Ulquiorra sortit à vive allure du laboratoire, veste en main. D'un sonido, il pressa le pas, se déplaçant avec rapidité pour rejoindre la pression spirituelle du savant au plus vite. Il se demandait ce que ce cinglé avait bien pu faire subir à l'humaine pour que l'âme de celle-ci soit si faible. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait de l'aura du scientifique, un sentiment de colère grandissait en lui. Au détour d'un couloir, il stoppa sa course. Calmement, ses pas le guidèrent jusqu'à la porte de ce qu'il reconnut comme étant la cellule de l'humaine. De sa main, il poussa cette porte qui était mi-close, elle s'ouvrit alors en silence.
Ses yeux mornes observèrent l'Arrancar déposer la rouquine sur la banquette qui lui servait de lit. La tête d'Orihime était suspendue dans le vide, les muscles de sa nuque complètement relâchés ne lui apportaient aucun soutien. Ses longs cheveux roux ondulaient légèrement à chaque mouvement du scientifique dont les bras supportaient ses épaules. Il déposa alors sans délicatesse le sommet de son crâne sur l'oreiller froid. Une fois son action achevée, sans se retourner et avant même qu'Ulquiorra ne signale sa présence, il prit la parole :
« Ce n'est pas ce que tu crois. »
Ulquiorra ne répondit rien. Devant le mutisme de son interlocuteur, le savant continua tout en essayant de se justifier :
« Elle s'est tout simplement évanouie.
- Et ? C'est tout ce que tu as inventé pour m'endormir ? » finit-il par demander inflexible.
L'homme aux cheveux roses arqua un sourcil tout aussi rose et se redressa, laissant Orihime allongée sur le dos, ses bras posés le long de son corps, les paupières closes. Ulquiorra coula un regard vers l'humaine, scrutant son visage, elle avait l'air sereine mais plutôt faible. Ses pupilles en fente s'immobilisèrent, malgré lui, sur la plantureuse poitrine de l'inconsciente qui n'était plus dissimulée derrière son habituelle veste blanche. La vision de sa cage thoracique qui se soulevait et s'abaissait faiblement au rythme de sa respiration avait une action hypnotisante. C'est au prix d'un effort titanesque qu'il réussit à s'arracher de cette image pour le moins envoûtante.
Ses yeux glissèrent finalement sur les bras nus d'Orihime, à la recherche d'éventuelles traces suspectes. Une petite plaque rectangulaire de sang séché au creux de son membre retint son attention. Il s'approcha doucement du corps endormi. Le scientifique se recula pour le laisser prendre place, visiblement inquiet. Il ne s'était pas préparé à être dérangé. Au passage, l'Arrancar aux yeux d'émeraude déposa la veste sur le dossier de la chaise sans se soucier du scientifique. Face à la banquette, il s'accroupit pour se mettre à hauteur de l'humaine. Tout en prenant son bras en main, il observa son visage si paisible un peu plus pâle qu'à l'accoutumée. Il finit par soulever son membre pour mieux inspecter la plaie. Avec une douceur insoupçonnée, il frôla, du bout des doigts, la surface lésée pour en étudier les reliefs. Orihime se mit à gémir lentement au contact de la peau froide de l'Arrancar. C'est avec un certain soulagement dissimulé qu'il se redressa pour faire face au déséquilibré.
Une lueur d'inquiétude traversa les yeux de l'homme à lunettes. Instinctivement, il se mit à reculer, doucement. Un silence pesant s'installa dans la pièce, les hommes se jaugèrent du regard. Ulquiorra lui semblait étonnamment calme au vu de la situation, ce qui ne fit qu'accentuer sa crainte. Il se trouvait dos à l'encadrement de la porte, le ténébreux lui faisant face, Orihime allongée derrière lui. Une fraction de seconde suffit à l'Arrancar aux yeux verts pour empoigner violemment l'octa à la gorge, qui, devant la rapidité de l'action n'eut pas le temps de le voir bondir sur lui. Son crâne vint s'encastrer avec une force phénoménale dans le mur du couloir, face à la porte de la geôle. De la poussière se déposa sur les verres de ses lunettes, lui obstruant la vue.
