Moi : Hello ^^ Et je continue mon périple dans les fanfictions en accueillant deux invités croise fort les doigts pour qu'ils ne s'étripent pas* Un imbécile que j'aime bien,

Johann:*Soupire* je comprends pourquoi le Commandant ne l'aime pas. Cette imbécile...

Qui connaît mon passé...ARGH

Moi :* impeturbable* Et qui le révélera bientôt au monde, j'ai nommé le casse pied de première, Johann Elis Greimbaum

Johann : *ralant*Fallait qu'elle dise mon nom complet...Et tu as dit quoi ? Je vais te...

Komui *arrivant* Allons Johann, on laisse les filles tranquilles et en plus elle a révélé au grand jour ton complexe.

Johann : Manquait plus que lui, tiens... Je suis bien tombé... Je peux pas avoir la compagnie du Commandant plutôt ?

Moi : Quand Reever a appris que tu y étais, il a tout simplement refusé de venir et m'a même REMERCIE de l'autoriser de ne pas venir. *Plus bas à Komui* Il m'a dit aussi de veiller sur toi.

Johann : *scandalisé* Quoi ? Mais je suis le chef c'est moi qui...

Moi : Actuellement le chef de cette fic, c'est moi et même si j'ai une affection pour tout mes persos et ceux que j'emprunte, je gère comme je veux. J'avais juste envie de te sortir de ton placard pour une fois mais si tu veux y retourner mon pauvre ami vas y...

Komui *sourit en entendant le tout*

Johann : *Se tourne vers Komui* Mais dis un truc enfin !

Komui * le regarde d'un air innocent* Qui ? Moi ? Mais je ne suis même pas là !

Moi :* Fière de lui* Bien envoyé.

Johann :* Soupire* C'est une séance d'humiliation, c'est ça ? Tss... Bah de toute manière je me vengerai par la suite...

Komui : T'es tout de moins méchant là avec nous...Et tes menaces tombent à l'eau. Elle me la déjà dit.

Moi *ricanant* Hé hé, c'est parce qu'il y a une fille...qui est l'auteur alors il se tient à carreau parce au fond de lui il ne veut pas être détesté par sa maman... Hein Jo- Tan?

Johann *écumant de rage et rougissant* CERTAINEMENT PAS ! ET MON NOM EST JOHANN !

Moi : En tout cas Reever va adorer cet enregistrement de conversation où tu es malmené, assez pour me laisser continuer à écrire en paix.

Komui :* rit* Tu es une génie.

Moi : Non, ça c'est toi, Komui-sama. *Regarde Johann écumer de rage et murmure en entendant cela*: J'ai vraiment hâte qu'il se laisse humaniser...Bon sur ce j'éteins le mode Tiedoll et je vous laisse enfin lire cette fic ^^

Chapitre 5 :In the eye of the tiger

Reever vit sa silhouette s'éloigner, semblant si imperturbable, si fière, si sûre de lui. Comme avant quand il dirigeait la Congrégation d'une main de fer..Même si il savait que ce n'était pas le cas. Cela ne l'était il voulait faire quelque chose pour le retenir, le rappeler, réussir à crier ce qui était bloqué dans sa gorge. Ces deux mots. « Je t'aime ». Mais il n'avait plus de voix, plus de forces, plus de courage, plus rien. C'est comme si ceux ci partaient avec lui. Et cela le clouait au sol, le faisant s'effondrer au milieu du couloir et se maudire intérieurement. Maintenant véritablement il était seul. Et celui qu'il aimait venait de partir avant de manquer de..de.. Il posa sa main sur sa bouche se rappelant de ce qui avait failli arriver..et il maudit Luberrier pour avoir tout brisé. Ce moment, leur vie de tout les jours, pour lui provoquer la douleur de son absence. Autour de lui, il y avait encore cette délicate odeur de café mêlée de quelque chose de plus subtil qu'il avait senti il y avait déjà maintenant trois jours, quand il l'avait rattrapé après l'avoir forcé à dormir et emmené dans sa chambre. Comme si il n'était pas encore parti. Et ce constat l'apaisait et il se raccrochait à cette odeur comme seul témoin de sa présence. Du fait qu'il avait été là et avait failli l'embrasser. D'ailleurs le pourquoi du comment il l'ignorait. Mais si c'était comme pour lui... Alors tout cela était du gâchis. Ce départ, ce sacrifice, son silence à lui..Parce que cela l'aurait peut être retenu. Mais cela pouvait aussi être du à un quelconque égarement de Komui. En tout cas, si il s'attardait trop sur cela ce ne serait que source de conflits intérieurs et de souffrances supplémentaires, surtout si il venait à penser qu'il l'aimait et vu qu'il serait loin ce constat le déprimerait. Puisqu'il avait besoin de lui à ses côtés et qu'à distance il ne pourrait pas continuer à veiller sur lui. Et il maudit aussi Greimbaum qui l'avait séparé de lui et qui en plus allait essayer de le briser.

Et Komui..qui s'éloignait de lui plus les minutes passaient... Et ce constat le déprimait et il maudissait le sadisme de Luberrier qui l'avait poussé à mettre des micros pour les torturer tout deux au maximum. Il soupira. Il se sentait si impuissant et si seul. Et il savait que cela allait durer un long moment, étant l'un des rares à vouloir que Komui reste . Et cela lui faisait mal, même si il savait qu'il ne l'était pas vraiment. Mais ses seuls alliés étaient loin, très loin de lui... Pas vraiment encourageant. Et il savait que les autres se réjouiraient. Il n'y aurait certainement que Jerry et les Exorcistes qui le regretteraient. Une poignée de gens face à la grande majorité de la Congrégation. Un groupe facile à démanteler et à punir. A en être plein de désespoir.

Et Greimbaum devait à l'heure qu'il est déjà pavaner dans sa tenue flambante neuve d'Intendant. Et la vision de Greimbaum dans l'uniforme de Komui serra le cœur de Reever et le remplit d'amertume et de colère. Arriverait il même à le regarder en face sans y voir Komui dedans ? Sans avoir le cœur rempli de peine et de colère contre lui ? Il en doutait sérieusement de pouvoir se contrôler. « Le mieux donc serait donc de l'éviter le plus possible car si je me fais virer je ne pourrai pas le ramener...» décida t'il. Savoir déjà cela l'aida un peu. Il soupira à nouveau. Maintenant il devait regagner son bureau, faire style que cela ne l'affectait pas autant que cela en avait l'air. Et honnêtement il n'en avait pas envie. Pas du tout. Il n'avait pas envie de quitter cet endroit où il l'avait vu pour la dernière fois avant un moment, de partir et de laisser cette odeur et ses moments passés même à le chercher s'enfuir.

