6. La soirée de Max

La semaine s'écoula au rythme des sonneries et des hurlements des professeurs, plongeant Tony dans une torpeur habituelle presque rassurante. Presque seulement car, tout les soirs, l'armure l'attendait, comme impatiente de prendre son envol. Il avait prit l'habitude de faire des rondes autour de central parc et de la Toure Stark, ce qui lui valait chaque jours de nouveaux articles dans la presse et de nouveaux hurlements de Pepper.
Si il n'avait pus aller jeter un œil au virus qui s'était faufilé chez Hammer Industrie à cause de son « petit problème hémorragique », il était aller réparer le système de Stark Industrie qui ne lui avait pas semblé très endommagé. En raison des différentes modifications qu'il avait eu à faire sur le réacteur et l'armure, il avait remit son escapade chez Hammer à dimanche soir.

Certes, Rhodey passerait à la fête de Max mais il avait promis de revenir dans l'entrepôt qu'il avait baptisé « L'Atelier » pour le guider durant son vol. Au cas où quelque chose se passerait mal, il pourrait ainsi enclencher le pilotage automatique et le ramener à bon port.

Lorsque le dimanche arriva, Tony était assit en tailleur à même le sol et contrôlait que le générateur n'était pas en train de l'empoisonner lorsque son téléphone sonna. Décrochant, il s'exclama :

-Tony Stark à l'appareil !

-Ah, Tony ! Fit la voix légèrement tendue de Pepper, C'est de toi dont j'avais besoin !

-Mais pas de souci ! Pourquoi as-tu besoin de moi ?

-Par ce que la soirée de Max est dans une heure et que je suis incapable de choisir entre une robe bleue ou une jupe rose !

Haussant un sourcil, le génie se demanda si il était le mieux placé pour donner ce genre de conseil. La seule femme qui l'avait jamais entouré était sa mère, et jamais elle ne lui avait donner une quelconque leçon de bon goût. Aussi, cela ne le dérangeait pas de ne porter que du noir pour dissimuler le générateur. Il finit par murmurer :

-Euh… C'est que je ne suis pas sure qu'on peut demander cela à quelqu'un qu'on connaît depuis une semaine…

-Mais on s'en fiche ! Je t'ai vu vomir, te vider de ton sang et prendre une douche glacée de mon côté tu as deviné le plus lourd de mes secrets et je t'ai dévoilé mon talent incompris pour les maths ! Entre nous c'est à la vie, à la mort !

-Bon… Si tu le dis. C'est quoi au juste le plus lourd de tes secrets ? Que « Roméo et Juliette » t'a beaucoup inspiré ?

-Mais non, que j'avais un faible pour tu-sais-qui…

-Ah, oui. C'est vrai que Voldemort est d'un charisme…

-Ne te fiche pas de moi, tu sais très bien de quoi je parle !

Le lycéen ne put s'empêcher d'éclater de rire, ignorant Pepper qui râlait à l'autre bout du fil. C'était devenu un jeu entre Rhodey et lui dés que l'occasion se présentait, ils parlaient ouvertement d'Iron man, ce qui faisait monter aux joues de leur amie une teinte rouge pétant. Il semblait que dés qu'elle entendait où disait son nom, son visage se colorait, aussi se contentait elle de dire « Tu-sais-qui ». Se raclant la gorge, il reprit :

-Bon, je veux bien t'aider, mais je ne vois pas comment !

-Tu me verrais plus avec du bleu ou du rose ?

-Eh bien… Je ne sais pas trop. Tu as les yeux bleus, mais pour une fête qui risque de finir un peu bizarrement, la robe n'est pas une bonne idée. Si tu finis tâcher, tu n'auras plus qu'à finir toute nue pour tenter de retirer la…

-Donc la jupe ?

-C'est peut être mieux, en effet.

-Merci Tony ! Je t'adore !

-Euh… De rien. Passe une bonne soirée.

-Toi aussi.

Le génie raccrocha, un sourire aux lèvres. Quelle fille oserait appeler un garçon pour lui demander des conseils vestimentaires ? A par Pepper, il n'en voyait aucune.

Se penchant à nouveau sur son ordinateur, il put constater- non sans joie- que son cœur ne l'empoisonnait plus. Du moins, le taux de palladium était devenu stable, ce qui était déjà beaucoup.

