Playing God - Ana Johnsson

Personnages : EnRan

Rating : K+

Genre : Angst Tristounet-mélancolique

Double drabble. 100 + 100 mots.

Rappels mythologiques : Ouranos, père des Titans, craignait d'être détrôné. Aussi s'unit-il à son épouse Gaia de manière… définitive disons, pour empêcher ses enfants de quitter le ventre de leur mère (j'admire hautement la manière dont j'ai réussi à décrire cette manœuvre ^^ mais passons). Il fut ensuite vaincu par son fils Cronos qui prit sa place et connut les mêmes craintes. Mais le petit malin avait trouvé une autre technique : il dévorait chacun de ses enfants à leur naissance. (Que voulez-vous, le préservatif et la pilule n'existaient pas). Quand son épouse, Rhéa, en eut assez, elle cacha le dernier rejeton (Zeus) et donna à son mari une pierre en échange. Ainsi Cronos fut-il dupé et, à son tour, détrôné par son fils.

Enfin, dernier parent abusif, Laïos, le père d'Œdipe : il fit abandonner son fils lorsqu'il apprit par une prophétie que cet enfant serait le meurtrier de son père avant d'épouser sa mère. Et c'est justement parce qu'Œdipe, abandonné, ne savait pas qui étaient ses vrais parents, qu'il tua Laïos et épousa Jocaste (et lui fit quatre enfants, au passage).

Après cette longue parenthèse, peut-être totalement inutile, place au texte :)


Qu'est-ce que ça te fais, Anata, de jouer au petit dieu?

Tu aimes, n'est-ce pas, tu aimes trôner au centre de cette pièce vide. Tu aimes te replier dans cet Over Soul, loin de moi.

Cela fait dix-sept ans, En, que je ne peux plus te toucher.

Qu'est-ce que cela te fait, de savoir que tu es tout-puissant?

Que tu as tout pouvoir sur nous, que tous s'inclinent et que tes enfants même ne connaissent pas ton visage?

C'est ta soif de pouvoir et de gloire qui te nourrit, toi que j'appelais mon mari.

Hélas, je ne te reconnais plus.

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Tu oublies, En, que l'amour se bâtit sur la confiance.

Songe à tous ces rois du passé qui se sont méfiés de leur descendance… Ouranos, Cronos, Laoïs et tous les dieux de nos mythes, qui ont été punis pour avoir osé défier le destin. Leurs propres enfants se sont chargés de leur faire payer leur démesure.

Ils ne seront pas toujours des enfants. Et le jour viendra bientôt, je le crains, où tu devras les affronter. Je prie pour que ce jour-là tu retrouves et ta raison, et ton cœur durci par les années.

Car le tyran finit toujours détrôné.

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