Hello ! Dans ce chapitre vous allez enfin comprendre le titre de cette fiction qui est pour le moins.. bizarre. En espérant que ça vous plaira... :

Chapitre 6 : Rédac' chef adjointe

Une semaine plus tard, je me balance sur ma chaise en soupirant d'ennui. Quelques élèves écrivent frénétiquement sur leur parchemin, moi je me contenterai d'une copie de celui de Lily. Celle-ci est aujourd'hui installée pile sous le nez de la prof. Je suis restée prudemment au fond. Je joue même la carte de la solitude. Heureusement que les Maraudeurs juste devant moi s'offrent à mon regard. Ma place est stratégique.

Sirius se balance sans-gêne lui aussi, la tête tournée vers James de telle sorte que je peux admirer son profil. Ses cheveux brun foncé retombent avec une élégance désinvolte sur ses yeux gris. Je sens toubillonner les papillons dans mon ventre.

-Intéressons-nous à présent à la différence entre les inféri des lacs et ceux des marais. Car OUI, la différence existe ! En effet, selon la loi de Spielman, infériologiste célèbre pour son ouvrage détaillé au délice, « les inféri pour les nuls », au éditions Latête, les inféri des lacs seraient...

-On s'en fout ! Lâche James.

Enfin un garçon courageux, qui dit tout haut ce que les autres pensent tous bas. Celui-ci croise le regard mécontent de Lily, remonte ses lunettes sur son nez et balance à la prof avec l'air de l'homme studieux :

-Lucius Malefoy m'embêtait avec ses histoires de coeur madame. Il me déconcentre !

J'ai rien dit. Malefoy est à l'autre bout de la classe. La prof se tape le front d'un air affligé, mais garde le silence.

-J'hallucine ! Le mec se paye votre tête et vous laissez couler ! Bientôt, il vous jettera par la fenêtre et vous lui direz merci !

-Je n'ai pas de leçon à recevoir de vous Balzary. Le jour où vous aurez votre diplôme en poche on en reparlera autour d'un thé camomille.

-Mais !

J'aime pas le thé camomille.

-Pas de discution. Prenez le parchemin que je vous ai distribué tantôt, et lisez nous à partir de « la différence majeure réside, selon des études poussées sur le sujet ». Allez allez, on se dépêche.

-Mais Madame ! Attendez, j'ai pas reçu ce foutu parchemin ! Je proteste.

-C'est l'autre face que celle que vous tenez entre les mains, m'apprend-elle, énervée, alors que les autres me huent.

James et Sirius se retournent et éclatent de rire.

-Ah, autant pour moi, dis-je tout en retournant sèchement ma feuille.

Un mouton, deux moutons, trois moutons...

-TRAVAUX PRATIQUES !

Je sursaute, tout comme mes petits camarades.

-Moi aussi je me tourne les pouces. Vous croyez quoi, que je me lève le matin et « chouette, ce soir je vais me farcir les septième G/S ! » ?

O ma gad ! On l'ennuie !

-Un petit massage madame ? Ca détend les muscles.

-Durcell, vous me fatiguez. Prenez la porte.

John Durcell, un gryffondor avec des muscles impressionnants, soulève la porte et se tire avec.

Je me frotte les yeux, incrédule.

-Dreamer ! You know you are a dreamer ! Je chantonne la chanson de supertramp.

-On va s'avancer sur les duels de la semaine prochaine. Vous, Balzary !

Je la fixe, les yeux comme des boules de loto.

-Moi ? Je fais en portant la main à ma poitrine.

-Oui, vous ! En duel avec... bon, un fortiche, pour vous calmer... monsieur Potter !

Non, pas lui ! Il va me lyncher. La prof me jette un regard appréciateur, savourant sa vangeance.

-Vous auriez mieux fait de me coller, je siffle entre mes dents.

-Oh, on se serait moins marrés, me répond-elle négligement en se polissant les ongles.

-Bon courage ma vieille, me sort Lily alors que j'avance vers l'estrade en carrant les épaules.

OoooOoOoOoO

Et bah bravo, me voilà à l'hosto, un bras dans le plâtre. Ca ne va durer que deux heures mais j'ai mal, très mal. Aux oreilles, surtout.

-Petit crétin ! Toujours à jouer au bellâtre !

-Mais...

-Moche comme un poux en vérité !

-Ah non, je...

-Les pieds sont intelligents, ils savent marcher ! Le cerveau par contre il râme encore...

-Mon cerveau se porte très...

-Ils sont chiants, hein ? Je sors au reste des Maraudeurs.

