Titre : TOGAV

Auteur : FayVerte

Genre : Sensoriel, tactile

Rating : M à venir, vous serez prévenu quand il le faudra.

Discalmer : Si KHR m'appartenait, ce serait visible. Déjà, l'apprentissage entre Dino et Hibari aurait été sensiblement différent. Ou plutôt, certaines scènes auraient été ajoutées. Puis on saurait exactement ce qu'il s'est passé pendant que Mukuro le « battait » si vous voyez ce que je veux dire... je n'en doute pas.

Avertissement : Cette histoire traite d'une relation entre deux hommes. Il s'agit d'homosexualité. Merci de ne pas lire si ce genre vous répugne, vous déplait, ne vous intéresse pas. Ou alors d'essayer de faire une review sur autre chose que « Bah! Deux mecs qui s'embrassent! ». Je suis très ouverte sur le reste de ce que vous pourriez avoir à dire.

Note de début d'auteur : Ma chère Tyu-chan, je te souhaite à nouveau un joyeux anniversaire en retard. J'espère que cette fanfiction cadeau te plaira. Profites bien sans penser aux corrections pour une fois. Merci pour tout et à bientôt.

Chapitre 5

Touche

Mukuro touche. Ou tout du moins il essaye.

Les années d'enfermement se succèdent sans que leur écoulement n'ait d'importance. Il se sent suspendu dans le temps comme dans l'espace, son corps flottant dans son cercueil aquatique. Il n'est plus qu'une conscience éthérée déréalisée, son corps tombeau le maintenant prisonnier. Âme aérienne, il n'a plus de souvenir de sa vie. Tout a disparu, de l'ombre d'une peau contre la sienne à la chaleur humaine, du contact du vent au frôlement d'un individu. Ne reste rien que son corps abandonné. Il est en attente d'un contact, d'une rencontre physique qui lui permettra de s'ancrer ici. Il est maintenant persuadé que c'est au travers du toucher qu'il apprendra où il est. Entre rêve et réalité, c'est l'absence de sens qui cause sa désincarnation, le rend incapable de distinguer si son corps est enfermé ou si c'est son esprit qui le retient là.

Ses membres sont plaqués contre son corps, la camisole de force le maintenant autant immobile qu'insensible à ce qui l'entoure. Il n'y a rien qu'il puisse ressentir, rien que son corps douloureusement figé. Et l'absence de tout malgré l'eau et le tissu, malgré le masque et les tuyaux. Il n'y a rien que lui et son corps inhabité. Lui et sa volonté. Il sourirait s'il le pouvait en pensant à quoi rapporte ce trait de caractère. Mais il a d'autres choses à penser que l'ironie de son existence. Légèrement, il s'agite. Mois après mois, malgré les changements de son corps et les modifications qu'il ne peut pas éprouver, malgré les sangles régulièrement ajustées et les drogues qui le morcèlent, il cherche à toucher. Ce n'est d'abord que la pulpe de ses doigts qui se tend et frôle sa tenue. Ce n'est que ses lèvres qui se referment un peu plus, ses sourcils froncés sous la concentration. Ce n'est rien. Et c'est pourtant ce qui ranime à chaque fois son désir. Chaque déplacement le laisse complètement épuisé, incapable d'agir pendant plusieurs jours si ce n'est plus, il ne sait pas. Le temps a cessé de s'écouler dans la cellule. Mais l'espace d'un instant, il est en contact avec lui-même, un lien se recrée qui le rend à nouveau humain. Ce n'est pas suffisant il le sait. Il est à la recherche du geste et non plus du mouvement, à la recherche peut-être de l'horrible réalité de sa situation. Aussi désagréable que ce soit, il est prêt à s'enfermer dans ce corps prisonnier, enchaîné, qui est le sien. Du moment qu'il est réel.

Mukuro relâche les muscles de sa main. Lentement mais sûrement, il sent son bras s'étirer. Et les sangles s'écarter. Son corps qu'il a maintenu contracté pendant qu'ils l'enserraient à nouveau dans sa tenue, pendant qu'ils l'épiaient à la recherche de la moindre tentative de fuite, son corps est en train de se détendre. Il a tenu bon malgré la douleur, plus vivace que toutes les aiguilles qui pénètrent sa peau. Il a tenu bon malgré son corps qui ne répondait pas, qui l'abandonnait, et ce sentiment d'irréalité dont il ne parvient toujours pas à se détacher.

Et soudain, son bras bouge. Il refoule la vague de panique qui l'envahit, il s'agit de garder le contrôle. Ne pas affoler les machines, ne pas se faire repérer maintenant. Il ne faut pas se tendre, pas là, surtout pas après ce premier mouvement. Il prend son temps. Les heures s'écoulent, il suppose, jusqu'à ce qu'il s'immobilise complètement. De surprise sûrement car sur son bras gauche, il y a une pression. Une main enserre son bras gauche. Mukuro reprend conscience à temps. Il s'esquive, évitant ainsi le coup de tonfa assassin. Il rit et d'une pirouette acrobatique rétablie la distance entre son adversaire et lui. Ce n'est qu'un jeu, rien qu'une danse. Et il bloque avec son trident les bras de son opposant dans le dos de ce dernier, approchant leurs deux corps. Les mains se tendent, cherchant à s'emparer de ses vêtements. Sûrement pour le déséquilibrer. Mukuro se retrouve contre le mur, les tonfas de part et d'autre de son visage, le souffle de Hibari sur sa peau. Et ça ne veut rien dire. Ça n'a aucun sens de le coucher au sol et se presser contre lui, les armes abandonnées, en rendant coup pour coup, morsure pour morsure. Les autres peuvent bien imaginer ce qu'ils veulent, il jouera de leurs interprétations. Au contact de l'acier, il voit bien ce qu'il en est. Danser avec Hibari c'est comme danser avec les nuages. Un rêve lointain, inatteignable. Trop trouble, trop léger, trop pur, trop lourd. C'est lui prêter des intentions qu'on sait qu'il ne possède pas. Et rêver malgré tout. A bout de souffle, l'un sur l'autre, l'un dans l'autre. Et Mukuro ne peut que maudire son imagination.

