Is the world just a broken promise ?
Note : Je suis désolée j'ai remarqué en survolant les chapitres postés que parfois, word m'a fait des siennes. De même, il y a une présence récurrente de fautes de frappe et/ou de lettres voire de mots oubliées. Je m'en excuse d'avance, en espérant que le sens des phrases vous revienne quand même ! Et, rien à voir, mais j'ai oublié de le dire dans l'introduction. Les « titres » des chapitres sont en réalité tirés de chansons. Ah et dans ce chapitre il se peut que, suite à la merveilleuse difficulté de notre fabuleuse langue française, j'invente des formes verbales. Oui, tout est normal. Quoiqu'il en soit, retournons à nos moutons…
Il avait envie de casser quelque chose en échange de ses larmes. Il voulait frapper quelqu'un, si fort qu'il saignerait. Il voulait rétablir l'équilibre entre la douleur du monde et celle du garçon qu'il tenait entre ses mains. Il pourrait le briser, là, tout de suite, mais il savait qu'il n'en avait pas l'envie. Il ne le voulait plus, non, plus maintenant. Quelque chose avait changé quand il avait commencé à éprouver de la curiosité pour ce garçon. Levi avait voulu vérifier si Erwin avait raison ; et suite à cette expérience sanglante, il se retrouvait dans les cachots à tenir le visage brisé du jeune soldat entre ses doigts.
Malade de tout, malade des gens, il réalisait qu'il n'avait jamais eu de contact si proche avec quelqu'un. Pas depuis longtemps. Oui cela faisait un moment qu'il n'avait pas effleuré la lèvre de quelqu'un, qui bout des doigts, ni n'avait posé ses paumes contre ses joues blessées, ni n'avait posé son front contre le sien, comme si c'était naturel. Comme s'il était né pour ça.
Eren Jaëger était différent. Il n'écoutait personne, il suivait son instinct, tout comme son supérieur. Mais contrairement à lui, Levi avait un penchant pour la discipline, chose qui malheureusement n'était pas son cas, à en juger des ennuis qu'il s'attirait sans cesse. Mais Eren prodiguait l'espoir, il chassait la peur à coup de jolis mots et de grandes phrases idéalistes. Il chassait la pluie, il chassait le malheur, il chassait ces nuages gris qui assombrissaient le ciel chaque jour qui passait. Il leur donnait une raison de rester en vie.
Levi n'avait plus rien, il avait tout perdu. Sa famille, ses amis d'enfance. Les vestiges de son passé n'existaient plus. Il n'y avait plus qu'Erwin, et l'écho de son nom qui résonne comme un triomphe. Non, il n'avait vraiment rien eu, jusqu'à maintenant. Il sentait au fond de lui qu'il ne s'agissait pas de haïr ce garçon comme il haïssait les autres. Il était question de le protéger, parce qu'il n'avait plus que lui. Ils n'avaient peut-être pas été très gentils l'un envers l'autre, surtout Levi, mais ça n'empêchait pas le fait qu'ils étaient maintenant plus intimes l'un et l'autre que le reste de la troupe réuni. Et il avait fallu qu'il tombe sur ce gamin insolent...
"Fais chier", souffla le caporal.
Il attira le jeune garçon contre lui qui, dans un élan d'émotion, alla nicher sans hésitation son visage dans le cou de son supérieur. Eren passa ses bras autour de son abdomen et serra si fort qu'il en avait presque mal. Levi, quant à lui, encercla d'une étreinte protectrice celui qui avait bravé les frontières du caporal. Il posa son menton sur le sommet du crâne du petit, et songea brusquement que, positionné ainsi, son subordonné pourrait sans mal entendre ses battements de coeur accélérer. Il écarquilla les yeux et ses vieux réflexes refirent surface ; mais au moment où il s'apprêtait à se séparer de lui, vivement, quelque chose l'arrêta. Il n'avait plus la force de briser cette étreinte.
