Vies
« Devenir père, c'est connaître l'inquiétude permanente. »
Propos de mon Père
Chapitre 6: Branle bas de combat
Végéta rageait. Impossible de retrouver la trace de sa fille. Il tournait en rond depuis un quart d'heure maintenant. Des sentiments contradictoires luttaient en lui. Entre la haine, la colère et la rage se faufilait une émotion qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir. Du désespoir. Il fouillait fébrilement de son esprit les alentours, conscient du pouls de Bulma qui battait en résonnance avec le sien, comme si leurs peurs de perdre Bra ne faisaient qu'une.
Soudain, deux énergies significatives apparurent aux abords de sa conscience. Deux puissances qui se dirigeaient vers eux. Une importante et une plus petite. Deux forces qu'il connaissait.
« Végéta! Qu'est-ce que... Où est ta fille? » Gohan. Une question aussi idiote ne pouvait venir que de ce demi sang naïf.
« C'est ce que j'aimerai bien savoir, figure-toi! » cracha Végéta.
« D'accord, d'accord. Si on se calmait un peu et... » Le chauve à présent… Enfin, il ne l'était plus, mais c'était toujours ce qui, aux yeux de Végéta, le caractérisait le mieux. Parmi tous les idiots que comptaient cette planète, il fallait que ce soient ces deux là qui se pointent. Végéta sentit la rage prendre les commandes.
« Se calmer? C'est ma fille qui a disparu! Tu as un autre imparable conseil à me donner? »
« Végéta, écoute. Il se peut qu'on ait des renseignements. Si tu as perdu sa trace, tu ne la retrouveras pas comme ça. Allons chez moi, là-bas on pourra discuter. »
Pour la première fois depuis le début de la discussion, Bulma intervint.
« Végéta... » Au son apaisant de sa voix, Végéta sut que Gohan avait raison, que c'était effectivement la meilleure solution. Il fit un bref signe de tête, comme s'il lui coûtait mille morts de se ranger à leur avis, et tous les quatre se dirigèrent vers la demeure de Sangohan.
Il progressait difficilement. La neige ne facilitait pas sa marche. Il en avait jusqu'aux genoux. Il y avait une route à moins d'un kilomètre. Il lui fallait la rejoindre au plus vite s'il ne voulait pas que ses jambes gèlent.
D'après les indications de sa mère, il devait approcher de la Capitale de l'Ouest. Il l'avait atteint beaucoup plus rapidement qu'il ne l'avait espéré. Là-bas, il savait ce qu'il lui restait à faire.
« Bon, si on essaie de récapituler, Sangoten et Trunks ont disparu on ne sait où, mais ce n'est pas le plus grave. Le plus grave c'est ce monstre qui a presque tué Pan et qui a fait fuir Bra. Mais celle-ci reste introuvable, d'ailleurs, comme ce fameux monstre que seules Bulma et Pan ont vu. »
Tous acquiescèrent, sauf l'agent de police, qui semblait avoir totalement perdu le fil de la conversation. Son regard passait de l'une à l'autre des personnes présentes, cherchant vainement un semblant de raison au milieu d'évènements qui avaient totalement échappé à sa logique.
Chichi arriva avec un plateau sur lequel était disposé des tasses de thé. Elle le posa sur la table.
« Le plus urgent reste donc de retrouver Bra. » Sangohan avait pris la situation en main. Végéta tournait comme un fauve en cage et Bulma semblait avoir l'esprit noyé par les sanglots. Videl berçait toujours Pan, que son combat semblait avoir éprouvé davantage sur le plan émotionnel que sur le plan physique. « Malheureusement, ce monstre a l'air puissant, et l'aide de Goten et de Trunks ne serait pas de trop. »
« Je me fous de l'aide de n'importe qui! Je n'ai besoin de personne pour expédier ce pourri en enfer! » Végéta fulminait. Tout le monde pouvait sentir sa colère. Mais ce n'était pas une des habituelles colères de Végéta. Non... cette fois-ci, ils pouvaient tous sentir sa peur. Il avait peur pour sa fille, il se sentait impuissant et il enrageait.
