors que Blaise pensait jusqu'ici que les moldus aimaient travailler dans le froid puisque tous les bureaux qu'il avait visité avant ne bénéficiaient pas des plus basique sorts de réchauffement de l'air. Ou pire : ils étaient carrément dehors.

.

Une brune sculpturale en tailleur cintré vert leur offrit un café et patienta avec eux, jusqu'à l'arrivée du professeur.

Fraser –dont le prénom était Stephan, tentait bien de reprendre la conversation, ou plutôt son monologue, mais à chaque fois qu'il parlait plus d'une minute, la jeune femme lui demandait de parler moins fort pour ne pas perturber les patients. Elle-même ne répondait à aucune question des deux hommes, donc tout les trois étaient silencieux et mal à l'aise quand la porte s'ouvrit.

D'abord une blouse grise qui avait dû être blanche un jour, puis une épaisse barbe qui lui recouvrait tout le bas du visage. De grandes lunettes en métal argentée qui lui mangeaient le visage. Il portait des gants en plastique bleu et un de ces chapeaux de cuisinier à filet qui retiennent les cheveux. Son corps était presque entièrement dissimulé et seuls ses yeux perçants, d'un vert très clair, étaient visibles.

.

Fraser se leva aussitôt et s'avança pour lui serrer la main mais la jeune fille, qui n'avait toujours rien dit, s'interposa entre eux et empêcha le colonel de faire un pas de plus, protégeant le nouveau venu de son corps.

.

Avant que le gradé puisse s'emporter, la voie chaude et basse du professeur se fit entendre :

- Mélanie, ces messieurs ne nous veulent pas de mal, va attendre dans ton bureau.

Sans un regard vers eux, ladite Mélanie fit un signe de tête et parti à grand pas vers la porte, qu'elle ferma derrière elle.

Blaise n'en menait pas large et se demandait déjà comment il allait se dépêtrer de cette situation. Il était manifestement entouré de fous.

- Professeur Dyler ?

- Oui, colonel Fraser ?

- Qui est cette jeune femme qui travaille pour vous ?

- Mélanie ? Elle ne travaille pas pour moi, c'est une patiente. Elle n'est pas dangereuse, ajouta-t-il quand il vit la tête du colonel. Elle est en réinsertion. Vous savez, c'est cette petite française que vous m'avez amené il y a deux ans ?

- Celle qui voulait faire sauter Londres pour imiter un film ? Je croyais qu'elle était atteinte de psychopathie aiguë ?

- Elle est malade, c'est sûr. Mais au moins, ici, elle m'est utile. C'est mieux que de la garder dans une cellule non ?

- Mais elle ne veut pas tout faire sauter ?

- Elle n'a plus le temps d'y penser avec tout le travail que je lui donne, croyez-moi !

Un bruit sourd souligna ses paroles, suivit un bruit de jet d'eau puis :

- Oups, pardon professeur, je crois que j'ai fait tomber quelques produits. Pas de soucis, j'ai la situation sous contrôle !

.

Le professeur écarte les bras, comme pour dire « vous voyez ? », ce à quoi Fraser répondit par une grimace. Mais il se rassit néanmoins, pendant que le vieil homme retirait sa blouse et autres équipements de protection.

.

- Alors c'est vous le sorcier ? Commença le scientifique.

« Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec cette question ? »

- On en a des comme vous ici, savez ? Des fous, pour la plupart. Mais ils ont des pouvoirs…

En fait, pour la première fois depuis qu'Hermione lui avait parlé de rencontrer ces gens, Blaise pensa au risque de se retrouver lui-même enfermé. Après tout, pour les moldus, il était un type qui pensait avec des pouvoirs magiques et se battait contre un mage noir avec un bout de bois… Les moldus avaient la réputation de souvent mettre les sorciers dans des asiles. Il toucha sa baguette pour se rassurer, il pouvait toujours transplaner à la moindre menace.

.

- Ils sont amenés par les armées déployés, en général. On a quelques sorciers chamans aussi. S'ils se battent contre nos troupes à coup de pouvoirs magiques et qu'on arrive à les attraper sans les tuer, ils sont généralement amené ici !

