Pov Bella

Je le regardais sortir de la salle de bain, encore enroulée dans ma serviette et incapable de réfléchir. J'allais dans ma chambre pour m'habiller rapidement. Un jean et sweatshirt feraient l'affaire avec mes éternelles converses noires. Je me brossais rapidement les cheveux en une queue haute et descendis. Il était assis sur les marches du perron. Même de dos il était charismatique. J'étais devenu pathétique et maintenant que le retour à la réalité était survenu, il allait falloir mettre les choses au claires.

En moins de douze heures j'avais fait tout ce que je m'étais promis de ne jamais faire. J'avais couché avec quelqu'un de Forks qui, en plus, connaît ma famille je l'avais fait rentré chez moi et le pire dans tout ça : je l'avais laissé me contrôler. Je mentirais en disant que ça ne m'avais pas plu, je m'étais sentie enfin moi, enfin libre, (ce qui est assez paradoxal quand on est attachée). J'avais pu lâcher prise. Même si je saisissais l'ironie de la situation je ne pouvais pas la laisser perdurer. j'avais vite compris qu'il était un dominant, Rose m'avait beaucoup parlé de ce monde là et même si je supposais qu'il n'était pas comme Royce, il restait un danger pour ma famille.

Décidée à mettre fin à cette histoire, je m'approchais et m'assis à coté de lui.

- Il y a du monde chez ta sœur.

Je le regardais, lui fixant ma camionnette garée dans l'allée de Rose.

- Ma sœur Alice m'a ramené ma voiture pour que je puisse porter les valises à Rose et surveilles les enfants en attendant que je revienne.

Un silence pesant s'installa. Il fallait pourtant que je mettes les choses au clair. On ne pouvait pas continuer à se voir malgré l'alchimie qu'il semblait y avoir entre nous. Il fallait que je lui dises même si je sais que ça sera douloureux , même si ça voulait dire que je ne devais plus être moi.

- Avec toi je vais à l'encontre de presque toutes mes règles.

Il tourna son visage vers moi, ancrant ses yeux dans les miens.

- Les règles sont faîtes pour être transgressées.
- Pas celles-la, c'est trop risqué.

J'avais chuchoté ma réponse avec l'impression de trahir un secret. Je lui devais une explication mais n'arrivais pas à lui dire.

- Risqué pour qui ? je ne te ferai jamais rien que tu ne veuilles, je ne te ferai pas de mal Bella.
- Il n'y a pas que moi à prendre en compte.

Son visage se crispa, il était agacé. Sa voix devint tranchante.

- Alors c'est pour tes sœurs, madame capricieuse n'accepterait pas que tu ais un semblant de vie ?

Je me relevais d'un bond, ne supportant pas son attaque contre Rose. Et c'est furieuse que je lui répondit.

- Tu ne sais rien de moi, de ma vie ou de ma famille. Quoique non, tu dois en savoir un peu quand même. Je ne suis pas stupide, nos rapports de cette nuit et même de ce matin n'était pas vanille n'est-ce pas?

Son visage se décomposa, j'avais visé juste en le supposant adepte du BDSM. Lancée par ma colère, je continuais ma tirade.

- Alors tu dois connaître ce cher Royce King, mon enfoiré d'ex beau frère ? Il a fait parti un temps de votre cercle très "privé". Ma sœur ne mérite ni ta méchanceté gratuite, ni la pitié que je peux voir dans tes yeux maintenant.

Puis je partis, presque en courant.

- Bella, attends !

Je ne l'écoutais pas et continuais d'avancer.

- Maman

Je relevais la tête et vis Peter et Carlie qui venait de sortir de chez Rose pour se jeter dans mes bras. J'attrapais ma fille et saisis mon petit homme par la main, refusant toujours de regarder derrière moi et entrais chez ma sœur.

Je devais avoir une sale tête puisque Alice, que rien n'arrêtes jamais dans sa quête du moindre ragot, ne me posa aucune question.
Renesmée nous avait rejoins dans l'entrée et je serrais mes enfants contre moi. Il n'y avait qu'eux pour réussir à me détendre rapidement.

La journée passa vite. Rosalie donna naissance à une petite princesse : Rachel et c'est épuisée que j'allai la voir après avoir laissé les enfants à Alice.

- Hey la famille Mac Carthy, Elle est où la princesse ?

Ma sœur leva les yeux de son bébé pour me sourire et me montra le couffin entre elle et Emmett.

- Il faudrait aller chercher les valises, je n'ai pas eu le courage de les monter.

Mon beau frère se leva et sorti après avoir embrassé sa femme et son bébé.

Je m'installais auprès de ma sœur pour contempler ma petite nièce qui dormait sagement.
Ma sœur me fixait, elle avait toujours su deviner mes états d'âme et cette fois ne faisait pas exception.

-Bella, qu'est ce qui ne va pas ?

Je ne voulais pas la regarder, sentant mes yeux s'humidifier.