« Que lui as-tu fait ? »
Sa voix sombre et dure résonnait dans les couloirs vides du palais comme un écho lointain et terrifiant. Avec peine, la main du scientifique agrippa celle de l'Arrancar qui le dominait, essayant de se défaire de la poigne d'acier qui le maintenait en fâcheuse posture. Ulquiorra décolla partiellement le crâne du malheureux pour mieux le renfoncer, creusant un peu plus la paroi rocheuse. Il renouvela sa question d'une voix encore plus sombre, ses yeux froids fixant avec dédain le vermisseau qui s'agitait sous ses doigts :
« Que lui as-tu fait ?»
Les lèvres de l'Espada se mirent à bouger sans qu'aucun mot n'arrive à se former dû au manque d'oxygène infligé par la pression sur sa gorge. Sous ses doigts, il sentait la glotte s'agiter de bas en haut tout en cherchant son souffle. De simples geignements se firent entendre. Ulquiorra desserra alors légèrement son étreinte pour entendre ce que le scientifique avait à répondre. Il se mit à tousser tout en répétant plusieurs fois d'une voix à peine audible :
« Rien… rien… rien…
- Tu mens comme tu respires, Szayel Apporo Granz…
- Je te jure… Je te jure que je n'ai rien fait… Elle s'est évanouie peu après sa perfusion en se relevant… et… et j'ai décidé de la ramener dans ses quartiers puisque tu étais trop occupé avec Grimmjow… »
L'envie de lui broyer le cou ne manqua pas de le secouer, c'était pourtant si simple de lui briser la nuque, de pulvériser, d'un geste, le haut de sa colonne vertébrale. Il voulait juste le faire taire, ses mots sonnaient comme des insultes à ses oreilles puisqu'il savait pertinemment que son geste n'était pas innocent. Cependant, il ne pouvait céder à cette pulsion meurtrière. Il était un chercheur sous les ordres d'Aizen et d'une utilité capitale pour son Maître. C'était un atout indispensable car en plus d'apporter bon nombre d'améliorations techniques et d'avantages tactiques, il soignait les blessures des hommes de main de l'armée du traître. Ulquiorra savait qu'il n'aurait pas dû laisser l'humaine seule, c'était une bien mauvaise idée. D'un moment à l'autre, sa négligence allait lui retomber dessus, il en était persuadé. De toute manière, ce n'est pas en menaçant le savant qu'il allait en apprendre davantage. Il avait laissé sa colère prendre le pas sur sa raison et cela ne lui ressemblait pas, au fond de lui, il était presque effrayé par ce subit changement de comportement.
La poigne du brun se desserra pour finir par lâcher prise, il recula de quelques pas tout en scrutant les réactions de son adversaire. Le crâne de l'Espada se désincarcéra doucement du mur en pierre, rapidement il balaya, d'un revers de main, la poussière qui s'était accumulée sur sa veste et sa chevelure. Il enleva ses lunettes et souffla dessus pour faire s'envoler les fines particules qui se répandirent rapidement dans l'air formant un petit nuage autour de lui.
« Voilà qui est plus raisonnable » dit le savant calmement, reprenant contenance.
Une fois le dépoussiérage achevé, ses lunettes remontées le long de son nez et sa veste ajustée, il pivota sur la droite et commença à s'éloigner. La pénombre engloutit alors, en entier, son corps sécot qui disparut de la vue d'Ulquiorra. Après s'être assuré qu'il était bien seul, il s'appuya lascivement contre le cadre en acier de la porte pour observer l'humaine dormir puisqu'elle n'était plus en danger immédiat. Le spectacle qui s'offrait à sa vue ne lui était pas désagréable, loin de là. Il éprouvait même un certain plaisir à la contempler ainsi calme et silencieuse. Quelques minutes s'écoulèrent sans qu'il ne bouge, ses yeux fixant le corps d'Orihime qu'il détailla sans s'expliquer la raison de son geste. La longue chevelure rousse chatoyante qui caressait son visage si harmonieux et délicat, son nez fin, des lèvres pulpeuses et rosées, sa poitrine qui lui paraissait si douce et généreuse, ses formes si voluptueuses.