La voix du professeur était joviale, et maintenant qu'il portait juste une chemise rosé et un pantalon marron en velours côtelé, il ressemblait presque au père Noël.

- Vous voulez visiter ? Fraser est déjà venu quand il a pris son poste au MI5, mais c'était il y a quelques années. Ça vous dirait un petit tour ?

Le colonel Fraser l'interrogea du regard et Blaise haussa les épaules en réponse. Alors ils partirent pour une petite visite.

.

- Je vais vous épargner les cinglés. Vous êtes là à propos d'extraction d'information, pas d'expérience scientifique sur le cerveau, n'est-ce pas ? Les cinglés seraient prêts à vous dire n'importe quoi. Ce n'est pas ce qu'on cherche ici, n'est-ce pas ?

- Mmh mmh, grogna Blaise.

- Pas bavard, hein ?

Le barbu lui adressa un sourire plein de dent.

- Je crois que je vous apprécie déjà ! Rit-il.

Blaise lui adressa un regard soupçonneux qui fit rire de plus belle le professeur.

Malgré son air sombre, le sorcier commençait lui aussi à apprécier le scientifique. Il allait droit au but et ne parlait pas pour ne rien dire. Une chose que tous les serpentard appréciaient malgré leur réputation de tourner autour du pot.

.

Devant une porte en verre sombre, les trois hommes s'arrêtèrent pour observer un homme assis dans une pièce couverte d'écrans.

- Nous avons tenté l'hypnose sur celui-ci mais il avait déjà été protégé. On cherche à casser son conditionnement par mot clé. Il entend plus de 80 sons en même temps. Bientôt, il parlera juste pour couvrir le bruit.

Sur un signe de tête de l'homme, un surveillant ouvrit la porte et une cacophonie de son percuta les visiteurs. Blaise fit instinctivement un pas en arrière mais ne dit rien.

Deux portes plus loin, un homme assis observait un mur blanc, sa tête recouvert de pastille relié entre elles par des fils de couleur.

- Celui-ci à tuer plusieurs centaines de femmes en Angleterre mais refuse d'avouer où il a enterré les corps. Les électrodes surveillent ses schémas de penser. On lui montre régulièrement des cartes en lui demandant où il a enterré les filles. On en a déjà retrouvé une quinzaine sans qu'il ne dise un mot.

La visite continua, présentant quelques prisonniers de guerre ou des criminels anglais.

La plupart méritaient la mort, Blaise en était certain. Certains possédaient, d'après les histoires à glacer le sang du professeur qu'il égrenait d'une voix joviale, un palmarès plus impressionnant que le Lord en personne. De tortures en blessures, les meurtriers multirécidivistes, avec leur air heureux ne méritaient certainement pas l'espace qu'ils occupaient sur Terre, et Blaise se demandait vraiment pourquoi personne n'abrégeait leur existence. Mais si les scientifiques moldus semblaient satisfaits de la façon dont ils géraient leurs prisonneirs et il n'allait pas critiquer. D'autant plus que certains remèdes semblaient exister pour eux. S'ils pouvaient redevenir des personnes humaines, alors il restait un espoir pour eux, ce qui n'était pas le cas des Mangemorts qui renonçaient à leur humanité pour devenir ce qu'ils étaient.

.

Quand ils revinrent au bureau, Blaise s'assit et attrapa sa tasse de café pour en observer le contenu. Il n'était pas intéressé. Les méthodes scientifiques de calcul du cerveau ou autres trucs étranges pourraient peut-être l'aider à trouver des informations précises comme des cartes ou des dates mais pas des histoires ou des souvenirs. Et la magie empêcherait de toute façon ces outils électroniques de fonctionner.

Le jeune métis resta inattentif pendant que les deux hommes discutaient. Apparemment, Frazer pratiquait la même méthode que Granger : ce que je ne vois pas ne me gêne pas. C'est pourquoi il visitait rarement les cellules.

Quand les deux hommes eurent fait le tour de ce qu'ils voulaient discuter –une histoire de livres, le colonel se leva et sorti, laissant le sorcier seul avec Dyler.

