Disclamair : Les perso ne sont pas à moi.
Genre : UA, OOC sur Naruto. Yaoi. Lemon. POV Neji.
Note : L'histoire se passe au Japon mais certains détails ne colleront peut-être pas. Désolée à ceux que ça gênerait.
Note bis : Désolée si il y'a des fautes, j'ai beau me lire et me relire certaines m'échappent certainement. :3
Note bis bis : Pour les sms ils seront écrits comme ça : #Blablabla#
Note bis bis bis : Désolée pour l'attente beaucoup plus longue sur ce chapitre, mais la reprise des cours combinée à une vilaine grippe ça fait pas bon ménage. Du tout. Promis le prochain sera là plus rapidement. Par contre je me rends compte qu'avec les cours (ah vacance revenez moi !) mon rythme de post va sûrement être d'un chapitre par semaine. Peut-être deux des fois, je verrais. Bonne lecture ! (:
Pour un chant d'espoir
Chap 6 :
Quelques mois ? Minimum ? Offrez moi une corde.
Je fais signe à Iruka de sortir et m'affale sur mon lit. Bordel. Je n'ai même plus envie de soupirer. Les solutions ne sont pas nombreuses. En même temps j'ai été trop impulsif avec cette histoire. C'est la première fois que je fais autant de choses sans réfléchir. En effet, c'est l'évidence même que cette relation allait être plus que compliquée. Sasuke et moi sommes deux personnages publiques. Déjà il y allait forcément avoir des problèmes avec ma famille et ils commencent avant même de savoir que je suis gay, c'est pour dire. Ensuite lui doit faire très attention aussi puisque personne ne doit savoir qu'il est gay, pour l'image de son groupe. Je n'ose même pas imaginer les réaction de certaines de ses groupies si elles savaient que "leur" Sasuke est gay. Et puis, dans le milieu dans lequel j'évolue je suis censé être à un cocktail chic, une belle femme à mon bras. Foutue société conformiste. On est au 21ème siècle, oui ou merde ? Deux hommes ont le droit de s'aimer ! Légalement, oui enfin même plus ou moins, mais dans les esprits... Je crois que la solution de la facilité est celle à prendre, là. Il faut que je quitte Sasuke. Si on rompt maintenant, alors que nous venons tout juste de nous mettre ensemble, on souffrira moins que plus tard en ayant eu le temps de s'attacher. Notre histoire finie avant même d'avoir vraiment commencée. Un léger rire jaune m'échappe. C'est le mieux, je me le répète en boucle mais je n'arrive pas pour autant à prendre mon téléphone et l'appeler. J'ai envie d'entendre sa voix, oui, mais pour me réconforter, pas pour devoir lui dire que c'est fini. Je dois le faire. Je n'y arrive pas. Il me prendra pour un faible, un lâche, tant pis. Autant lui laisser cette image de moi. J'attrape mon portable et le cherche dans mes contacts. Les tonalités s'enchaînent.
-Neji ?
-Sasuke...
-Qu'est-ce qu'il y a ? Alors ton père repart quand ?
-...
-Neji ! Réponds moi !
-...je...heu...
-NEJI ! Bordel. Réponds.
-Sasuke, il vaut mieux qu'on arrête tout là.
Un silence choqué dans mon oreille. Je continue.
-On ne se verra plus, c'était une folie de toute façon.
-Neji... tu déconnes là ?
-J'ai l'air ?
-...
-Je suis désolé.
-Neji, tu te fous de ma gueule ? Je pensais que t'étais du genre à te battre, pas à abandonner comme ça. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Mon père ne repart pas avant des mois, voir plus. Il veut reprendre mon éducation en main.
Ce même petit rire qui m'échappe.
-Et, c'est pour ça ? Il n'y a pas moyen qu'on se voit quand même ?
-Non. Laisse. C'est terminé.
-Mais, attends ! Pourquoi t'abandonnes avant même qu'on ait essayé de se battre ?
-Parce que le résultat sera le même ! On perdra dans tout les cas. Plus vite on arrête, mieux c'est.
-Mais pourquoi ce défaitisme ?
-Parce que tu ne connais pas mon milieu Sasuke.
