Disclaimer : Les personnages et les événements cités dans cet ouvrage ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de la merveilleuse JK Rowling, sans qui l'univers d'Harry Potter n'existerait pas (ce qui serait tout de même dommage). Seul le texte est de moi.

NdA : Les premiers chapitres sont un peu courts, mais nécessaires pour mettre en place certains éléments de l'intrigue que je me voyait pas regrouper dans un chapitre. A partir de maintenant, les chapitres seront plus longs et plus consistants. Je mettrai en ligne chaque mercredi.

Bonne lecture !

Il lui semblait que rien, jamais, ne pourrait compenser la perte de son épouse. S'il avait surmonté sa disparition et réussi à maintenir un semblant de normalité jusqu'à présent, c'était dans l'espoir qu'elle revienne. Maintenant que même cet espoir lui avait été retiré, c'était comme si sa vie n'avait plus de sens. Il n'arrivait même plus à faire bonne figure lors des réunions officielles, et devait se forcer à se composer un visage avant chacune de ses sorties. Car malgré son chagrin, Arthur et sa secrétaire lui avait bien fait comprendre qu'aux yeux des sorciers, il devait paraître inébranlable. S'il laissait sa faiblesse transparaître, il créerait une brèche dans laquelle l'opposition s'engouffrerait la tête la première. Et à quelques semaines des premiers jugements de Mangemorts, dont certains étaient très controversés, impliquant des personnalités en vue dans le monde magique, il ne pouvait très clairement pas se le permettre. Il faisait donc tout pour garder la tête haute. Mais dès qu'il était seul, le chagrin l'envahissait à nouveau.

Il allait régulièrement manger chez les Weasley. Il aimait bien Arthur et Molly, et ces déjeuners du dimanche midi lui offraient une agréable soupape de décompression. C'était l'un des rares moments de la semaine où il pouvait ne rien dire, et laisser les autres meubler la conversation à sa place. Il appréciait particulièrement l'humour noir dont faisait de plus en plus souvent preuve George. La mort de son jumeau avait été un choc, mais dimanche après dimanche, King avait l'impression que l'homme à l'oreille coupée se reconstruisait peu à peu. Et puis, cela lui donnait l'occasion de voir Harry, avec qui il s'entendait de mieux en mieux.

Dans la famille Weasley, il se sentait compris. Tous avaient perdu un ou plusieurs proches durant la guerre, et ici, personne ne lui posait de questions. On le laissait faire son deuil tranquillement, à son rythme.

Quelques semaines plus tard, les procès des Mangemorts s'ouvrirent, avec en premier lieu le procès de Pius Thicknesse. Ce dernier, qui avait passé bien plus de temps qu'il n'en faut à un homme pour devenir fou soumis à l'Imperium, semblait décharné, vidé de toute âme et de tout ressenti. Kingsley se devait d'assister aux audiences les plus importantes, en tant que ministre, mais ce jour là, face à son ancien collègue aux yeux éteints, il se sentit mal, et se mit à espérer que jamais plus il n'aurait à revoir cette absence de vie dans les yeux de qui que ce soit. Sans surprise, Pius Thicknesse fut déclaré irresponsable de ses actes, et transféré à Sainte-Mangouste. Se dire qu'il allait très probablement être hospitalisé dans le même service que les Longdubat laissa un arrière goût amer à Kingsley.

Certains procès furent moins relayés par la presse que d'autres. Si le procès des Malefoy fit grand bruit, surtout après la relaxe de Drago et de sa mère, pendant que son père était condamné à dix ans d'emprisonnement à Azkaban, qui même vidé des détraqueurs, restait un lieu de villégiature peu apprécié des sorciers, Kingsley pensa avoir atteint le sommet du déchaînement médiatique lorsque s'ouvrit le procès de Fenrir Greyback.

La Gazette du sorcier se déchaîna contre le loup garou sanguinaire, arguant que face à de tels monstres, le ministre était irresponsable de laisser le moindre de ses congénères en liberté. L'opposition, toujours incarnée par le très conservateur Tiberius Oppler, s'en donna à cœur joie. La tempête médiatique fut telle, que Kingsley dut ordonner que l'audience de Greyback ait lieu à huis clos. En entendant ce dernier vitupérer contre les sorciers en tous genre, et appeler tous ses semblables à semer la mort dans les rangs des sorciers, Kingsley ne put s'empêcher de penser qu'il avait eu une brillante idée. Cela n'empêcha cependant pas la psychose de se répandre. Tandis que Sorcière hebdo titrait A quand l'emprisonnement de tous les monstres ?, avec une photo de loup garou en couverture, La Gazette du sorcier faisait sensation avec son numéro spécial Ils sont parmi nous, qui décrivait à quels signes reconnaître un loup garou, comment s'en protéger, et quelle était la procédure à suivre pour dénoncer un loup garou. Ce fut donc avec soulagement que Kingsley vit Greyback être condamné à perpétuité à Azkaban. La tempête médiatique finit pas se calmer, non sans faire des dégâts au passage. Un loup garou non déclaré s'était donné la mort alors que ses voisins menaçaient de le dénoncer. Aucune autre perte ne fut à déplorer, mais Kingsley dut appeler la population magique au calme, rappelant que la délation avait permit l'arrestation de nombreux innocents durant l'année où Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom avait été au pouvoir. Mais les récents événements ne favorisaient malheureusement pas le climat de confiance que Kingsley aurait souhaité voir s'installer dans la communauté magique.

