Bonjour !
Je sais que ça fait longtemps que je n'ai rien posté. J'en suis vraiment désolée.
Mais le plus important, c'est que maintenant, je le fais !
Bref, voilà le sixième chapitre de cette histoire. Je peux d'ores et déjà vous dire qu'elle en comportera 9, plus un épilogue.
J'espère que ce chapitre vous plaira, il se déroule presque entièrement dans le passé. A l'époque de l'enfance d'Eleanor...il y a très longtemps !
Pour ceux qui suivent la série, à la cinquième saison je veux dire, je sais qu'il devrait bientôt y avoir un épisode où l'on rencontre le père de Killian Jones, et je voulais absolument poster ce chapitre avant, pour ne pas être déviée de mon scénario...
Sur ce, bonne lecture !
Disclaimer : L'univers de Once Upon A Time appartient à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 6 : Le père, les fils et l'ombre
Forêt enchantée, passé
Un seul éclat de lumière. Un rai de lumière, un trait fin et lumineux. La seule lueur passant à travers les planches de bois. Seul éclairage pour une victoire flamboyante...
Elle avait réussi. Pour la première fois, enfin, elle avait réussi à embarquer sur le bateau. Dans les cales bien-sûr. Dans un paquet : c'était la seule façon... Personne ne viendrait la déranger pendant le voyage. Elle avait tout préparé. Elle avait volé des biscuits dans la cuisine, trois douzaines dans un petit paquet pour un mois. Pour cette fillette vêtue de haillons, cela ne sortirait pas de l'ordinaire : c'est tout juste si on lui jetait une miche de pain par jour...
Alors la fillette aux cheveux noirs de la suie des usines et des cheminées s'était faufilée dans la foule des marins au lever du jour, pour l'embarquement. Il faisait encore nuit noire et elle ne voyait pas deux mètres devant elle. De plus, une plaie drue s'abattait sur le port depuis une semaine et il y régnait une rumeur étrange : aucun mot, juste les pas sur dans la boue et la terre. Comme si plus personne ne pouvait parler. Comme si une bombe venait d'exploser.
Alors elle était montée sur le bateau, se mêlant aux matelots, ses petits pas ressortant sur la cadence rythmée des marins. La fillette s'était tout de suite dirigée vers les cales, le plan du bateau qu'elle avait toujours connu, dont on parlait le dimanche à son retour au port, comme si elle vivait chaque jour de l'année à son bord.
Elle savait que c'était un long voyage d'un mois, et n'en était que plus heureuse. Ce qu'elle n'avait pas remarqué, c'était les canons flambants neufs qu'exhibait le vaisseau, ni les sabres luisants embarqués par des marins vêtus d'un nouvel uniforme. Ceux-là, personne ne les avaient remarqués.
Cette fillette était elle vêtue de loques, malgré son appartenance par le sang et la mère à la haute aristocratie. Mais elle était différente : c'était celle qui n'existait pas.
Elle n'était pas reniée, mais c'était tout comme. Pourquoi était-elle ainsi punie ? La réponse est assez simple : elle était née fille, et avait tué sa mère dans l'heure suivante.
C'est donc pour cette raison qu'elle avait passé ses neuf premières années à vouloir ressembler à ses frères. Ses deux grands frères, beaux, grands, forts et aimés de tous. Eux étaient, par leur masculinité, devenus les grands héritiers de cette grande famille à l'instant même où ils étaient venus au monde. Mais Liam et Killian, car c'étaient là leur nom, avait appris à imiter les adultes, à respecter les règles : ne jamais parler à leur sœur, ne jamais l'approcher : la laisser seule pour qu'elle comprenne qu'elle ne fait pas partie de cette famille, qu'elle ne mérite pas de porter leur nom, qu'elle n'est qu'une charge inutile. Mais surtout, il ne fallait jamais paraître en public avec elle, la misérable. Que jamais on ne sache. Car il ne suffisait que d'un regard pour découvrir la supercherie, un coup d'œil pour rassembler les pièces du puzzle. En un instant, à la vue des yeux bleus horizon de leur mère rêveuse, des cheveux bruns d'un noir d'encre luisant qui rappelait la pointe d'un sabre corsaire, on pourrait mettre un nom sur cette petite ombre au coin du mur et ce serait la fin de leur honneur, la ruine de la famille. Les deux grands s'acquittait très bien de leur tache, même si le plus jeune avait du mal à comprendre la raison pour laquelle on l'empêchait d'observer sa petite sœur. Mais il ne le faisait pas. Et Eleanor Jones était bien bannie de la famille.
C'était donc parce qu'elle avait été toujours ignorée qu'elle avait dû grandir, découvrir le monde par elle même. Elle n'avait même pas pu se lier d'amitié avec qui que ce soit dans les rues : dès que l'on apprenait qu'elle dormait dans un château, on était rongé de jalousie pour cette pauvre fille. Mais qui aurait pu être jaloux de cette vie ? Si ils avaient su... Du château aux escaliers de marbre et aux murs couverts de tapisseries dorées, Eleanor n'avait vu que la cave miteuse remplie de rats.
