Chap. 6 : Let it rock
- Maintenant.
Et une nuée de tentacules sortirent de cet homme, se précipitant vers moi à toute vitesse. J'eus à peine le temps de me plaindre sur mon sort en pensées avant de me jeter à terre, dans les jambes de ce fou. Je ne suis pas d'accord avec Sasori quand il dit qu'il n'y a que trois fous dans cette maison ! Et de toute façon, lui je le considère comme mentalement perturbé alors… Mais, bref, pour l'instant ce n'est pas cela qui est le plus important. Je dois gérer un criminel portant des intentions de meurtre envers ma personne. Mon Dieu, quand je pense comme ça j'ai l'impression d'être mon père…
L'homme ne se laissa pas surprendre par ma chute, les tentacules changèrent immédiatement de direction pour me toucher. Je roulais sur le côté puis me relevais et commençais à courir le plus vite possible vers celui qui m'avait espionné, espérant trouver un peu d'aide. Me jetant dans ses bras, je le suppliais :
- Zetsu, pitié, je te pardonne de m'avoir observé moi et ma famille si tu me sauves de ce fou ! Et tu pourras continuer autant que tu voudras, je ne me fâcherais pas ! Aide-moi !
Un rire lui échappa, et une étincelle d'amusement pétilla dans son regard en m'entendant. Il fit un signe au fou masqué, qui stoppa ses tentacules meurtrières à un cheveu de ma tête. Autant dire que j'étais assez crispée dans l'attente de sa réponse.
- Parce que tu m'en voulais ? Tu es drôle toi… Tu es la première à exprimer aussi librement son opinion devant moi. Kakuzu, je vais faire équipe avec elle. J'ai envie de la voir à l'œuvre pour autre chose que la danse ou les lancers de kunaïs.
- Ne la surprotège pas, sinon on ne saura jamais ce qu'elle vaut.
- Oui. Prête Suzuki ?
- Non. On peut en rediscuter ?
- C'est parti !
Il m'attrapa par la taille avant que je ne puisse commencer à protester puis disparut de la clairière. Nous fûmes transportés plus loin, cachés au milieu de l'arène à peu près où le feuillage des arbres dissimulait presque entièrement la lumière du soleil. Il me lâcha avec un sourire amical et commença à sortir de ses poches plusieurs armes, les évaluant du regard pour décider laquelle il allait me donner. Je l'observais, silencieuse, préférant ne faire aucun bruit de peur d'attirer Kakuzu ici et le laissais choisir pour moi. Après tout, j'ai rarement eu l'occasion de manier des armes, mais le principe doit être à peu près le même question attaque non ? Je cours, je vise, j'enfonce. Facile. Mes frères avaient pris le temps de m'expliquer au minimum comment me servir de kunaïs, et quelques mouvements de base pour pouvoir me défendre seule, mais c'était à peu près tout. Ma souplesse, je la devais à la danse. Heureusement que je ne voulais pas devenir marchande comme ma mère, j'aurais sûrement eu beaucoup de mal à survivre ici. Enfin, encore plus que maintenant.
Il me tira de mes réflexions en me lançant un petit poignard dans les mains, que je rattrapais de justesse, sauvée par les réflexes que j'avais finis par acquérir en vivant spt jours sur septs avec une famille de ninjas. Heureusement d'ailleurs… Regardant donc l'arme « fatale » que je tenais, je ne pus m'empêcher de lui faire une petite remarque montrant mon dépit :
- Ouah. Génial. Un cure-dent. Quelle délicieuse idée pour se battre contre des filaments noirs longs d'au-moins 7 mètres dont la seule intention est de vous transpercer ! Tu en as d'autres de suggestions incroyables ou celle-là était particulière ?
- Suzuki… J'avais oublié de préciser sur mes rapports à quel point ton sens de l'ironie était développé…
- Merci. Sinon ?
- Ce n'est pas un poignard comme les autres. Insuffle-lui un peu de ton chakra, tu verras.
Je le regardais avec de grands yeux, puis soupirais. On dirait que je vais encore passer pour une nulle… En même temps puisqu'il m'a espionné, il devrait être au courant de mon petit problème. Ma fierté a été constamment abîmée depuis mon arrivée ici…
- Hum… J'aimerais bien, je t'assure, mais il y a un petit problème : je n'ai pas de chakra. Tu ne veux pas t'en occuper ?
Ce fut son tour de me regarder avec des grands yeux, l'air complètement abasourdi. Je résistais à l'envie de lui tirer la langue et de le planter là, mais avec un fou à ma recherche pour « m'entraîner », je doute que ce soit une bonne idée de me promener seule.
- Mais ce n'était pas pour ça qu'Itachi s'est occupé de toi ? Je pensais qu'il avait réglé le problème.
- Non, monsieur préfère rire un peu avant. Bref, tu me montres ?
