Bonjour à toutes !

Une petite plongée dans le camp mangemoresque au programme cette semaine.

Merci à mes revieweuses de la semaine, Alicia et Filipine, pour leur petit mot d'encouragement !

Merci à Maddy et Morgane pour leurs avis éclairés et le temps précieux qu'elle me consacre bénévolement ! Veuillez m'excuser s'il restait des fautes, j'ai corrigé ce chapitre en vitesse par manque de temps.

Place à la lecture !

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He roller coster he got early warning.

C'est un trompe la mort, récemment il a eu un avertissement.

He got muddy waters, he one mojo filter.

Il a de l'eau boueuse, il purifie la came.

He says " One and one is three".

Il dit « Un et un font trois ».

Got to be good-looking 'cause he's so hard to see.

Il doit être splendide car il est difficile de l'approcher.

Come together. Right now. Over me.

Rassemblez-vous tous, maintenant, avec moi.

Come together.

Rassemblez-vous.

Come together.

Rassemblez-vous.

The Beatles, Come together ( Traduction approximative faite par mes soins )

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Chapitre 5 : Le nid de serpents.

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19 Juillet 1997.

Dans les jours qui suivirent l'entretien de Poudlard alors que Juillet arrivait presque à son terme, Drago mettait au point les derniers détails visant à le faire ré-entrer dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres.

Dumbledore et lui s'étaient vus à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, décidant ensemble de chaque point de détails. Chacun d'eux avait parfaitement conscience du fait que le Serpentard risquerait à chaque seconde d'être découvert si tout ne se déroulait pas comme ils l'avaient prévu. Toutes les variables avaient été envisagées, pesant le pour et le contre de chaque décision qu'ils prenaient. Une solution de secours avait été convenue pour chaque situation.

Mais certains éléments restaient imprévisibles, et le plus gros point d'interrogation restait Lucius. Avait-il rejoint les rangs du Lord ? A l'heure actuelle, Drago n'avait toujours pas de réponse à cette question et les propos que lui avait tenu le Directeur à ce sujet l'avait laissé curieusement songeur.

"Drago, soit certain que Lucius même s'il a été officiellement déclaré perdu corps et biens par le Ministère, est toujours là quelque part. Il connaissait parfaitement les risques quand il a décidé de fuir, et je suis persuadé qu'il fera tout pour rester dans l'ombre le plus longtemps possible.

-Vous le croyez vraiment en cavale ? Avait-il demandé étonné de voir que Dubledore avait visiblement bien réfléchit au cas Lucius.

-La trêve tiendra encore quelques mois, les alliances sont encore mouvantes, personne ne fait confiance à qui que ce soit et ton père doit faire un choix que personne ne peut faire à sa place... Peut-être lui sera-t-il imposé par les circonstances mais je crois sincèrement qu'il est en train de prendre conscience de ses erreurs."

Le jeune homme avait beaucoup réfléchit aux paroles de Dumbledore parce que la peur d'être découvert qui lui rongeait le corps et l'esprit, dépendait intimement de la présence ou non de son père auprès du Seigneur des Ténèbres mais il devait s'avouer que les paroles du Directeur avaient du crédit. Lucius avait fuit en son âme et conscience, le connaissant comme il le connaissait, Drago savait que son père préférerait la lâcheté au courage. Il ne reviendrait pas de son plein grè dans le giron du Lord. La punition encourrue pour trahison était la mort et Lucius tenait en très haute estime sa vie, il ne la sacrifierait pas sans raison valable.

En cet après-midi de Juillet, alors que le jeune homme avait le nez plongé dans les livres de gestion de son patrimoine, des coups de becs le tirèrent de sa lecture. Le jeune homme leva les yeux du tas de parchemins qui l'occupait pour découvrir une chouette attendant patiemment qu'il lui ouvre la fenêtre. Il sourit brièvement, en reconnaissant le volatile appartenant à un camarade cagoulé du nom de Théodore Nott.

Enfin ! Après avoir du lécher les bottes de Nott Senior pour obtenir de lui qu'il glisse un mot le concernant au Maître, la convocation tant attendue arrivait. Depuis deux semaines maintenant, il faisait le boulot d'homme de mains, participant à de petites excursions non officiellement commanditées par le Premier Cercle, histoire de contribuer à installer un climat de terreur dans la populace. Quelques moldus avaient été passés à tabac, des magasins récemment réouverts sur la Traverse avait été fracturés ce qui avait alimenté les gros titres ces quinze derniers jours.