Eh oui, ils se sont portés à mon chevet. Comprenez, Lily est avec moi et Potter tenait à s'excuser auprès d'elle (et moi je pue ?) et bien sûr les marauds l'ont accompagné.

A mon plus grand plaisir.

-Oui, ils pourraient se disputer ailleurs, m'approuve Remus.

Je trouve qu'on se rapproche de plus en plus lui et moi. Je me réjouis d'être en si bons termes avec le garçon d'honneur de mon mariage futur.

-Mais ils vont bien ensemble, on peut au moins leur accorder ça, je minaude.

-Oui, James se pâme d'amour pour elle depuis si longtemps ! Tu penses donc qu'ils ont une chance ?

-Bien que je ne sois pas experte en la matière...

Reniflement dédaigneux de Sirius. Ou je rêve ?

-...tout me porte à croire qu'effectivement, Lily a un petit penchant pour lui. Et Potter par ci et Potter par là, on se le fade toute la journée !

-Quand je vais lui dire ça, se réjouit-t-il en se frottant les mains.

Entremetteur le Lupin ? Je sors un paquet de clopes de mon sac, et en allume une. Je lui en propose une mais il refuse aussitôt. Je ricane.

-Lunard ? J'en ai ma claque on se casse, lui ordonne Sirius.

-On attend Cornedrue au moins, essaye de le tempérer Lupin.

-Il survivra, lâche-t-il, énervé.

Euh... ok ?

-Mais restez, je vous en prie... j'ai besoin de soutien, quel qu'il soit, en cette terrible épreuve, je leur suggère en désignant mon bras.

-Et Ohyhamburu ? Il est plus là ? Sa dernière cuite l'a achevé ? Grince Sirius.

-Oh non, ça c'était la semaine dernière, il est à nouveau sur pied !

-Le morveux se défile alors... dit-il, déçu.

Rolala ! Juste pour un an de moins ! Ca va c'est plus un gamin... enfin si, il en a encore le comportement, mais techniquement il a seize piges...

-C'est-à-dire que soixante-sept gallions, dix mornilles et trois noises sont parties aux chiottes par ma faute, je récite avant de tirer sur ma cigarette.

-La Mimi doit bien s'éclater la gueule, raille Sirius.

J'étouffe un ricanement.

-Ca coûte une blinde ces trucs là, je râle en expirant la fumée.

Sirius éclate de rire en penchant la tête en arrière. Trop mignon.

-Ton mec est vraiment puérile, se moque-t-il en me regardant dans les yeux.

Je ressens comme une boule dans mon estomac. Glurps, moi ou comment perdre mes moyens à cause d'une paire de globes oculaires braqués sur moi. Je prie Merlin, me fais un rapide signe de croix et réponds, toute rouge :

-Je suis d'accord c'est pas une lumière mais..., je me coupe. D'abord c'est PAS mon mec !

Je n'aurais jamais mes chances avec lui s'il croit que je sors avec Didi ! D'énervement, je fais tomber ma clope.

Le lit s'enflamme.

Je me lève en jurant aux grands dieux. Sirius lance calmement un sort et se marre tandis que les draps fument, le feu éteint. Piquée à vif, mon orgueil ne se laisse pas abattre.

-Crétin, je lui sors.

-Oulala, Balzary s'énerve, je ferai bien de filer à l'anglaise, ricane-t-il.

Sur les nerfs, je lui envoie un paquet de chocogrenouilles à la figure.

-Merci, fait-il en les attrapant au vol et en déballant une.

-Tu m'as fait perdre mes CHOCOGRENOUILLES ! Je hurle.

Faut pas m'arracher ma bouffe sinon je deviens méchante.

-C'est qu'elle va mordre ! Ris Sirius. Tiens, voilà tes précieuses.

Je les lui arrache des mains et les sert contre mon coeur.

-Fais dodo, mon petit choco-euh, fais dodo t'auras un BON POINT ! Sussure James.

Les autres sont écroulés. James, lui, se sent plus pisser.

Je pousse un hurlement de rage et les chasse hors de mon lit de mort.

-Tout le monde se casse ! Y'a plus rien à voir ici ! DEBLAYEZ !

-A plus Wendy ! Me sort Lily la bouche en coeur, alors que je me rassois sur mon lit dont le drap est maintenant fiorituré d'un trou.

La pomme fraiche va pas me louper.

-Bon rétablissement belle-soeur !

-Hinhin... bien sûr petit frère, y'a encore du boulot...je grince en tirant d'un coup sec sur mes rideaux.