« Alors, on aurait un grand chagrin ? Susurra une voix à son oreille en allemand.

Reever se figea. Sa voix. Qui réveillait en lui sa colère et son ressentiment. Pour l'homme qui prenait la place de celui qu'il aimait et qui allait essayer de le blesser. Aussi s'exclama t'il glacial en anglais, pour bien marquer son opposition.

- Cela ne vous regarde en rien Mr Greimbaum.

- Oh ! Vous n'étiez donc pas comme je pensais à la réunion ! Vous ne savez donc pas que je suis le nouve... s'exclama Greimbaum.

Reever agacé le coupa brusquement en s'exclamant :

- Bien sûr que je le sais. Avec les micros que vous avez disposé, Mr Luberrier et vous...

Soudain il sentit une main lui agripper les cheveux et lui tirer la tête en arrière pour forcer Reever à le regarder. Il vit ainsi ses yeux bordeaux qui luisait d'une malice malsaine quand il susurra :

- Alors si c'est le cas, j'attends un peu plus de respect de votre part, Mr Wenhamm.

Komui lui avait toujours eu de la malice en lui mais elle n'avait jamais eu cette aura mauvaise. Il n'avait jamais non plus exigé de qui que ce soit que l'on use son titre ni jamais été brutal. Reever intérieurement rit en voyant qu'il s'essayait à comparer le feu et la glace. Et il rit encore plus quand il entendit qu'il n'usait pas son titre. Ainsi, il pensait que si il n'usait pas de son titre, lui même se fâcherait et arrêterait ? Il croyait vraiment qu'il était comme lui ? Il était stupide de croire qu'il accordait une importance aux titres alors que pour lui valait juste les sentiments et la bonne entente avec ses camarades durant le travail...

Aussi s'exclama t'il avec un sourire glacial:

- Je n'ai pas peur de vous, Mr Greimbaum. Et moi les titres ne m'intéressent pas. Vous n'obtiendrez donc pas mon respect en m'ôtant mon titre, ni par la violence. En fait, vous ne l'aurez jamais vu vos manières.

Et il ne put retenir un petit rire glacial et admira les yeux de Greimbaum s'exorbiter un peu incrédule devant son assurance. Ainsi comme l'avait dit Komui, ce n'était pas un bloc de glace entière. Et c'était vraiment un imbécile de croire que cela l'intéressait. Et soudain il le lâcha. Aussitôt Reever se releva en lançant :

- Trop aimable. Avant de se détourner de lui, semblant sur le point de repartir lorsque l'autre lança dans son dos :

- Aurai je raison de penser que vous étiez au courant de son départ ? Parce que vous avouerez que vous voir ici éveille les soupçons..Peut être devrais je en informer Luberrier...

Reever en entendant cela se figea. Si Luberrier venait à savoir cela, il saurait que le secret avait été éventé et le sacrifice de Komui deviendrait vain. Et cela il n'était pas prêt à l'accepter. Mais il ne devais pas céder non plus. Ni montrer que cela le touchait. Aussi s'exclama t'il :

- Pensez ce que vous voulez, je m'en moque. Parlez en si vous voulez à Luberrier. Et je continue à ne pas avoir peur de vous. De toute manière en mon for intérieur je me sais innocent de ce que vous insinuez.

- Oh vraiment ? Moi je pense que c'est la vérité mais que vous refusez de me céder. Ce qui est tout à votre honneur. Quelle loyauté envers Komui, alors qu'il ne servait pas à grand chose. En plus,les gens loyaux sont en général des gens intéressants. Et je sens que cela va être le cas. De toute manière je n'avais pas l'intention de vous dénoncer. D'abord, parce que contrairement à ce que Luberrier pense, je ne suis pas son jouet. Je ne suis le jouet de personne. Je ne le serai plus jamais. Et ensuite parce que je ne vais pas détruire le jeu qui commence. Ce serait ennuyeux. Trop ennuyeux.

Sa voix avait pris une intonation joyeuse avant de se perdre dans des échos de rage sourde, témoin d'une douleur quelconque. Et cela intrigua tellement Reever qui ne s'attendait pas à cette brusque humanité qu'il se retourna vers lui en oubliant sa colère de voir mépriser Komui de la sorte. Son regard avait dévié vers la gauche et était devenu soudainement pensif. Il avait un peu baissé la tête. Son visage n'était plus un masque de glace et brulait d'un feu intérieur qu'il n'avait jamais vu embraser son visage. C'était aussi perceptible que quand cela arrivait à Komui. Mais cela choquait bien plus puisque chez Komui cela ressortait plus souvent. Mais à peine Reever avait il vu cela que déjà le masque se remettait en place ainsi que la malice mauvaise tandis qu'il redressait la tête et plantait son regard dans le sien avec un mauvais sourire, faisant presque disparaître ce feu de la mémoire de Reever. Comme si cela n'avait jamais eu lieu. Et il n'aimait pas ses mots ni ce sourire. Il parlait certainement de ce que Komui appelait « sa thérapie ». Qui pour lui était un jeu. Briser les autres l'amusait. C'était vraiment un beau monstre. Qui avait aussi souffert. Et selon le sous entendu lui aussi avait été le jouet de quelqu'un d'autre. Il faisait subir ce qu'il avait subi. Mais si il pensait s'amuser à ses dépends, il rêvait. Aussi un petit sourire sadique se dessina sur ses lèvres et il s'exclama:

- Ne comptez pas sur moi pour vous distraire. N'essayez pas de vous rapprocher de moi ni rien. Parce que pour moi vous resterez toujours le voleur de place. Pas le vrai Intendant. C'est pour cela que je ne vous appellerez jamais Grand Intendant. Considérez que je ne peux pas vous supporter et si vous restez loin de moi le plus possible cela ira.