Il était parfaitement conscient de devoir faire ses preuves, gagner la confiance des Mangemorts hauts-placés qui l'introduiraient auprès du Maître était une priorité dont il avait définit les contours avec Dumbledore dans le secret de son bureau. Et le moment à la fois attendu et redouté était arrivé.

Drago récupéra la missive, la décacheta avec un coupe papier en argent et étala le parchemin vierge de toute écriture sur son bureau alors que la volatile repartait sans attendre de réponse. Il récupéra sa baguette, en pointa l'extrémité sur la lettre et murmura « Maleficium revelatum ».

Sous ses yeux, l'écriture fine et penchée de son ancien camarade de classe apparut le laissant songeur. Visiblement, Théodore avait gagné du gallon.

«Drago,

Ton absence lors de la première réunion a été remarquée. Certains ont laissé entendre que tu pourrais avoir changé. N'oublie pas que les traîtres ont une durée de vie limitée.

Ce soir, 22h, Honeydukes, Pré-au-Lard. Ta présence est requise.»

Le texte menaçant dissimulait toutefois une information précieuse. Les rumeurs de sa trahison lors de la Bataille étaient finalement arrivées aux oreilles du Lord et sans aucun doute, certains avaient profités de son absence pour le charger lui à défaut de reconnaître leurs propes erreurs devant le Maître. Les Mangemorts n'avaient pas changé de méthodes, sauver sa peau par tous les moyens restait immuable et si pour celà il fallait mentir et courber l'échine alors ils étaient tous prêts à le faire. L'intimidation et les menaces restaient à leurs yeux très efficaces. Le message en était d'autant plus clair. Un ultimatum, voilà ce que cette lettre était réellement.

Ce soir il devrait impérativement remettre les pieds dans le nid de serpents ou il ne verrait pas le jour se lever.

Le Serpentard soupira. Après tout, c'était ce qu'il avait voulu. Maintenant qu'il y était, il ne pouvait plus reculer. Alors comme convenu, il rédigea un bref billet qu'il accrocha à la patte d'un hibou au pelage gris passe-partout avant de lui donner sa destination. Poudlard.

Le message contenait trois mots, simples mais pertinents : "Reprise des activités".

Une fois le message expédié, il cloisonna ses pensées comme Severus le lui avait apprit, se concentrant uniquement sur les colonnes de chiffres qu'il avait sous les yeux, effectuant virements et placements en tout genre. Quand finalement il referma l'énorme livre, le soleil déclinait déjà à l'horizon, projetant des ombres menaçantes dans les pièces froides du Manoir.

Il allait regagner sa chambre après avoir dîné pour se préparer à l'entrevue quand il vit un grand hibou à plumes blanches striées de noir se poser à la fenêtre. Il ne connaissait pas l'animal, par extension l'expéditeur lui était donc inconnu. Curieux mais en même temps méfiant, il récupéra le parchemin et fut surpris d'y découvrir une écriture ronde, définitivement féminine dont la lecture le laissa totalement stupéfait.

"Malfoy,

Il me semble nécessaire d'organiser une rencontre. Nous avons à te parler. Serais-tu disponible demain en début d'après-midi ? Harry viendra te chercher dans le Londres moldu, au pied de la statue d'Henri VIII au Square Grimmaurd. Ton heure sera la nôtre. Renvoie Patmol avec ta réponse.

H.G."

Magnifique que cette journée ! Ce soir il allait chez les Serpents et demain il rentrait dans l'arène des lions. Malgré son mécontentement évident, il griffonna rapidement «14h. D.M.» sur un bout de parchemin qui traînait et renvoya le volatile avant de brûler la missive de la Gryffondor.

Décidé à faire abstraction de ce courrier pour le moment, il se dirigea vers sa chambre, traversant les couloirs sans prêter la moindre attention au décor fastueux mais lugubre qui l'entourait. Sur son lit, cape noire et masque d'argent l'attendaient. Ce soir allait se jouer la première phase du plan qui mènerait Voldemort à la tombe une bonne fois pour toute. Il allait devoir sortir le grand jeu pour convaincre. Il ne se faisait aucune illusion, son Maître ne l'accueillerait pas à bras ouverts.