Et Eren, erreinté, sanglotait dans le creux de son cou, tel un petit enfant après un chagrin éphémère. Pourtant, dans ces pleurs et la voix rauque du gamin, il sentait une fatigue incroyable, une douleur pénible à entendre. Il resserra ses bras autour d'Eren qui, en guise de réponse, resserra un peu plus aussi. Ironique comme la personne qu'il appréhendait le plus au monde était devenue, en un claquement de doigts, plus proche encore que ne l'était Mikasa. Mikasa avait accès à ses pensées, à ses souvenirs, à son enfance. Mais il y avait quelque chose que, face à Levi, elle ne pourrait avoir : ses faiblesses. C'était le rôle de Levi de les déceler, son rôle à lui de les balayer, son rôle d'en faire des fantômes. Et si Eren avait toujours été trop fier pour confier ses craintes à Mikasa, il savait qu'il n'aurait nul besoin d'en parler pour que Levi comprenne. Quelqu'un comme lui, de toute manière, avait l'habitude des coeurs brisés.
Bien qu'il n'eût pas l'habitude des coeurs de titans.
"Je suis désolé", chuchota Levi en fermant les yeux.
Eren ne répondit pas tout de suite. Pourquoi s'excusait-il ? Alors, comme pour lui répondre, Levi mit fin à leur étreinte et saisit le visage du jeune entre ses mains. Encore une fois. Sauf que cette fois, semblable à la fois, dans le couloir, où il avait laissé l'émotion le guider aveuglement, il se permit de caresser son visage comme on caresserait de la soie.
"Regarde ces blessures. Regarde le mal que je t'ai fait. Pardonne-moi."
En guise de réponse, Eren laissa de côté la peur qui lui prenait le ventre et, à son tour, posa ses mains sur le visage fatigué de son aîné. Il lui adressa un bref sourire, auquel Levi ne répondit pas, parce que sourire, ce n'était vraiment pas son truc. Il préféra fermer les yeux, tandis qu'Eren caressait son front, ses cheveux, le haut de son cou.
Le plus étonnant était ce fossé au-dessus duquel ils avaient sauté d'un coup. Avant, étrangers, n'étaient-ils que chef et soldat. À présent, ils se découvraient une nouvelle partie d'eux-mêmes : leur peau, leurs cicatrices, leurs blessures, le fond de leurs yeux, la douceur de leurs lèvres, le toucher de leurs cheveux... L'expérience de l'aventure, celle, osée, du risque qu'on prend et au diable les conséquences. Levi savait qu'il le regretterait. Mais il en avait assez de suivre le règlement strict qu'il s'était lui-même établi. Haïr le monde lui allait bien ; à condition qu'Eren n'en fasse pas partie. Eren était son soldat, il était son titan, il était le premier à l'avoir possédé de si près.
"Mais, continua le caporal, je me dis que je préfère t'avoir causé ce mal plutôt que d'avoir regardé Kirschtein le faire."
Sans pouvoir intervenir. Sans pouvoir s'interposer. En jugeant uniquement d'amusement et de technique, d'un haussement ou froncement de sourcil, d'une lèvre qui bouge. Sans doute Erwin n'était-il pas la cause seule de ce combat entre eux deux. Peut-être avait-il décidé, dès le départ, qu'il ne laisserait personne d'autre lui faire de mal. Et s'il devait se blesser, ce serait de sa lame. Ce serait de ses mains. S'il devait pleurer, ce serait dans ses bras. Et pas autrement.
"Est-ce que tu as mal ?" souffla-t-il, la voix brisée.
Eren leva les yeux vers lui. Ils brillaient, embués de larmes féroces qu'il ne pouvait dompter. Il devina que la réponse était oui. Mal où ? Partout. Mal au coeur, mal aux jambes, mal à la tête, mal à ces blessures qui le brûlaient. Mais Levi avait été tellement déçu, tellement en colère qu'il ne se défende pas. Il attendait tellement de lui...
Le caporal finit par le laisser partir et Eren, surpris, fit de même.
"Il faut que tu dormes."
Il renifla, s'asseyant sur le bord de son lit.