« Du calme, Végéta. On va... » Sangohan fut interrompu par Videl, qui posa une main sur son épaule et lui fit signe de la suivre dans la cuisine, après avoir confié Pan à sa grand mère. Krilin reprit la parole.
« Le meilleur à faire, selon moi, c'est de se séparer. Un groupe à la recherche de Bra, un autre à la recherche des garçons. »
Dans la cuisine, Sangohan réajusta ses lunettes, curieux de savoir pourquoi sa femme l'avait emmené à l'écart.
« Qu'est-ce qui t'arrive? »
« Il faut que tu ailles parler à Sangoku. »
« C'est pas le moment, Videl. »
« Ce n'est jamais le moment, à t'écouter. Mais je pense que justement, c'est maintenant ou jamais. A ton avis, pourquoi Goten a fait ça? Pourquoi est-ce qu'il est si malheureux depuis six mois? Il faut que tu ailles voir Goku. »
« Mais... »
« Maintenant. »
« Tu... oui, tu dois avoir raison. Je... je vais aller le voir. »
Ils retournèrent dans le salon. Sangohan resta debout.
« Bon... on va se séparer. Krilin, tu veux bien aller à la recherche des garçons? Végéta, je pense que tu veux retrouver ta fille. Moi... je vais chercher papa. » Maron, qui n'avait pas encore dit un mot, intervint alors:
« Mais, pourquoi est-ce que vous n'allez pas demander à Dendé? » Tous la regardèrent en silence. Maron rougit sous les regards qui convergeaient vers elle. Pas un d'entre eux n'y avait pensé…
« Génial! Tu es géniale Maron! Bon, alors Krilin, au lieu de partir tout de suite à le recherche des garçons, tu veux bien aller au palais? »
« Pas de problème. »
« Papa, j'peux venir, s'il te plait? » Krilin jeta un coup d'oeil à sa femme pour y chercher un accord ou un désaccord. C18 se contenta de hausser les épaules.
« D'accord, viens. » Le visage de Maron se fendit d'un grand sourire.
« Allez, go! » Végéta, Krilin et sa fille, puis Sangohan passèrent la porte et s'envolèrent chacun de leur coté. A l'intérieur de la maison, Bulma se rongeait les ongles.
« Ils vont revenir. Ne t'en fais pas. » Le ton rassurant de Videl ne l'apaisa qu'à moitié. Elle esquissa un faible sourire.
« Mais pourquoi est-ce qu'il faut toujours que les pires ennuis nous tombent dessus? »
« Alors? »
« Krilin arrive. »
« Krilin? Qu'est-ce qui se passe en bas? » Dendé se tourna vers son compatriote.
« La fille de Végéta a disparu. Pan a été gravement blessé. Sans doute par... lui. »
« Sans doute? »
« C'est vraiment étrange. Je ne peux rien t'assurer. Il y a comme un brouillard qui me cache toutes ses actions. »
« Ce qui n'augure rien de bon… »
« Je ne te le fais pas dire. »
Les rafales de vent faisaient claquer ses cheveux blonds, qui lui fouettaient les joues au gré des courants. Elle était sur le dos de son père. Lui semblait réellement soucieux. Il y avait de quoi, la situation n'était pas très brillante.
Néanmoins, elle, était heureuse. Elle allait enfin retourner au Palais Céleste. Elle n'avait que de vagues souvenirs de l'époque où elle s'y était rendue, pendant le combat contre Boo. Elle se souvenait bien de la mort de ses parents, et de la sienne. Ce n'était d'ailleurs pas un souvenir très agréable. Mais le Palais la fascinait. Elle avait toujours désiré y retourner, et elle en avait enfin l'occasion.
Malgré son apparente tension, son père éprouvait, elle le savait, une sorte d'exaltation qui le rendait, lui aussi, heureux, en un sens. Elle avait, tout comme sa mère, sentit son excitation quand il était chez Sangohan. La ferveur des combats le reprenait.
« Maître, quelque chose ne va pas? » Devant l'absence de réponse du grand homme, Oob renchérit.
« Maître? »
« Hein? Ah... euh... rentrons au village. » Les deux combattants cessèrent leurs activités guerrières et se dirigèrent vers le fleurissement de toit de chaume qui se trouvait à quelques pas de là, perdus en plein désert, comme si un cultivateur acharné était parvenu à arracher à l'aridité de la terre un plant de céréales.