Son regard semblait s'être adouci devant la moue adorable qu'arborait l'humaine. Il n'osait aller la réveiller de peur que ce sentiment nouveau si délectable ne disparaisse. Les ténèbres étaient son quotidien, de sombres chaînes invisibles entravaient son cœur le privant de tout sentiment. Ce cœur, qui ne battait pas dans sa poitrine comme dans celle de n'importe quel autre être vivant, il en ignorait l'existence. Pourtant, il était là, quelque part, mis sous clé, oublié, délaissé. Cette femme ainsi endormie avait réussi à fragiliser des liens qu'il pensait ne jamais pouvoir desserrer faisant s'estomper les voix intérieures de son désespoir. Il avait appris à composer avec sans jamais vraiment comprendre la raison de cet état. Pour la première fois de sa vie de Hollow, son âme torturée était comme apaisée. Le poids qui l'étouffait et le pesait depuis des siècles s'était soudainement allégé.
Un petit gémissement qui amorça le réveil de la captive s'échappa de ses lèvres entrouvertes, le ramenant violemment sur terre. Il se redressa instinctivement adoptant une posture droite, ses mains dans le dos. Son regard avait retrouvé sa teinte habituelle, le visage de nouveau fermé. Le poids pesant sur sa poitrine avait repris sa place, les liens invisibles s'étaient aussitôt resserrés. Pitoyable. Pathétique. Lui criaient les voix enfouies dans son esprit ne lui ayant laissé qu'un répit de très courte durée. Lamentable. Affligeant…
Orihime s'aventura à ouvrir un œil, la lumière intense présente dans le couloir lui fit refermer aussitôt. Un nouveau gémissement s'échappa de ses lèvres, elle leva les bras au-dessus de sa tête et s'étira de tout son long. Un petit sourire en coin adoucissait davantage son visage. C'était comme si elle s'était réveillée d'une longue sieste après un doux rêve oubliant durant les premières secondes de son éveil sa condition de captive. Puis la vérité la frappa de plein fouet. Elle se redressa rapidement, ses yeux fixant l'Arrancar qui l'observait sans mot dire. Son cœur s'accéléra, le retour à la réalité était toujours aussi dur après chacun de ses sommes. C'était un véritable calvaire que le passage du rêve à la réalité d'autant plus qu'un Arrancar dont la seule présence suffisait à rendre une pièce glaciale l'observait.
Des petits vertiges vinrent la secouer, elle s'agrippa aux rebords du lit pour ne pas tomber en avant. Elle s'était relevée trop brusquement, mieux valait ne pas infliger de mouvements trop importants à son corps. Ulquiorra resta immobile face à sa détresse, le réveil de la rouquine ayant fait se volatiliser l'ébauche de ce qui pouvait s'apparenter à des émotions. Il lui demanda alors froidement :
« Te rappelles-tu ce qui s'est passé avec Szayel ? »
Orihime accusa le coup et ne put répondre rapidement à la demande pressante de l'Arrancar. Ses yeux étaient clos pour éviter que la tête ne lui tourne de trop. Elle essayait de retrouver un semblant d'équilibre en massant ses tempes d'une main.
« Réponds ! Insista Ulquiorra, sa voix figeant le sang de la rouquine.
- La… La dernière chose dont je me souvienne… c'est de m'être endormie pendant la perfusion… répondit-elle faiblement.
- Rien d'autre ?