Il passa deux bonnes heures à travailler sur son DRON et à écouter de vieux tubes qu'il avait haït dans un passé proche. A présent, les chansons tels que « Belle » de la comédie musicale « Le Bossu de Notre Dame » et « Wake me up before you go » le faisaient sourire. D'ordinaire il préférait le métal, mais une étrange mélancolie l'accablait.

Ces chansons avaient été les préférés de ses parents. Avant leur mort, une piste de lecture qui incluait tous ces morceaux retentissait presque en boucle dans leur maison. A ce souvenir, il sentit ses yeux le piquer, mais se força à ravaler ses larmes. Il ne fallait pas qu'il laisse une chanson le désarçonner ainsi. Après tout, aurait dit Fury, il était un homme à présent, et devait agir comme tel. Et un homme ne pleurait pas pour si peu.

Un bref instant, il se fit la réflexion que pour son tuteur, les hommes n'avaient pas le droit de pleurer tout court. Sa mère lui avait pourtant maint et maint fois expliqué qu'il en avait le droit, qu'en dise les autres. Obadiah Stane avait tenu le même discoure que Nick Fury, mais pour lui, certain avaient des circonstances atténuantes. Il se demanda si être orphelin, avoir eu la poitrine déchirée et être un cyborg était recevable comme argument, puis détourna cette pensée de sa tête en sentant une larme couler sur sa joue. Il devait oublier Stane et tout le reste, pour se concentrer uniquement sur sa virée. Du moins pour ce soir.

Quelques heures plus tard, à des kilomètres de là, Pepper tentait de se frayer un passage entre Arly qui, ayant trop but, poussait qui voulait bien dans la piscine. Et même ce qui ne le voulait pas. Poussant un soupir, elle réalisa qu'elle aurait mieux fait de se faire porter malade, comme Tony. Au moins, avoir un cœur en palladium présentait ses avantages. La maison de Max était battit sur trois étages, dont le rez-de-chaussée comprenait une piscine et un garage contenant sept voitures. Elle aurait été enchantée de venir ici, si les circonstances n'avaient pas été si désastreuses.

Partout, le sol était jonché de nourriture, de vomie et de gobelet à moitié plein. Les canapés avaient été tartinés de mayonnaise et de glue sur lesquels ont avait collé des membres du club de chimie. Au plafond, des centaines de parts de pizza et de steak trop cuit menaçaient de tomber. La musique hurlait si fort que tout New York devait l'entendre.

Elle contourna une des jumelles Nerd qui bécotait un des gros bras de l'équipe de foot. Depuis le début de la soirée, elle avait tout fait pour éviter Max et ses mains baladeuses, mais elle se fit la réflexion que cela n'allait pas pouvoir durer longtemps. Le footballer approchait justement.

Attrapant un verre de punch sur le buffet, elle fit semblant de lui trouver un intérêt certain, ce qui n'arrêta pas Max pour autant. Lorsqu'il fut à sa hauteur, il s'exclama :

-Eh ! Pepper !

-Ah… Max… Salut.

Il puait l'alcool. Ses yeux étaient vitreux, ses gestes étaient irréfléchis et sa voix déraillait. Il la prit par les épaules, lui ôta son verre des mains, puis demanda :

-Alors ? Comment est ma teuf ?

-Super, mentit la rousse.

-On se marre bien, hein ?

-Oui… Maintenant excuse moi, je dois y aller.

Elle tenta de se dégager, mais il referma son étreinte. Elle n'avait qu'une envie, s'enfuir, et priait corps et âme pour que quelque chose la tire des bras de ce garçon. Mais rien ne semblait vouloir se produire. Max propulsa à nouveau sur elle son haleine pestilentielle :

-Mais non, reste un peu. On est bien tout les deux, non ? Je veux dire, même si tu causes pas beaucoup…

-Max, je dois vraiment y aller.

-Mais non ! Allez, sois sympa. C'est Arly qui te fait peur ? Bah, il est complétement con mais il est marrant !

De toute évidence il était complétement saoul. Elle sentit Max faire glisser sa main sur se fesses, ce qu'elle n'apprécia pas à proprement parler. Se penchant sur elle, il reprit :

-Viens… je vais te montrer quelque chose.

-Quoi ?

-C'est à l'étage… Dans la chambre de mes parents. On va bien s'assurer tous les deux. Tu sais, aucune de celles qui sont passé avant toi n'ont eu à se plaindre…

-Euh… merci Max, mais je dois y aller.