« Mon fils arrive. »
« Krilin, mon vieil ami. » Après avoir serré Dendé dans ses bras, Krilin observa le jeune dieu d'un air inquiet.
« Je pense que tu sais ce qui m'amène. »
« Oui. Les garçons reviendront en leur temps. Le plus important, c'est cet être qui a blessé Pan et poursuivi Bra. »
« Tu ne sais pas ce que c'est? »
« Non, je ne peux pas le voir, ni le sentir. Que voulait dire Pan, quand elle parlait de ses rêves? »
« Apparemment, elle et Bra font des cauchemars depuis plusieurs jours. Et ce monstre était dans leurs rêves. »
« Hum... Piccolo l'a senti arriver, une sensation étrange. Je ne sais pas qui il est, mais je ne pressens rien de bon. Je n'ai aucune certitude. Oui, Maron, tu peux te promener. » La jeune fille le regarda, surprise. Comment avait-il pu deviner sa question? Evidemment, il était Dieu. Sa bouche grande ouverte se changea en un sourire radieux.
« Merci! » Krilin, aussi surpris que sa fille, la regarda s'éloigner. Mais son esprit revint vite au problème qui les occupait.
« Tu... tu peux expliquer le fait que tu ne puisse pas le voir? »
« Non. C'est... très étrange. Ce brouillard... de temps à autre, ça arrive, mais je ne sens rien de dangereux. Par contre, dans ce cas... » Krilin acquiesça. Tous deux savaient qu'il se passait quelque chose. Mais ils ne savaient pas quoi. Ce qui, de la part de Dieu, avait de quoi inquiéter. Dendé reprit la parole.
« Il n'y a jamais plus dangereux que d'affronter quelque chose que l'on ne connait pas. »
« Qu'est-ce que je dois faire, Dendé? Aller chercher les garçons? »
« Non. Laisse les garçons là où ils sont. C'est le meilleur moyen de débloquer leurs situations... familiales. »
« Mais... ils pourraient nous aider, non? »
« Je ne pense pas. Je... j'ai l'impression que l'aide va venir de là où on ne l'attend pas. » Krilin l'observa en silence. Il n'avait jamais vu Dendé aussi perplexe.
« Bon... je retourne chez Gohan. Il sera peut-être rentré, avec Goku, et alors on avisera. »
« Sangoku ne va pas venir. » Krilin allait lui demander pourquoi, mais se ravisa. Quelque part, il le savait lui-aussi. Il hocha la tête. A nouveau, il ouvrit la bouche pour appeler Maron, mais il fut coupé par Dendé.
« Laisse-la ici, si tu veux. Elle en a très envie. Et elle sera à l'abri. » Les yeux de Krilin se reportèrent sur Dendé, qui lui souriait.
« Bah... ok... prends... prends bien soin d'elle. Je... je viendrai la récupérer... ce soir par exemple. »
« Pas de problème, ne t'en fais pas. » Krilin se rendit alors compte de la stupidité de sa demande. Elle était chez Dieu, chez Dendé, son vieil ami de Namek. Nulle part ailleurs au monde elle ne pourrait être plus en sécurité.
Il se retourna, et se plaça sur le rebord de la terrasse céleste, quand Dendé lui dit:
« Krilin... ton... ton passé pourrait bien resurgir, sous diverses facettes, d'ici à quelques années. »
Il tourna et hocha la tête en direction de Dendé, après l'avoir longuement regardé. Puis il plongea dans le vide et s'envola.
Piccolo, qui avait écouté toute la conversation sans rien dire, s'enhardit à demander à Dendé:
« Vers quoi on se dirige, d'après toi? »
« Je n'en ai vraiment aucune idée. Mais ce qui va se passer, quoi que ce soit, n'est qu'un épisode. Il y a quelque chose de plus grand derrière. »
« Petite peste. » Il tournait depuis presque une heure et demi. Mais où était-elle passée? Il avait été surpris de la voir décoller et s'envoler. Il l'avait suivie, mais au fur et à mesure, elle s'était éloignée de lui, jusqu'à ce qu'il la perde de vue. Puis il avait senti son énergie baisser, et elle s'était sans doute écrasée, quelque part dans cette immense forêt. Impossible de la repérer. Elle avait le deuxième annonciateur. Il fallait qu'il le tue, son maître lui avait ordonné.