Foi de Malfoy, ça allait être du grand spectacle.

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N'étant absolument pas quelqu'un de suicidaire, Drago prit ses précautions avant de se rendre au rendez-vous. Il transplana à l'entrée du village, bien à l'écart des barrières anti-intrusion, scrutant de longues minutes les environs, s'assurant ainsi de ne pas être vu par qui que ce soit. Pour faire bonne mesure, il se jeta un sort de désillusion qui lui assurait un anonymat parfait et traversa tranquillement la rue principale jusqu'à arriver devant chez Honeydukes au moment même où dans le silence de la nuit un carillon moldu, situé à plusieurs kilomètres de là, résonnait pour marquer vingt-deux heures.

Le lieu de rendez-vous était surprenant. Le magasin de bonbons de Pré-au-Lard n'était pas connu pour être un repère de Mangemorts mais plutôt un magasin où l'on venait se promener en famille. Cependant, étant donné son absence au premier appel, les partisans et le Lord en tout premier lieu devaient être méfiants. Il fallait qu'il soit sur ses gardes puisqu'il n'avait aucune idée de comment se déroulerait cette rencontre. Il pouvait s'agir d'un piège.

Le carillon résonna une dernière fois, et le silence reprit ses droits dans la fraîcheur nocturne. Beaucoup trop calme pour que ce ne soit normal. Les sens aux aguets, il s'apprêtait à faire le tour du bâtiment baguette à la main, prêt à combattre quand il sentit la présence de quelqu'un derrière lui.

-Le maître t'attend.

Il fit volte-face, baguette tendue en avant, le Mangemort qui l'avait surpris, recula d'un pas sous la menace et le toisa quelques secondes avant de lui tendre la main. Drago reconnut la stature et les yeux sombres de Théodore et s'empara de la poigne tendue.

Le Maître avait pris ses précautions en le faisait transplaner en compagnie d'un fidèle endoctriné jusqu'au plus profond de son âme, prêt à tuer femmes et enfants sans ciller à la première parole de son Dieu.

Ils arrivèrent dans un hall d'entrée plutôt modeste et immédiatement une poussée magique ébranla le bâtiment. Le Serpentard déglutit difficilement, d'une part il ignorait où il se trouvait, d'autre part les barrières anti-transplanage venaient d'être relevées. Dans ces conditions, difficile de trouver une issue de secours rapidement. Ca s'annonçait plutôt mal.

Il suivit Nott dans différents couloirs alors que ses yeux perçants cherchaient à repérer des armoiries qu'il connaissait et qui l'aiderait à savoir chez quel partisan le Lord avait trouvé refuge mais le Manoir délabré servant de QG avait été dépouillé de ses ornements. Décidemment, il n'était pas aisé de jouer les espions, Severus avait été excellent et Drago espérait que mettre en application les enseignements de son parrain lui permetterait de mener à bien sa mission. Théodore finit par s'arrêter devant une double porte fermée et annonça avant de tourner les talons :

-Il t'attends.

Drago le regarda partir sans ajouter un mot et attendit patiemment que la porte s'ouvre. Quand elle pivota silencieusement sur ses gonds, il découvrit une salle toute en longueur, seule une table pouvant accueillir une trentaine de personnes la meublait en son centre. Tout au fond, sur un trône majestueux, une silhouette fantomatique était assise. Au fur et à mesure de son avancée, Drago distinguait de mieux en mieux le Seigneur des Ténèbres. Il était spectral, seules ses mains quasiment translucides étaient visibles. Enveloppé dans une grande cape noire avec une large capuche rabattue sur la tête, son corps était totalement invisible, de même que tout le haut de son visage.

Une fois devant lui, il s'inclina et attendit que le Lord prenne la parole.

-Drago, je suis content de te voir.

Sa voix rauque et légèrement éraillée était désagréable. La menace latente teintait ces quelques mots et intelligement pour marquer clairement sa soumission, le Serpentard resta profondément courbé devant lui en répondant par des propos choisit avec minutie.

-Il en va de même pour moi, Maître. Votre retour parmi nous est miraculeux.

-Retour ?!... Mais je ne suis jamais réellement parti, par contre je ne peux pas dire la même chose concernant ta famille.

