Patron VS Panda

Chapitre 6

Jour 3 de captivité:

-Je crois, soupira le chanteur.

Il n'avait plus aucunes notions du temps qui s'écoulait, entre les quatre murs de béton gelé. De plus, son kidnappeur n'avait pas fait surface depuis la veille.

La porte s'ouvrit violemment, laissant plaçe au criminel, qui avait encore moins commode qu'avant, exploit considérable.

-Debout.

Son captif lui jeta un regard de défi.

-J'ai dit DEBOUT! S'énerva Tony en lui donnant un coup dans les côtes.

Le Panda se recroquevilla mais ne céda pas. Il savait ce qui l'attendait. Son bourreau serra les dents, souffla profondément pour se calmer un peu, mit son pied sur la jambe de ce dernier et appuya de tout son poids. Un horrible craquement retentit et Maître Panda hurla.

-Maintenant, lève-toi.

"Si je dois l'affronter, autant ne pas le faire à terre. Même si je n'ai aucune chance vu que j'arrive même pas à l'atteindre à la tête sur la pointe des pieds, je trouverai bien un moyen de lui faire mal."

Il se leva péniblement en faisant attention à ne pas s'aider de sa jambe blessée, le menton haut. Ledit menton se prit un magnifique crochet, qui renvoya le pauvre gars au tapis.

-Allez, lève toi! J'ai pas tout mon temps! Ah si, justement, ricana Tony.

Nouveau coup de pied dans le ventre.

-T'es au courant qu'à cause de toi et de ton copain pédophile, j'ai dû aller me faire opérer. Du bas ventre, si tu vois ce que je veux dire. Je pourrai pas utiliser mon engin pour un bon moment. Et tu vas le payer. Cher.

Il saisit la cause de sa récente opération à la gorge et le releva de force, le planqua contre le mur et lui remit un coup de poing dans la mâchoire.

-J'aimerais vraiment te tuer, mais autant faire durer le plaisir... Et puis j'ai deux ou trois questions à te poser. Premièrement, où habites-tu, toi et tout tes camarades?

Maître Panda releva lentement la tête, plongea ses yeux dans ceux de son ennemi et fit un sourire goguenard, ressemblant pendant une seconde trait pour trait au Patron, faisant reculer d'un pas Tony. -Tu crois vraiment que je vais te le dire, connard?

Le connard en question reprit aussitôt contenance et grinca:

-Très bien, tu l'auras voulu.

Il saisit le Panda par les cheveux et lui fracassa la tête contre le mur.

Noir.

Le chanteur de SLG se réveilla quelque minutes plus tard, avec l'impression qu'un camion benne lui avait roulé sur le crâne puis avait fait quelques marches arrière avant de partir. Il fit un rapide topo de la situation: mains liées dans le dos, une jambes inutilisable, couché sur le ventre sur le béton froid, son champ de vision réduit, tremblant de froid à cause de son kigurumi glacial. Bon, ça pouvait être pire, au moins Tony n'était pas là...

Deux pieds surgirent devant son visage.

-On est bien comme ça?

-Nickel, et toi? Marmonna Maître Panda, sa tête le lancinant impitoyablement.

Il fut saisi par sa capuche et trainé par terre jusqu'à une bassine en bois remplie d'eau.

-Ça veut dire non? Souffla la victime.

-Ta geule.

-Moi aussi je t'aime.

Tony le redressa sur les genoux et le regarda droit dans les yeux:

-Je repose encore ma question: où habite le Patron?

-Attends, répète j'ai pas bien capté.

Son ennemi ne saisit pas l'ironie de la phrase et s'exécuta.

-Encore une fois pour voir?

Il dut y avoir un tilt dans le cerveau du géant qui grogna:

-Tu te fouts de moi?

-Noooon, qu'est ce qui te fais dire ça?

-Bon, répond clairement à ma question.

-Rhaaaa, y a quoi que tu captes pas? Je vais te répondre clairement: va te faire foutre, enculé.

Tony saisit une nouvelle fois les cheveux du Panda et lui plongea la tête dans l'eau gelée.

Ce fut comme si le temps s'était arrêté un instant: il n'y avait plus aucun bruit, tout était assourdi. Il resta comme ça quelques secondes, en parfaite quiétude.

Puis il commença à manquer cruellement d'air. Il essaya de relever la tête hors de l'eau, mais Tony le maintenait d'une poigne de fer. Commençant à s'affoler, il gigota dans tout les sens, mais ça ne fit qu'empirer les choses. Il hurla, des bulles tournoyant autour de lui alors qu'un rire satisfait résonnait, quelque part au dessus de lui. Voyant de grosses taches danser devant ses yeux, la pointrine en feu, il arrêta de se débattre, détendit ses bras crispés contre la bassine et abandonna toute résistance, résigné et presque soulagé que l'attente insupportable cesse enfin.

Au moment où il allait sombrer dans l'inconscience, le psycopathe le tira en arrière, et il put à nouveau remplir ses poumons douloureux de grandes goulées d'air.

-Tu ne croyais tout de même pas avoir une mort rapide?