Il détourna le regard ne pouvant plus regarder cet homme qui portait maintenant le costume de Komui sans envie de meurtre ou de nostalgie. Et dont les cheveux noirs longs rappelaient à sa mémoire les souvenirs de quand Komui avait débarqué à la Congrégation avec ses longs cheveux noirs et sa veste. Sa réponse soudain fusa.

- Oh mais tu le fais déjà de par ton attitude. Et j'ai bien l'impression que Komui ne t'a absolument pas briefé sur les règles de ce jeu. Il t'a vraiment mal protégé. Quel incapable. A moins qu'il n'avait peur que je me mette à te détester d'emblée si tu connaissais mon passé. Et en effet ce serait le cas. Dans ce cas il n'est pas si stupide... Mais honnêtement,je pense que l'on va bien s'amuser. Enfin surtout moi. Parce que tes menaces ne me font rien et ne me décourageront certainement pas.

- Tant pis pour vous car je n'ai absolument pas l'intention de céder dans votre jeu. Vous ne me briserez pas pour blesser Komui. Je ne vous laisserez pas faire.. Sur ce, bon vent commenta fermement Reever appréciant fort peu ses paroles en repartant vers son laboratoire.

- Ah vous me traiteriez autrement si j'étais Komui commenta il avec un sous entendu dans la voix qui ne plut pas à Reever. Comme si il lisait dans son âme. Et cela ne lui plaisait pas. Pas du tout.

-Mêlez vous de ce qui vous regarde lança t'il glacial en continuant son chemin.

- C'est vraiment du gâchis, je trouve. Qu'il parte sans vous attacher définitivement à lui. A croire que lui aussi ne vaut rien. Parce qu'il vous laisse dans l'œil du tigre sans protection. Ce dont je vais honteusement profiter. Je vous préviens, Reever. Je suis dangereux. Et il est encore plus dangereux de me résister. Je suis comme un félin. Je joue longtemps avec ma proie avant de la tuer. Sachant cela préparez vos arrières. Ah et je vous informe que je requiers votre présence lors de ma fête d'intronisation ou devrai je dire mon triomphe qui ne pourrait être complet sans que s'exhume le débris de fidélité à Komui. Et si vous ne venez pas je viendrai vous chercher de force. Tant qu'à faire, puisque je dois subir cela au lieu de rattraper la paperasse en retard qu'il a du laisser, autant que ce soit aussi un calvaire pour quelqu'un d'autre.

Reever tiqua en entendant ses paroles. Cette voix joyeuse, aussi pleine de sadisme qu'une Road Kamelot. « Honteusement profiter ? » Et cette voix pleine de sous entendus l'écœurait. Et ce « je suis dangereux » l'inquiétait un peu. Il marmonna :

-Vous êtes complètement malade.

- Non, cela c'est Komui. Mais nous le savons tous les deux. Et quand je l'ai connu, il était déjà timbré. Les années ne l'ont pas arrangé. Au contraire.

Et maintenant il cherchait à le rendre jaloux. Comme si cela pouvait marcher...Même si au fond cela lui faisait quelque chose qu'il se refusait à montrer puisque chaque faiblesse il l'exploiterait. Et en lui quelque chose l'amusa. Le fait qu'il croyait que Komui lui avait laissé le moindre document en retard. Aussi murmura t'il :

- Vous êtes pathétique. Vous n'arrivez même pas à la cheville de Komui. Et si vous croyez que vous pourrez m'exhumer comme un trophée vous rêvez.

- Peut être mais en attendant c'est moi qui suis à sa place. Et au lieu de parler d'une issue possible du jeu voyons plutôt où cela va aller. The game is just start Reever. Si vous savez cela, tout est clair. Ce soir, 19h 30. Ayez l'air présentable au moins pour ne pas vous discréditer devant vos hommes qui se demanderont l'objet d'une telle haine avec quelqu'un qui essaye de se rapprocher de vous.

- Ils verront clair dans votre jeu répliqua Reever.

- On verra rit Johann. Sur ce, à tout à l'heure. »

Et il entendit ses pas partir dans l'autre sens de manière enjouée. Comme si il se savait le maître et qu'il avait déjà gagné. Mais sourit Reever en lui même, « La partie ne fait juste que commencer. Pour le moment tu gagnes mais pour combien de temps ? » Enfin du moins il l'espérait que c'était provisoire. Et en tout cas il n'avait pas l'intention de se laisser faire même si l'autre avait tenté de le culpabiliser. Mais le mieux était de s'y immerger dans le travail pour ne plus trop y penser car tout ce qui venait d'être dit et son départ aurait tôt fait de le déprimer et de l'énerver. Hors il devait garder le contrôle de lui même. C'était nécessaire avec un être qui semblait particulièrement observateur. Il ne serait pas sa souris se jura t'il. Même si les sous entendus l'effrayaient, lui faisant s'interroger encore plus sur la nature de ce « jeu ». « Mais la faiblesse n'est pas de mise et n'en sera pas.» Se jura t'il en crispant le poing.

Et sur ce, il rentra dans son laboratoire, gagna son bureau sans prêter la moindre attention aux regards stupéfaits et défaits des scientifiques par encore remis du choc initial. Et ceux ci en voyant son visage fermé n'osèrent lui poser la question qui brûlaient leurs lèvres. « Êtes vous au courant de la nouvelle ? » Son visage parlait à lui seul. Oui, il l'était et non cela ne le réjouissait pas. Pas du tout.