Il s'était levé de son trône et se dirigeait vers Drago, toujours incliné. On ne l'avait pas autorisé à se redresser et le Serpentard n'était pas assez fou pour froisser aussi bêtement l'homme qui lui faisait face. Quand le bas de la cape noire se dressa devant lui et qu'une main spectrale s'agita, il reprit une posture droite, beaucoup plus confortable mais garda les yeux baisés en répondant :

-Excusez-moi maître, mais ma loyauté à votre égard n'a jamais été remise en cause.

-Ce n'est pas ce que l'on m'a laissé entendre.

-Puis-je savoir qui a osé douter de moi ?

Le Lord eut un léger rire. Cynique à souhait, il se mit à lui tourner autour, dégageant des vagues de froid glacial qui saisirent Drago jusqu'à la moelle.

-Toujours aussi arrogants ces Malfoy. Mais il faut dire que les événements ne sont pas en ta faveur. Des partisans de confiance m'ont rapporté que tu t'es retourné contre ceux de notre camp lors de la dernière bataille.

-J'en ai effectivement abattu plusieurs, avoua avec aplomb le Serpentard en ignorant la moiteur désagréable de son dos qui transpirait la peur.

-Puis-je en connaître la raison ? Susurra Voldemort à son oreille.

Ces paroles déclenchèrent un frisson chez le Serpentard. Le dégoût se mêla à la peur en le sentant si proche de lui. C'était le moment du bluff, le Lord tournait autour de lui, le froid qu'il exalhait engourdissait son corps. Il était dans une position délicate, aucune erreur ne lui était permise. Sa vie était en train de se jouer.

-La fuite de mon père ainsi que celle de plusieurs lieutenants chargés de mener les troupes a provoqué une totale désorganisation dans nos rangs. Les membres de l'Ordre étaient secondés par des Aurors, tous chevronnés, habitués aux combats en duel, rien à voir avec la horde d'étudiants que nous avions combattu jusque-là, ils allaient nous déborder. Certains ont voulu suivre l'exemple de Lucius et ont commencé à briser les rangs. C'est ceux-là que j'ai visés. Les traîtres à leur sang ne méritent pas de vivre.

-Oh, comme c'est gentil à toi d'être intervenu, répliqua le Mage ironiquement.

Le Lord était méfiant et tout Serpentard qu'il était Drago n'en menait pas large face à lui.

-D'ailleurs en parlant de ce cher Lucius, as-tu de ses nouvelles ?

-Aucune Maître. Je ne l'ai pas revu depuis la bataille. Il a été déclaré mort par le Magenmagot.

-Mmm... Et toi qu'as-tu fait depuis ? J'ai entendu dire que tu avais échappé au procès, je suis curieux de savoir comment.

-L'Ordre m'a arrêté. Soumis à un interrogatoire. Puis relâché.

-Pourquoi es-tu l'un des seuls de mes fidèles à avoir échappé à Azkaban ? Aurais-tu passé un accord avec le Ministère ?

Le ton était devenu sifflant. Le froid lui pénétrait le corps plus durement encore, transperçait ses os et engourdissait son esprit, il le sentait s'insinuer jusqu'à son âme.

-Je leur ai fait croire que je n'avais jamais adhérer à vos principes. Que c'était mon père qui m'avait obligé à me battre pour vous. Compte tenu de mon âge et du fait que personne n'avait jamais mentionné ma présence lors des attaques. Ils m'ont cru, c'est d'ailleurs ainsi que la plupart des enfants de vos serviteurs s'en sont sortis.

-T'ont-ils soumis au Véritaserum ?

-Bien sûr Maître, Véritaserum et légilimencie. Mais comme vous le savez, Severus concoctait une potion très efficace pour contrer les effets de la potion de vérité et mes capacités d'occlumens m'ont permit de leur montrer ce qu'il fallait pour appuyer mes dires.

Voldemort resta silencieux un moment. Il semblait réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Il restait visiblement sceptique, puisqu'il enchaîna :

-Pourquoi n'as-tu pas répondu à l'appel ?

-Malgré ma relaxe apparente, je suis assigné à résidence Maître et le soir du premier appel mon contrôleur judiciaire devait venir au Manoir. Mon dossier d'insciption à Poudlard avait été accepté par Dumbledore qui milite pour la réinsertion des fils de partisans, je devais signer des papiers officiels. Ma présence était requise et l'appel beaucoup moins fort que ceux auxquels je suis habitué. J'ai vu de mes yeux Potter vous porter une attaque fatale, j'ai cru que j'avais rêvé votre retour...