- Non… »
La question de son geôlier ne la rassurait pas vraiment. Visiblement, il s'était passé quelque chose que lui-même semblait ignorer. Une fois les tournis estompés, sa main quitta ses tempes pour venir frotter le creux de son bras afin d'essayer de dissiper une sensation désagréable de brûlure. En sentant sa peau nue sous sa paume, ses yeux s'ouvrirent en grand. Sa veste ? Ou était-elle ? Il ne fallut qu'une fraction de seconde à la rouquine avant de la repérer posée sur le dossier de la chaise de sa cellule. Prématurément, elle se mit debout en tendant le bras pour s'en saisir. En agrippant le tissu, ses jambes se mirent à flageoler pour finir par se dérober sous son poids. Elle allait tomber au sol lorsque deux grands bras fins mais musclés la supportèrent pour lui éviter une chute douloureuse. Elle était faible, son esprit encore embrumé après le traitement qu'elle venait de subir ne lui permettait pas de prendre entièrement conscience de ce qui se passait. Son odeur au préalable agréable était remplacée par une effluve étrange qui émanait de ses pores. C'était une odeur âcre, désagréable. Cela vint renforcer les soupçons de l'Espada envers ce fou, il fallait qu'il le garde à l'œil.
« Ne bouge pas, femme. » dit-il autoritaire en l'asseyant sur le lit.
Il plongea ses yeux verts intenses dans ceux de la rouquine tout en prenant entre ses doigts son menton pour lui maintenir la tête droite. D'une main posée sur son épaule, il la maintenait assise. Il inspecta le blanc de son œil qui était injecté de sang, ses pupilles étaient aussi légèrement dilatées. Plus ça allait, plus il regrettait le fait d'avoir été aussi imprudent.
Après s'être levée précipitamment, Orihime était devenue soudainement amorphe. Elle ne réagissait même pas au contact de l'Espada, mais qu'avait-il bien pu lui faire ? Il la secoua alors doucement sans violence pour la faire revenir à elle. Cette action sembla avoir reconnecté entre eux ses neurones puisqu'elle reprit ses esprits tout en remuant doucement la tête pour s'éviter un engourdissement. Sa veste devant son buste, elle dissimulait sa poitrine. Même si d'apparence Ulquiorra ne semblait pas s'intéresser par ce qui se cachait dessous, cela la rassurait. Elle leva ses iris argentés vers ceux d'un vert émeraude et demanda inquiète :
« C'est vous qui m'avez ramené dans ma cellule ?
- Non » répondit-il simplement.
Elle eut envie de crier contre son impuissance. Comment avait-elle pu être emmenée du laboratoire jusqu'à sa cellule sans même en avoir conscience ? Elle sentait, au fond d'elle, que quelque chose d'anormal était en train de couler dans ses veines. Les larmes commençaient à humidifier la surface de ses yeux mais dans un regain d'énergie elle ne céda pas à ses sentiments. Rester forte n'était pas en option dans ce milieu hostile, il lui était impossible de paraître faible encore moins face à ses adversaires. Elle releva la tête et se déroba de l'étreinte de l'Arrancar qui lui maintenait le menton. Tout en fronçant les sourcils, elle fixa le mur pour éviter, de son propre chef, de croiser le regard du ténébreux.
Il enleva la main de son épaule sentant son reaitsu reprendre de la vigueur. Dans le fond, il était surpris face à la détermination farouche de la jeune femme.
« Je dois m'absenter durant une journée, ne sois pas étonnée en voyant Grimmjow à ma place. »
Le regard de l'humaine était toujours détourné, elle ignorait purement et simplement les paroles de l'Espada qui même s'il ne le montrait pas, commençait à fulminer intérieurement devant son air indifférent.
« Au cas où tu te demanderais la raison de mon absence… »
Il laissa sa phrase en suspens observant l'humaine qui resta neutre. Elle ne lui accordait toujours aucune attention.