OoO

Reever était assis sur son lit dans sa chambre, son regard se perdant par la fenêtre qu'il avait laissé ouverte malgré le froid. Tout le travail avait été inutile pour lui faire oublier les événements d'aujourd'hui. Cela tournait sans cesse dans son esprit sans qu'il n'est rien à faire. Tout. Son départ, et les questions sans cesse lancinantes qui en découlent. Où était il maintenant ? Que faisait il ? Comment allait t'il ? Pensait il à lui en cet instant ? Et son impuissance le rendait fou et triste. Et le faisait maudire plus fort Luberrier et Greimbaum qui ne méritait pas cette compassion que semblait éprouver Komui à son égard. Même si il semblerait qu'il avait été le jouet de quelqu'un, ce n'était pas suffisant. Et puis cela n'avait peut être pas la même ampleur à l'origine et il ferait d'une montagne une petit plaisanterie d'enfant. Possible. Un vent froid vint se jeter sur son visage. Et il se prit à se demander si en cet instant, Komui avait aussi ouvert sa fenêtre et sentait ce vent. A l'heure qu'il était, il devait bien déjà être dans le train. Il le voyait presque comme si il était dans son train avec lui. Et l'envie d'y être avec lui le prit. Même si c'était stupide. Et pour la seconde fois de la journée, il se maudit pour ne pas lui avoir avoué. Peut être que cela aurait tout fait basculer. Il soupira et se rejeta sur son lit, portant une main à son front, fermant les yeux temporairement. En tout cas l'autre pouvait toujours essayer de rentrer. Il aurait toutes les peines du monde vu qu'il avait fermé sa porte à clé...Hé Hé... Et il pouvait faire tout le scandale qu'il voulait, il ne bougerait pas. Pas pour le voir parader à la légitime place de Komui. Pas pour voir son sourire de sadique et sa malice ni entendre ses sous entendus désobligeants. Il pouvait rêver..Et toujours courir même si il se le mettait à dos, lui et toute la Congrégation. De toute manière son humeur ne se prêtait pas la fête. Pas du tout même.

-Alors on fait un petit somme au lieu d'obéir à son supérieur ? Lança soudain sa voix maudite.

Reever sursauta, surpris et se redressa en ouvrant les yeux...Pour tomber sur un Johann perplexe non loin de son lit. Agacé et surpris, Reever s'exclama :

- On peut savoir qui vous a autorisé à rentrer et comment ?

Johann eut un petit sourire et agita un trousseau de clés assez volumineux en rajoutant avec douceur:

- Être le Grand Intendant permet certains avantages...Dont celui d'avoir le double de chaque porte...

Reever soupira et marmonna à voix basse, déçu de son échec:

- La fois prochaine je laisserai la clé sur la porte...

- Et la fois prochaine je ferai défoncer la porte répondit du tac au tac Johann d'un air joyeux.

Il profitait de son triomphe imminent et cela se sentait. Et de sa victoire temporaire. Et cela agaçait Reever qui s'exclama :

-Et qui devra expliquer cette dépense inutile à Luberrier ? Heureusement que cela ne sera pas moi...

- Oh je trouverai un moyen de vous faire porter le chapeau. Cela n'est pas dur.

- J'imagine pour quelqu'un comme vous grogna Reever

Johann eut un sourire et promena son regard sur les alentours et s'exclama :

- Dis donc ce n'est pas une chambre mais une annexe de votre bureau ! Et puis laisser la fenêtre ouverte comme cela ! Enfin maintenant il fait froid ici ! Manquerait plus que vous tombiez malade !

Reever ricana et s'exclama très agacé :

- Si cela ne vous plaît pas, vous pouvez toujours partir. Je pense que dans le désordre ambiant vous saurez bien retrouver quand même la porte. Et le froid moi, ne me gêne pas. Quant à ma santé comme si vous vous en souciez...

- Bien sur que je m'en soucie ronronna t'il avec un petit sourire. Je perdrai le protagoniste de mon jeu. Et il y aurait tellement plus de travail pour la Scientifique sans leur chef adoré...

Évidemment vu sous cet angle...

- De toute manière je ne viendrai pas. Je vous l'ai déjà dit. En plus je ne me sens pas très bien dit Reever son regard se tournant vers la fenêtre.

- Menteur. Vous vous portez comme un charme. Pas de chances pour vous Reever, depuis un moment je sais détecter quand les gens me mentent. chantonna t'il. Vous avez perdu sur ce coup là. Et je vous emmènerai de gré ou de force. Alors ce serait mieux de gré. Pour vous éviter la honte de vous traîner jusqu'au milieu d'une salle. Vous n'avez pas envie de perdre la face devant vos hommes, non ? Et ils se poseraient des questions, non ?

C'était un ennemi redoutable. Vraiment. Il appuyait là où cela faisait mal, comme si il le connaissait depuis toujours. Et vu qu'il aurait besoin par la suite de la confiance de ses hommes, il devrait lui obéir. D'autant que l'autre ne le lâcherait pas et il le savait. Et il serait capable de voir cela comme une insubordination et de le faire disparaître, ce qui ne l'arrangeait pas pour ramener Komui. Et soudain il l'attrapa par le bras et le releva de force, l'entraînant à sa suite vers sa penderie. Mais Reever en soupirant se dégagea de sa poigne et s'exclama :

- Je n'ai pas besoin de vous. Aussi sortez.

-Je camperai dehors s'exclama amusé Johann. C'est alors que Reever nota qu'il avait revêtu une longue tunique pourpre bordée de noir qui semblait de soie et avait laissé ses cheveux libres et ceux ci voltigeaient allègrement à chacun de ses mouvements. En tout cas le tout donnait quelque chose de classe et assez simple en même temps. Dans un autre contexte, Reever l'aurait admiré. Mais là...

Et il sortit sur ses paroles. Reever soupira. Ainsi donc le voilà obligé selon les circonstances de venir. Il se jura en son for intérieur que quand ce démon aurait son attention détournée de lui, il prendrait la fuite. Et doucement il sortit de son placard quelque chose de simple. Pas question qu'il mette quelque chose de particulièrement raffiné pour lui. Et encore moins une couleur chaude. Ce serait de ce bleu que Komui appréciait particulièrement, ce bleu presque dilué ressemblant presque à du blanc. Comme cela pour le contrarier. Il sourit et se changea. Puis passa dans la salle de bains arranger un peu ses cheveux(mais guère longtemps). Puis il ressortit. Et affronta le regard plein de déplaisir de Greimbaum qui contre tout attente rit soudain et s'exclama:

- Tu marques un point Reever. Je ne m'y attendais pas à celle là. En plus, je dois dire que cela va te va bien...

-Gardez votre tutoiement et vos compliments pour vous commenta froidement Reever. Déjà que vous me forcez à venir alors n'attendez pas de moi quelque chose d'agréable ou des remerciements.

- Quelle froideur ! S'exclama Johann. M'enfin bon cela ira..Et il empoigna son bras. Et Reever entreprit de se défaire de son étreinte en s'exclamant :

-Soutenez vous tout seul. Tant qu'à aller à l'abattoir, je préfères y aller seul.

- L'abattoir ! Comme vous y allez ! S'exclama Greimbaum.