-Allez…

-Max je dois vraiment y aller.

-Non, tu restes. J'ai trop envie de te baiser.

Sentant les bras du lycéen se resserrer autour d'elle, elle se mit à réfléchir. Comment échapper à ce geôlier qui vouait abuser d'elle ? Elle tenta de se souvenir de tout ce qui pourrait l'aider. Elle oublia très vite l'idée de le frapper pour se rabattre sur une défense plus technique. Il lui fallait quelque chose de rapide et d'explosif. A ces mots, ceux que Tony avait dit quelques jours plus tôt résonnèrent dans sa boite crânienne « C'était plus explosif qu'un mentos dans une bouteille de coca. ».

-D'accord. Mais avant, je peux boire un verre de coca ?

-Hum… Ça mettra longtemps ?

-Non, assura elle désignant le buffet, Il y a une bouteille juste là !

-Bon… Vas y.

Il la libéra et la suivi lorsqu'elle se dirigea vers la bouteille. Une fois celle ci ouverte, elle chercha sur la table un bonbon pouvant faire office de mentos, mais elle ne trouva que des oursons en chocolat éparpillés de ci de là. Il y avait aussi le fond d'un bol contenant une quantité impressionnante de sucre piquant. Elle devina qu'il avait du contenir des langues, aussi le saisit elle et versa le contenu dans la bouteille.

Aussitôt une mousse blanchâtre sortit du goulot. Sans attendre, Pepper la balança sur Max, ce qui eu pour effet de le couvrir de coca cola. Lorsque le mélange se déversa dans ses yeux, un hurlement de douleur retentit dans la maison. Sans attendre, la rousse partit en courant bousculant les amoureux et les ivres qui se trouvaient sur son passage.

Lorsqu'elle fut dehors, elle sortit du jardin en quelques enjambés avant de se précipiter dans une rue qu'elle ne connaissait pas. Malgré la nuit, elle la parcourut, ralentie son rythme, en prit une seconde, une troisième et termina sa course en face d'un mur. Elle fit volte fac et tenta de retrouver son chemin, sans y parvenir.

C'est à cet instant qu'elle se rendit compte qu'elle était perdue.

Pendant ce temps, enfermé dans son armure, Tony était au sommet de l'immeuble qui composait le siège d'Hammer Multinational. Il s'agissait d'un haut bâtiment aux murs tristes et aux larges fenêtres qui semblaient boire New York. Au centre de la façade se trouvait un gigantesque « M » dont les néons clignotaient en un abominable bleu. Le génie se promit que, si il faisait des travaux sur la Toure, il ne mettrait jamais cette horrible teinte cramoisie. Il avait toujours préféré le turquoise de toute manière.

Insérant dans le circuit principal un câble émergeant de son poignet, il entendit Rhodey raconter :

-… mais ça c'était avant que Kevin couvre les murs de la salle de bain avec de la pâte à tartiner. Et là Arly a pousser Anna dans la piscine !

-Et après ?

-Et bien après je suis partie.

-Rhodey, soupira il, C'est généralement à ce moment là que les gens commencent à s'amuser !

-Eh, vas y à cette fête si tu vas tant t'y amuser !

Fixant les chiffres rouges qui défilaient sur le petit écran encastré dans le moniteur, Tony se fit la réflexion que quelque chose n'allait pas. Le circuit ne comprenait aucune des failles de celui de Stark Industrie, ce qui prouvait que les entreprises n'avaient pas été infiltré par le même virus. Il tenta de l'isoler; avec un peu de chance, JARVIS pourrait lui dire d'où il venait.

-Ecoute, je n'ai pas la tête à cela…

-Oui, je sais, je sais. Iron man, Hammer Multinational, tout ça… Tu es un super héros depuis une semaine et tu parles déjà comme un vieux !

-Tu n'as jamais sauvé une famille d'un choc mortel avec un camion, que je sache ?

-Laisse moi réfléchir… Hum, non je ne crois pas.

-Dans ce cas essaye, on verra comment tu parleras après !

-T'es pas cool Tony. A ce propos, j'ai voulu mettre de la musique, et je suis tombé sur les derniers trucs que tu avais écoutés… C'est des vieux morceaux, pourquoi tu écoutes ces daubes ?