« Je vais rendre visite au shinigami remplaçant » finit-il par dire tout en guettant sa réaction.
Sa phrase eut l'effet escompté, la rouquine ne tarda pas à tourner la tête face au ténébreux qui la fixait impitoyable. Une corde sensible venait d'être touchée, il avait fait mouche. Même s'il ne voyait que du mépris dans son regard, intérieurement, il se mit à jubiler. C'est avec nervosité qu'elle se mit à serrer les draps de son lit, retenant au mieux sa colère et sa tristesse. Il n'avait pas eu l'intention de lui dévoiler cette information mais cela avait été plus fort que lui. La voir l'ignorer comme elle venait de le faire lui était insupportable.
Ulquiorra ne lui laissa pas le temps de répliquer. Il tourna les talons et referma derrière lui la porte de la cellule. Le bruit du loquet mit un terme à la conversation. Orihime se retrouva de nouveau seule avec sa peine, prostrée dans son lit. Ses yeux humides ne purent retenir davantage une larme chaude qui perla le long de sa joue. D'un revers de main, elle l'essuya sans hésiter. Non, elle ne devait pas pleurer. Elle renâcla avec force une dernière fois et redressa la tête courageusement vers la fenêtre de sa cellule.
Le scientifique, tout en rejoignant son laboratoire, sortit un petit écran de sa poche qu'il alluma en pressant un petit bouton, s'assurant au préalable qu'Ulquiorra ne l'avait pas suivi. Un sourire malsain déforma alors son visage dévoilant des dents bien alignées. Sa langue vint lécher la commissure de ses lèvres tout en se délectant de la situation. Un rire des plus monstrueux vint briser le silence du palais endormi. Il se gargarisa de sa petite opération, qui, même si elle s'était avérée dangereuse avait été couronnée de succès. Sur l'écran, le corps d'une femme y était retranscrit. Au niveau du bras un petit point rouge clignotait avant de laisser place à toute une ribambelle d'autres points qui allaient de ses doigts pour remonter jusqu'à ses épaules, son torse, ses membres inférieurs pour finir par irradier son cerveau. Parfait… Processus achevé.
Les mains fourrées dans son hakama blanc, Ulquiorra foulait le sol en pierre brut du palais pour rejoindre Yammy. Plongé dans ses pensées, il se demandait par quel moyen il allait résoudre le problème « Szayel ». Et cette humaine insupportable qui ne pensait qu'à son shinigami… Depuis l'arrivée de celle-ci, il se passait des choses étranges et, jamais, il n'aurait imaginé devoir faire appel à sa conscience pour essayer d'éluder le problème. Il ne comprenait pas la raison de son soudain changement de comportement. Pourquoi cette insignifiante créature agissait sur lui comme un catalyseur à sentiments le sortant de sa léthargie émotionnelle ? Il en venait à se demander si elle n'usait pas d'un pouvoir inconnu pour altérer son esprit ou corrompre son âme.
Il poussa finalement la porte des cuisines du palais chassant de son esprit ses questionnements et vit Yammy en train de s'empiffrer sous l'œil désapprobateur des Arrancars en charge des repas. Son entrée ne passa pas inaperçue. Le décima tout en reportant le regard vers lui, déchiqueta la chair d'une cuisse de poulet avant de rire à gorge déployée. C'était un Espada très grand particulièrement imposant. Des yeux noirs perçants emplis de fierté. Un sourire qui dévoilait ses dents était toujours plaqué sur son visage. Son masque de Hollow sur sa mâchoire inférieure lui donnait une allure encore plus terrifiante.
« Ça faisait longtemps Ulquiorra ! Tu as une bonne nouvelle à m'annoncer ? demanda-t-il en brandissant l'os décharné.
- Tu ne cesseras donc jamais de manger ?
- Non ! Je dois reprendre des forces. J'emmagasine de l'énergie !»
Ulquiorra, la tête et le dos droits regardait, implacable, Yammy dont les mains avaient déjà regagné le buffet qui s'offrait à lui, prêt à tout engloutir.