- Admire.
Avec un petit sourire, il me prit délicatement l'arme des mains puis fit apparaître un fil de chakra, longeant la lame. En observant attentivement, je pus voir que le chakra était comme absorbé par le poignard, qui grandissait à vue d'œil. Stupéfaite, je ne trouvais rien à dire pour le moment. C'est fou ce qu'on peut faire avec du chakra ! Le ninja qui a inventé cette arme peut être fier de lui ! Zetsu me lança un clin d'œil et me tendit non pas le poignard, mais la magnifique épée ciselée qui avait pris sa place. Je la tenais maintenant avec respect, et Zetsu s'en amusa :
- Tu sais, ce n'est qu'une arme Suzuki. Tiens-là normalement, elle ne va pas te manger. Je lui ai donné assez de chakra pour qu'elle tienne cette forme pendant notre entraînement, profites-en.
- Compte sur moi. Dès que je vois un truc qui ondule, je le coupe en rondelles.
- Bien. Sur ce, je vais te laisser, j'entends Kakuzu qui arrive. Tiens-moi au courant !
- Quoi ?! Tu ne restes pas avec moi ?!
- Heu…Non. C'est ton entraînement. D'ailleurs, je serais toi, je commencerais à courir tout de suite… Il est là. Tchao !
Et le traître disparut, m'adressant un grand sourire satisfait, pendant que mon agresseur apparaissait dans mon champ de vision. Retenant un cri de rage et de peur, je fis ce que m'avait conseillé Zetsu : je me mis à courir. Remarquez, j'ai la très forte impression que depuis que je suis ici, je ne fais que courir pour me sauver. J'ai sûrement minci… Il faudra que je me dégote une balance pour vérifier. Quoi, moi, avoir des pensées étranges alors que je suis poursuivie par un fou ? Pas du tout ! J'évitais souplement une des tentacules du charmant monsieur me courant après, puis plongeais au sol pour éviter la volée de kunaïs qu'il m'avait envoyé. Cet homme est délicieux, l'ais-je déjà dis ? Alors que j'allais me relever pour continuer ma fuite, une des tentacules m'attrapa la cheville, me faisant de nouveau tomber face contre terre, tandis que je me démenais comme une folle pour me dégager. Et l'autre qui approchait ! Une deuxième m'enserra le bras droit, heureusement celui avec lequel je ne tenais pas l'épée. Sentant que la situation commençait à être désavantageuse pour moi (enfin, encore plus), je me mis à hurler dans l'espoir que mon cri, s'il ne ralliait personne, allait au moins abîmer les tympans du fou. Tout en criant, je me dépêchais de couper mes liens avec une certaine satisfaction puis sautais debout pour recommencer ma course effrénée. Sauf que je n'avais pas prévue de me retrouver en l'air. Pas du tout. La tête en bas, suspendue haut dessus de Kakuzu, je me mis à vider tout l'air de mes poumons. Non, je n'avais pas prévu ça. Une tentacule avait tout juste eu le temps de m'attraper l'autre cheville pendant que je me relevais. Je le déteste.
Reprenant mon souffle, je lui lançais un regard noir avant d'hurler de nouveau :
- ESPECE DE MALADE ! REPOSE-MOI IMMEDIATEMENT ! Tu vas voir, je te jure que dès que je touche le sol je te tue ! Et toi aussi Zetsu ! Tu seras le premier sur lequel je testerais ma pupille, sale traître ! Viens tout de suite ici ! Rah, et remets moi à l'endroit abruti ! J'ai le vertige !
- Moins de bruits. J'ai mal au crâne.
- M'en fous ! Au secours !
C'est fou ce que crier un peu fait du bien parfois. Continuant à m'égosiller, je remarquais qu'un nouveau venu était subitement apparu. Un nouveau venu qui nous regardait en riant, semblant totalement amusé par le spectacle que nous offrions. Un nouveau venu masqué.
- Tobi ! Viens m'aider !
Il s'approcha en sautillant, me regardant de son seul œil visible malgré le masque, et me fit coucou de façon totalement enfantine. Je cessais de crier, essoufflée et surtout totalement médusée. Cet idiot voit que je suis en mauvaise posture et il me fait coucou. Et il rigole. Je le hais. Kakuzu, pas perturbé pour deux sous, le regarda d'un œil blasé, paraissant attendre la réaction de son collègue. Le fait que je vole dans les airs, suspendue par un pied, ne semblait pas beaucoup les impressionner. Croisant les bras, je me résignais à attendre. Après tout, puisque je ne suis pas intéressante, autant attendre qu'il se lasse. Je ne vais pas rester comme ça indéfiniment…
- Kakuzu-sempai, pourquoi avez-vous décidé de jouer sans Tobi ? Tobi aussi veut participer ! Suzuki-chan, que faites-vous en l'air d'ailleurs ? Vous savez voler ? Tobi veut apprendre !