- Tout lieu en votre compagnie est un lieu de mort commenta froidement Reever dont le regard se perdit par la fenêtre. Où il crut y percevoir un scintillement doré. Comme un certain golem doré. N'en croyant pas ses yeux , il se dit que cela devait être le reflet de ses désirs et non pas la vérité. De toute manière se jeter sur la fenêtre pour vérifier cela sous les yeux de Johann était suicidaire. Dès lors le silence s'instilla. Ce qui étonna Reever connaissant le caractère embêtant de Greimbaum qui tourna à nouveau tourna la tête vers lui. Pour le trouver songeur avec un petit sourire aux lèvres très mystérieux. Un sourire que Reever avait déjà vu. Sur Komui. C'était exactement le même. Ce sourire qu'il affichait quand il songeait à quelque chose qui l'amusait et dont il ne parlait à personne.

Il fallait croire que Komui avait eu de l'influence sur Johann... « En tout cas ce n'était pas très bon signe, ce petit sourire en voyant l'individu » songea t'il. Il détailla un peu plus son visage se rendant compte de sa jeunesse. Il devait avoir un peu plus de la vingtaine mais guère plus. « Si jeune et déjà corrompu à ce point, aux hauts postes bien brisants » songea t'il presque pris de pitié. Et il entrevit pendant quelques secondes ce que voyait Komui quand il le contemplait. Le jeune qui avait revêtu un masque de dureté et de cynisme pour effacer sa jeunesse et ses failles, probablement. Qui étouffait une humanité qui était sous la surface probablement. Enfin tout cela c'était des probablements. Reever eut un léger soupir et détourna le regard. Il ne vit donc pas le regard de Greimbaum se tourner vers lui et sourire légèrement sans malice spécialement. Il effleura du bout des doigts son épaule le faisant sursauter. Mais déjà son regard s'était détourné de lui et se portait vers l'entrée de son triomphe d'où émanait déjà de la musique assez enjouée. Et il ne lui accorda plus un regard, ce moment d'humanité déjà effacée. Et il rentra dans la pièce en s'exclamant :

- Et voilà j'ai ramené le dernier protagoniste ! La fête n'aurait pas été complète sans votre commandant, non ?

Reever qui arriva à sa suite leva la tête pour rencontrer le regard de ses hommes qui lui sourirent détendus. Comme si c'était normal de fêter l'arrivée du voleur de place. Du glaçon imprévisible. Mais ceux ci avaient tellement l'air heureux de se reposer un peu, de faire la fête que Reever n'eut pas le courage d'afficher trop sa mauvaise humeur de peur de ternir leur fête. Il leur adressa un léger sourire, très léger. C'était tout ce qu'il pouvait fournir. Mais cela suffit. Ses hommes se rapprochèrent de lui précautionneusement(en cas où). Excédé et amusé en même temps, Reever secoua la tête et s'exclama :

- C'est bon je ne vais pas vous crier dessus. Je sais me tenir quand même... Et puis je ne suis pas méchant, vous le savez.

- Cela reste à voir s'exclama amusé Johann intervenant à ce moment là.

Probablement qu'il voulait l'attention de tous, comme un enfant capricieux.

Reever le foudroya du regard et détourna son attention de celui ci. Au même moment, Johnny avec un sourire lui amenait un verre de lemon soda que Reever accepta avec un sourire de remerciement.

- Oh tiens vous aussi vous ne buvez pas d'alcool ? S'exclama dans son dos la voix de Johann.

- Pourquoi vous non plus ? S'étonna un Scientifique, permettant à Reever de continuer à ne pas le regarder ni à lui parler.

- Disons que j'ai un petit problème avec depuis que j'ai eu le malheur de croiser le maréchal Cross rit il.

Reever se figea et se retourna vers lui. Il venait de parler de son passé, comme cela ? Et une beuverie avec Cross ? Ouh là... D'ailleurs à en juger la tête des autres, ils étaient dans le même état. L'un d'eux s'exclama :

- Comment cela...

-Et bien il s'ennuyait à l'époque et était obligé de rester en Chine dans l'aile de soutien de Komui à l'époque. Et j'y étais justement avec mon maître d'apprentissage à l'époque. Alors il s'est dit que ce serait amusant d'entraîner un jeunot de dix sept ans à l'époque dedans. Au final, ben je ne m'en souviens pas. Mais il faut croire que c'était amusant à en juger les rires de Cross à chaque fois qu'il me voyait mais pas très amusant pour Komui qui a passé environ trois jours à m'éviter tellement à chaque fois qu'il me voyait il devenait rouge. Mais il n'a jamais voulu me raconter ce que j'ai fait.

Il eut un léger rire en racontant cette anecdote. Et un regard de compassion quasi unanime se posa sur cette pauvre victime de Cross. Il n'y eut guère que Reever qui nota qu'il ne citait absolument pas la réaction de son maître d'apprentissage. Bizarre. Ni même son nom.

- Ainsi vous avez donc connu Komui avant ? S'exclama l'un des scientifiques.

- Oui et plutôt bien. Mais il n'a absolument pas changé, à part le sister complex qui est venu par la suite. Mais je n'ai pas envie de parler de cet imbécile.

Reever n'apprécia que très peu l'insulte mais ne dit rien. N'empêche qu'il était très étonné. Il avait évoqué son passé sans problème . Alors cela devait être certains moments en particulier qui posaient problèmes. Peut être lié à ce maître. Ce qui expliquerait son silence dessus.

- Mais vous venez d'où au juste ? S'exclama un autre scientifique.

A cette question, Reever sursauta, attentif brusquement à sa réaction. Un léger sourire nostalgique se dessina sur ses lèvres et ses yeux se fermèrent, comme rappelant à eux un paysage aujourd'hui disparu.

- Je suis allemand. Je vivais il y a longtemps au bord du Lac de Constance. Un bel endroit vraiment. Et une très belle langue qui pour moi en comparaison rend toutes les autres langues pâles et insignifiantes.

- Oh comme Melle Lotto nota un autre scientifique.