Drago sut à l'instant où Voldemort lui coupa la parole que c'était gagné.

-Ce Potter va mourir dans d'atroces souffrances. Il payera pour ce qu'il a fait. Toujours là pour contrecarrer mes projets. C'est une épine dans mon pied, qu'il faut arracher au plus vite pour revenir sur le devant de la scène.

Drago réprima un sourire de contentement. Le Lord lui tendait une perche qu'il s'empressa de saisir. La soif de vengeance du Seigneur ne pourrait pas résister à une proposition telle que celle qu'il allait dévoiler.

-Maître, si je peux me permettre … le Ministère et Dumbledore sont convaincus de mon innocence. Nous pourrions utiliser cette avantage pour nous approcher de Potter... entama-t-il prudemment.

Le Lord cessa subitement sa ronde incessante et siffla froidement.

-Continue.

Drago réprima un sourire et commença à placer ses pions tel qu'ils l'avaient décidés avec Dumbledore.

-Vous avez tué le traître à son sang de Weasley. Potter est certainement très affaibli par sa perte, le seul soutien qu'il lui reste est la Sang de Bourbe.

Le Lord avait relevé la tête et sa capuche laissa voir dans la lueur des bougies son visage de serpent. Ses yeux rouges, braqués sur le jeune homme qui lui faisait face, luisaient de plus en plus à chaque mot sortant de sa bouche.

-Je pourrais prendre contact avec elle, l'amener à me faire confiance. Prétendre regretter mes moqueries et mon aversion pour elle. Vous connaissez le légendaire sens du pardon des Gryffondors, elle marchera dans mon piège. Et si elle est persuadée de mon engagement dans son camp, Potter suivra son avis... Ainsi nous aurons un moyen de savoir ce qui se passe chez l'ennemi.

Le silence de plusieurs minutes qui suivit sa déclaration mit Drago mal à l'aise. Voldemort pesait visiblement le pour et le contre de ce plan et tentait de jauger la confiance qu'il pouvait placer dans ce fils Malfoy qui l'avait plus d'une fois déçu. Le moment de vérité arrivait.

Un lent sourire étira les lèvres serrées de son Seigneur et Drago eut la désagréable impression d'être une souris à deux doigts de se faire bouffer par un chat. Voldemort n' était pas du genre à oublier qu'il avait échoué à tuer Dumbledore et ce que le Serpentard proposait ressemblait un peu trop à un miracle, tout était bien trop organisé pour que cela n'éveille pas ses soupçons.

-Tu vas faire mieux que ça Drago. Tu vas l'épouser.

-Pardon Maître mais j'ai peur de ne pas comprendre..., dit-il d'une voix tremblante

-La Sang de Bourbe, tu vas l'épouser.

-Mais pourquoi ? Je peux atteindre Potter sans avoir à...

-Discuterais-tu mes ordres ? Le coupa-t-il en plissant dangereusement ses yeux rougeâtres.

-Non maître, répondit Drago la tête baissée.

-Bien... Donc tu vas l'épouser. Quelle humiliation pour Potter, sa meilleure amie mariée à un Mangemort. Je te parie qu'elle voudra qu'il soit son témoin. Il va tout perdre. Et nous aurons ainsi constamment un œil sur elle. En l'épousant tu lui enlèves sa force, car il ne fait aucun doute qu'elle est très importante pour lui. Il y a quelque chose de fort entre eux. Mais elle est aussi son talon d'Achille, il est perdu sans elle. Il nous sera très facile le moment venu de nous en prendre à elle pour le mettre à genou.

Un rire cruel sortit de sa poitrine, se répercutant sur la voûte de la grande salle.

-Je n'aurais jamais cru qu'une Sang de Bourbe me permettrait d'arriver à mes fins. Toutes mes félicitations Drago, j'espère que ton mariage sera heureux. Tu pourras bien évidemment la tuer quand Potter ne sera plus de la partie.

-Oui maître... Cependant, je suppose que vous êtes conscient que l'état de mes relations avec cette Sang-de-Bourbe risque de poser quelques problèmes...

Le Lord afficha un rictus amusé.