-Tu y tiens tant que ça à ton milieu ?
-Non. Mais il y a d'autres enjeux.
-Ah oui, tu ne veux pas perdre ton précieux héritage, malgré tes belles phrases.
Cette phrase là, elle me fait mal. Comment il peut croire ça ?
-Je ne veux surtout pas perdre l'amour de ma mère. Je n'ai pas celui de mon père et ne l'aurait jamais mais je veux au moins gardé le sien...
-Neji, réfléchis, si ta mère te retire son amour pour une chose pareille c'est qu'elle ne t'a jamais vraiment aimé. Et son prétendu amour t'enchaîne plus sûrement que ne l'a jamais fait ton père.
-Sasuke ! Je t'interdis de dire ça. Elle n'est pas comme ça. Tu te rends compte que tu es en train de me demander de tout abandonner ? Toute ma vie, pour trois semaines que je te connais. Si ça se trouve dans une semaine on rompt pour telle ou telle raison et j'aurais tout perdu. Comment tu peux faire ça ?
-Je vois. Tu ne crois pas à une relation entre nous deux. Là, je ne peux rien faire, en effet.
-Sasuke si c'est toi qui devait tout laisser, tu le ferais ? Si tu devais quitter ton groupe, ta famille, tout pour un amour qui n'a même pas éclos ?
J'ai fini ma phrase en criant. Il hésite.
-Ce n'est pas pareil... Les gars du groupe ne nous empêcheront jamais d'être ensemble.
-Eux, non, mais ton manager, ton agence, tes fans, les médias... tu en fais quoi de tout ça ?
-Ça peut se régler. Ou on peut se cacher.
-Tu vois tu me demandes quelque chose que tu ne serais pas capable de faire.
Il me déçoit. C'est égoïste ce qu'il veut. Pouvoir continuer sa petite vie avec moi, sans rien laisser tomber de son côté. Par contre je remarque qu'il n'a rien dit de sa famille. Qu'en est-il ? Je laisse ça de côté pour l'instant.
-Ce n'est pas la même chose, Neji !
-Laisse tomber. On a plus rien à se dire.
Je raccroche sur ces mots. Je l'ai fait. Je l'ai quitté. Cette discussion amère sera mon dernier souvenir avec lui. Ça doit l'être. Couché sur mon lit, je ferais semblant de dormir lorsque Iruka va m'appeler, puis venir me chercher pour manger. Je n'ai pas faim. Je ne veux pas voir mon père. Je ne veux voir personne, en fait. Personne, sauf lui. Non ! Il faut que je me le sorte de la tête. Oublie le. Je vais finalement dormir d'un sommeil agité qui ne m'aura pas reposé du tout.
Le matin, je me prépare comme un automate. Mon chauffeur m'emmène. Arrivé au lycée, j'ai comme d'habitude une nuée de filles qui vont venir se poster à mes côtés, je ne leur accorde pas un seul regard. Je vais m'installer dans la salle du conseil en attendant le début des cours. Tenten me rejoint rapidement. Je lève tout juste la tête de mes bras pour lui dire bonjour. Mais ça suffit pour qu'elle comprenne que quelque chose cloche.
-Neji ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je n'ai pas envie de faire dans la dentelle.
-J'ai rompu avec Sasuke.
-QUOI ?
Tiens je m'y attendais bizarrement.
-Laisse, je ne veux pas en entendre parler. Et surtout pas en parler.
Je vois qu'elle a envie d'insister, mais malgré l'impression qu'elle donne, elle tient à sa vie. Si, si je vous assure.