.

- Bon, entama le professeur. Maintenant, si on parlait de ce qui vous intéresse. Dans sa lettre, le lieutenant Granger parle de mages noirs. Nous avons quelques pensionnaires qui pourraient être qualifié de mages noirs ici. Et nous les étudions de prêt. Cependant, je n'ai pas l'autorisation d'en parler devant le colonel Frazer. Ces sorciers n'existent pas pour le monde, ce qui nous laisse quelques libertés quant au traitement que nous leur infligeons. La plupart perd rapidement la tête et ceux qui restent sensés nous causent souvent des soucis avec leurs pouvoirs. C'est pourquoi nous avons développé des méthodes de confinement nouvelles. Vous n'allez probablement pas apprécier mais si vous voulez visiter, je peux vous y emmener.

Blaise releva la tête et étudia son vis-à-vis. L'homme avait parlé de confinement, ce qui intéressait Blaise, qui devait droguer les Mangemorts ou les maintenir en permanence stupéfixé. Le sort les gardait immobile et après un temps, ils développaient tous des maladies qui les tuaient rapidement –souvent à cause de la circulation sanguine.

Il fallait les empêcher de jeter des sorts –il existait une potion pour ça mais elle jouait aussi avec la mémoire de ses sujets, supprimant généralement tout souvenir depuis l'enfance, ou transformant tout simplement le sorcier en légume sur deux jambes. Des sorts suprêmes pouvaient aussi voler leur pouvoir à des sorciers mais ils drainaient l'enchanteur pendant plusieurs semaines, d'autant plus qu'ils transmettaient alors à l'enchanteur la magie de la victime transformant celui-ci en nouveau mage noir, ce qui multiplier le problème plutôt que de le résoudre.

C'est pourquoi il accepta.

.

Cette fois, ils empruntèrent un ascenseur.

- Nous descendons à 500 mètres sous terre, dans une ancienne mine. Vous allez voir, c'est très instructif !

Quand les portes s'ouvrirent après plusieurs longues minutes de descente, le professeur l'observait comme un chasseur observe une proie et Blaise dû mettre sa main dans sa poche et toucher sa baguette pour se rassurer.

D'une voix mielleuse, le scientifique proposa à Blaise de sortir le premier et le sorcier mit un pied hors de l'appareil.

.

Aussitôt, un froid glacial s'abattit sur lui et il sentit ses forces l'abandonner quelques instants. Il tomba à genoux, essoufflé et après quelques secondes dues à la surprise, il cru sentir s'arracher sa peau, ses muscles, comme si quelqu'un les lui enlevait au couteau. Sa cuisse vibrait, faisant trembler tout son corps, d'une crampe intense et extrêmement douloureuse. Bientôt il hurla, la tête levé, perdant tout sens commun.

.

Puis, tout s'arrêta.

.

Il lui fallut bien 1 minute entière pour retrouver le contrôle de son corps et de son souffle. Sa gorge le grattait d'avoir trop crier et il saignait d'un de ses ongles qu'il avait cassé contre le sol dur. Un bref regard paniqué le rassura sur sa peau, toujours sous son jean, et sur l'absence de sang, qui le faisait toujours tourné de l'œil. Quand il fut à nouveau conscient de son environnement, rassuré sur sa vie et sa santé, il vit au-dessus de lui, le professeur, à côté d'un garde armé d'une mitraillette dont le canon était pointé sur lui.

.

Face à son ennemi et choqué par la douleur qu'il avait ressenti sans que le professeur ne le touche ni l'ensorcelle, Blaise retrouva une vigueur nouvelle et se releva, grimaçant en sentant ses muscles protester. Il avait tellement contracté les cuisses qu'il sentait qu'il aurait des courbatures.

.

Levé, il haussa un sourcil vers le professeur, comme pour lui prouver qu'il était plus fort, et celui-ci lui tendit un verre d'eau qu'il ne saisit pas –maintenant, il se montrait plus prudent. Bien trop tard. Mais il ne fuirait pas. Ces gens l'avait attaqué, il devait maintenant se défendre.