Du haut de ses neuf ans, elle n'avait pas acquis beaucoup d'expérience. Cependant, chez les Jones, l'appel de l'océan est universel. Tous ont le souffle des vagues dans leurs oreilles et le bleu de la mer devant les yeux. Elle avait tenté quatre fois déjà d'embarquer mais elle avait échoué, elle s'était fait repérée.
Mais cette fois c'était différent. Cette fois, elle réussirait, elle devait réussir.
Enfin, la caisse dans laquelle elle s'était tapie s'était posée sur les planches, les planches du pont. Puis des mains s'en étaient emparé. On l'avait mise aux cales, comme dans ses plans. Elle avait gagné.
Une heure plus tard, elle en eut la confirmation. Le bateau, le magnifique navire, le vaisseau qui était la fierté de la ville, s'éloigna doucement de la rive. Le vent se prenait enfin dans les voiles, le long voyage avait commencé.
Alors, doucement, la petite fille entreprit de retirer le clou qui entravait sa tête. Cela lui prit une demi heure. Puis une deuxième pour retirer le deuxième trou. Enfin, elle prit une grande inspiration et souleva la planche. L'obscurité envahit ses yeux, car il n'y avait que ça à voir. C'étaient les cales. Aucune vie, aucun son. Juste le roulis des vagues sur la coque extérieure.
Eleanor ne se découragea pas. Elle avait appris le plan de ce navire par cœur : elle saurait s'y repérer, même dans ce noir d'encre.
Elle grimpa habilement sur le bois et commença à marcher sur les vivres et les tonneaux. De temps en temps, elle glissait sur le bois humide ou l'arrondi des tonneaux. Mais ne se décourageait pas. Jamais.
Cette marche affreuse dura une heure. Une heure passée à tenter de rejoindre la trappe. Quand, enfin, elle la trouva, elle s'accroupit quelques secondes, pour reprendre son souffle. Elle ne s'accorda que très peu de temps avant d'accrocher ses mains à la poignée de fer qui se trouvait à quelques centimètres de son oreille gauche. Le bois était lourd, et l'ouverture de la porte lui consuma la force qui lui restait. Quand enfin elle réussit, elle gravit les escaliers de bois à pein taillé et arriva sur la pont.
La clarté de midi l'aveugla. La soleil était à son zénith et inondait les matelots de chaleur. L'atmosphère était moite, et lourde.
La petite fille passa inaperçue dans la foule de marins. Elle courut vers les cabines. Elle savait tout à fait où elle voulait aller. Eleanor s'engouffra dans un long couloir envahi de cuisiniers et de mousses, mais continua sa course vers le fond du couloir, la grande porte de bois lustrée.
Enfin, elle y parvint. Mais elle comprit tout de suite que quelque chose clochait. Les deux seconds du capitaine se tenait devant la porte et marmonnait d'un air soucieux. Eleanor décida d'attendre, tapie dans un coin, freinant sa hâte et son excitation.
Une minute plus tard, la porte s'ouvrit à la volée. Un homme en sortit en courant, vite poursuivi par six gardes. Ils semèrent la pagaille sur le navire. Eleanor les suivait, de quelques mètres pour que personne ne la voie.
Quand elle les rattrapa, à l'autre extrémité du vaisseau, elle arriva juste à temps pour entendre :
- Robert Jones, vous êtes en état d'arrestation pour trahison envers le roi.
Elle fendit la foule amassée autour de l'homme et arriva juste à temps au premier rang pour voir son père entouré de gardes. Il lança un regard dans sa direction et dit :
- Ce navire est entre vos mains à présent, mes fils.
Ces paroles étaient adressées à Killian et Liam, se tenant respectivement à la droite et à la gauche d'Eleanor. Il ne jeta pas un seul regard à sa fille et se fit emmener à l'autre bout du navire, alors qu'on ordonnait de faire demi-tour vers la terre.
Pays imaginaire, présent
Eleanor se remémorait cela, en tentant de s'endormir. La journée avait été longue. Ils avaient cherché une fée sensée pouvoir les aider, mais elle aussi avait apparemment de sérieux problèmes avec la méchante reine.
Elle se rappelait le jour où elle avait compris qui était son père. Celui qui ne s'était jamais occupée d'elle. Peu après son arrestation, elle avait entendu que son père n'avait pas remboursé ses dettes envers le roi. Un crime de l'aise majesté.
Après cet événement, elle n'avait pas reçu plus d'attention. Le bateau n'était pas reparti après avoir déposé le prisonnier à quai. Sa tentative s'était une fois de plus soldée par un échec. Ce n'est que six ans plus tard qu'elle avait commencé à exister.
J'espère que ça vous a plu !
Review ?
