"Ce que l'homme a le plus d'authentique, c'est sa capacité à créer, se dominer, endurer,
se transformer, aimer et dépasser ses propres souffrances." Ben Okri.
Les deux semaines suivantes passèrent relativement vite et sans bouleversement brutal. Ginny continuait de ne presque pas manger, et bien qu'Hermione lui fit deux, trois fois la remarque, elle ne la força pas pour autant à descendre manger avec elle. Comme si elle ne s'en souciait pas. Ginny eut un peu mal en le comprenant, elle avait l'impression d'être maintenant seule face au monde. Mais n'est-ce pas ce qu'elle souhaitait ? Et elle l'avait eu. C'est comme sa victoire avec Drago. Elle la voulait, elle l'aurait. Coute que coute. Néanmoins, après leur baiser enflammé dans la bibliothèque, plus aucune parole ne fut échangée entre les deux. C'est comme s'ils ne se remarquaient même plus l'un l'autre. A quoi bon, après tout. C'est comme s'ils avaient réussis à se détruire l'un l'autre.
Le dimanche du premier match tant attendu – gryffondor-vs-Serpentard, Ginny descendit prendre son petit déjeuner. Petit, fut vraiment le mot qui le qualifiait le mieux. Alors qu'elle regardait les autres manger avec appétit, elle reçu une lettre. La deuxième de sa famille depuis le début de l'année.
- C'est de ma famille, fit Ginny à l'intention d'Hermione.
Cette dernière hocha la tête avant de prendre part à la conversation des garçons qui se passaient à côté. Ils parlaient Quidditch, assez étrange qu'Hermione veule y prendre part plutôt que de savoir ce que les Weasley disaient. Ginny décacheta l'enveloppe et failli recracher tout ce qu'elle venait de manger. Comme avait-elle pu ? Elle l'avait trahi. En effet, dans la lettre, Molly Weasley expliquait que toute la famille s'inquiétait car d'après Hermione, Ginny ne mangeait plus et semblait toujours fatigués. Elle sentit la colère monter en elle et fusilla du regard Hermione, qui fit semblant de ne rien voir. C'est alors qu'elle lui chuchota :
- Tu me déçois, Granger.
Après ça, elle se leva de la table et partit dans son dortoir. Une fois à destination, elle déchira la lettre. Elle savait pertinemment qu'elle y répondrait. Elle leur dirait qu'Hermione s'inquiète pour rien, qu'elle allait parfaitement, qu'elle faisait parfaitement attention, comme ils lui avaient conseillé de faire. Que des mensonges, mais elle en avait juste marre qu'ils soient sur son dos, même à distance. Mais d'abord, elle avait un match à jouer contre les serpentards. Et elle allait tout faire pour gagner. Elle prit ses affaires, et descendit dans les vestiaires.
Quand dix heures sonnèrent, le capitaine de chaque équipe se serrèrent la main : Drago Malefoy et Harry Potter en train de se serrer la main… Même après la guerre, c'était quelque chose que l'on voyait que pour le sport. Puis, tous enfourchèrent leur balai, et décolèrent. Les balles furent relâchées peu après et le match commença.
Ginny fonça sur le souaffle à la vitesse de l'éclair et réussi à passer l'autre équipe au complet, à faire une feinte au gardien, et à marquer. Le match commençait bien. L'euphorie remplissant le stade donnait un nouveau souffle à l'équipe, et surtout à Ginny. L'adrénaline de la hauteur et la vitesse, combinée à l'envie de gagner, faisait d'elle une machine à gagner. Malheureusement, le gardien des gryffondors ne brillait pas, ce qui fait qu'il n'y avait un grand écart entre les points après 1 heures de match : 160 – 140. Ginny marqua encore une fois : 170 – 140. Puis soudain, coup de sifflet. Le vif d'or avait été attrapé. Ginny revint sur terre. Elle s'était tellement donnée dans le jeu qu'elle avait oublié que le vif d'or arrêtait le match. Elle vit les supporters de son équipe se levaient et criaient. Ils avaient gagné donc.
Tous redescendirent sur le plancher des vaches et descendirent de leur balai. Puis, ils se serrèrent tous la main. Pour le fair-play, plus que par plaisir. Quand Ginny se retrouva devant Drago, elle lui tendit la main. Il la regarda de haut en bas et la snoba. Elle le laissa partir, elle ne voulait pas créer d'embrouille le soir de victoire. Mais elle n'allait pas le laisser s'en tirer comme ça. Il l'avait regardé comme si il ne la connaissait pas. Pourtant, deux semaines plus tôt, il semblait bien la connaître. Toute l'équipe alla se changer puis alla se restaurer dans la grande salle. Après ça, tous les gryffondors se réunirent dans la salle sur demande qui avait été décoré en leur honneur. En fait, depuis cette année, les matchs de Quidditch se joueraient le dimanche matin et l'après midi, la salle sur demande était ouverte pour que l'équipe gagnante fête leur victoire avec tout ceux qui le voulait bien.