-Par ce que… par ce que…

Il avait beau savoir que tenter de cacher le pourquoi à Rhodey était idiot, il ne pouvait se résoudre à lui dire ouvertement qu'il était nostalgique. Il délibéra un moment, avant de finir par murmurer :

-… Fury veut que j'écoute ce genre de truc !

-Quoi ? Et bien bonne chance ! Tu as tout mon soutien !

-Ça va, ce n'est pas si horrible…

-Monsieur, l'appela JARVIS, source du virus détectée.

-Parfait. D'où vient il ?

Il y eu un silence de la part du robot, mais Rhodey parla. Son ton était aussi tendu qu'une corde de violon :

-Oh là… C'est mauvais signe…

-Quoi ? Rhodey, qu'est ce qui se passe ?

-Ce virus, sa provenance est assez… Déconcertante.

-C'est à dire ? S'enquit le lycéen. Ça vient de l'ordinateur du prof de math ?

-Pire de chez Stark Industrie.

Tony eu soudain l'impression que le sol se déroulait sous ses pieds. Quoi ? Comment ? C'était impossible… Ce virus ne pouvait pas venir de chez Sark Industrie. Et même si il en venait, qui l'avait infiltré chez Hammer Multinational ? Un milliard de question se mit à hurler dans sa tête.

-C'est impossible…

-Je sais que ça à l'air dingue, mais c'est vrai. Maintenant rentre à l'Atelier, il faut qu'on décide quoi faire par rapport à Rowena.

-Oui… Tu as surement raison.

Refermant le circuit, il décolla et descendit le long de l'immeuble. Il avait l'impression qu'on lui avait donné un grand coup sur la tête, ce qui ne lui plaisait pas vraiment. Comment allait il expliquer à Rowena qu'un virus de chez Stark Industrie avait été infiltrer chez Hammer Multinational ? Et mieux encore comment le savait il ? Une autre idée le frappa. Depuis quand Stark Industrie fabriquait des virus ?

Plongé dans ses pensées, il ne vit même pas le squelette noir et rouge fondre sur lui comme un éclair.

Pendant ce temps, au sol, Pepper tentait de décoller son tee-shirt couvert de coca de sa peau humide. Comment allait elle retrouver son chemin de pleine nuit ? Que diraient ses parents ? Poussant un soupir, elle leva les yeux au ciel, tentant d'y déceler un signe divin.

Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle vit Iron man en plein vole, poursuivit par une créature qui n'était « ni vraiment quelqu'un, ni tout à fait quelque chose ». De toute évidence, son héros n'avait pas vu son assaillant. Elle devait le prévenir. Mettant ses mains en porte voix, elle hurla :

-Iron man ! Derrière toi !

Même depuis le ciel, Tony l'entendit. Se retournant, il trouva en effet un corps métallique qui s'élançait vers lui à une vitesse frisant celle des étoiles filantes. Ecarquillant les yeux, il entendit Rhodey hurler alors que JARVIS déclarait :

-Monsieur, je vous conseil de fuir.

-JARVIS, c'est quoi ce truc ?

-Il s'agit de WEPLASH, monsieur.

Sans attendre, le lycéen plongea sur le côté, empêchant la collision. Dés que l'être l'eut dépassé, il put détailler le cerveau emprisonner dans une sphère de verre qui se trouvait à l'arrière de sa tête. Son corps était fait de barre de fer et de boulon rouge et noir. Il ne semblait pas très élaborer, sinon la précision quasiment chirurgicale que son concepteur avait mise en œuvre pour reproduire une squelette humain.
Des avants bras de WEPLASH émergèrent deux fouets en métal qui se mirent à grésiller, charger d'électricité. Tony sentit ses cheveux se dresser sur sa tête lorsque Rhodey s'exclama :

-Tony, fuis !

-Quoi ? Non ! Je ne peux pas ! Il m'a attaqué !

-Il va te réduire en miette, prends tes réacteurs à ton cou !

-Certainement pas ! On va voir ce qu'il veut… JARVIS, met en route le haut parleur.

-Bien monsieur, répondit la voix monocorde.

Quelques secondes plus tard, le robot averti le génie que tout était prés. Lors de l'élaboration de l'armure, Tony avait prévu un déformateur de voix afin de pouvoir discuter avec n'importe qui sans être démasqué. Il se demanda comment appeler son adversaire. Monsieur WEPLASH ? Créature ? Chose ? Devait il le vouvoyer ou le tutoyer ? Prenant son courage à deux mains, il demanda :

-Que me veux-tu, WEPLASH ?