- Rien ma Rose, je suis juste fatiguée, je n'ai pas beaucoup dormi.
- Ne me ment pas, je vois bien qu'il y a un problème. C'est à cause du gars qui t'accompagnait ce matin ?
- On peux dire ça, oui, mais t'inquiète pas, ça va vite me passer.
- Je l'ai vu quand j'étais dans la voiture, Je le connais je crois, je suis pas sure, tout s'embrouille dans ma tête quand je pense à cette période.
- Ne pense pas à ça, je ne le laisserai pas s'approcher de notre famille, tu n'as rien à craindre.
- Je ne le crains pas. Tu sais, je crois que c'est lui qui a essayé de m'aider quand j'étais enceinte de Jared mais j'avais refusé, j'avais eu peur de ce que Royce ferait à kim si j'acceptais.

Je la regardais un peu perdue.

- Tu essaies de me dire quoi Rose ?

Emmett rentra avec les premieres valises, coupant la conversation.

- Je vais récupérer les autres et après je dois aller faire un tour à la salle. Tu pourras rester jusqu'à mon retour Bell's ?
- Sans problème, par contre on a du envahir votre maison, c'est la plus grande et avec tous les enfants c'était plus simple pour moi. Il faudra que tu me dises ce dont tu as besoin si tu penses rester ici .
- Oui je reste, j'irai juste à la salle quand toi ou Alice serait là, je ne veux pas qu'elles restent seules. Il me faudra juste des rechanges.
- Ok Alice t'en amènera demain matin.

Il reparti laissant le silence peser entre Rose et moi. Emmett revint, déposa les dernières valises et parti à la salle.

-J'étais enceinte de 5 mois quand c'est arrivé.

Je me retournais, regardant ma sœur. Elle fixait le mur, plongée dans des souvenirs que j'aurai aimé pouvoir effacer.

- Nous étions arrivés au club. Je ne me souviens plus pourquoi mais Royce était en colère contre moi. Je ne voyais rien de ce qui se passait car je devais garder la tête baissée. Il était tellement jaloux.

sa voix devint un chuchotement et je me rapprochais pour pouvoir l'entendre.

- Il ne supportais pas que je regarde un autre homme. Puis on m'a bousculé et j'ai relevé la tête. C'était un réflexe, je ne pensais pas à mal en le faisant.

Elle s'était mise à pleurer et je maudis Royce pour ce qu'il lui avait fait et Edward pour lui avoir fait remonter tout cela, la faisant pleurer en ce jour qui n'aurait du être que du bonheur.

- Tu n'as jamais rien fait de mal Rose, rien n'était de ta faute.

Mais elle ne m'écoutais pas, trop plongée dans l'horreur de ses souvenirs.

- Il m' a attrapé les cheveux et m'a jeté par terre, appuyant ma tête contre le sol en criant " Tu ne dois rien regarder d'autre que ça " . Puis j'ai sentie la pression sur mon crâne disparaître et quelqu'un me relever. C'était ton gars, Edward Cullen, très connu dans ce milieu. Deux autres hommes sont venus retenir Royce pendant qu'Edward me proposait de rester. Je me souviens qu'il me parlait doucement, me demandait si je voulais voir un médecin pour mon bébé, si je voulais qu'il me protège de l'autre. J'ai refusé. J'avais peur. Plus pour moi, j'avais dépassé ce stade depuis longtemps, mais pour Kim. Si Royce rentrait sans moi il aurait pu s'en prendre à elle pour se venger de mes erreurs.
- Chut, ne pleures plus, je comprends ce que tu essaies de me dire.
- Non tu ne comprends pas ! Après ça, Royce a été bannis du club. C'est un club BDSM pas une salle de torture et ce qu'il a fait cette nuit là n'a pas été toléré. Blesser dans le but de faire souffrir n'est pas de la domination. Chaque soumis ou soumise à le droit de dire stop et Royce n'acceptait pas cela. Si j'avais eu ce droit là, ça n'aurais pas autant dégénéré.
- "Blesser sans faire souffrir" ne veut rien dire Rose.
- Si. Certaines douleur peuvent mener au plaisir, je te parles pas de se faire tabasser, comme c'était le cas pour moi, mais une fessée ou d'autre trucs comme ça. Tu peux me croire, au début, quand Royce voulait me faire accepter ce monde, j'étais bien. J'avais enfin trouver un exutoire à ma timidité, une sorte de délivrance que je n'ai plus depuis. Edward n'est pas comme Royce, il avait la réputation de prendre soin et de respecter ses soumises. Même si je n'avais pas le droit de parler dans ses soirées là, j'écoutais. Elles étaient heureuses de le retrouver, vantant ses mérites dans la playroom.

Elle tenta de sourire mais ce fût rater, son visage était trop marqué par sa peur et sa tristesse.
Je m'allongeais près d'elle, la serrant contre moi. C'est comme ça qu'Emmett nous trouva à son retour. J'embrassai ma soeur et ma nièce, salua mon beau-frère et reparti.