Potter me fait rire. Et puis, entre nous, je ne considère pas Lily comme une soeur mais plutôt comme mon emmerdeuse personnelle.

-Miss Balzary, vous pouvez partir... me murmure une voix douce au creux de l'oreille.

-Encore un peu, je grogne.

Je me blottis davantage dans mon beau lit blanc. Plongée dans le sommeil, j'en oublie le trou causé par le micro-incendie dont m'a sauvé Sirius le Saint.

-Il vous reste vingt minutes pour dîner, m'apprend l'infirmière, mon plâtre à la main. Et vous êtes comme neuve.

Je sursaute. J'ai faim, très faim. Monstrueusement faim.

-R'voir, je fais en évacuant l'infirmerie en vitesse.

Elle m'a pas vue filer la bougresse !

OoOoOoOoOoO

Une semaine plus tard, assise derrière mon bureau du QG du journal de Poudlard, je dodeline de la tête en écoutant la RITM qui passe en ce moment-même california dreamin' des mamas and the papas.

-Skeeter ? Apporte-moi une tasse de café... je sussure à ma bien aimée.

Bouboucle me défie du regard, l'air revêche. Je vais lui faire passer l'envie de se rebeller contre la hiérarchie, moi. Je vais la ROSSER.

-Skeeter ? Ohé ? T'es sourde ? Les invalides on en veut pas, ici.

-Quoi... marmonne-t-elle.

. é, je lui ordonne en hachant bien mes mots.

-Non ! S'insurge-t-elle.

-Très bien. Je me sens d'humeur à rédiger la chronique sur les faits divers.. en plus de la mienne. Tu peux disposer Skeeter, on a plus besoin de toi.

Un éclair blond file devant moi.

-Voilà ta tasse !

Skeeter se rassois derrière son bureau miteux à côté du mien. La différence entre les deux est jouissive... Le mien est en verre, le sien en bois moisi, j'ai une machine à écrire, elle a un rouleau de parchemin, j'ai une tonne de livres à disposition, elle a « le journalisme pour les nuls », j'ai un miroir branché sur Diego, elle a un miroir pour voir ses bouboucles... et le meilleur : j'ai une plaquette en or massif marquée « rédactrice en chef adjointe » et la sienne, très moche, la dit simple « journaliste ».

Les joies de la hiérarchie... Malheureusement, toute cette opulence n'est pas à moi mais au journal.

-Wendy ! M'interpelle le miroir.

-Qué passa Diego ?

Il a finalement réussit à me pardonner d'avoir jeter son sachet à la cuvette. Ca tombe bien parce que je n'aurais jamais pu lui rembourser.

-La dernière, d'Evans et Potter, rape-t-il avec les gestes de la parfaite racaille des villes.

Je souris. Ce mec est vraiment le dernier des abrutis. Mais il est marrant. Son visage disparaît et laisse place au couloir de métamorphose. Son miroir de poche à la main, il se rapproche du couple Povans. Je repousse ma tasse d'espresso et bois à la place mon écran, très intéressée.

-Lily ? Je peux te parler ? Questionne Potter, plein d'espoir contenu.

-Encore ? C'est la quatrième fois cette semaine ! Répond Lily, sur les nerfs.

-Cette fois c'est important !

-Non Potter, je ne veux rien savoir, réplique sèchement Lily.

-Alors voilà, je me lance, continue Potter, sourd à son veto. Lily Evans, veux-tu sortir avec moi ?

Le coeur battant, James regardait avec inquiétude sa dulciné. Allait-elle accepter l'amour qu'il lui offrait sur un plateau ? Ou repartirait-il bredouille, avec seuls ses yeux pour pleurer ?

-Ouii, je veux bien sortir avec toi, minaude Lily.

-J'LE SAVAIS ! J'LE SAVAIS ! Hurle Potter en applaudissant.

-Dans le parc et vous foutre dans le lac toi et tes lunettes, termine Lily, un sourire sadique sur la face.

Le coup de pute ! Hinhin... elle va encore nous faire de la pub pour Potter, la marque de croquettes pour Calmar.

-Merci mon Didi, tout est dans la boîte ! Je fais avant de raccrocher le miroir.

-Balzary ! Mon café je te prie ! Quémande mon boss.

-Tout de suite Elliott, je ronronne en courant à la petite kitchenette.

Le Q.G de notre petit journal du bahut est tellement confortable ! Nous avons à disposition une énorme salle de travail avec des tas de bureaux et un coin cuisine aux placards bien remplis.

Les activités du journal on reprit aujourd'hui, lundi huit septembre.