-Iron man, commença l'autre d'une voix monocorde plus aigue que celle de JARVIS, J'avais hâte de te rencontrer ! Mes employeurs parlent de toi avec un certain mépris, mais je tenais à voir en personne à quoi tu ressemblais ! Cela tombe bien que tu sois ici ce soir.

-Tu n'es pas venu pour moi ?

-En effet, tu n'es pas le centre de mon monde.

-Dans ce cas, devina Tony, Tu es là pour le virus qui a été infiltré dans Hammer Multinational ?

Haussant les épaules, le robot sembla hésiter à répondre à la question. Bien que cette question ne l'intéresse qu'à moitié, le génie venait de réaliser deux choses affreuses, sans savoir laquelle était la pire. La première était que ces deux fouets étaient des armes thermonucléaire qui envoyaient de puissantes décharges électriques, et la seconde que le civil qui l'avait empêché la collision de l'armure et WEPLASH n'était autre que Pepper.

-Je suis ici pour effacer toute trace de son existence, figure toi.

-Quoi ? Pourquoi ?
-Si je cherchais à comprendre le cerveau de tous ceux qui m'emploie, j'aurai mal à la tête en permanence !

Mais Tony avait comprit. Les gens que WEPLAHS appelait « ses employeurs » devaient être à l'origine de l'infiltration et étaient inquiet que l'on puisse remonter jusqu'à eux grâce au virus. Si il ne l'en empêchait pas, il détruirait l'immeuble, et tous ses occupants.

Serrant les poings, il déclara :

-Je ne peux pas te laisser faire cela.

-Je ne t'ai pas demandé ton avis. Ote toi de mon chemin.

-Jamais !

-Bon… Comme tu voudras.

A ces mots, WEPLASH balança sur lui ses deux fouets électriques sui l'entourèrent tel les tentacules d'un poulpe. Un frisson le parcouru de part en part avant qu'un énorme coup de jus ne l'ébranle. Il vit des étoiles danser devant ses yeux.

Mais il était hors de question que ce squelette détruise l'immeuble d'Hammer multinational il avait beau ne pas aimer Justin Hammer- l'héritier de l'entreprise qui était un peu plus vieux que lui-, il ne pouvait laisser faire cela. Tendant la main, il envoya sur la créature un laser bleu turquoise qui l'envoya percuter un immeuble au loin. Il y eu un peu de fumée, avant que WEPLASH, rageur, ne décolle à nouveau.

Il ne semblait pas de bonne humeur :

-Tony ! S'exclama Rhodey, Ça va ?

-Oui, oui, super. J'ai juste vu des étoiles.

-Tu es complétement malade ! Il ne faut pas que tu restes là ! Il va te réduire en pièce !

-Pour l'instant, c'est plutôt lui qui fait fumer les immeubles.

Sans que Rhodey n'ait eu le temps de répondre, le robot balaya le sol du regard avant de fixer un point sur un trottoir. Avec ce qui devait être un sourire, il fondit en avant, s'exclamant :

-Voyons ce que tu vaux, héros.

Bientôt, sa vitesse fut telle qu'une flèche ne serait pas aller moins vite. Baissant les yeux, Tony trouva avec horreur Pepper qui fixait le ciel et sur laquelle WEPLASH avait jeté son dévolu. Il devait faire quelque chose, le temps lui était compté.

-JARVIS, appela il, A combien il va ?

-Cent dix kilomètre heure monsieur.

Sans attendre, il poussa les réacteurs à pleine puissance et s'en fut à une vitesse légèrement supérieur. Tendant les mains, il envoya deux faisceaux lumineux entre les épaules du robot, ce qui ne sembla pas le réjouir. Il poussa un hurlement de douleur avant de s'écraser au sol, non loin de Pepper.

Tony aurait aimé freiner, mais allant trop vite, il ne put que s'emplafonner contre le bitume lui aussi. Il ne vit pas d'étoile, ce qui le rassura quelque peu, mais remarqua que son amie avait été projetée au loin. Il espéra qu'elle n'avait rien en se relevant.

Face à lui, WEPLASH avait mauvaise mine. Ses bras pendaient le long de ses cuisses, laissant ses fouets trainer par terre, comme d'énorme serpent à l'agonie. Décollant, il grogna :

-On se reverra Iron man !

-Je t'attend, ironisa il.