-Lesquels ? Le fameux charme des Malfoys devrait faire l'affaire non ? Auquel cas je compte sur ton légendaire sens de la ressource pour trouver une solution. Cette armoire que tu as réparé en sixième année prouve que tes capacités magiques sont suffisantes pour attraper dans tes filets une Sang-de-Bourbe n'est-ce-pas ?

Drago serra les dents, le plan ne se déroulait pas comme prévu. Loin de là. Il se retrouvait pris à son propre piège. Jamais il n'avait été dans ses intentions d'aller aussi loin sur le chemin de la coopération avec les Gryffondors mais Voldemort en ajoutant le petit détail du mariage, le mettait ni plus ni moins à l'épreuve en déterminant par ce biais jusqu'où allait la loyauté de celui qui se présentait à lui.

-Bien évidemment, Maître, souffla-t-il en le regardant reprendre sa ronde.

-Nous allons nous tenir tranquilles jusqu'à la fin de l'été. Tu as jusque-là pour mener à bien ta mission. Le Ministère et l'Ordre, en tout premier lieu se douteront de notre retour rapidement. Dumbledore en acceptant les marqués relaxés à Poudlard tente de garder un oeil sur eux et de fait sur, moi. Nous devons nous aussi placer nos pions au plus vite pour organiser notre retour dans les meilleures conditions.

Drago hôcha brièvement la tête pour marquer sa compréhension pleine et entière de la situation. Voldemort le dévisagea de longues secondes et finit par lui signifier son congé.

-Ne me déçois pas Drago.

Il s'inclina devant lui avec respect et recula doucement vers la porte cependant sur le seuil, la voix désagréable retentit de nouveau et le figea :

-J'allais oublier... Si tu entres en contact avec Lucius, je veux que tu me l'amènes.

-Oui maître.

Sur ces derniers mots, il quitta la salle sombre et referma la porte derrière lui, soulagé d'en avoir fini. A la sortie Nott l'attendait visiblement avec impatience :

-Alors Drago... Tu as bien lécher ses bottes ? Railla-t-il alors que les deux hommes reprenaient les couloirs empruntés un peu plus tôt.

-Qui te dit que j'ai besoin de lui lécher les bottes Théo ? Je lui ai toujours été fidèle et le Maître le sait parfaitement. Moi je repars chargé d'une mission pendant que toi, tu te contentes de faire le portier, cingla-t-il pour le remettre à sa place.

Si Nott, le prit mal, il ne le montra pas, se contentant de lui tendre la main pour le faire transplaner à Pré-au-Lard.

Une fois de retour au Manoir Malfoy, il monta directement dans ses appartements. Une double porte lui permettait de pénétrer dans un salon où deux canapés se faisaient face aux couleurs de Serpentard, les armoiries des Malfoy étaient brodées au fil d'argent sur les dossiers. Une table basse en fer forgé surmontée d'un plateau de verre, entre les deux, accueillait différents magazines de Quidditch à peine feuilletés, de vieux numéros de la Gazette du Sorcier et un cendrier de cristal qui débordait.

Il lança sa cape et son masque sur le lit. Tout en se dirigeant vers la salle de bain il retira sa robe de sorcier, son t-shirt, son pantalon, qui volèrent aux quatre coins de la pièce. Boxer et chaussettes suivirent le même chemin. D'un coup de baguette, il mit en marche la chaîne hifi sorcière, caprice qu'il s'était offert quelques semaines avant la défaite de Poudlard.

Une fois sous la douche brûlante, les deux mains plaquées contre la paroi carrelée, il se mit à réfléchir. L'eau qui tombait sur sa nuque avait un effet relaxant sur lui. Il ne doutait pas une seconde que Voldemort n'avait pas totalement mordu à l'hameçon, ça aurait été beaucoup trop facile.

Il s'en était bien sorti, même s'il avait eu de la chance que le mage ne soit pas en pleine possession de ses pouvoirs, sinon il aurait forcé son esprit, or il n'avait senti aucune tentative d'intrusion. Drago s'était attendu et préparé pour une séance de torture, au minimum quelques doloris auraient dû être jetés. Et là… Rien. Ce qui lui prouvait mieux que quoique ce soit d'autre qu'il n'avait pas la confiance de son Maître.