Dormir ? Y parviendrait-il seulement ? Non. Pas tout seul. Pas comme ça. Et lorsque cette partie qu'il connaissait bien de Levi refit surface et qu'il s'apprêta à tourner les talons sans rien lui dire de plus, il prit les devants et agrippa le poignet de son supérieur avant qu'il ne soit trop loin pour ce faire. Celui-ci fut retenu brusquement, et tout comme il avait retenu Eren l'autre soir, se retourna en sa direction, sourcils froncés. Mais froncés de surprise, froncés d'incompréhension, froncés d'espoir.
"Caporal."
Eren tira sur son bras, et l'interessé n'eut d'autre choix que d'approcher. Ainsi, Levi semblait tellement plus grand que lui, alors qu'en réalité, Eren le dépassait de quelques centimètres, et de cette manière, Levi avait l'air d'un protecteur suprême, dont les rides du front s'étendaient d'une inquiétude singulière.
"Restez."
Ces mots flottèrent un instant dans l'atmosphère. Le coeur du caporal s'alourdit soudainement, comme s'il avait, l'espace d'une seconde, espéré entendre ces mots. Puis il se dégagea de l'emprise du soldat et, sous les yeux stupéfaits de ce dernier, alla s'installer sous les draps. Il avait ôté son équipement tridimensionnel avant d'aller dîner, et sa cape verte également. Mais dans cette pièce, il faisait froid. Très froid.
Eren n'attendit pas plus longtemps pour l'y rejoindre. Il se glissa sous le tissu blanc et, épuisé, se cala contre son supérieur. La chaleur qu'il émanait était terrifiante. Un être si froid et pourtant, bouillonnant à l'intérieur. Ainsi imbriqués l'un contre l'autre, Eren recroquevillé et Levi l'entourant de manière presque protectrice, ils trouvèrent le sommeil pour la première fois depuis un moment.
Quand Eren rouvrit les yeux, son cachot était désert. La flamme de la lanterne s'était éteinte, et l'obscurité balayée par la lumière du jour. Pire encore : les draps étaient vides, froids. Avait-il rêvé ? Il commença à se poser la question, les joues légèrement roses. Cet instant de faiblesse si humiliant auquel il n'avait même pas songé. Oui, mieux valait-il qu'il eut rêvé. Le soldat écarta ses draps et projeta ses jambes hors du lit. Le contact du sol gelé lui provoqua un long frisson désagréable, mais il s'activa et en à peine quelques minutes, fut armé de son équipement tridimensionnel et de sa veste militaire. Il baissa les yeux vers le sol et constata à quel point le sol était proche. Lorsqu'il était titan, bien que ce ne fusse pas la première chose qui lui vint à l'esprit, il était si haut. Si puissant. Sa taille était l'égal de son impuissance : en tant qu'humain, il n'aurait pu faire la différence. Il avait fallu qu'il se transforme en monstre pour enfin être vu, et enfin s'acheter le pouvoir de changer quelque chose. Oui, c'était son but, après tout, pensa-t-il en sortant du cachot qu'Erwin avait dû ouvrir tôt ce matin. Il trouva son chemin jusqu'au réfectoire et lorsqu'il reconnut des visages familiers attablés autour de maigres plats, Eren pressa son pas.
« Tiens, tu as retrouvé le sommeil ? » lui lança Sasha avec un sourire.
Quelques têtes se détachèrent de leur conversation à l'entente ces mots. Eren fronça les sourcils, sans comprendre, et s'assit en face de Jean. Sasha s'expliqua.
« Ben, d'habitude, tu es le premier à être réveillé. Tu as le sommeil léger, non ? C'est bien que tu aies réussi à dormir. J'imagine qu'on n'en aura pas tellement l'occasion une fois dehors, ajouta l'adolescente.
- Oui, certainement.
- C'est mon bout de pain qui t'a fait dormir comme ça ? poursuivit-elle, rayonnante.
- Euh… » commença Eren, se souvenant d'images floues et confuses de la veille.