- Oh vous devriez boire, vu comment on a extrait la magie de vous, vous allez avoir besoin de vous hydrater.

- Vous m'avez volé ma magie ?

La mâchoire contracté, Blaise se retenait de saisir sa baguette et d'abattre les deux hommes en face de lui. Il faisait preuve de plus de stratégie et d'esprit d'analyse habituellement mais cette fois, il avait sauté dans le piège des deux pieds. Il voulait se battre mais personne ne s'attaquait vraiment à lui et il ne savait pas qui attaquer en premier. Et maintenant, il avait aussi horriblement peur qu'en saisissant sa baguette pour se venger, elle ne lui obéisse pas. S'ils lui avaient vraiment volé sa magie, qu'est-ce qui lui restait ?

- Non, on vous a débarrassé de ce qui vous restez de magie noire, de venefica. Vous n'avez pas de chance, elle était là depuis longtemps, bien incrustée en vous. Enfin, heureusement, il n'y en avait pas beaucoup. On a des magiciens qui tombent quelques semaines dans le coma quand ils arrivent ici.

Avant de se mettre à crier, Blaise prit le temps de ressentir ce qui se passait dans son corps.

Il pensait avoir totalement évincé la magie noire qu'il avait pratiquée à Poudlard grâce aux séances d'interrogation des mages noirs mais on dirait bien qu'il en restait. Pourquoi pas ? Mais jusqu'ici, il avait toujours réussi à convertir cette magie noire en magie grise qu'il pouvait utiliser. Il récupérait la puissance que la magie noire lui avait volée et la convertissait. Alors en le débarrassant de sa magie noire, les deux moldus lui avaient volé de la puissance magique qu'il aurait pu récupérer un jour.

Ou pas.

Mais peut-être.

Non, il essayait depuis 3 ans déjà, il fallait être honnête.

Mais peut-être ?

Une seconde. Les mages noirs ne possédaient que de la magie noire, la plus sombre de toute. Et peu d'entre eux –en tout cas, s'ils pratiquaient vraiment, possédaient encore quelques grains de magie blanche ou grise.

En leur volant leur vénéfica, qu'est-ce qui leur restait ?

Rien.

Le voilà le secret !

.

Après une enfance solitaire et une adolescence agité à l'école des sorciers, Blaise savait mettre derrière lui les événement traumatisants qu'il vivait. Il savait réfléchir durant les situations particulièrement violente émotionnellement parce qu'il savait étouffer ses propres émotions, héritage d'une mère froide et d'espoirs constamment déçus.

- Comment ? Comment est-ce possible ?

- C'est la pierre ou plutôt, quelque chose dans la pierre. On ne sait pas vraiment quoi. On a essayé de sortir la terre et de mettre les magiciens en contact avec elle mais ça ne leur fait rien. Certains sont moins sensibles que d'autres. Certains sont capables d'infliger des dégâts dignes des pires magiciens noirs mais ne sont pas touché par la pierre –ce qui signifie qu'il pratique une magie claire qui fait juste des choses horribles. On a des magiciens tout à fait gentils qui sont si touchés qu'ils ne peuvent même plus allumer une bougie après être arrivé ici.

Le barbu haussa les épaules pour montrer son incompréhension du phénomène.

- En tout cas, c'est bien pratique pour les garder ici !

- Une seconde, vous en avez combien, des sorciers ?

- Oh, je n'ai pas dit « sorciers », ce sont des magiciens ! Ils pratiquent tous d'une manière différente. On en a deux ou trois qui ont besoin d'une baguette comme la vôtre, mais la plupart ont besoin de rituels. Certains tuent des animaux, d'autres agitent les bras et chantent. Au final, on a une petite cinquantaine de pensionnaires, ici. La plupart ne restera pas longtemps. Une fois filtrés de leur veneficae, ils peuvent reprendre une vie normale mais les plus touchés –ceux qui étaient remplis de magie noire- deviennent généralement fous, en tout cas, ils sont incapables de reprendre la vie qu'ils menaient avant. Ils sont…

Le barbu fit le signe universel de la folie : doigt sur la tempe, langue pendue et yeux vers l'intérieur.

