Partie 6
Le soir même, j'étais allongée dans mon lit entrain de lire, lorsque Taylor entra et se laissa tomber sur mon lit. Je ne levais tout de même pas le nez de mon livre.
Taylor : Je suis désolée pour ce matin.
Moi : Hmm
Taylor (soupirant) : Tu as raison. Tu as le droit de m'en vouloir. C'est juste que … j'ai toujours rêvé de retrouver la famille qu'on était avant que …
Moi (doucement) : Avant que je ne rencontre Julian. Je sais.
Taylor : Tu sais, quand tu nous as appris que tu étais enceinte de Julian, j'étais pire que choquée. Je veux dire, aux yeux de tout le monde tu étais sainte Haley. Et du jour au lendemain, tu es devenue celle qui montrait le mauvais exemple.
Je ferme les yeux. Taylor passe une main sur mon dos.
Taylor : Je ne dis pas ça pour te faire du mal, je pense que les parents l'ont assez fait.
Moi : Et Julian …
Taylor : Tu n'as pas eu la vie facile. Et crois-moi, j'en ai voulu aux parents. Je n'ai pas compris pourquoi il te reniait. Leur rôle était de te soutenir et te protéger et ils n'ont rien fait de tour ça …
Moi : Tu savais que c'était eux qu'ils m'ont poussé à épouser Julian ? Tu savais que c'est à cause d'eux que je suis coincée dans ce mariage depuis 12 ans ? Je leur en veux tellement !
Taylor : Je me suis toujours demandée pourquoi tu as acceptée d'épouser Julian …
Moi : Ils m'ont donné le choix entre l'avortement ou le mariage.
Taylor : Tu aurais put t'en aller !
Moi : Non. Je n'étais pas majeure et je n'avais pas le droit de choisir pour moi. J'ai essayé de refuser les deux. Ils on signé l'accord du mariage, sans m'en parler. Ils m'ont conduit devant l'autel et voilà, une heure plus tard j'étais mariée et aucuns moyens de sortit …
Taylor : Dis-moi que tu étais amoureuse de lui. Dis-moi que je n'ai pas laissé ma petite sœur dans une situation qui l'a fait souffrir !
Moi : J'étais amoureuse. Et j'aimerais toujours Julian, mais ce mariage était beaucoup trop rapide. Je n'étais pas prête.
Taylor : Je comprends …
Moi : Non, justement ! Tu ne peux pas comprendre, Tay' ! Tu as put choisir ton mari, tu as put te mariée quand tu t'es sentie prête. Pas moi.
Taylor : Haley …
Moi (la voix tremblante) : Ton mariage est parfait. Mon mariage est un échec …
Je pousse le livre de mon chemin, livre qui atterrit sur le sol, tandis que je me lève et me dirige vers la fenêtre.
Moi (la voix tremblante) : Je n'arrive à rien. J'ai déçu mes parents, ma famille, mes amis, mon mari et peut-être même mon fils ! Mon mariage est un carnage. Je n'ai même pas réussit à garder mon mari près de moi …
Taylor se lève et passe son bras autours de mes épaules. Je dépose ma tête contre la sienne, sans détourner le regard de la fenêtre.
Taylor : Tu as accomplit beaucoup de choses, Haley. Il y a même des jours où je suis jalouse de ta réussite, de ce que tu as.
Moi : Il n'y a rien à m'envier.
Taylor : Ta relation avec ton fils. Elle est extra, Hay'. James et toi vous êtes tellement liés que vous n'avez pas besoin de mots pour vous comprendre.
Je souris. C'est vrai que de ce point de vue là, mon fils est ma plus belle réussite. Mon petit miracle. Ma joie de vivre.
Taylor : J'envie ta force, ton courage. Tu as été prise dans une situation qui te faisait souffrir, mais tu t'es battue pour ton fils. Tu n'as pas baissé les bras, même lorsque James était gravement malade. Tu t'es défoncée pour que ton fils ait un semblant de foyer chaleureux et aimant.