- Bravo pour l'équipe ! s'écria Seamus en levant son verre de jus de citrouille.
Tous, ou presque, le suivirent. Evidemment, comme il s'agissait d'une fête organisé par l'école elle-même, il n'y avait pas d'alcool. Mais, les nombreux souterrains, n'empêchèrent pas quelques courageux d'aller chercher de l'alcool. Ginny en prit quelques verres, jusqu'à se sentir bien. Elle ne sentait plus la fatigue, pourtant pesante quelque temps plus tôt. Hermione vient s'asseoir à côté d'elle.
- Beau match, lui dit-elle avec un petit sourire d'excuse qui laissait présager de la suite de la conversation.
- Comme si tu y connaissais quelque chose, rigola Ginny, avant de laisser sa tête tomber sur le fauteuil.
- C'est vrai, rigola Hermione.
Quelques minutes passèrent pendant lesquelles ni l'une ni l'autre ne parla.
- Tu sais Gin', j'suis désolée d'avoir… cafardé.
Ginny émit un « hum hum », comme pour lui dire qu'elle avait entendu.
- Je m'inquiète pour toi, tu sais. T'as des cernes, t'es tout le temps fatiguée. Tes notes sont en chute libre. Et puis, tu manges plus, tu maigris. On dirait que tu te laisses mourir.
Ginny releva la tête vers Hermione, un petit sourire aux lèvres. Le fait qu'elle lui dise tout ça, ajouté au taux d'alcool dans ses veines, la faisait bien rire. Au fond d'elle, Ginny était persuadée qu'Hermione n'en avait rien à faire. Elle ne voulait juste pas avoir mauvaise conscience et avait répondu à l'appel de Molly quand cette dernière lui avait demandé de la prévenir en cas de danger.
- Quoi ? Ginny, pourquoi tu ris ? Ce n'est pas drôle. Ca me fait peur. J'ai l'impression que tu ne fais pas attention à toi, et aux autres. Y'a quelque chose qui ne va pas ? Tu peux me le dire si tu veux ? Je suis là.
Mais Ginny n'entendit pas la totalité de la phrase. Elle s'était arrêtée à un mot qu'elle avait en horreur depuis la rentrée : attention. « Fais attention à toi Ginny-chérie », « Fais attention petite sœur », « J'ai demandé à Harry et Hermione de faire attention à toi »… Ils n'avaient vraiment pas l'air de comprendre qu'ils ne faisaient que l'énerver, eux, tous autant qu'ils sont. Elle était assez grande pour prendre ses décisions. Et même si quelques fois, elle faisait des erreurs à s'en mordre les doigts – quelques exemples récent peuvent en témoigner – elle savait se relever. La preuve : elle était toujours debout là, et elle venait de faire un match de folie. Hermione avait espéré bien faire depuis le début. Mais elle n'avait pas prévu que son petit discours sur l'écoute, l'amitié, passe si mal auprès de Ginny. Cette dernière finit son verre de whisky pur feu cul sec.
- N'essaie même pas de me suivre, grinça Ginny à Hermione avant de prendre la poudre d'escampette.
Elle se laissa mener par son subconscient et arriva dans le parc. Elle s'installa à même l'herbe et regarda le lac s'étendre devant elle. Soudain, elle fut prit par l'envie de se baigner. Elle s'avança vers l'eau et mit sa main dedans.
- Ca va, pas trop froide, se dit-elle.
Elle commençait à avancer tout doucement dans l'eau. Elle avait un peu de mal à rester en équilibre, l'alcool faisant son effet, mais au moins sa vue n'était pas trouble. Mais alors qu'elle était déjà arrivée à mi-cuisse, elle entendit quelqu'un crier. Elle fit comme si elle n'avait pas entendu : peu importe qui cela pouvait être. Ca lui était égal. Elle avait envie d'être seule. En tête à tête avec elle-même. Et elle avait besoin de calme. Elle espérait juste que cette personne arrête de troubler son silence reposant. Elle fit un pas de plus dans l'eau avant d'entendre son nom de famille, distinctement. Elle tourna la tête alors vers la personne, bien qu'elle sache déjà de qui il s'agissait.
- Sors de là, lui ordonna-t-il.
- Ah, tu me reconnais maintenant ? Que de changements comparé à ce matin, siffla-t-elle en référence à leur non-poignée de main.
- Je ne tiens pas à avoir ta mort sur ma conscience, grinça-t-il, mécontent d'avoir à assister à ça.
- Alors ferme les yeux, dit-elle avant de se retourner et de poursuivre sa route vers le centre du lac.
Alors qu'elle avançait, elle l'entendait lui ordonner de revenir. Il lui balança qu'elle allait se noyer, ou qu'elle allait congeler. Et surtout, il fit quelque chose qui énerva la jeune fille rousse il lui dit :
- Au moins fais attention.