Le Panda cracha toute l'eau qu'il pût, puis Tony souffla juste derrière lui une autre question:

- Combien êtes-vous dans la maison?

Le pauvre gars au kigurumi ne voulait en aucun cas retenter l'expérience de la semi-noyade. Il ne voulait pas non plus livrer d'informations à l'ennemi juré du Patron, car celui-ci pourrait s'attaquer à tout les membres de l'émission, les tuant jusqu'au dernier.

Il craqua alors: se mettant en position foetale, il posa sa tête sur ses genoux et commença à pleurer, se balançant d'avant en arrière.

-Réponds moi! Tonna son bourreau.

Devant son mutisme, il lui prit le cou de forçe et, malgré les plaintes assourdissantes du Panda, lui replonga le haut du corps dans la cuve.

L'interrogatoire dura toute la soirée, et Tony dut bien admettre sa défaite.

-Tu es plus résistant que je ne l'aurais cru... Tu m'impressionnes, petit.

Il enleva d'un coup sec sa ceinture avec un sourire mauvais.

-Mais il y a une fin à tout.

Il se plaça derrière lui, et le Panda ne vit que l'ombre du psychopathe, sur le mur en façe lui, lever le bras.

-Non non non non n...

La ceinture claqua.

Une seconde plus tard, une énorme vague de douleur traversa tout le dos.

-Aaaaaa...

Sa voix se brisa au deuxième coup. La souffrance et lui ne faisait plus qu'un.

-Un de mes informateurs m'a dit que le Patron avait renoncé à continuer les recherches, ricana Tony, dans le but de détruire sa victime autant physiquement que mentalement.

Celle-ci gémit autant de douleur que de désespoir. La ceinture fouetta une troisième fois son dos, déchirant son kigurumi.

-Alors, où habite le Patron? Redemanda pour la énieme fois le criminel en redonnant un coup pour appuyer son dernier mot.

Le Panda s'écroula par terre, exténué, le regard vide. Le soulevant par le coup, Tony lui donna une nouvelle droite.

-Répond moi, putain!

Maître Panda cracha le liquide au goût métallique qui emplissait sa bouche, mais ne prononça pas un mot. Son bourreau le lâcha, exaspéré, le regardant s'écraser au sol.

-Tu n'es plus bon à rien, visiblement... Je reviendrais demain. Il sortit en claquant la porte derrière lui.

Maître Panda, à bout de force, savait que le lendemain il ne tiendrait pas toute la journée et qu'il finirait par lui dire ce qu'il voulait savoir. "Pitié, Patron, sauve nous de ce pétrin!" Pensa-t-il avant de sombrer dans une léthargie profonde.

Jour 4 de captivité:

Tony ne vint pas ce jour-là, laissant Maître Panda imaginer des hypothèses plus ou moins plausibles. Heureusement pour ce dernier, mourrant de soif et de faim, le géant se pointa le soir, avec un plateau de nourriture et d'eau.

Il le laissa manger rapidement son assiette, l'air pensif. Soudain, quelqu'un toqua à la porte. Tony se précipita voir le visiteur, et le compagnon du Patron entendit une voix parler à toute allure, affolée, mais il était trop loin pour en saisir les paroles. La porte claqua et le tueur, fébrile, revint en courant.

-Le Patron arrive! Souffla-t-il.

Maître Panda s'illumina: Tony lui avait menti! Le Patron ne l'avait pas abandonné!

-Pas le temps de finir l'interrogatoire, tu dois être mort avant qu'il arrive, et moi déjà parti.

Le sourire naissant de Maître Panda disparut aussitôt. Tony allait le tuer... Le Patron n'arrivera pas à temps pour lui! Il se débattit quand son ennemi le releva de force, mais rien à faire; il était trop costaud. Tony lui attacha les mains dans le dos et le jeta dans un coin, puis alla chercher un petit tabouret et une longue corde. Le Panda, les yeux écarquillés, comprenait peu à peu ce qui l'attendait: l'homme au cicatrice passa la corde dans un anneau de fer fixé au plafond et fit un noeud coulant.

Il essaya de se glisser hors de la salle mais Tony l'arrêta en posant son pied sur sa jambe cassée, lui causant une douleur atroce. Il fut trainé de force jusqu'au tabouret, positionné juste en dessous du noeud coulant, et il lui mit la corde autour du cou, resserant le plus possible. L'animal protégé se retrouva alors debout sur la pointe des pieds (Enfin sur la pointé DU pied valide...) sur le tabouret, les mains dans le dos et la corde lui enserrant le cou. Alors que Tony allait donner un coup dans le marche-pied, on frappa à nouveau à la porte, qui s'ouvrit en grinçant.

-C'est moi! Retentit une voix sarcastique que le Panda connaissait par coeur.

Sa joie fut cependant de courte durée: l'ennemi du Patron sortit un couteau de sa poche et attendit que l'intru rentre dans la pièce. Ledit intru poussa la porte et vit avec stupéfaction la scène qui se déroulait sous ses yeux. Il réagit cependant au quart de tour et sortit son pistolet de sa poche.

Trop tard.