Mais il était certain que dès, qu'il serait de nouveau capable de rentrer dans la tête de ses partisans, lui-même serait parmi les premiers à devoir lui ouvrir son esprit. Pour tout ce qui concernait les suites de la bataille, il pourrait lui montrer ce qu'il voulait voir, mais pour le reste, il fallait trouver une solution. Et vite. On était quasiment fin juillet, il avait jusqu'à fin août pour convaincre la Sang de Bourbe. Il devait préparer ses arguments parce que le fait que sa vie soit en jeu ne permettrait pas à la balance de pencher en sa faveur… Bien au contraire, connaissant Potter comme il le connaissait, le Gryffondor se ferait un plaisir de le laisser entre les griffes de Voldemort.

Il allait donc devoir se creuser la cervelle pour se sortir de ce guêpier.

Et puis restait le problème Lucius. Il avait craint de voir son père aux côtés du Lord mais Dumbledore avait eu raison et avait bien cerner le personnage. Son géniteur n'avait même pas tenté de rejoindre celui en qui il avait placé tous ses espoirs. Pourquoi ? Quelle était la raison de cette fuite en avant ? Lucius était prêt à tout, même à sacrifier son fils, pour voir Voldemort diriger le monde.

Alors peut-être était-il véritablement mort après tout ?

C'était la seule explication possible à ses yeux et cette évidence ne lui fit ni chaud ni froid. Cela faisait bien longtemps qu'il ne le considérait plus comme son père, il était tout juste son géniteur.

Cette explication idyllique semblait bien trop belle pour qu'il n'y croit réellement. Son instinct de Serpentard lui soufflait, que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire. Aucune preuve tangible ne venait corroborer cette idée mais elle n'en restait pas moins prégnante dans son esprit.

Sur cette dernière pensée, il sortit de la douche, se sécha, enfila son peignoir en soie et gagna son lit pour une nouvelle nuit d'insomnie.

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Dans le Londres moldu, alors que le soleil disparaissait derrière les bâtiments entourant le Square Grimmaurd, Hermione était assise dans une bergère près de la fenêtre de la bibliothèque qui laissait entrer une fraîcheur plus que bienvenue en ces temps de canicule. Perdue dans la lecture studieuse d'un laborieux tome de divination, elle n'entendit pas Harry entrer dans la pièce. Ce fut seulement quand sa voix s'éleva dans la pièce qu'elle prit conscience du fait qu'elle n'était pas seule :

-Tu viens te coucher Mione ?

Elle hocha la tête pour lui dire qu'elle arrivait et ajouta doucement en cornant sa page pour reprendre sa lecture plus tard :

-Bientôt Harry.

Le jeune homme se pencha vers elle, déposa un tendre baiser sur son front avant de lui murmurer :

-Bonne nuit Mione. Ne pense pas trop à demain.

Il la quitta sur ses mots, sachant pertinemment qu'elle avait besoin d'être seule.

Les derniers jours avait été riches en évènements, d'abord leur rapprochement, leur retour, l'entretien avec Dumbledore… Mais ce qui lui mettait le plus les nerfs à vif était la rencontre qui se profilait entre Malfoy et eux.

Harry et elle s'était violemment disputés à ce propos, il avait refusé tout net de lui accorder le bénéfice du doute, répétant qu'il jouait double jeu. C'était vrai que l'image qu'ils avaient du Serpentard n'était pas des plus flatteuses, loin de là. Le Gryffondor lui avait inlassablement fait l'inventaire de tous les évènements douteux auxquels Malfoy avait participé de près ou de loin.

Et les doutes d'Harry avait fini par la gagner à son tour. Et s'il se servait effectivement d'eux pour transmettre des informations à l'ennemi ? Ils allaient peut-être faire entrer le loup dans la bergerie. Et si c'était le cas, leur monde serait perdu.

Cependant son côté rationnel se manifestait pour lui rappeler qu'ils ne le connaissaient pas et n'avaient jamais discuté avec lui. Après tout dès le départ ils avaient été ennemis et tout les opposait. Éducation, principes, valeurs, même leurs maisons respectives à Poudlard étaient en conflits. Et pourtant malgré tout cela, Dumbledore, le plus grand sorcier que la planète ait jamais porté, lui faisait confiance, au moins partiellement.