Comme s'il s'en souciait, grogna Ginny pour qu'elle seule entende. Pour toute réponse, elle avança plus vite. Mais, elle se prit le pied dans quelque chose au fond de la l'eau qui la fit chuter vers l'avant alors qu'elle avait presque plus pied. Elle se laissa alors submerger par l'eau sans se débattre, se laissant tomber vers le fond du lac. Elle sentit l'air lui manquait mais elle n'essaya même pas de remonter à la surface. Comme si elle acceptait la mort. Et puis, elle n'avait surement plus la force. Après un match tel que celui qu'elle avait fait, le peu qu'elle avait mangé, l'alcool qu'elle avait bu. Elle n'avait pas envie de se battre pour rien. La dernière chose à laquelle elle pensa c'était de savoir si oui ou non, le serpentard avait fermé les yeux.
- Pour sa conscience, surement oui, se dit-elle intérieurement, avant de sombrer dans le coma.
Quand Ginny reprit connaissance, elle se sentit confortablement allongée et terriblement en vie. Mais pour tout le reste, ce n'était pas très agréable pour elle. Elle avait envie de vomir, l'odeur qu'elle percevait ressemblait à celle d'un hôpital, et sa gorge lui brûlait à chaque inspiration. Elle ouvrit les yeux, se pencha sur le côté, et vomit ce qu'elle put. Elle s'essuya du revers de la manche et se rallongea, impossible de tenir plus longtemps en position assise, pas assez de force. C'est alors que la porte s'ouvrit sur un médicomage.
- Bonjour Mademoiselle. Je suis le médicomage Steward. Vous souvenez-vous de comment vous vous appelez ?
- Ginny Weasley.
Il fit une moue sceptique.
- Ginevra Molly Weasley, mais je préfère Ginny, articula-t-elle.
Sa gorge lui faisait horriblement mal mais elle savait que pour sortir d'ici plus vite, elle devait être coopérative.
- Où vous êtes vous fait ça ?
- Dans le lac. A Poudlard. J'ai trébuché.
- Bien. Reposez vous mademoiselle, je vais charger quelqu'un de prévenir votre famille.
Sur ce il s'en alla, laissant Ginny en plan. Ginny essaya tant bien que mal de respirer, mais ça lui faisait de plus en plus mal. Comme si on l'avait entendu, une infirmière arriva et lui donna une potion à boire. Peu de temps après, Ginny se sentit mieux. Peut être pas en état de se lever, mais elle retrouvait des forces et sa gorge ne lui faisait plus si mal. Dire qu'elle avait cru mourir. Elle s'était vu partir. Elle se souvint alors de sa dispute avec Hermione, de son envie d'aller dans le lac, de Drago Malefoy lui ordonnant de revenir. Elle se souvint aussi qu'il lui avait dit de faire attention, ce qui l'avait énervé. C'est vrai qu'il était là quand elle s'était noyée, mais il n'était pas dans le lac, et l'avait encore moins poussé. Alors, elle ne se sentit pas coupable de ne pas l'avoir dit au médicomage. Après plusieurs minutes de réflexion, Ginny fut sortit de ses pensées par la porte de sa chambre qui s'ouvrait. Sur ses parents.
- Oh, Ginny-chérie ! s'exclama sa mère en venant l'encercler de ses bras.
- Tu nous as fait une grande frayeur, ricana Mr Weasley.
Ginny perçut très bien la peur qu'il avait eu, dissimulée derrière son petit ricanement. Pendant un temps, ils parlèrent. Ginny apprit qu'on était le jours qu'elle était dans le coma. Elle devait encore rester au moins une journée en observation. Ses parents lui parlèrent alors de la lettre qu'Hermione leur avait envoyé, dans laquelle elle s'inquiétait, et Ginny les rassura en leur disant que tout allait bien.
- Je suis peut être un peu stressée par les B.U.S.E.S. mais tout va bien maman, fit-elle.
Sa mère hocha la tête avant de l'embrasser sur le front et de sortir. Son père l'imita et sortit après elle. Rentrèrent après eux, Ron et George.
- Je vois que tu ne fais si attention que ça, déclara George, quelques secondes seulement après l'avoir, lui aussi, embrassé sur le front.
Ginny fit de son mieux pour se contrôler. Elle n'avait envie de se fâcher avec eux. Elle essaya de changer de sujet sur leur occupation et ils parlèrent un peu du magasin puis ils sortirent. S'en suivit la valse des visites : Hermione et Harry entrèrent. Après avoir salué Ginny, ils expliquèrent qu'ils avaient eu l'autorisation de la directrice. Puis, ils dirent, comme les autres, qu'ils avaient eus peur.
- Il ne faut pas vous inquiétez, je vais très bien. Au fait, qu'ai-je manqué ?
- Pas grand-chose, fit Harry en souriant, content de voir que Ginny semblait aller bien.
- Harry, ne dis pas ça ! Elle a loupé plein de cours. Je me suis arrangée avec une élève de ton année, plutôt sérieuse, et je te les ai tous recopiés. Je te les donnerai quand tu reviendras !
- Merci Mione, fit Ginny en souriant.
Ils partirent peu après, et le dernier visiteur fit son entrée.