Entre autres, Levi, le visage sombre, qui l'observait avec des yeux paniqués. Et la sensation de chaleur illusoire des draps, sa tête contre le torse de son supérieur. Oui, il avait réussi à dormir, mais ce n'était certainement pas grâce au bout de pain que Sasha lui avait si gentiment donné. Il aurait pu avoir mille raisons de mieux dormir que celle-là aurait toujours fait la différence. Eren s'éclaircit la voix et jeta un mince sourire en direction de son amie, sous les yeux passifs de Jean.
« Oui, sans aucun doute… »
Sasha glapit de joie et presque aussitôt, se retourna vers sa voisine pour quémander des restes de nourriture. Eren se concentra sur l'assiette qui lui faisait face et déglutit. Jean, qui s'ennuyait toujours autant, lui marmonna :
« Tu ne devrais pas faire le difficile, Jaëger. »
Il aurait aimé pouvoir dire qu'il s'agissait de ça. Mais il ne s'agissait ni d'appétit sélectif, ni quoique ce soit. La raison pour laquelle il ne pouvait se résoudre à manger était cette boule au ventre qui ne voulait plus le quitter, d'autant plus amplifiée par l'agissement inexplicable de son caporal-chef. La terreur, voilà ce qui lui coupait la faim. Il était terrifié à l'idée de sortir dehors, même si c'était tout ce qu'il avait toujours voulu. La lumière brûlante du soleil, le sable chaud, la mer tiède, le vent chaud qui lui caresse la peau et fait battre le tissu de sa chemise contre son cœur. Mais malgré ce qu'Armin avait tenté de lui faire garder à l'esprit, pour y parvenir, il fallait éliminer les Titans. Et ce n'était pas une mince affaire. Il repensa à la dernière expédition du bataillon, quand, une fois rentrés, ils avaient fui le regard inquiet des familles en regardant leurs pieds. Quand l'un des chefs du bataillon avait apporté l'avant-bras de son fils à une mère aimante. Tout n'avait été que vain et désastreux. Même s'il en réchappait, il devrait vivre avec ça. En était-il prêt ? Et comme chaque fois qu'il se questionnait sur ce sujet, l'image violente de sa mère lui revint en mémoire. Sa mère, tendre, pleine d'amour et de vie, et d'inquiétude maternelle. Elle qu'il avait désespérément tenté de sauver. Elle qui, sous les cris déchirants qu'il parvenait seulement à laisser passer, avait tendu le bras en sa direction, remerciant Hannes d'avoir permis à ses enfants de vivre. Et Mikasa, d'un sang-froid pétrifiant, qui avait détourné les yeux lorsque le Titan l'avait brisé en deux. Ses longs cheveux noirs qui pendaient, inanimés, alors qu'il s'apprêtait à lui ôter sa mère. Ce monde cruel n'avait pas de limites et si personne ne faisait rien, d'autres fils perdraient leur mère. Néanmoins, cette boule grandissait et il ne put que repousser son assiette du bout des doigts.
Jean ne pourrait pas comprendre.
« Comme tu voudras… » fit-il en soupirant.
Sur ce, il se leva et, en même temps que trois autres soldats dont il ignorait le nom, sortit de la pièce. En observant ses camarades restants, il croisa le regard de Connie et lui rendit un sourire amical. Et dire qu'il y a peu, il n'était qu'un gosse.
Quelques heures plus tard.
Dernier jour.
Dernière chance de se donner du courage. Dernière bouffée d'air frais dans une aire sécurisée. Dernier regard rétrospectif sur une vie qui, jusque là, ne constituait pas le moindre danger.
Attendre les Titans était une chose aller à leur rencontre en était une autre. Erwin marchait calmement vers le groupe réduit des chefs de bataillon. Levi, parmi eux, le regard vide, attendait les ordres. Eren baissa les yeux et souffla. Qu'allaient-ils devoir faire, aujourd'hui ?
« Braun, appela le Commandant en s'arrêtant devant une recrue.
- Major Smith ! lui répondit le blond en faisant un salut militaire impeccable.