Petit à petit, l'engouement populaire que suscitait les procès s'estompa, et le ministre put se consacrer à d'autres projets et problèmes. En effet, la rentrée scolaire approchait à grand pas, et les élèves de Poudlard devaient se procurer leurs affaires scolaires. Or, de nombreux commerçants avaient été tués durant la guerre, et parmi ceux restants, tous n'étaient pas encore rentrés d'exil, bien que la nouvelle de la chute de Voldemort commence à se répandre même dans les contrées les plus reculées. L'information ne circulait pas très vite au niveau international, ce qui présentait des avantages, mais ce que dans la situation présente, Kingsley ne pouvait s'empêcher de déplorer. Pour ce fournir en chaudrons, baguettes et livres, il dut demander de l'aide aux français. Par Merlin, ce qu'il détestait ça ! Le ministre français avait bien entendu accepté de l'aider, mais il savait que celui-ci ne manquerait pas une occasion à l'avenir de lui rappeler qu'il lui était redevable. Par chance, ce fut le chef de la coopération magique internationale qui s'occupa des négociations. Kingsley ne pouvait vraiment pas encadrer Jean Deaumont, le ministre français.

Cette intervention eut néanmoins le mérite de régler la pénurie qui sévissait sur le chemin de Traverse et à Pré-au-lard depuis la fin de la guerre. Miss Thompson, lors de sa revue de presse quotidienne, l'informa que même la Gazette avait rédigé un article dans lequel on louait ses capacités à mettre fin à la pénurie – même si le quotidien déplorait bien évidemment l'intervention des français dans cette histoire.

Kingsley avait remarqué qu'Hermione Granger campait souvent devant son bureau ces derniers jours, et bien que jusqu'à présent il n'ait pas trouvé le temps de la recevoir, l'occasion se présenta peu après la rentrée. La jeune femme été entrée au département de contrôle et de régulation des créatures magique, un département où elle était entré juste après la guerre. Il la fit asseoir dans son bureau, et l'écouta attentivement.

- Monsieur le ministre, je viens vous soumettre une proposition de loi à laquelle je pense depuis un certain temps, commença Hermione d'une voix assurée. Comme vous le savez, les elfes de maison, couramment employés par les plus grandes familles de sorciers, sont victimes d'abus et de maltraitances inacceptables pour des créatures douées d'intelligence et de raisonnement. Il est parfaitement anormal que les elfes soient traités comme des moins que rien. De plus, ce serait une façon de les remercier de leur implication lors de la bataille de Poudlard. Je vous aie ramené mon ébauche de proposition de loi. J'ai notamment pensé que les elfes en faisant la demande pourraient être libérés par le ministère. Ma loi prévoit la création d'un bureau de placement des elfes de maison, pour s'occuper des elfes libérés. De plus, il faudrait pénaliser les maitres maltraitant leurs elfes, aussi bien directement, qu'en les obligeant à s'infliger des autopunitions. Ma proposition contient un descriptif détaillé de ces peines, pouvant aller d'une simple amende à quelques années d''enfermement à Azkaban. En ce qui concerne le statut des elfes dans la loi …

Kingsley l'écouta parler ainsi durant une demi-heure. Elle semblait intarissable sur le sujet. Lorsqu'elle eut fini, Kingsley lui suggéra de soumettre ce projet de loi à sa chef de département, qui l'amenderait avant de le transmettre au Magenmagot.

- Vous pouvez cependant compter sur mon soutien, ajouta t-il, je suis tout à fait favorable à ce que les créatures magiques bénéficient d'avancées sociales.

Après son départ, le ministre s'appuya sur son dossier de fauteuil et se mit à réfléchir. L'idée d'Hermione était excellente, mais il ne pensait pas que la communauté magique soit tout à fait prête pour ce changement. Notamment en ce qui concernait les autopunitions, ça ne passerait pas, Kingsley en aurait mis sa main à couper. Mais c'était une bonne initiative d'avoir essayé. Il fallait qu'il garde un œil sur cette jeune femme. Lorsque le chef du département de la justice magique viendrait à prendre sa retraite dans peu de temps, sa connaissance encyclopédique du droit et sa grande rigueur pourrait lui être utile. Il fallait qu'il y pense.

La fin de la période des procès vit en arriver un particulièrement douloureux pour Kingsley. Irvin Pertis fut jugé pour le meurtre de vingt-sept nés-moldus sur ordre de Voldemort. Parmi les victimes se trouvait une femme enceinte du nom d'Eleanor Shacklebolt, née Reetle. Il fut condamné à trente ans de prison. Lorsqu'il lut le verdict, Kingsley espéra secrètement qu'il mourrait en détention. L'idée que cet homme sorte un jour d'Azkaban lui était insupportable.

La condamnation à la détention à perpétuité de Dolores Ombrage en revanche, ne lui laissa aucun remord. Cette femme était diabolique, il en avait toujours été persuadé, même à l'époque où elle n'était qu'une simple employée du ministère, travaillant au Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques. Tout comme elle, les employés du ministère ayant fait preuve d'excès de zèle durant le ministère de Thicknesse furent jugés, et renvoyés du ministère.

Le mois suivant, la proposition de loi déposée par Hermione Granger sur le statut des elfes de maison fut examinée une première fois par le Magenmagot. Comme Kingsley l'avait prévu, l'article de la loi traitant des auto-punitions fut l'un des premiers à être abandonné par l'assemblée. Cependant, le texte améliorait grandement la condition des elfes. C'est avec joie que Kingsley signa le texte de loi pour l'approuver quelques mois plus tard.