Dés que sa silhouette eût disparue dans le ciel noir, le génie vérifia qu'il ne portait ni plaie, ni brulure, ni bleu. Si c'était le cas, l'armure n'avait pas été endommagée. Rhodey tenta de lui dire quelque chose, mais il lui demanda de se taire et s'avança vers Pepper qui grommelait entre deux lampadaires. S'accroupissant près d'elle, il vit qu 'elle massait une de ses pommettes où s'étirait déjà un bleu tournant au violet.

-Pep… Euh, mademoiselle Potts, murmura il, Tout va bien ?

Levant les yeux, Pepper les écarquilla tant qu'il crut un instant qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Le rouge lui monta aux joues et elle sentit quelque chose se serrer dans son ventre lorsqu'elle répondit :

-Et bien… Oui. Je crois.

-Que faites vous dans ces rues malfamées à une heure pareille ? Ce n'est pas raisonnable !

-Je reviens d'une fête totalement nulle… Où tout le monde était ivre, ou shooté… Où on a essayé de me saouler et de me violer…

-Ça avait l'air palpitant, en effet. Vous ne devriez pas rester là.

-Je me suis perdue, avoua elle, Je me suis enfui grâce à une bouteille de coca, mais je suis incapable de retrouver mon chemin !

En disant le mot « incapable », sa voix avait dérailler. Elle avait l'air épuisée, à bout de nerf, et malheureuse. Tony se demanda brièvement si l'histoire du viol était vraie. Même si il croyait Pepper, l'idée que quelqu'un ait pus lui vouloir du mal le révulsait. Un bref instant, il eut envie de la serrer dans ses bras pour la consoler, mais un héro ne l'aurait pas fait.

Dans son oreillette, Rhodey s'exclama :

-Tony, tu ne peux pas la laisser ici ! Vous êtes dans un des quartiers les plus dangereux de New York !

-Je sais, fit il coupant le haut parleur, mais qu'est ce que tu veux que je fasse ?

-Ramène la chez elle, ou à la Toure Stark, au moins.

-Quoi ? Tu veux que les journaux me fassent une réputation de taxi peut être ?

-Tony, on parle de Pepper là.

Il avait raison. Réenclenchant le haut parleur, il déclara :

-Mademoiselle Potts, je vais vous ramenez chez vous. Vous ne pouvez pas rester ici, toute seule, en pleine nuit.

-Quoi ? S'enquit elle. Comment ça « chez moi » ?

-Chez vous. Vous êtes en danger si vous restez là.

A ces mots, il l'attrapa par la taille et la pressa doucement contre le plastron. A ce contact, il sentit le générateur frémir sans réellement savoir pourquoi. Bien qu'elle ne vit pas sourire, il lui demanda :

-Accrochez vous bien à moins, et attendez vous à frissonner un peu : il fait froid là haut.

-D'accord.

Elle passa ses bras autour de son cou et le laissa décoller, zébrant le ciel d'une trainée lumineuse. Tony fit en sorte de ne pas aller trop vite pour qu'elle n'ait pas trop froid et puisse savourer la vue. Elle se serra contre lui lorsqu'ils survolèrent l'Hudson, ce qui lui fit à nouveau bizarre. Ça ne semblait du moins pas plaire au générateur.

-JARVIS, murmura il, trouve moi l'adresse de mademoiselle Potts.

-Bien monsieur.

-Dites, fit Pepper suspendue dans le vide, vous m'avez sauvé la vie…

-C'est mon travail.

-Mais je vous ai sauvé la vie aussi…

-En effet.

-Merci.

-Vous aussi.

-Vous savez, reprit elle, Je suis un peu ce que vous faites et…

Ce qu'elle entendait par « un peu » devait surement être « je suis totalement mordue et je saoule mes amis avec ». Elle conclut :

-… C'est vraiment bien.

-C'est mon travail, encore une fois.

-Vous allez finir comme WEPLASH ? A cambrioler des banques et commettre des meurtres ?

-Je vois mal pourquoi, avoua il.

-Adresse trouvée monsieur. Plus qu'un kilomètre à parcourir.

-Vous habitez à quel étage ? Demanda il.

-Premier. Et vous ?

Bien qu'il trouva la question étrange, il connaissait Pepper et savait que pour elle, cela était au moins aussi important que son nom. Le moindre petit détail semblait l'intéressé :

-Rez-de-chaussée.