Un sourire mauvais tordit les traits de son visage. Il venait de trouver la solution… Il concentra un peu d'énergie dans sa main, qu'il lâcha sur la forêt. Le brasier s'alluma instantanément, malgré la neige. Le feu se propagea à grande vitesse, passant d'un arbre à l'autre par les ramures que les feuilles avaient abandonnées.
« Sangohan. »
« Papa. » Un sourire franc et radieux illumina le visage de Sangoku. Il donna une grande tape dans le dos de son fils.
« Alors, qu'est-ce qui t'amène? » A l'air sérieux de son fils, Sangoku sentit que ce n'était pas une simple visite de courtoisie.
« Papa... il se passe des choses grave. » Sangoku fronça les sourcils.
« Des choses graves? »
« D'abord, Sangoten et Trunks ont disparu. Sangoten a... bu. Il est devenu complètement fou et... la police est arrivée... ils se sont enfuis. » Sangoku avait toujours les sourcils froncés, et attendait la suite.
« Puis... il y a les filles. Pan et Bra. Elles.. elles faisaient des cauchemars. Elles voyaient des monstres. Et... un des ces monstres est arrivé. Il a failli tuer Pan. Il s'en est sans doute pris à Bra, mais ils ont tous les deux disparu. » Un silence s'en suivit. Soudain, le visage de Sangoku se dérida.
« C'est tout? » s'exclama-t-il. Sangohan était abasourdi.
« T... tout? »
« Et bien oui... vous saurez bien vous débrouiller sans moi, allons. Végéta ne se laissera pas faire comme ça. » Sangohan réajusta ses lunettes, ferma les yeux et prit une grande inspiration. Il rouvrit les yeux et regarda son père.
« Papa, c'est... c'est aussi pour Goten que je suis venu te voir. Il... il ne va pas bien du tout depuis que tu es parti. Je crois qu'il a besoin de toi. »
« Allons... Sangoten est fort, il saura bien se débrouiller lui aussi. »
« Papa... ce n'est plus de force dont il s'agit. Tu lui manques. »
« Je lui manque? Mais j'ai passé les dix dernières années avec lui. D'ailleurs, il a quasiment toujours rechigné à s'entraîner. » Sangohan prit une nouvelle inspiration. Comment faire comprendre à son père qu'il ne fallait plus raisonner en terme de combat?
« Papa... est-ce que tu vas revenir? »
« Non. Enfin, oui, un peu. Dans deux jours, les gens du village commencent leur rite de fin d'année. Ils ne doivent plus ni manger ni se battre. Tu t'imagines? Je ne pourrais pas survivre. Je vais en profiter pour venir passer quelques temps avec vous. Je dois dire que Chichi et ses bons petits plats me manquent. » Sangohan soupira. Son père ne comprenait pas qu'il manquait à Goten, mais quand il s'agissait de nourriture, la notion ne lui échappait pas… Mais au moins, il allait venir passer quelques temps avec eux. Pourtant, ce n'était pas ces quelques jours dont avait besoin Goten…
« Tu... » Il renonça. « Et bien alors... à dans deux jours. »
« Yo! » Sur un dernier signe de main, le fils s'envola, laissant là son père au nouveau but qu'il avait trouvé à sa vie.
Végéta volait à toute vitesse. Il avait senti l'énergie du monstre. Dansant sur l'horizon, il apercevait une lumière orangée intense et mouvante. Une chaleur de plus en plus mordante venait lui chatouiller le visage à mesure qu'il s'approchait. Il y avait le feu là-bas. Ce pourri voulait brûler sa fille…
Il redoubla de vitesse. Arrivé au niveau de la forêt, il se posa, les pieds dans la neige. Il se trouvait dans une plaine bordant les bois. Il pouvait voir les flammes s'élever au dessus de la cime des arbres. Il pouvait éteindre l'incendie par une simple émanation d'énergie. Mais si Bra se trouvait là dedans… Non, il fallait trouver une autre solution. Il fallait trouver le moyen d'éteindre le brasier sans mettre la vie de sa fille en péril.