Au même moment arriva Miranda qui portait une coupe de Champagne. Elle était plutôt jolie ce soir arborant une longue robe noire avec des volants. Mais justement le problème était qu'elle était TROP longue. Et ce qui devait arriver arriva. Sans faire exprès elle se prit les pieds dans sa robe et elle partit violemment en avant avec sa coupe heurtant le dos de Johann qui surpris, ne put se rattraper et s'étala avec elle au sol, celle ci sur son dos. Voyant cela Reever imagina tout de suite le pire. Aussitôt celle ci se redressa en s'exclamant écarlate :

- Désolé !Vraiment désolé !Désolé ! Je ne mérite pas de vivre ! Je...

Et Johann les surprit tous en se mettant à rire soudainement. Il se redressa et ôta gentiment mais fermement des mains de Miranda le couteau qu'elle avait sorti de nul part avant que quiconque n'ait intervenu en s'exclamant :

- Cela n'en vaut pas la peine, vous ne pensez pas, mademoiselle ? Et il lui adressa un sourire chaleureux, le premier vrai sourire que Reever lui voyait. En tout cas, c'est une manière disons original de se présenter. Et à qui donc ai je l'affaire ? Rajouta t'il tandis que ses yeux regardaient un peu plus attentivement la jeune femme, et s'écarquillaient un tout petit peu pour une raison quelconque seulement connue de lui.

Son ton était étonnamment doux. Comme si il avait su d'instinct que c'était ce dont elle avait besoin.

Miranda le regarda ébahie , confuse, encore gênée et murmura

-Mi...Miranda Lotto. Encore désolé.

Le regard de Johann se mit littéralement à briller.

- Ainsi c'est donc vous la jeune Allemande ?

Avant de s'engager dans une discussion en allemand avec Miranda qui resta étonnée au début et gênée avant de commencer à répondre. Reever eut un léger sourire en voyant cela. Ainsi donc tout n'était pas non plus corrompu. A moins que cela ne soit qu'une simulation ce dont il se doutait. Et voilà que l'attention de Greimbaum était détourné de lui. Il pourrait à la limite s'enfuir déjà et..Soudain il pivota et lui adressa un regard avertissement. Et mince. Il ne l'avait pas encore oublié.

- Commandant ? Vous allez bien ? Depuis tout à l'heure vous avez l'air bizarre. Commenta soudain près de lui la voix de Johnny.

Aussitôt Reever reporta son attention vers Johnny et pour ne pas l'inquiéter plus, il eut un faux sourire et s'exclama :

- Oui ça va. Un peu perturbé par tout les événements d'aujourd'hui mais cela va.

« Non ça ne va pas dut tout. L'homme que j'aime vient de partir en manquant de m'embrasser, un homme qui peut être mauvais, inhumain et cinglé a pris sa place et a décidé de me blesser voir même de jouer avec moi, pour je ne sais quelle raison. Et non content de cela, il s'amuse à me faire jouer à celui qui apprécie d'être avec lui à une soirée où il fête sa prise de pouvoir sur Komui. Et en plus, tout cela me rappelle des souvenirs. ». C'était ce qu'il criait intérieurement. Car cette soirée, ces rires, ces discussions ses verres qui circulaient librement..Tout cela lui rappelait la précédente soirée de ce style. Ou au centre de toutes les discussions se tenait Komui, qui souriait et répondait obligeamment à toutes les questions que l'on lui posait. Même les muettes, comme Reever l'avait fait. Qui maintenant était dans le train en train de partir. Et cela serra le cœur de Reever qui ressentit soudainement le besoin de s'écarter un peu de Greimbaum si il voulait éviter de lui cracher au visage sa haine. Il recula de quelque pas tandis que Johnny, n'ayant pas remarqué l'état de son Commandant, renchérit à ses propos avec un petit rire nerveux:

- Oui c'est vrai que c'est perturbant. Et dire que rien ne laissait présager cela. Aucune information n'a filtré, c'est dingue ! Il est parti comme cela, sans bruit alors que je pensais qu'il aurait plutôt tendance à partir en fanfare. Mais je peux le comprendre, c'est que cela devait commencer à être dur à tenir sans Lenalee à ses côtés. Après tout vu son amour fraternel pour elle. Moi, en tant qu'ami évidemment, Allen me manque aussi et si je m'écouterai je partirai bien à sa recherche. C'est peut être ce qu'à fait Komui. Et peut être ce que je finirai par faire, d'ailleurs. Et puis au fond c'était peut être mieux ainsi. Comme cela, vous n'aurez plus à courir après votre supérieur pour le ramener à son bureau.

Reever en resta interdit. C'est vrai que la supposition de Johnny vu de l'extérieur pouvait se tenir mais lui qui connaissait la vérité en restait pantois devant le décalage. Au moins il avait la preuve qu'il n'était pas complètement inhumain, comme il l'avait toujours pensé de ce fidèle scientifique. Qui l'avait emmené avec lui lors du projet Alma, justement à cause de son humanité. Par contre le reste de sa phrase, ne lui plaisait pas. Bien sûr que non «Cela ne serait pas mieux sans lui » Et peut être qu'il y gagnerait en tranquillité, mais surtout en ennui c'est sûr. Parce que même si parfois il l'agaçait, il le distrayait constamment, l'empêchait par ce renouvellement quotidien de ruses pour ne pas travailler, d'exploser sans prévenir sous la pression qui se faisait toujours intense sur leurs épaules. Et puis il l'aimait et avait pris l'habitude de veiller sur lui, comme si tous deux ne vivaient pas dans un contexte quasi éternel de guerre et que comme des humains normaux, ils avaient le droit de veiller sur quelqu'un qui leur était cher. Ce qui lui manquerait en plus de l'homme, c'était le lien avec la normalité d'avoir quelqu'un sur qui veiller, l'amour qu'il en ressentait qui le faisait le vouloir toujours près de lui et ses fantaisies qui coloraient la vie d'humanité, et qui lui faisant comprendre de par les réactions que cela lui provoquait, que lui AUSSI était vivant et pas simplement un robot. Mais cela il ne laissa pas percer et il se contenta de déclarer son regard soudainement triste sans qu'il ne puisse rien y faire :

- Oui c'est dingue.

Johnny inquiet toucha avec sollicitude son bras en murmurant :

- Commandant vous n'allez vraiment pas bien ! Vous pouvez m'en parler, vous savez. Cela vous ferait du bien de parler. Parce que là vous agissez comme Komui qui faisait souvent semblant qu'il allait bien quand ce n'était pas le cas.