-Dites, je me demandais… Vous êtes un robot, ou il y a quelqu'un dans cette armure ?

-Il y a quelqu'un… C'est moi.

-C'est vous qui l'avez construite ?

-Oui.

-Vous devez être sacrément intelligent… Murmura elle. Vous me faites un peu penser à un de mes amis. C'est un génie, -pas très futé pour un génie, mais un génie- vous devriez bien vous entendre.

-Peut être, qui sait ?

-J'ai un autre ami qui est beaucoup moins intelligent, mais qui aurait eu votre courage. Il s'appel James.

-Vous avez l'air d'être bien entouré, improvisa-t-il.

-Oui… Ils sont super ces deux là. Bien plus sympa que des filles.

-Vous n'êtes amoureuse d'aucun des deux ?

-Moi ? De Rhodey ? Ou pire encore, de Tony ?...

Elle resta un instant interdite, dardant sur lui un regard emplie de surprise. Elle finit par demander, incrédule :

-… Vous êtes dingue ?

-Je demandais, c'est tout. Et aucun des ces messieurs n'étaient à la fête de ce soir ?

-Oh… Non. Rhodey a dut partir pour je-ne-sais qu'elle raison, et Tony est malade…

-Un rhume n'est pas une excuse valable, si vous voulez mon avis.

-Non, il n'est pas malade comme ça. Il a un truc dans la poitrine pour ne pas mourir. Ça fait flipper d'ailleurs, mais il n'a pas le choix… Je ne sais pas vraiment pourquoi je vous raconte tout cela moi.

-Vous êtes fatigué, ne vous en faites pas. Je comprends.

-Parlez moi un peu de vous.

-De moi ? S'enquit il. Que voulez vous que je vous dise sur moi ?

-Je ne sais pas… Pourquoi avez vous fabriqué cette armure, par exemple ?

-A la base, c'était pour me protéger. Puis, j'ai réalisé que je pouvais protéger les autres.

-Vous êtes quoi pour avoir des idées pareilles ? Un militaire doublé d'un génie ? Ça existe ça ?

-Je suis quelqu'un d'un peu spécial, reconnut il.

Cette idée l'attrista. Que ce soit en Tony Stark ou en Iron man, les gens le regardaient de la même manière : comme quelqu'un de différent. A cause de son cœur en palladium pour certain, et de son armure pour d'autres. On ne le verrait donc plus jamais comme quelqu'un de normal ? Il fallait croire que non.

Se serrant davantage contre le plastron- ce qui énerva à nouveau le générateur-, Pepper conclut :

-Alors il faudrait qu'il y ait plus de personnes spéciales dans le monde.

-Merci, murmura il avec un sourire.

-Tenez, on arrive… Vous me déposez sur le trottoir ?

-Je vais faire mieux, quelle est la fenêtre de votre chambre ?

La maison où vivait Pepper était immense et la façade blanche brillait de milles feux. Elle désigna une fenêtre qui donnait sur la rue. Sans attendre, Tony longea les murs avant de pousser le carreau, pénétrant dans une pièce de la même taille que sa chambre. Les murs étaient d'un blanc immaculé, un serpent électrique scintillait d'un doux halo rosâtre dans la pénombre. Il y avait un bureau, un lit deux places sur lequel dormaient deux peluches en formes de perroquet.

Les murs étaient couverts de coupure de presse en tout genre, concertant tantôt l'armée, tantôt la paix dans le monde, on voyait ci et là des paysages magnifiques venant d'Australie, d'Indes ou d'Europe. Un dauphin nageait entre une photo de Martin Luther King et une d'un cerisier japonais en fleur. Il trouva sans peine les articles qui parlaient de lui, mais lorsqu'il baissa les yeux vers le bureau, quittant ce monde merveilleux où les chauves-souris nageaient et les rouges à lèvres devenaient des missiles, il y trouva un cadre en verre dont le contenu le troubla.

A l'intérieur, il y avait une photo de lui et Rhodey en train de discuter de Roméo et Juliette, s'insurgent contre la Terre et le ciel. Il n'avait même pas remarqué, sur le moment, qu'elle avait prit la photo. Il réalisa en même temps qu'il avait vraiment une tête de cadavre, et que quelques kilos en plus feraient du bien à sa carcasse trop maigre.