- Allez chercher Hanji Zoe dans la salle d'armement. »
Reiner hocha la tête et s'éloigna en courant sous les ordres du commandant. Puis, Erwin repartit en direction des leaders de troupe et les visages immobiles commencèrent à esquisser une conversation. Quand ils eurent fini, le major se tourna dans la direction des soldats et, tête haute, prit la parole.
« Vous n'êtes qu'une poignée de soldats. Nos effectifs n'atteignent pas 250. Par conséquent, cette mission sera extrêmement difficile. Mais vous possédez un atout non négligeable. »
Certains firent mine de se tourner vers Eren qui, mal à l'aise, baissa la tête en haussant ses sourcils d'agacement. Pourquoi le pointaient-ils toujours du doigt ? Mais à son soulagement, Erwin n'avait pas la même attitude.
« …Votre foi en l'humanité. »
Quelques soldats prirent une grande inspiration à l'entende ces mots, comme si l'entendre à voix haute redonnait l'espoir nécessaire à ceux qui avaient oublié la raison de leur présence ici.
« Rien ne vous a obligés à rejoindre les troupes, et pourtant, vous l'avez tous fait. L'humanité vous en sera toujours reconnaissante. Cependant, on ne peut fermer les yeux sur les risques que cela engendre. Nous avons déjà perdu de nombreux soldats par le passé… (À ce moment, quelques leaders semblèrent mal à l'aise, soudainement sombres.) …et nous en perdrons à l'avenir. Mais votre sacrifice ne sera pas oublié. »
Eren serra les dents. Il se souvenait très nettement de ce chef qui s'était agenouillé auprès de la vieille femme, implorant qu'on lui assure que la perte de son fils avait servi à quelque chose. À la riposte de l'humanité. À l'avancement des recherches. À quelque chose, simplement. Sans mal il redessina les traits horrifiés de cette dernière quand le soldat, paniqué, lui hurla qu'ils avaient échoué… encore une fois.
À cette pensée, Eren durcit son expression et leva son menton. Ressasser des vieux souvenirs n'allaient que le troubler davantage. Mieux valait se fier au discours du Commandant, et oublier le reste. Tout le reste.
Des pas pressés se firent entendre, claquant brusquement contre le sol de terre. En effet, Hanji arrivait, Reiner à ses talons. Le soldat reprit sa place initiale dans les rangs et la leader alla retrouver ses collègues. Erwin, toujours planté devant les troupes, ne bougea pas. Du coin de l'œil, Eren vit Levi souffler quelque chose à la nouvelle venue. Son cœur se serra que lui disait-il ?
« Comme vous le savez, ceci est votre dernier jour de quiétude. Mais nous ne pouvons nous offrir le luxe de perdre du temps. Ce soir sera votre dernier nuit dans le château. »
Quelques uns baissèrent la tête. Ils réalisaient.
« Aujourd'hui sera entièrement consacré à l'approvisionnement. Vous préparerez les armes, les marchandises, les chevaux ainsi que les chariots. Zacharias et Zoe vous montreront la voie. »
Sur ce, il s'écarta, et instinctivement, les soldats lui adressèrent le salut militaire. Mains sur le cœur. C'était si beau.
Hanji et Mike s'avancèrent et ce fut le signal pour ceux restants de s'éloigner ce qu'ils firent. Les bras retombèrent, les visages se détendirent. Une journée de préparation ? C'était leur manière d'occuper les soldats et de les empêcher d'avoir des pensées négatives ? Certains s'y attelaient déjà, sous les voix puissantes des deux leaders. D'autres attendaient, se remettant de leurs émotions. Eren se détacha des soldats restants et s'approcha d'un stock de provisions qu'il fallait charger. Il s'apprêta à attraper une caisse mais se figea quand il aperçut le Caporal l'observer, à une dizaine de mètres. Son cœur s'emballa. Que devait-il faire : continuer sa tâche ou rester planté là ? Mais il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps. Levi lui adressa un signe de tête et disparut.
Eren fronça les sourcils, puis se baissa pour prendre en main la première caisse qu'il avait devant lui. L'espace d'un instant, il autorisa un sourire se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres, puis se remit au travail.