Nous allons en cours, je suis distrait, ces cours m'ennuie. "M'ennuie et m'indiffère. Crie, pleure tant que tu voudras, seul mon sourire te répondra." Bordel ! Sortez le moi de la tête, lui ces chansons, ces trois semaines à espérer, être avec lui. J'aimerais tant revenir en arrière, refuser d'aller à ce concert, et même que Tenten ne m'en ait jamais parlé, que je n'ai pas eu cette obsession pour lui, que je ne sois pas allé fumer une clope après le concert. Revenir dans le temps, changer les événements. Que ça ne soit jamais arriver. J'ai envie de hurler ma frustration. Je n'ai jamais rien voulu, et là quand enfin quelque chose me tient à cœur je n'y ai pas le droit. Je peux avoir tout ce que je veux, hein ? On m'a toujours dit ça, que mon nom, mon argent me permettait tout. Ce n'était qu'une grosse blague ? Je ne suis pas censé pouvoir être au dessus de tout ? Mes yeux me brûlent. Les larmes veulent sortir, je ne le permettrais pas. Je serre les dents, résistant à cette envie de tout démolir, de frapper tout ce qu'il y autour de moi, de hurler sur tout le monde. Et les minutes passent, les heures défilent. Rien ne change. Je ne peux m'empêcher de regarder régulièrement mon portable, espérant un message de Sasuke, un appel, n'importe quoi, un signe de lui. Je suis ridicule, je sais qu'il a la même fierté que moi, pire même peut-être, il ne s'abaissera jamais à revenir alors que je l'ai quitté comme ça. Et je ne retournerais pas vers lui. Ce serait une erreur, j'essaie de m'en convaincre. Putain ! Sasuke... J'ai besoin de te voir, de t'entendre, d'être dans la chaleur de tes bras. Ça m'est interdit. Sasuke...
Lorsque je rentre chez moi, c'est pour m'enfermer dans ma chambre. J'ai pris mon violon, au passage. Je m'installe, pose l'instrument sur mon épaule, l'archet dans l'autre main. Et il glisse sur les cordes. Les notes s'enchaînent. La douce mélodie s'accélère, les notes se précipitent. Je joue de plus en plus vite, de plus en plus fort. J'ai quitté ma chambre, je me suis perdu dans le ciel. Je suis dans un autre monde, où n'existe que cet instrument qui vibre contre moi. Musique. Doux mot chantant. Beauté pur de la clarté de ces notes. La musique me prend au corps et au cœur. Je n'ai besoin que d'elle. Je m'échappe dans un ailleurs qui n'appartient qu'à moi. Je me lance dans une improvisation, son visage est là derrière mes yeux fermés. Cette musique n'est dédié qu'à lui. La mélodie, grave et triste contient cette légère note d'espoir. Ce léger espoir que je ne peux m'empêcher d'avoir. L'homme sans l'espoir n'est rien. Je termine, tremblant. Je sais que je ne pourrais jamais oublier ce morceau. Je n'ai pas besoin de l'écrire. Il sera toujours en moi, tout comme lui.
Je pose mon violon et regarde l'heure, plus de deux heures sont passées depuis que j'ai commencé à jouer. Je prends une douche, et me couche.
Le lendemain la journée est semblable en tout point à celle de la veille. Je retourne au club de musique. A peine ai-je pris mon violon, que me mains jouent d'elles-même ce morceau "composé" hier. Je ne peux pas m'arrêter. Son visage, sa voix tournent dans ma tête. Je ne vois pas tout les autres me fixer. Les yeux fermés je me laisse happé une nouvelle fois par les notes. Le musique est ma seule bouffée d'air. Le morceau terminé, c'est le prof qui va venir me voir.
-Neji ! Quel est ce morceau ? Je ne le connais pas.
-Un morceau qui m'est venu hier.
-C'est toi qui l'a composé ?
-Je ne dirais pas vraiment composé... c'est juste une improvisation.
-Tu pourrais le retravailler ?
Je ne sais pas si j'en ai envie. Travailler de façon technique. En même temps...
-Pourquoi ?
-Parce que c'est déjà sublime, mais si tu le finissais, je n'ose même pas imaginer... Et que je te rappelle, tu es invité à participer au concours national de musique.
-Et on a le droit de jouer une composition ?
-Neji, si tu passes les qualifications, ce dont je ne doute pas une seule seconde, tu seras obligé de jouer une composition.
-Ah... très bien je verrais.
La discussion est close. Jouer ce morceau, devant tout un public ? Pour qu'il soit décortiqué, arraché à son essence même ? Je ne crois pas en avoir envie. Pour moi ces notes sont plus une extension de mes sentiments qu'autre chose. Je ne sais pas quoi faire...