Et Il lui souriait maintenant gentiment. Reever tiqua à ses paroles. Ainsi il avait aussi perçu cela... Et ses paroles amenèrent à ses lèvres un sourire amer. Ainsi il commençait à ressembler à ce qu'il avait toujours voulu combattre chez Komui. Une des raisons pour lesquelles il voulait être à ses côtés. Et en lui même il savait bien qu'il ne pouvait pas parler à Johnny de tout cela. Pour le moment, il ne comprendrai pas. Même si il révélait le complot de Luberrier, lui ne verrait pour le moment que le bien fondé d'une telle action, malgré toute son humanité. Et comment pourrait il décrire leur douleur à tout deux, sans se compromettre irrémédiablement ? Non. Vraiment il ne pouvait pas parler. Et maintenant il comprenait mieux la position de Komui, lorsque celui ci avait refusé de se confesser à lui, peu après le renvoi de Brigitte. Il comprenait encore mieux comme le silence déchirait quand on parlait à quelqu'un qu'on aimait bien qui cherche à soulager votre douleur comme inconsciemment on le cherche. Alors il eut un léger sourire qu'il voulut rassurant et s'exclama:

- Je vais bien. J'ai juste besoin de prendre un peu l'air.

Sortir de cette pièce bondée. Sortir de cet endroit où résonnent rires, chants,discussions, certains même dansant. Johann au loin s'essayant à apprendre quelque pas de valse à Miranda qui lui labourait constamment les pieds sous ses rires et les excuses de Miranda. Cet endroit trop joyeux symbole de la défaite d'un autre homme. Cet endroit qui blessait son cœur, ranimant des souvenirs, en particulier celui d'une valse endiablée dans laquelle l'avait entraîné Komui un soir comme celui ci alors que peu de gens pouvaient les voir. Son sourire si chaleureux à ce moment. Ce murmure qui murmurait que c'était un jeune allemand qui lui avait appris cette danse. Jeune allemand qui devait être maintenant qu'il y pensait Johann. Et sa réaction aujourd'hui lui semblant si stupide. Ses rougissements et ses protestations. Qu'aurait il donné aujourd'hui pour qu'il soit là à lui proposer une nouvelle danse. Là pour fêter ce qu'il n e savait pas lui même. Il voulait tellement que ce soit un rêve et que soudainement il se réveille et voit que ce n'était pas le cas. Qu'il en parle à Komui et que celui ci rit en entendant cela en lui assurant que cela n'arrivera jamais. Mais c'était arrivé. Et l'ambiance trop pesante était sur lui comme un couvercle comme ce poème de ce poète français.

Il avait été fou de croire qu'il pourrait la supporter. Vraiment. Il avait besoin d'air froid, de nature, de silence. Plus de cette joie lancinante qui s'apparentait pour lui à un couteau en plein cœur.

Aussi quitta t'il la salle gagnant un balcon, fermant la porte qui séparait la salle du balcon, gagnant enfin un peu de ce silence tant cherché.. Et enfin seul, il alla s'appuyer contre la rambarde, laissant couler ses larmes librement, enfin libre et seul. Libre de pleurer celui qui s'éloignait de lui comme cela. Libre de pleurer sur son cœur qui le torturait au milieu de la joie. C'est alors qu'il nota malheureusement que le silence n'était pas complet, la musique lui parvenant un peu étouffée mais venant quand même. Et il la maudit, elle et Greimbaum et il se prit à espérer que ce serait bientôt un hymne funéraire qui serait joué. L'ambiance en général en serait gâchée même si c'était égoïste. Et il se prit à espérer que Greimbaum ne l'avait pas vu quitter la salle, car sinon il viendrait le poursuivre jusqu'ici. Et il avait tout sauf envie de le voir. Et l'envie de quitter définitivement la salle le traversa. Mais il dut s'arrêter. Greimbaum aurait tôt fait de l'arrêter malheureusement. Vu qu'il semblait extrêmement observateur. Et il ne voulait pas revenir dans cette foule tout de suite. Cette foule de gens qui fêtaient quelqu'un qui prenait la place de Komui. Cette foule qui le rendait seul au milieu d'une multitude. A part Hevla et probablement Jeryy. Qui était peut être au milieu de cette clameur sans nom, cette horreur sans nom. Avant que Reever ne réalise. Lui à son contraire n'était pas la cible de Greimbaum. Il pouvait donc afficher plus librement ses convictions. Oh comme il aurait voulu qu'il soit là tous les deux, qu'il aurait voulu pouvoir parler librement à au moins l'un des deux !

Mais il ne pourrait certainement jamais leur parler librement à tous les deux maintenant, vu que Greimbaum semblait chercher tout ce qui pourrait le mettre en fâcheuse position, juste pour le plaisir et interpréter cela comme de la faiblesse. Or il fallait qu'il se montre fort face à lui. Il était donc relativement seul. Encore une fois. Pourquoi dans sa vie tout se ramenait à cela ? Cette solitude quasi éternelle. C'était tellement douloureux de songer que demain, il n'y aurait plus la moindre trace de Komui. Comme si celui ci avait été un songe éphémère d'une nuit né d'un rêve. Qu'il serait le seul à regretter. Et il avait mal rien qu'à cette pensée. Même si il savait être obligé de lui résister.

Au même moment se leva un courant d'air froid, ce qui fit sourire Reever. À travers cet océan de ténèbres. Qui eut soudain l'impression que quelque chose c'était posé sur sa tête. Comme une main. Mais il s avait que c'était impossible. De qui d'abord ? Sachant que personne ne l'avait suivi et que Komui était physiquement absent. Il se redressa un peu et sous ses yeux vint danser une queue dorée, avant que le poids sur sa tête ne vienne danser sous ses yeux. Et Reever ne retient plus son sourire. Tim. Il arrivait pile au moment où lui même allait mal, chassant un peu ses tracas. Roien que par ce lien qu'il formait avec Komui pour le moment. Il chuchota avec douceur en tapotant sa tête :

- Qu'y a t'il, Tim ?

Alors Tim ouvrit la bouche et lui montra une scène .

Komui installé contre la fenêtre du fiacre, son regard essayant de saisir encore les bâtiments déjà lointains de la Congrégation, des larmes perlant à ses yeux mis à découvert Un brise fraiche semblant soulever quelques mèches de cheveux. Et un murmure s'exhala de ses lèvres :

- Pardonne moi...Je t'en supplies pardonne moi... Même si je ne le mérite pas.