Mais quel crétin. Je m'enfouie la tête dans les mains, fatiguée. Ce n'est pas possible d'être aussi bête. J'ai presque pitié de lui, le pauvre. Kakuzu aussi semblait fatigué. Comme je le comprends ! Vivre tous les jours avec des idiots pareils autour de soi, ce ne doit pas être facile. La santé mentale est grandement mise en danger. Me balançant toujours au-dessus des deux hommes, je décidais de prendre les choses en mains, puisqu'eux semblaient décider à me regarder. En prenant un peu d'élan, je parvins à m'agripper à la tentacule qui me retenait, et la coupais sans aucun remords au niveau de ma cheville. Attrapant de justesse l'autre bout pour m'éviter une chute douloureuse, je parvins sous les regards blasés de mes observateurs à retoucher la terre ferme sans trop de mal. Enfin. Le sang m'étant monté à la tête redescendit d'un coup, me faisant voir quelques secondes des étoiles noires, puis tout redevint normal. Kakuzu eut un sourire derrière ce qui lui servait à masquer sa bouche, tandis que Tobi se jetait sur moi pour m'enlacer. Un mètre quatre-vingts et des poussières qui vous saute dessus, je peux vous dire que vous le sentez quand vous mesurez dix centimètres de moins. Il avait l'air presque amusé par le fait que j'essaye tant bien que mal de le repousser pour pouvoir respirer. Enfin, c'était une supposition : avec ce masque orange sur son visage, impossible de deviner si j'avais raison ou tort. Je l'entendis demander à Kakuzu s'il pouvait lui aussi jouer avec moi, et l'armoire à glace accepta le plus sérieusement du monde. Réussissant à dégager mon visage de l'étreinte de Tobi, je le vis partir sans même se retourner, l'air de m'avoir complètement oubliée. Tant mieux devrais-je dire… Sauf que je me retrouve seule avec un fou encore plus malade que les autres. C'est mon jour de chance.
- Tobi, lâche-moi maintenant ! Je pense que tu en a bien profité, non ?
- Suzuki-chan va s'entraîner avec moi maintenant ! Elle n'est pas très forte mais elle a au-moins l'air de se débrouiller suffisamment pour se sortir de situations comme celle-ci, c'est bien !
- Bien sûr… Et pourquoi dois-je m'entraîner avec toi ?
- Parce que Tobi est un bon professeur ! C'est Konan-sempai qui l'a dit !
- Un bon professeur pour apprendre à fuir les combats, j'imagine ?
- Pas du tout ! Vous allez voir Suzuki-chan !
Il me libéra de son câlin mortel et s'éloigna un peu de moi. Je le regardais faire, étonnée par la tournure des événements : lui, m'entraîner ? C'est le dernier des hommes auxquels j'aurais pensé… Je rappelle que, blessée, j'avais quand même réussi à lui fausser compagnie en l'enfermant dans une chambre. Alors pour le ninja talentueux… Je pense qu'on peut faire mieux. J'allais lui lancer une petit pique lorsqu'il m'envoya un kunaï remarquablement affuté, visant ma tête. J'eus tout juste le temps de me laisser tomber pour l'éviter : il a failli me scalper ! Les yeux exorbités, je me relevais pendant que celui-ci, en me faisant des coucous, m'expliquait le but de son « jeu ».
- Je vous lance des kunaïs, vous devez les attraper ou les éviter ! C'est facile ! Et si vous vous débrouillez bien, Tobi pourra vous expliquez des techniques de combat au corps à corps ! C'est parti !