Parce que ses yeux sont troublés par une excitation qui n'a rien de charnel, ou si peu, juste trop peu.

Parce que les soupirs et gémissements qu'il entend ne sont dû qu'à leur affrontement.

Parce qu'ils ne se goûtent qu'au travers de leurs armes, son trident enfoncé dans la peau de Hibari.

Parce que leurs odeurs qui se mélangent ne font pas comme leurs corps, pas comme leurs cœurs.

Parce que les mains qui le tiennent cherchent à l'étrangler.

Et dans un souffle, tout disparaît. Juste entendre son propre cœur qui bat affolé. Le temps de ne rien sentir que lui-même. Le temps de cligner des yeux pour voir Hibari sous lui. Et son visage sur lequel éclot, sans que rien ne l'annonce, un sourire. Sourire pour lui-même, sourire pour eux deux.

« Touches-moi. »

Et le bras de Mukuro tremble. Infiniment. Ataxie ? Il se bat contre lui-même, contre tout ce qui lui dit de ne pas le faire. Comme si sa conscience reprenait le pas, lui disait de cesser. Et il le voudrait.

Il relâche son bras gauche. Et sa main droite se tend en direction du visage souriant, si attirant. Et ses doigts tremblant effleurent une joue qui s'efface déjà. Bulles qui s'envolent. Sa main ne rencontre que le froid de la paroi. Décharge électrique qui le repousse. Et le son d'une alarme qui s'enclenche. Dans l'eau, une larme coule de son œil dévoilé. Il repense à ce rêve, ce terrible rêve qu'il a. Si proche et si lointain à la fois. Quand ses geôliers arrivent pour resserrer ses sangles, il se dit qu'ils doivent être surpris. Il aurait pu lever le sceau, tenter une évasion. A la place, il flotte simplement dans son liquide, comme inconscient, comme s'ils avaient fait la faute de mal l'attacher. Intérieurement, il rit. Qu'est-ce qu'il pourrait faire d'autre ? Enchaîné, emprisonné, surveillé, privé de ses sens, la seule chose qui lui reste est son imagination. Il repense au moment où sa main a faillit... Pendant un instant, il regrette que son imagination ne puisse être bridée. Juste le temps de pleurer sa douloureuse réalité et ses illusions perdues. Puis il s'endort. Et quand ses yeux se rouvrent, il voit le visage de Hibari.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Je te touche. »

« Pourquoi ? »

Mukuro se sent brisé. Habituellement, il ne pense pas rêver quand il est avec Hibari, il prend tout ce qui arrive comme la réalité. Mais cette fois, après avoir ouvert les yeux sur Hibari simplement vêtu d'un kimono noir bien trop ouvert, il n'a pas d'autre choix que de reconnaître qu'il rêve.

« Je veux coucher avec toi. Tu veux coucher avec moi. Si tu ne t'étais pas endormi la dernière fois- »

« Et après ? »

« Après, quand je te toucherai, ça sera pour te tuer. »

« Je te tuerai en premier. Je me lasserai avant toi. »

Mensonge. Il ne s'en lasse pas. Son esprit y revient toujours. Il n'y a personne d'autre dans ses rêves que lui.

« Alors ne t'enfuis plus. »

Jamais. La voix de Hibari tout contre ses lèvres et le goût de son souffle dans sa bouche, les détails de ses pupilles, son odeur, ses doigts qui frôlent ses cheveux étalés sur le lit de l'hôpital, jamais il ne fuira ça. Il pourrait le toucher. Il est si proche. Mais il reste allongé, incapable de faire un geste, incapable d'en trouver la volonté. S'il ne le touche pas, il restera dans son rêve encore un peu plus longtemps. Il ne demande pas plus que quelques secondes ici, que quelques minutes hors de la réalité.

Et à nouveau, il s'endort. Se réveille ?

Note de fin de l'auteur : Chapitre décousu ? Hum, c'est peu dire. Et en retard ? Comment dire « Je vous dois mes plus plates excuses » sans sembler pitoyable ou hypocrite ? Non, je suis vraiment désolée. Chamboulements dans ma vie, tout ce qui va avec, l'envie d'écrire qui est toujours là mais de façon très instable. Enfin, voilà le cinquième sens. Il n'en reste plus qu'un et cette histoire sera fini (ce n'est pas non plus les Chevaliers du Zodiaque, je m'arrête à six). Un cadeau à la personne qui trouve le prochain. Un indice ? Cette histoire aurait dû s'appeler S-VTOGAV. La réponse dans un temps indéterminé mais dans un temps.