En rentrant chez moi, je vais continuer sur les habitudes que j'ai commencé à prendre, c'est à dire aller m'enfermer dans ma chambre, violon en main, qui va y rester, maintenant, d'ailleurs. De toute façon, mon père n'en a rien à faire, tant que je ne crée pas de scandales et continue à avoir de bonnes notes ça lui suffit. Et si en plus je ne lui impose pas ma présence, c'est parfait. Très bien, on est tout les deux content, comme ça. Mon violon en main, ce sont toujours les mêmes notes, la même mélodie qui me revient. Je décide donc de prendre mon cahier de partitions vierge. Pendant plus de quatre heures, je vais jouer et écrire. Raturer, recommencer, glisser l'archet sur les cordes, réécrire autre chose. La tête vidé je reprends mon violon, le regard fixé sur le cahier. Et je joue. Tout mon être dirigé dans une seule direction, dans un seul sentiment, dans un seul mot, dans un seul nom. Sasuke. Lorsque je termine, je sais que rien ne doit être ajouté, rien ne doit être changé. Les larmes aux yeux, la main tremblante, j'écris tout en haut de la première page. "Song of Hope"
Le lendemain, au club, le prof va être franchement enthousiaste par rapport à cette composition. Tu m'étonnes, il en voulait des sentiments dans ma musique, ben il en a.
Les journées, puis les semaines vont continuées à passer de cette façon, les cours et le violon. Plus rien d'autre. Trois semaines déjà. Mes résultats sont encore meilleurs. De partout. Mon père est satisfait. Je le hais. Je le hais comme je n'ai jamais haïe personne. Il faut que son fils soit malheureux, pour lui qu'il soit heureux. Tenten s'inquiète énormément pour moi. De peu loquace, je suis passé à silencieux. De peu de sorties, je suis passé à aucune. De fin, je suis devenu maigre. Beaucoup trop je le sais. La peau encore plus blanche, des cernes sous les yeux, preuve de mes nuits sans sommeil. Les Tears Of Fire sont partis en tournée dans tout le Japon. Je n'ai jamais eu la moindre nouvelle de Sasuke, tout comme il n'en a pas eu de ma part. Même trois semaines après j'ai du mal à me dire que c'est réellement fini. Et pourtant... Sa présence dans ma vie a été telle une étoile filante. Brève et étincelante. Une étoile que je ne peux pas oublier. Sasuke, encore une fois les larmes roulent sur mes joue, signe des sentiments enfouis que j'éprouve pour toi, toi que je n'aurais jamais...
Ce soir, ma mère revient. Je ne sais plus quoi penser, j'ai envie de la voir, je crois... Mais elle ne pourra rien changer. Si elle avait été là, au moment de la crise, aurait-elle pris ma défense ? Je dois avouer que je n'en ai pas la moindre idée. Et même maintenant si elle parvenait à faire changer d'avis mon père -ce qui n'arrivera jamais, hein- je me vois bien revenir vers Sasuke la bouche en cœur "C'est bon mes parents sont ok pour que je te voie au final !". Comment pourrait-il vouloir d'un mec qui attend gentiment que papa-maman soient d'accord pour faire le moindre geste. Je me hais autant que je hais mon père. Mais tout abandonner... ce n'est pas si facile.
En rentrant chez moi, Iruka me fait savoir que ma mère est au salon, je la rejoins et lui fait la bise, délicatement pour ne pas abimer son maquillage. Elle me regarde avec un léger sourire.
-Alors Neji, comment ça se passe ?
-Bien maman, et toi ton voyage était comment ?
-Comme tout les autres.
Ma mère s'occupe de gérer des œuvres de charité. Le passe-temps idéal pour la femme du président d'Hyuga Corporation. Elle reprend.
-Mais dis-moi comment se passe l'école ? Et la musique ? Comment va Tenten ?
-L'école se passe très bien, Tenten va bien et pour le violon, j'ai gagné un tournoi inter-lycées la dernière fois.
-C'est vrai ? C'est génial, je suis fière de toi.
Je suis heureux de voir la fierté briller dans ses yeux. Ma mère aime la musique aussi, bien qu'elle n'en joue que peu, un peu de piano.
-Et Vendredi soir, j'ai les qualifications pour le tournoi national de musique lycéen.