« Veux-tu bien t'arrêter un instant ? »
Devant le ton grave de son allié, celui-ci reposa la nourriture sur la table et lui accorda toute son attention. Il le regardait surpris attendant patiemment qu'il continue.
« Aizen-sama désire que l'on retourne à Karakura…
- On va aller dézinguer du shinigami ? » coupa l'Arrancar, des étoiles pleins les yeux, prêt à en découdre.
Il se leva prestement, faisant basculer sa chaise lourde contre le sol sans se soucier le moins du monde du mobilier. Ulquiorra soupira d'agacement.
« Non, répondit-il tout simplement, freinant net l'élan guerrier de l'Arrancar.
- On va faire quoi, alors ? » demanda le mastodonte d'un air benêt.
Yammy n'était pas, à proprement parler, quelqu'un que l'on pouvait qualifier d'intellectuel. Seul comptait la puissance de ses poings, sa force colossale était la principale de ses qualités préférant de loin reléguer les tâches nécessitant l'utilisation de la matière grise à Ulquiorra en qui il avait une grande considération. On lui disait, il obéissait, c'était aussi simple que cela. Tant qu'il pouvait se battre et montrer à qui voulait bien le voir sa puissance, il était satisfait.
« Du renseignement. On part demain à l'aube. »
Ulquiorra n'était pas très bavard, ce n'était pas quelque chose qu'il appréciait. La parole, il ne la prenait qu'en cas de nécessité. Aucun des mots que daignait prononcer l'Arrancar n'était à prendre à la légère, c'était avec soin qu'il les choisissait ne laissant rien au hasard. Il tourna finalement les talons et sortit de la pièce de la même manière qu'il était entré -subrepticement-. Sa sortie laissa derrière lui un Yammy pour le moins hébété. Pour le moment, le ténébreux n'avait pas jugé nécessaire d'entrer dans les détails de la mission. Il lui donnerait les informations nécessaires en temps et en heure se disant que, de toute manière, Yammy aurait tout oublié et qu'il aurait fallu, de nouveau, lui répéter.
Un terrible mal de crâne commençait à pointer le bout de son nez, il pouvait sentir l'afflux sanguin cogner ses tempes en d'affreuses pulsations qui lui compressait le cerveau. La douleur, au départ, supportable se muta vite en une souffrance intenable. Ces voix, ces stupides voix qui ne le laissaient jamais tranquille…. Voilà qu'aujourd'hui, elles avaient décidé d'être insupportables.
Après avoir refermé les portes des cuisines et s'être éloigné pour rejoindre ses quartiers, il s'immobilisa en plein milieu du couloir. De simples torches éclairaient faiblement le corridor, projetant l'ombre vacillante de l'homme sur le mur en pierre. Ces lueurs pourtant faibles étaient suffisantes pour le déranger, ce qu'il voulait, c'était la pénombre, l'obscurité. Tout en refermant ses paupières, ses mains, quant à elles, vinrent rejoindre ses tempes pour essayer de dissiper la douleur. Cette action sembla adoucir ce calvaire avant de reprendre de plus belle une fois la pression de ses doigts allégée. Même si cela lui faisait du mal de l'admettre, c'est de repos qu'il avait besoin. C'est à contrecœur qu'il rejoignit son lit pour une nuit qui allait être, pour le moins, agitée et inhabituelle.
Bonjour chers lecteurs(trices), j'espère que ce chapitre vous aura plus.
N'hésitez pas à mettre un petit commentaire pour dire ce que vous en avez pensé ça me fera très plaisir. Du négatif ? Du positif ? Dites le moi, je cherche à m'améliorer et comme c'est ma première fan-fiction et à plus forte raison ma première fiction tout court, j'aimerai savoir ce que je devrai faire pour vous fournir un texte de meilleure qualité. Merci d'avance !
Bises, farouche.