S'ensuivit une rafale de kunaïs, que je vis arriver avec la plus grande appréhension. Je vais mourir transpercée à ce rythme-là ! Comment veut-il que je les attrape ?! Ma respiration devint chaotique, pendant que les armes fonçaient sur moi à vitesse grand V. J'ai peur. Je dois l'avouer, j'ai vraiment peur de la mort. Mes cheveux vont devenir blancs bien plus vite que prévu si je reste ici. Je me mis à prier pour que ma pupille apparaisse maintenant, fermant les yeux très fort, comme lorsque j'étais petite et que je voulais que quelque chose arrive maintenant. Et cela fonctionna. Lorsque je les rouvris, le monde était devenu bleu. Et les kunaïs volaient au ralenti. J'attrapais le plus proche de ma tête, et le relançais vers Tobi en évitant tous les autres. Là, nous sommes à armes égales. Il l'évita souplement, et en dégaina d'autres aussitôt, qu'il lança vers différents endroits de mon corps tels que ma tête, mon ventre, mes jambes… Un professeur peu soucieux du futur état dans lequel se retrouverait son élève. Mais il allait bien voir, je ne me laisserais pas faire ! J'esquivais ses armes en utilisant quelques pas de danse, et lui tirait la langue. Je ne suis peut-être qu'une danseuse, mais j'ai grandi avec des ninjas ! Personne n'a dit que je n'avais pas le droit d'assister aux leçons de mes frères…
Tobi se retrouvant à court d'armes, il se précipita sur moi et passa à la leçon suivante : le corps à corps. Preuve que je suis une élève douée, non ? Oui, je sais avec une pupille, c'est de la triche… Mais il faut bien que j'ai une chance de survivre ! Un premier coup parti vers mon abdomen, que j'évitais en tournant sur moi-même. Il était presque trop lent maintenant que je voyais avec ma pupille… Je passais derrière lui et lui décochais un bon coup de pied dans le dos pour le faire tomber à terre. Sauf que je n'avais pas prévu que ma jambe passerait à travers son corps. Pas du tout. Ce fut moi qui m'écrasais par terre, emportée par mon élan, tandis que je passais à travers lui. Un frisson d'horreur me fit trembler lorsque je me rendis compte de ce qui se passait. N'essayant même pas de me relever, je me retournais juste et le regardais avec des yeux effrayés. J'ai le chic pour me battre contre des gens vraiment étranges : un pantin empoisonné, une armoire à glace dont des tentacules sortent de son corps, et maintenant un fantôme dont les réactions sont tellement dépourvues d'intelligences qu'elles en deviennent imprévisibles. Je sens que mon prochain combat se passera contre un homme incapable de mourir, je ne sais pas pourquoi, mais comme il semble que j'ai de la chance…
- Tobi, ne me dis pas que tu es un fantôme, je t'en supplie. Je vais devenir folle sinon.
- Un fantôme ? Quelle idée ! Herm, je veux- Tobi dit que c'est n'importe quoi ! Tobi est un homme comme un autre !
Sa voix s'était faite beaucoup plus grave avant qu'il ne s'aperçoive de son erreur. Et c'était la première fois que je l'entendais utiliser la première personne pour se désigner. Qu'est-ce qui se passe dans ce repaire de criminels ? Soupçonneuse, je me remis sur mes jambes et m'approchais de lui. Je veux savoir ce qu'a voulu dire ce changement. Si je fais partie de l'Akatsuki, je pense en avoir le droit. Et puis ça ne peut pas être plus étrange que l'homme-plante et sa double-personnalité…
- Qui es-tu ?
- Tobi est Tobi !
- Prends-moi pour une bille en plus ! Pourquoi fais-tu semblant de parler comme ça ? C'est pour éviter qu'on te reconnaisse ? Tu es un criminel qui vit au milieu de criminels, je ne vois pas de quoi ou de qui tu peux te cacher ! À moins que tu ais été l'ennemi juré d'un des autres fous qui se trouve ici… C'est ça ? Ne me mens pas, je peux deviner si l'on me dit la vérité ou non avec ma pupille !
Bon, d'accord, c'est du bluff. Mais il n'est pas censé le savoir que j'en suis incapable… Et j'imagine qu'il n'est pas aussi informé qu'Itachi sur ce sujet. Après tout, je suis juste l'ennemie des possesseurs de Sharringan alors… Il n'en a pas que je sache…
- Suzuki-chan s'engage sur une voie dangereuse… Mentir à un véritable criminel, c'est d'une idiotie… Tobi va vous montrer un de ses secrets…
- Que…
Il m'empêcha de continuer en me bâillonnant de sa main et se baissa jusqu'à ce que nos deux visages soient face à face. Et je vis son œil. Rouge sang, avec des perles noires. Le Sharringan. Je tentais de parler mais il n'y eut qu'un son étouffé qui sortit de ma bouche. Je suis donc en présence d'un Uchiha rescapé, accessoirement à compter comme un ennemi de plus.
- Serez-vous capable de tenir votre langue, Suzuki-chan ? Tobi ne meurt pas d'envie que tout le monde soit au courant.
Tu m'étonnes… Je comprends entièrement ses raisons. L'homme qui a assassiné son clan est dans la même organisation criminelle que lui, je suppose que ça explique parfaitement la raison de son masque et de son changement de voix. J'hochais doucement la tête, le regardant dans les yeux. Et ce fut à ce moment que je compris mon erreur.
Voilà, enfin le 6éme chapitre ! Je voudrais remercier les lecteurs et tout particulièrement ceux qui m'ont laissé des reviews, ça m'a fait vraiment très plaisir ! Merci Captainship, Chantal, Pennyyy-love, Kido-chan, Landydou, chibi-kotori et tous les autres ! On se revoit au chapitre sept ! Suzuki va en apparendre un peu plus sur chacun de ses délicieux compagnons, et il y aura peut-être un début de romance… Mais avec qui ?
Ps : une petite idée sur le futur compagnon de Suzuki ?