-Imbécile, c'est déjà fait murmura Reever avec douceur, tendant la main comme pour effleurer la joue de la vision. Fasciné qu'il était par cette scène. La preuve visuelle qu'il souffrait comme lui. Oh comme il aurait voulu en cet instant être à ses côtés et essuyer ses larmes ! Lui dire en face ses mots «Je ne t'en veux pas ». Le prendre dans ses bras et le bercer comme un enfant. Lui chuchoter tout ce qu'il pouvait de doux et gentil pour apaiser son cœur et se calmer par la même occasion. Peut être même embrasser son front, si il en avait l'audace. Voir même déposer un léger baiser sur ses lèvres et sentir contre les siennes ce léger goût de café et de miel qu'il avait senti près des siennes. Qu'il avait presque touché et senti.

Et soudain parvinrent à Reever des accents connus. Il se figea. C'était cette musique. Sur celle ci qu'il l'avait entraîné dans un rythme endiablé. Décidément le destin se moquait de lui, sur le coup !

Ou alors celui ci contribuait à tisser des liens plus forts encore entre la scène qui s'était déroulée sous ses yeux et sa situation. En tout cas, en voyant cela, cela ne le rendit pas plus triste. Un petit sourire au contraire se dessina sur ses lèvres, devant la similitude et la sollicitude de Tim qui était venu lui montrer que comme lui Komui souffrait. Avec un sourire il murmura à Tim :

- Allez envole toi Tim, veille encore sur lui pour moi.

Et Tim s'envola à tire d'ailes, obéissant. Et Reever suivit son vol des yeux un sourire aux lèvres. Et soudain la musique devint plus intense. Comprenant ce que cela signifiait Reever s'exclama :

- Vous savez que cela pourrait être considéré comme du harcèlement, Mr Greimbaum ? D'une voix anodine.

« Décidément on ne pouvait pas être tranquille quelques minutes » songea t'il. Reever attendit la réplique acerbe. Qui ne vient pas. Se retournant, perplexe celui ce figea et devint brusquement pale face au spectacle qui l'attendait. L'autre lui souriait en lui tendant la main, comme pour le convier à une valse. Et durant une seconde, il revit Komui se tenant devant lui dans la même pose. Et Reever recula choqué. Il avait fait exprès, ce salaud. Mais comment était il au courant ? En tout cas, maintenant, il ne pouvait plus supporter sa vision et voulait le fuir à tout prix. Avisant un balcon sous lui, Reever eut un sourire sadique. Il n' y avait pas pensé plus tôt, dis donc... Il se tourna vers lui et s'exclama :

- Dans vos rêves. Je ne vous laisserait pas corrompre le moindre de mes souvenirs. Sur ce, bonne soirée.

Et puis il enjamba la rambarde et sauta pour atterrir souplement sur le balcon en dessous. Et traversa rapidement ses quartiers pour regagner les seins. Où le stress et l'horreur de cette situation finirent par le rattraper, le faisant s'écraser sur son lit en plein désespoir. Il était vraiment pire qu'un monstre. Et ce fut dans cette situation que le sommeil vint le trouver.

OoO

Johann, resté appuyé contre la rambarde regarda disparaître Reever en dessous. Il semblait si sûr de lui,mais lui voyait bien ses épaules trembler et savait que cela finirait par le rattraper. Il eut un sourire carnassier. Il pourrait si il voulait le poursuivre mais il estima qu'il en avait assez fait pour aujourd'hui. Et puis, pour la manière dont il l'avait évité, il méritait bien une victoire provisoire. Komui avait raison. Il lui résistait et bien. Le jeu en valait vraiment la chandelle. Son sourire grandit encore. Puis il tourna les talons, rejoignant la salle en fredonnant les dernières notes de la musique préférée de Komui. Celle sur laquelle tant de fois ceux ci s'étaient entraînés à la valse. Quand ils étaient encore amis avant qu'il ne rejette totalement tous les sentiments. Qui ne partaient pas toujours, malheureusement. Mais jusqu'à présent personne n'avait jamais rien vu à ce propos. A part Komui. Une des raisons pour lesquelles il le détestait. Il lisait en lui comme dans un livre ouvert. Mais la réciproque était vraie. Comme cela l'avait été le jour où il lui avait téléphoné pour l'informer de son succès, évoquant à mi mots cette valse avec ce Reever Wenhamm, qui à l'époque l'avait fasciné. Et qu'il avait envié pour avoir fasciné Komui. Mais cela lui était passé. Non ? Bah de toute manière c'était du passé qui contrairement à ce que pensait Komui était mort et enterré. Alors il valait mieux oublier, refouler comme il était si doué pour le faire. Ce tigre qui se mentait à lui même, ignorant ses blessures et essayant de vivre avec en oubliant de les soigner. Ce tigre qu'il était mais qu'il refusait de reconnaître. Ce tigre faible qui joue les forts. Et qui était le rôle qu'il lui était attribué depuis ce fameux jour où Komui l'avait sauvé et qu'il avait refusé de reconnaître le bien fondé de son action, ce que par la suite il avait accepté. Après s'être totalement enterré sous la terre.

Voilà au bout de trois jours ce chapitre est fini ^^

Donc pour le moment ils sont à égalité. Le passé devient de plus en plus précis et cela va continuer comme cela. Je suis sûre qu'on peut déjà le reconstituer en partie.

Ici Johann est vraiment un salaud mais je dois avouer que je me suis éclatée à le faire sadique à souhait. Mais en même temps parfois il peut être touchant..Comme de temps en temps il l'est. Ici ... Et cela va continuer. Le prochain sera un jeu de chat et souris en quelque sorte, vous comprendrez quand je l'aurez rédigé. Et pour finir quelques mots de la chanson que j'écoute tout en écrivant ce chapitre avec une spéciale dédicace:( *Johann détourne le regard vexé*)

* Never wanted to dance with nobody, not you!
Never wanted to dance with nobody but you,
Never wanted to dance with nobody but you-
wouldn't take "no" for an answer, you fucking bitch!

Sur ce matade ^^ En espérant que cette fic continue à vous plaire ^^