La rage qui l'habitait faisait vrombir l'air autour de lui, soulevant des nuages de poudre de neige. La neige... C'était la solution.
Reculant de quelques pas, Végéta fit face à la forêt que le brasier dévorait à une vitesse effarante et concentra une partie de son énergie. Il plaça ses mains devant lui et lâcha une rafale éblouissante qui entraîna un énorme nuage de neige par dessus le brasier. Le tout, retombant sur les flammes, étouffa en grande partie l'incendie. Végéta s'éleva dans les airs, pour observer l'étendue des dégâts et tenter de localiser Bra. La forêt était vraiment immense. Un cinquième avait dû être détruit environ. Un épais nuage de fumée s'en élevait. Il scruta les bois calciné à la recherche de sa fille.
« Qu'est-ce qui se passe, à ton avis? »
« J'en sais rien… c'est l'énergie de papa. »
« Il n'y a pas d'autre énergie notable avec lui. Il ne se bat pas. »
« C'est sans doute pas important. Il doit être en train de se défouler. »
« Et avant, t'as rien senti? »
« Non. Enfin, j'ai pas fais gaffe. C'est parce que c'est l'énergie de mon père et que je la connais que je l'ai sentie. Mais s'il y avait eu quelqu'un de plus puissant que lui, on l'aurait repéré. Donc, rien de grave. »
« Ouais, t'as sûrement raison. »
Qui cela pouvait-il être? Ce type était arrivé très vite. Et il était puissant. Il avait maîtrisé l'incendie en quelques minutes.
Lui était descendu vers la forêt, pour tenter de repérer sa proie après avoir allumé ce brasier. Heureusement, sinon l'autre l'aurait trouvé. Bon... il n'avait rien remarqué qui aurait pu trahir la présence de la gamine. Il n'avait déniché comme cachette potentielle qu'une maisonnette en bois, perdue au milieu de la forêt, et qui avait désormais à moitié brûlé, mais la fille n'était pas dedans. Il fallait qu'il se concentre sur l'Annonciateur... l'Annonciateur... plus à gauche...
Krilin était déjà arrivé depuis quelques minutes quand Sangohan atterrit dans la cour. Il entra, et trouva sa mère, sa femme, Bulma et C18, qui parlait avec Krilin, à la cuisine. Pan lui sauta dans les bras.
« Papa! Grand-père est là? »
« Non, ma chérie. Il vient dans deux jours. » Les trois femmes et Krilin sortirent de la cuisine.
« Dans deux jours? » répéta Videl, d'une voix mêlant déception et une pointe de reproche.
« Oui, au village où il est, il y a une période de paix et de jeûne. Il préfère venir là. » Chichi sourit faiblement. Videl soupira. Il n'avait pas réussi à le convaincre. Sangohan préféra esquiver dans l'immédiat une querelle avec Videl et se tourna vers son ami.
« Alors Krilin? »
« Et bien... Dendé en est au même point que nous. Il ne peut pas voir ce monstre. Il ne sait pas qui c'est, d'où il vient, et il est incapable de deviner ce qu'il veut. Pour les garçons, il m'a dit qu'il ne fallait pas les chercher. »
« Alors même Dendé ne peut pas le voir. » Il porta sa main à son menton, dans une attitude de réflexion intense. « Et l'agent de police? Où est-il passé? »
« Il est parti. Il avait l'air complètement déboussolé, le pauvre. Il m'a dit que s'il avait des nouvelles, il nous recontacterait, » lui répondit sa femme.
Sangohan reposa sa fille, s'assit sur le canapé, et prit sa tête entre ses mains. Tout le monde l'observait, attentif. Au bout de quelques minutes, il releva brusquement la tête.