.

Au moins c'était clair.

.

.

Ouvrant et fermant les poings, Blaise tentait de faire revenir le sang au bout de ses doigts. Ils étaient engourdis. Il avait d'horribles fourmis dans les pieds et il sautillait un peu pour faire passer la douleur ce qui diminua un peu l'importance de ce qu'il dit ensuite.

- C'est l'entourage qui fait ça. Certains sorts ont besoin d'être placé dans 6 points de l'espace, trois au sol, trois au ciel, pour enfermer la victime.

Les yeux des deux moldus face à lui s'agrandirent d'étonnement, jusqu'à ce que le professeur sourit. Cette fois, son sourire était léger, mais mille fois plus sincère que ceux plein de dents qu'il affichait depuis des heures.

- Pas bête ! Merci pour l'info… Toujours pas soif ?

Alors Blaise, prêt pour une nouvelle aventure et toujours prêt à prendre des risques mesurés (Serpent un jour…), tendit la main, attrapa le verre, et le but d'une traite.

.

.

.

C'est ainsi que démarra la collaboration entre un sorcier et un savant.

L'Inquisiteur et le Docteur étaient leurs noms de code. La Prison d'Onyx, la hantise des Mangemorts. Les cellules de Carbone Onyx, cette pierre particulière à l'effet si étrange sur la magie noire, se remplirent à toute vitesse et, quand les sorciers survivaient, ils avaient tous la même personnalité, mélange étrange de hauteur, de fierté, et d'humour noir. Le Docteur avait fait des tests et chaque Mangemort était presque identique aux autres, ils avaient perdu leur différence, leur personnalité unique qui faisait d'eux des personnes différentes avant qu'ils ne cèdent à l'appel de la puissance et de la vénéfica. Ils n'étaient plus humains. Heureusement, ils possédaient encore leurs souvenirs, que la science horriblement détaillée des moldus permettait d'obtenir rapidement. En entrant dans les cellules spartiates mais larges, abandonnés par leur magie, plus vraiment humains, sans espoir de rétablissement, les Mangemorts savaient qu'ils ne verraient plus jamais le soleil. La plupart se laissait mourir, disant ainsi adieu au monde d'une manière plus douce et saine que celle dont ils avaient vécu. C'était la bénédiction comme la malédiction des cellules d'Onyx.

.

.

.

Voilà, vous voyez ? Facile !

J'étais surtout inquiète parce que je sais que beaucoup de très jeunes demoiselles se promènent sur ce site et que je ne me souviens plus du tout de ce qui pouvait me choquer à 11 ou 12 ans. Je me couvre. Surtout que j'ai écris ce chapitre à toute vitesse, pour pouvoir le poster cette nuit (ah ! Trop tard ! Je devrai déjà dormir !) et donc, que je crains qu'il soit plein de fautes horribles propres à traumatiser les enfants. Et d'incohérences mais tant pis, je corrigerai plus tard.

A part ça, voilà méchant Blaise et pourquoi il n'aime pas le sang. Avouez que c'est un comble pour un inquisiteur. En réalité, il n'a pas vraiment des tonnes de travail. C'est pas comme si les Mangemorts étaient 500 000. Vu que la population anglaise sorcière est déjà pas énorme. Seule une petite partie des sorciers sombre. La plupart, même chez les Mangemorts, n'est pas fichu, comme Sarah Doughn. Ils sympathisent à la cause, mais ne reçoivent pas la marque. Il existe d'autres moyens de les surveiller sans faire d'eux des esclaves de la magie noire.

Vous reverrez le Docteur bientôt alors dites au revoir. Un bisou sexy de Blaise et à bientôt !

Pour les gens qui laissent des petits mots, je ne réponds pas forcément, mais ça me fait super plaisir quand même ! Vous n'êtes pas beaucoup alors ne vous en faites pas, je vous vois très bien et je vous aime déjà. N'hésitez pas à donner votre avis sur la suite !

*Des bisous tout doux*

LiSi