Je ferme les yeux et une silencieuse larme coule sur ma joue.
Taylor : Tu es forte, Hay'. Même si tu pense être faible, je t'assure que tu es forte. Tu es prête à tout pour le bonheur de ceux que tu aimes. Tu as mit ta vie en suspend pour celle de ton fils.
Je garde les yeux fermés.
Taylor (émue) : Je suis fière de toi, petite sœur. Je suis fière de la personne que tu es devenue.
D'autres larmes suivent. Un torrent de larmes se déchaine sur mon visage et bientôt un sanglot s'échappe de ma gorge. Taylor me retourne vers elle et me serre dans ses bras. Elle me serre fort, tandis que je m'agrippe à elle.
Taylor : Laisses tout sortir Hay'. Tu te sentiras mieux après.
Et c'est ce que je fis. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans les bras de ma grande sœur. J'ai pleuré pour tous mes échecs, pour tout ce que j'ai perdu. Mon plus grand échec est sans conteste, mon mariage. Je regrette de m'être mariée aussi jeune, mais je ne regrette pas les bons moments que j'ai passé avec Julian, mon premier amour. Je ne sais pas quand, ni comment je me suis retrouvée allongée sur mon lit, ma sœur à mes côtés. Je lève les yeux vers elle, tandis qu'elle passe une main rassurante dans mes cheveux.
Taylor (murmurant) : Tu devrais dormir. Il est tard et tu as eu une journée forte en émotion.
J'hoche la tête. Elle dépose un baiser sur mon front avant de se lever et de se diriger vers la porte. Je la rappelle avant qu'elle ne sorte de ma chambre.
Moi (sincère) : Merci. Tu m'as redonné un peu de confiance en moi.
Taylor : Tu n'as pas besoin de moi pour avoir confiance en toi, Hay'. Je crois bien que tu es la seule qui n'a pas conscience de quelle femme tu es. Quoi qu'il en soit, j'ai assez confiance en toi pour nous deux. Je serais toujours là, petite sœur.
Moi : C'est réciproque. Je t'aime, Tay'.
Taylor (souriant) : Je t'aime aussi, Hay'. Bonne nuit.
Moi : Bonne nuit.
Elle sort de ma chambre. Je soupire. Je me lève et ramasse mon livre et le dépose sur ma table de nuit, avant de me préparer pour aller me coucher. Je me glisse sous les couvertures et éteins la lumière. Cependant, le sommeil ne semble pas m'emporter. Je ne cesse de me remémorer tous mes échecs et réussites. J'entends la porte de ma chambre s'ouvrir. Je lève légèrement la tête afin de voir qui débarque ici dans la nuit. James apparait.
James (murmurant) : Maman, tu dors ?
Je me mets en position assise dans mon lit et tapote la place à côté de la mienne pour lui dire de venir me rejoindre.
Moi : Non. Et toi non plus à ce que je vois.
Il se glisse dans le lit et dépose sa tête sur mon épaule. Je passe ma main dans ses cheveux.
Moi : Tu n'arrives pas à dormir ?
James (secouant la tête) : J'ai passé une journée super. Je suis fatigué et tout, mais je n'arrive pas à dormir.
Moi : Je te comprends, tu sais. Je crois qu'on a du mal à s'adapter à Tree Hill.
James : Peut-être. Mais j'adore cette ville. Et puis j'adore passer du temps avec oncle Andy.
Moi : J'aime bien Tree Hill aussi. Je pense que tout va changer lorsqu'on fera notre rentrée scolaire.
James : J'espère me faire des amis. Des vrais. Pas comme ceux de Lexington.
Moi : Je ne me fais pas de soucis pour toi. Je sais que tu te feras des amis rapidement. Tu es un enfant exceptionnel, James. N'en doute pas.
James : Je ne suis plus un enfant, maman.
Moi : Oh et tu es quoi alors ?
James : Un ado !
Moi : Je croyais que l'adolescence commençait avec l'apparition des premiers poils ! Et à ce que je sache, tu n'en as pas encore …
James (râlant) : Maman ! Promets-moi que tu ne diras jamais ce genre de choses devant qui que ce soit !