« J'ai faim. »
« Au bureau douze, monsieur. » La jeune femme rousse regarda l'homme s'éloigner vers le bureau indiqué. Peu banal. Des habits de saltimbanque, le pantalon trempé jusqu'aux genoux, probablement un voyageur, au vu de son sac sur le dos. Des cheveux longs, noirs comme la nuit, avec des reflets bleutés, qui lui tombaient un peu plus hauts que les épaules, maintenus par un anneau vert émeraude. Mais surtout, il avait trois yeux. Les personnes à trois yeux étaient très rare.
Il s'avança, et demanda à la femme brune en face de lui, de l'autre coté du bureau, dans une sorte de renfoncement du mur:
« Excusez-moi, je cherche une certaine Bulma. »
« Oui, j'interroge l'ordinateur. Alors... » Elle tapa les cinq lettres sur son clavier. « Trois réponses. Vous n'avez pas plus de renseignements? »
« Hum... Elle doit être scientifique, ou ingénieur. »
« Oui, je vois. Il s'agit de Bulma Brief. Alors, elle habite à la Capsule Corporation. Vous ne pouvez pas la manquer, c'est une immense maison, avec le sigle 'Caps. Corp.'. » Il inclina la tête.
« Je vous remercie infiniment. »
Elle le regarda s'éloigner. Une fois qu'il fut sorti du bâtiment, elle prit le téléphone, pressa une touche. La jeune femme qui avait indiqué le bureau douze au jeune homme répondit.
« T'as vu? »
« Qui? »
« Ben, « Trois Yeux » ? »
« Oui, comment le rater… »
« Mignon, hein? »
« Tu peux le dire. Un peu bizarre mais à croquer. »
Ils étaient tous les sept autour de la table. Krilin et C18, Sangohan, Videl et Pan, Bulma et Chichi.
« Donc, on rejoint Végéta, c'est la seule solution. » Sangohan acquiesça.
« Oui. De toute façon, il faut retrouver ce monstre, et quoi qu'il en dise, Végéta ne peut pas refuser notre aide. »
« Je... Qu'est-ce qu'il veut à ma fille, à ton avis? »
« Ce monstre? Ca a l'air d'être en lien avec ces animaux étranges que Pan et elle ont trouvé. Mais pourquoi, alors là... » Videl intervint:
« J'ai cherché dans l'encyclopédie avec Pan, rien ne ressemble à ces bêtes qu'elles ont trouvées. » Pour la première fois du repas, C18 ouvrit la bouche.
« Dites, si j'ai bien compris, ce monstre était dans leurs cauchemars. Et il est venu chercher ces petits animaux que les filles ont trouvés pour les tuer. »
« C'est ça, oui » , acquiesça Gohan. C18 changea d'interlocuteur.
« Pan, dis-moi, quand avez-vous trouvé ces animaux? » La petite réfléchit.
« Mardi. Oui, mardi. »
« Et tes cauchemars, quand ont-ils commencé? » A nouveau, elle réfléchit, le doigt sur le menton.
« Mardi soir. » C18 fit le tour de la table du regard . La conclusion s'imposait d'elle-même. Le premier, Sangohan prit la parole.
« A... Alors c'est ça. Mais... comment on a fait pour ne pas faire le rapprochement? »
« Tu étais préoccupé par d'autres problèmes. C'est comme pour Pan, tout à l'heure. Si tu t'étais concentré, tu aurais senti qu'elle se battait. Mais il y avait le policier, et tout ça... » Krilin s'était donné un ton rassurant. Sangohan hocha la tête, peu convaincu pourtant.
Genou à terre, dans la neige souillée de particule de charbon, il releva une planche à demi calcinée. Sa maison... Sa forêt... Qui? Mais qui avait fait ça?
Dans un mouvement rageur, il se releva. Ses yeux bleus glacés scrutèrent le ciel. Il allait retrouver le coupable et lui faire payer. D'un revers de la main, il repoussa ses cheveux noirs qui lui tombaient devant le visage. Là-bas. Une trace de pas. Il s'approcha. Ce ne pouvait être que lui. Il huma l'air. Mélangé à l'odeur de brûlé et d'humidité, il pouvait sentir un parfum vaguement reptilien, étrangement végétal. Comme une sorte de serpent. Non. Beaucoup plus gros. Un reptile marchait sur ses deux jambes. Il huma de nouveau l'air ambiant. A gauche, oui, plus à gauche.