Une question essentielle minait la jeune femme. Par quel moyen Malfoy avait-il bien put berner un homme tel que Dumbledore ? Sa rationalité lui soufflait que c'était impossible, alors en faisant confiance à ce que son instinct lui soufflait, elle avait mit fin au conflit qui les avait opposé en avançant un argument imparable :

"-Organisons une rencontre ici, écoutons ce qu'il a à dire. De là, nous pourrons juger si ses paroles sont véritables ou non."

Harry en comprenant qu'il n'obtiendrait pas gain de cause, céda de mauvaise grâce en optant pour le compromis voulut par celle qui avait sut trouver les mots pour le convaincre d'écouter le Serpent.

Mais face à la méfiance tenace de son ami de toujours, ils avaient convenu de ne pas révéler le contenu de la prophétie qui les concernait. Elle avait du recourir à ses talents de diplomate, pour qu'il accepte de le rencontrer. Harry avait accepté d'être présent seulement parce qu'il ne voulait pas la laisser seule avec cette « face de serpent », mais avait clairement laissé entendre qu'il ne voulait pas lui parler.

Hermione avait accepté les conditions. Le premier pas serait certainement le plus difficile et tout ce qu'elle espérait c'est que la maison serait encore debout à la fin de l'entretien. Au vue de la tension entre eux la dernière fois qu'ils s'étaient vus ce n'était pas gagné.

Le carillon de l'horloge mit fin à ses réflexions. Elle poussa un soupir, étouffa un bâillement et s'étira avant de quitter son fauteuil et la bibliothèque pour gagner la chambre. C'est avec bonheur qu'elle se glissa entre les couvertures et se pressa contre le corps chaud d'Harry. Appréciant plus qu'elle ne l'aurait cru sa proximité rassurante qui lui assurait de dormir en toute sécurité.

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Le Gryffondor l'avait attendue dans la chambre après avoir senti son besoin de solitude nécessaire à sa réflexion. Lui aussi en avait besoin. Le doute envahissait de plus en plus son esprit, depuis quelques temps des flashs brouillons lui venaient dans ses rêves, le laissant au réveil avec une sensation de danger imminent qu'il n'arrivait pas à canaliser et qui le rongeait. Il sentait qu'Hermione en était la cible sans pouvoir déterminer d'où venait la menace. A chaque fois, un froid intense et pénétrant suintait dans l'atmosphère de ses rêves et une silhouette encapuchonnée rodait autour d'eux, attendant le moment propice pour attaquer.

Il se réveillait généralement en sursaut, la peur au ventre à l'idée de refaire les mêmes erreurs qui avaient conduit à la mort de Sirius et à l'échec total qu'avait été leur excursion au Ministère de la Magie. Il avait peur que le lien avec Voldemort ne se remette en place et malgré son aversion pour Malfoy, il devait reconnaître que le retour du Serpent s'ancrait de plus en plus en lui comme étant une certitude à cause de l'étrange insistance d'Hermione.

Il était impératif que le Serpentard ne découvre pas le lien, et surtout l'amour qui les unissait. Elle serait en danger plus qu'elle ne l'avait jamais été. Il fallait donc qu'il bloque son esprit et malgré son aversion pour Rogue, il appliquait ses conseils du mieux qu'il le pouvait, puisant dans sa puissance magique pour intensifier sa concentration et renforcer ses fragiles barrières psychologiques.

À moitié endormi, il sentit le corps chaud et tendre de son amie se presser contre le sien. Un bien être immédiat l'envahit à son contact qui repoussa plus efficacement que quoi que ce soit d'autres, les pensées anarchiques qui tournaient dans son esprit. Il respira son odeur à pleins poumons et la serra contre lui. Elle posa ses lèvres sur les siennes tendrement et lui murmura un «je t'aime» avant de sombrer dans le sommeil.

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Voilà pour aujourd'hui, j'espère que vous avez aimé, même si je m'inquiète un peu, du peu de retour que j'ai concernant cette fiction.

Quelque chose vous chiffonnne ? Des erreurs perturbent votre lecture ? Les personnages ne collent pas ? Leurs relations vous paraissent-elles bizarre ? Allez-y lâchez vous !

Bonne semaine à toutes !

On se retrouve mercredi prochain pour la seconde confrontation Harry-Hermione-Drago. Le Square survivra-t-il à cet entretien ? Réponse au prochain chapitre !

Amicalement VC.