Tony lui arracha des mains le flingue et le jeta par terre, préférant le corps à corps, sûr de le battre facilement étant donné sa large carrure. Pourtant, le Patron évita les premiers coups avec une facilité déconcertante. Ce n'était pas pour rien qu'on lui avait donné le titre du plus grand criminel au monde, titre que Tony convoitait depuis des années. Furieux qu'il lui tienne tête, le géant multipliait les attaques alors que son ennemi, lui, augmentait les parades avec adresse. Pourtant, ce dernier était trop accaparé pour pouvoir inverser la tendance. Ça aurait pu continuer longtemps, tout les deux aussi tenace l'un que l'autre. Mais malheureusement pour Maître Panda, durant le combat quelqu'un tapa dans le tabouret qui se renversa, le laissant suspendu par le cou dans le vide.

-Pa...Pat...patron... gargouilla-t-il.

Celui-ci se retourna et vit avec effroi la situation de son compagnon. Mais Tony ne le laissait pas s'approcher du chanteur, qui s'étranglait peu à peu.

-Bordel de merde, tu pouvais attendre un peu?

Le Patron se jeta alors sur le pistolet par terre et tira dans le noeud au plafond qui se rompi, libérant le Panda qui tomba lourdement sur sa jambe cassée, le faisant hurler.

La seconde d'inattention du Patron permit à Tony de passer derrière lui et de l'étrangler, l'emmenant au sol pendant que l'homme en noir se débattait en vain pour défaire l'étau qui lui enserrait la trachée. Quand il fut sûr que le Patron ne se relèverai pas immédiatement, il le lâcha et prit le couteau qui gisait près de lui. Victorieux, le géant leva le bras pour le planter dans la gorge de son ennemi, qui essayait désespérément de se soustraire de son emprise, maintenu par terre d'une main.

Maître Panda se jeta alors sur son kidnappeur, les faisant chuter tout les deux. Il y eut une melée de coups puis ils se relevèrent, se séparant, à bout de souffle. L'homme au kigurumi saisit alors le flingue que le Patron avait lâché en tombant, visa et appuya plusieurs fois sur la détente, le visage crispé de haine, touchant Tony en plein dans la poitrine. Celui-ci tituba, stupéfait, et chuta.

-Bravo, gamin, j'aurais pas fait mieux! Si tu pouv...

Le Patron se tut en suivant le regard du Panda.

Le manche du couteau dépassait du ventre de ce dernier, formant une tâche écarlate qui s'agrandissait peu à peu. Il se releva précipitamment et saisit son compagnon au vol.

-Non, non, non... Attends, ça va d'arranger, tout va bien, ok? Essaye de rester conscient, d'accord?

Maître Panda s'évanouit.

-Bon. Visiblement, tu n'es pas d'accord.

Il prit la créature dans les bras et fit quelques pas en direction de la porte avant de s'immobiliser en voyant Tony convulser.

"Si je pars maintenant, je ne pourrai pas torturer ce mec avant qu'il meure, et j'ai beaucoup de trucs à lui faire payer... Mais si je reste là, c'est la boule de poils qui va mourir..."

-Rhaaa, va au diable!

Il sortit de la pièce en courant avec son protégé dans les bras, appelant avec difficulté l'hôpital.

Epilogue:

Maître Panda se réveilla dans un lit blanc, avec une machine bipant régulièrement à côté de lui.

-L'hôpital, soupira-t-il.

-Déjà reveillé, gamin?

Le gamin en question sursauta et tourna la tête vers la source du bruit. Le Patron était adossé contre le mur et le regardait, son éternel rictus collé au visage.

-Ouais, c'est moi qui suis de garde, ce matin.

-Je suis là depuis combien de temps?

-Deux jours. T'as vraiment fais flipper Mathieu, tu sais.

-Et toi, tu fais quoi là?

-Je te surveille. Au cas où tu t'envolerai. Et puis j'ai vu des petites infirmières super bonnes, je pense que ce soir je...

-Je m'en fou, je m'en fou! L'interrompit le Panda. J'ai déjà assez entendu de trucs pervers pour toute ma vie.

Le Patron s'adouçit:

-Ouais, peut être... Au fait, vu que ton ancien kigurumi est irrécupérable, Mathieu et le Geek t'ont acheté ça.

Il lui balança un paquet que le blessé se dépêcha d'ouvrir.

-Un nouveau kigurumi! En plus doux... ronronna-t-il.

-C'est ça, ouais. Ah sinon, ça c'est de ma part, ricana le psycopathe en lui envoyant un autre paquet. Bon, puisque tu es réveillé, je vais aller faire un tour dans les toilettes des dames, moi.

Il sortit, laissant Maître Panda perplexe devant la boite.

-Qu'est ce que ça pourrait être?

Il l'ouvrit prudemment et plongea la main dedans. C'était... une poêle.

Le chanteur éclata de rire.

Certaines choses ne changeront jamais...

Fin

Et voilà, c'est la fin de cette fanfiction, en espérant qu'elle vous ait plu!

Un grand merci à Akura Fokkusu pour ses conseils et sa correction ^^

N'hésitez pas à mettre un review pour donner votre avis, et à bientôt!