-Oh, tu as retenu ?
-Ben oui.
-C'est bien. Je vais essayer de venir te voir jouer. Tu vas interpréter quel morceau ?
J'attends de voir si elle va venir, malgré tout, c'est très rare qu'elle vienne me voir. Elle est trop occupée, le plus souvent. Mais bon, je ne peux m'empêcher d'espérer. L'espoir qui est l'abruti qui a inventé cette sombre connerie ? Ma vie n'est qu'espoirs déçus depuis toujours.
-L'Ave Maria. Ce n'est que pour les qualifications, et j'aime vraiment ce morceau.
-D'accord. Bien, je vais aller voir ton père un peu.
Mon visage se ferme. Elle ne le remarque pas.
-Très bien, je vais aller faire quelques longueurs dans la piscine, je pense.
-Hm, je te rejoindrais peut-être après.
Elle dit ça, mais je sais qu'elle n'en fera rien, elle est trop fatiguée quand elle rentre de voyage pour faire quoique ce soit. J'enfile un short de bain et me laisse glisser dans l'eau. Alors que je nage, ma tête se vide, se concentre sur les mouvements de mes bras et mes jambes, sur l'odeur de chlore et le bleu qui m'entoure. Je suis bien.
Je vais sortir au bout d'une heure et monter dans ma chambre, je prends mon téléphone pour appeler Tenten. C'est comme un rituel je l'appelle toujours après que ma mère soit revenue.
-Neji ?
-Ma mère est là.
-Ah ! Ça s'est bien passé par rapport à... tout le reste ?
-Elle ne m'en a pas parlé. Elle n'avait pas encore vu mon père avant que je lui parle et ce n'est certainement pas moi qui vais la mettre au courant. Elle a dit qu'elle essaierait de venir me voir jouer vendredi soir.
-Neji...
La façon dont Tenten a prononcé mon prénom est un peu désespéré. Elle n'y croit pas. Elle reprend avant que je ne m'énerve.
-Et elle a dit quoi par rapport à ton physique ?
-Mon physique ? Heu... je ne me suis pas transformé en punk que je sache.
-Pas ça, Neji ! Le fait que tu sois maigre au point que ça en devienne dangereux, livide encore plus que d'habitude, et tes cernes et tout.
-Ah...heu... elle n'a pas du remarqué, je pense.
-...
-Tenten, je l'ai vu cinq minutes, et tout habillé. Comment veux-tu qu'elle le voit, bordel ? Je ne suis pas un cadavre ambulant, non plus.
-Justement si.
-...
-Arrête de te voiler la face, Neji ! Tu me fais peur.
-Je te fais peur ? Eh, oh on est pas dans un film d'horreur, non plus. Je vais pas m'introduire dans ta chambre pour te dévorer.
-Arrête de te faire plus con que tu ne l'es. Et c'est pas peu dire, en ce moment.
-Sympa...
-Je m'inquiète... Tu ne manges plus, tu ne dors plus. Ça va mal se finir, cette histoire.
-Mais putain ! Je vais bien !
-...
-Je. Vais. Bien.
-Si tu le dis...
Elle soupire. Tiens, ça va devenir un tic généralisé ça. Elle ne me croit pas. Pourtant, je me sens bien. Bon d'accord peut-être un peu fatigué. Mais je vais bien. Physiquement en tout cas. Je vais finir par raccrocher en lui souhaitant une bonne soirée, avant que ça ne dégénère. Pas envie qu'on s'engueule. Iruka frappe à la porte de ma chambre, c'est l'heure du dîner. J'hésite à y aller, étant donné qu'il y aura mon père, mais je finis par ma descendre, pour ma mère.
Je m'installe à table -qui je le précise, doit pouvoir contenir une vingtaine de personnes. Ridicule dites-vous de manger à trois dessus ? Mais noooon- en face de ma mère, mon père en bout de table. La comédie commence, le clap et action !
Mes parents s'interrogent poliment sur leur voyage respectifs, me posent de temps en temps une question sur le lycée. Magnifique n'est-ce pas cette famille qui dîne tranquillement. N'avons nous pas l'air de tous nous aimer follement ? Alors, vous nous décernez l'oscar du meilleur film ? Pour qui est celui du meilleur acteur ? Qui réalise le mieux ses sourires factices ? J'ai envie de pleurer de rage. Et puis la comédie va être brisée, par mon père.