Moi : Aurais-tu peur que je te fasse honte ?
James : Oui !
Moi : Hey !
James : Sérieusement maman, promets-le-moi !
Moi : Je te le promets.
Je m'allonge dans le lit. James fait de même et pose sa tête contre la mienne.
Moi : Combien de fois on a fait ça ?!
James : Trop souvent.
Je soupire et ferme les yeux. Un silence s'installe, mais il fut rapidement brisé par mon fils.
James : Je t'ai entendue pleurer.
J'ouvre les yeux et tourne la tête vers Jamie, essayant de savoir si c'est une ruse pour me faire avouer que j'ai pleuré ou s'il m'a effectivement entendu pleurer. Il m'a entendu … Je détourne la tête.
James : Pourquoi tu pleurais ?
Moi : Ne t'inquiètes pas pour ça, d'accord ?!
James : Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?
Je tourne à nouveau la tête vers lui et passe une main dans ses cheveux.
Moi : Ca n'a rien à voir avec toi. Tu n'as absolument rien fait de mal.
James : J'ai vu tante Tay' sortir de ta chambre. Vous vous êtes disputée ?
Moi : Non mon cœur. Elle m'a ouvert les yeux.
James : A propos de quoi ?
Je ferme les yeux. James soupire.
James : Soit c'est à propos de moi, soit c'est à propos de papa.
Moi : Comment tu le sais ?
James : Parce que tu refuse de me dire ce qui te travaille. Et chaque fois que tu refuse d'en parler c'est toujours à propos de moi ou de papa.
Moi : Ce n'est pas toi.
James : Alors c'est lui. Qu'est-ce qu'il a fait encore ?
Moi : Rien. Justement.
James : Maman ….
Moi : James, tu sais que je t'aime et j'apprécie le fait que tu t'inquiètes pour moi, mais tu es bien trop jeune pour t'occuper de ce genre de choses. Tu devrais te soucier des cours, des amis, des filles ! Mais pas de ta mère ou de son mariage.
James : Tu me l'as dit. Je ne suis pas comme les autres ados. J'y peux rien si je m'inquiète. Et je préfère que tu m'en parles, au moins je ne suis pas dans le noir et je sais ce que tu ressens et je peux essayer de t'aider.
Moi : Mais ce n'est pas ton rôle. James, tu es mon fils, pas mon mari. Je ne veux pas déposer tout le poids de mes problèmes sur tes épaules, ce serait trop injuste. Il est hors de question que tu paies pour mes erreurs. Je ne ferais pas ce que mes parents ont fait. Jamais.
James : Mais si je ne m'inquiètes pas pour toi et que tu ne me parles pas de tes problèmes, qui le fera ? Si je ne suis pas là pour t'épauler quand tu ne vas pas bien, qui le sera ?
C'est injuste ! James paye pour mes erreurs. Il paye pour les décisions que j'ai prises. Il grandit bien trop vite. Je n'ai plus un petit garçon en face de moi, mais un jeune homme. Un jeune homme qui a droit à sa jeunesse. Il est hors de question que je le prive de sa jeunesse, comme mes parents l'ont fait pour moi.
Moi : Je n'en sais rien. Mais pas toi. Ne prend pas ce rôle, Jamie. Promets-moi que tu va profiter de ta jeunesse.
James : Je te le promets, maman. (Après un moment de silence) Et je haie papa. C'est à cause de lui que tu n'as personne d'autre sur qui t'appuyer quand tu n'es pas bien. Mais tu sais, je ne suis plus un petit garçon, je peux supporter les devoirs d'un adulte. Je veux être là pour toi. Je t'aime, maman.
Moi (les larmes aux yeux) : Je t'aime aussi, mon grand.
Et c'est sur ces mots que James s'endormit et que je fus prise dans une nouvelle tournée d'émotions. Mon fils prend le rôle de son père. Pourquoi ? Pour éviter que je ne le quitte aussi … C'est injuste …