Se désintéressent vite de ce cliché, il tenta de trouver une photo de la famille de la rousse, mais il n'en vit nul part. Comment était-ce possible ? Posant sur elle un regard interrogateur, il hésita à lui demander avant de se raviser. Il n'était pas Tony Stark en ce moment, mais Iron man. Et Iron man ne connaissait Pepper que depuis une heure.

Avec un sourire, elle murmura :

-C'est chez moi.

-C'est jolie. Vous avez vraiment lus tous ces articles ?

-Bien sure ! Mes préférés sont ceux sur l'actualité militaire à travers le monde. Quand un conflit est soldé… Je ne sais pas trop comment vous expliquer… C'est comme si on m'enlevait un poids des épaules.

-Je vois beaucoup de texte sur Stark Industrie, remarqua il.

-Oui, mon ami géni est un des Stark. Le dernier, si je me souviens bien. Alors j'ai fais mes petites recherches, et je suis tombé là dessus. C'est drôle, ajouta elle pour elle même davantage que pour lui, avant il parlait beaucoup à la presse, mais plus maintenant. Ça devait être affreux dans cette grotte pour réduire sa bonne humeur à zéro.

-Je ne sais pas, mentit il. Il y a aussi plein de chose sur les militaires en général…

-C'est pour Rhodey, mon autre ami ! Il ferait des prouesses dans l'armée de l'air, si vous voulez mon avis !

-Pepper ? Entendirent ils provenant de l'étage inférieur, C'est toi ?

La lycéenne poussa un soupir, apparemment embêté de cette intrusion. Se tournant vers lui, elle murmura :

-Vous devriez y aller, c'est ma mère.

-Au plaisir, mademoiselle Potts.

-Moi aussi, Iron man.

Il se tourna vers la fenêtre et observa un instant le noir feutré de la nuit. Il entendit des pas résonner dans un escalier et Pepper s'allonger sur son lit. Il allait se jeter dans le vide, lorsqu'il entendit :

-Eh… Vous avez deux minutes ?

-Eh bien, cela dépend, avoua il se retournant.

-Si je jure de fermer les yeux, de me les coller à la glue ou même de me les visser…

-Oui ?

Tony ne voyait vraiment pas où elle voulait en venir. A la pâle lueur de la guirlande, il la vit rougir lorsqu'elle conclut, la voix tremblante comme une feuille malmenée par le vent :

-… Vous m'embrasseriez ?

Le génie entendit Rhodey éclater de rire dans l'Atelier alors que le rouge lui montait aux oreilles. Ce n'était pas une bonne idée. Ce n'était pas du tout une bonne idée. Il aurait aimé hurler à son meilleur ami de l'aider, mais il semblait trop absorbé par ses éclats de rire pour cela.
Entendant les pas se rapprocher, il ne prit pas le temps de peser le pour et le contre et déclara seulement :

-Pas besoin de glue ni de vis… Mais fermez les yeux.

La rousse s'exécuta. Durant un instant, il détailla sa silhouette mince perdue au milieu des draps rose et beige. Elle paraissait endormie, les yeux fermés et la poitrine se soulevant au rythme de sa respiration régulière. La lune dessinait de petits sillons sur son visage.

S'approchant d'elle, il ouvrit son masque et posa un baiser sur sa joue. Elle avait une peau délicate et fine, qui avait une légère odeur d'abricot malgré les effluves d'alcool et de fumée que dégageaient ses vêtements. Sans attendre, il se dirigea vers la fenêtre, murmurant :

-Bonne nuit, mademoiselle Potts.

Il s'élança à travers la fenêtre alors que son masque se refermait. Au même moment, une femme d'une cinquantaine d'année pénétra dans la chambre de Pepper, vêtue d'une robe de chambre d'un violet passé. D'énormes bigoudis formaient d'étranges chenilles sr son crâne. Haussant un sourcil, elle demanda, faisant sonner sa voix nasillarde :

-Pepper, c'est à cette heure ci que tu rentres ?

-Oui Maman. Je me suis perdue en ville, murmura platement la jeune fille.

-Tu es dans un état ! Et pourquoi as-tu les yeux fermés ? Ta soirée était mémorable au point de ne pas vouloir revenir à la réalité ?

Se remémorant encore et encore le contact des lèvres d'Iron man sur sa joue, un immense sourire naquit sur ses lèvres. Elle sentit quelque chose comme des papillons décoller dans son ventre, avant de conclure :

-Tu n'as même pas idée…