-Kaede, ton fils tourne mal.
-Pardon ?
-Lorsque je suis revenu de San Francisco, il fréquentait des musiciens. Un... groupe de rock. Et faisait même la une des média avec l'un d'entre eux. Il m'a menti sur ce qu'il faisait. Et je ne te parle pas du ton qu'il emploie pour s'adresser à moi.
Ma mère, le regarde choqué, lui, puis moi, le même air sur son visage.
-Neji... Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
-Rien, juste que j'ai rencontré Sasuke et on s'entendait bien.
Sasuke. Rien que de prononcer ton prénom me fait mal. Si longtemps que ma bouche n'avait pas formé ces syllabes.
-Neji, tu comprends qu'avec notre situation... tu peux le rencontrer mais évitez de vous faire voir.
-Kaede ! Tu plaisantes ? Ton fils devient un voyou avec ces fréquentations.
Mais pourquoi l'entendre dire "ton fils" de cette façon me fait toujours aussi mal ? Je sais qu'il n'en a rien à faire de moi. Mais quand même c'est mon père bordel. Je me retiens pour ne pas envenimer les choses. Mais il y a tellement de choses que j'aimerais lui crier.
-Laisse maman... De toute façon, j'ai coupé tout lien avec Sasuke, et on ne se connaissait pas très bien. Ce n'est pas grave.
Elle me regarde l'air un peu satisfaite.
-Très bien. Dans ce cas, le sujet est clos. Tu vois Hizashi, qu'il est raisonnable.
Mon père la regarde l'air étrangement dubitatif.
Le repas va se terminer dans la même ambiance. Sitôt terminé, je monte dans ma chambre et histoire de changer un peu je vais jouer du violon toute la soirée. Puis ma nuit va être peuplé de cauchemars. Sasuke est toujours présent, telle une ombre qui me glisse entre les doigts. Je le vois, je cours vers lui, mais jamais ne m'en approche. Je finis par me réveiller en hurlant "SASUKEEEEEEEEEE" Je me rends bien compte que si ma chambre n'était pas insonorisée, toute la maison y aurait eu le droit et je bénis le ciel qu'elle le soit. Tremblant en sueur, je vais finalement me rendormir, d'un sommeil tout aussi agité que le précédent.
Nous sommes vendredi soir, je suis dans les coulisses du théâtre où a lieu les qualifications pour notre région du tournoi de musique. Nous sommes nombreux. Seul six candidats seront retenus. Ce matin, ma mère m'a dit pouvoir venir et me l'a promis même. J'attends avec impatience de la voir arriver. Les minutes défilent et je ne la vois toujours pas. Je prends mon portable dans mon sac, pour voir si elle m'a appeler. Mais non pas d'appels en absence, ah par contre un message. Il est d'elle.
#Désolée, Neji, je ne peux pas venir ce soir. Je suis trop fatiguée. Mais tu vas gagner, tu es le meilleur au piano. Bonne chance.#
Je balancemon portable. Évidemment, qu'est-ce qui m'a pris de croire qu'elle serait là ? "Tu es le meilleur au piano." Elle ne se rappelle même pas que je joue du violon. Elle ne se rappelle pas non plus que ce sont des qualifications, et pas un concours, pas de victoires, donc. M'a-t-elle seulement écouté ? Les mots de Sasuke me reviennent en tête "Son prétendu amour t'enchaîne plus sûrement que ne l'a jamais fait ton père." Aurait-il raison ? Non ! Non ! Je ne veux pas y croire. C'est normal qu'elle soit fatiguée, elle est très occupée. Et puis elle a le droit de se tromper. Errare humanum est. La rage au ventre, mêlée à un étrange goût de peur, je prends mon violon en main, alors que l'on m'appelle. J'hésite, deux portes s'ouvrent à moi. La sortie. La salle où le jury m'attends.
Je m'avance.
A suivre !
Bien, bien le prochain chapitre devrait être là d'ici la fin de la semaine. Reviews ? n.n