OoOoOoOoOoO

-Oh my god ! Je vais le tuer ! Je vais le tuer ! S'écrie Lily devant son bol de corn flakes.

-Qui ça, John Harvey Kellogg ?

-Mais non abrutie ! Le connard qui a rédigé cet article !

-Ca va, ça va, pas la peine de me gueuler dessus... je grogne.

Elle cache bien son jeu derrière ses bonnes manières, mais quand elle se sent à l'aise, ça y va les vulgarités.

-Non mais lis un peu ça : James et Lily, les nouvelles aventures de Povans.

Je recrache sous forme de bouillie ma bouchée de céréales. Dégoûtant, yes. Mais Sirius n'a rien vu, alors tout roule ma poule.

-Lily aurait-elle enfin succombé au charme ô combien profond du beau et narcissique James Potter ? En effet, la préfète-en-chef semble avoir fait l'aquisition d'un nouveau blush pour le moins étrange... est-il normal qu'il n'apparaisse qu'en présence de son homologue masculin ? Nos deux compères passent énormément de temps ensemble, du fait de leurs nouvelles fonctions... cette soudaine proximité aurait-elle ravivé la flamme de James ? Aurait-elle déclenché l'amour éperdu de Lily ? Mais alors, pourquoi ces refus répétés ? C'est ce que nous allons tenter de comprendre, appuyés par des exemples concrets recueillis par nos informateurs..., lit Alice d'une petite voix aiguë.

Lily, rouge pivoine, lui arrache le journal des mains.

-Cette feuille de chou est vraiment ridicule, Dumbledore devrait en interdire la publication, critique-t-elle.

-Oh oui, cette mascarade est grotesque ! Je lui mettrais bien son journal où je pense, à ce «Judas en robe à fleur», je fais mine de la soutenir, la bouche en cul de poule.

Judas, c'est moi. Traîtrise ? Je connais. Depuis sept ans que je joue les bonnes soeurs, personne ne s'est jamais rendu compte de ma double indentité. Je suis passée maître dans l'art de la tromperie. Je vends mes amis aux plus offrants, leur confiant tous leurs petits secrets... ce journal me rapporte pas mal d'argent.

Le journal est sponsorisé par Dumbledore lui-même. C'est lui qui paye l'édition. Ensuite vient l'argent de la gazette, qui sélectionne par là même ses futurs journalistes. Cet argent sert aux installations. Ma machine à écrire est un cadeau de la gazette, on peut voir ça comme ça.

Les salaires eux, sont attribués en fonction du nombre d'exemplaire vendu. Comme ça ne suffit pas toujours, il faut bien avoir un deuxième apport. C'est là qu'interviennent les sous-fifres. Ils payent leur cotisation chaque mois. Skeeter en est l'exemple même. Les doués et ceux qui savent se faire respecter sont récompensés, les autres payent. C'est tout. C'est aussi simple que ça. C'est cruel, oui. Pauvre petite Rita, pauvre petite chose abandonnée à son sort.

Je vais percer et elle va rester pour toujours une journaliste médiocre qui sert les biscuits.

Après, faut modérer son enthousiasme, je suis pas non plus Crésus. J'ai droit à vingt gallions par mois, c'est pas non plus l'or qui me tombe du ciel. Je dois déjà enlever cinq gallions pour les clopes. Sept pour la « contribution familiale ». Et le reste, enfin, c'est pour moi.

Et rappelons aussi le moment où j'ai commencé à ne plus sentir mon dos tellement il me faisait mal. C'est avec l'argent de Skeeter que j'ai pu acheter le premier sommier de mon matelas, aux Bruyères. Alors qu'on ne vienne pas me dire que je m'enrichis sur le dos des gens, non monsieur.

-On va retrouver le salopard qui a fait ça, Lily ! S'exclame Potter avec force, le poing serré.

Hinhin, à l'entendre on croirait qu'elle s'est fait tabasser... ou pire, violée. Le Potter est furax, c'est le moins qu'on puisse dire. Dans mon article, je critique sa façon de draguer... je la qualifie de « puérile, banale et appel-aux-baffes », ce qui ne lui plait guère.

-Tiens, mais où est Panpan ? Je demande soudain, m'apercevant de son absence.

-Qui ? Ricane Sirius.

-Bah Remus...

-Ah, il est allé se coucher, il ne se sentait pas bien, m'explique-t-il.

J'arque un sourcil.

-Tu vas pas me faire gober que Lupin fait encore des siestes ?

-Tout est possible Balzary, répond-il, des fleurs de lotus dans la voix.

La sagesse incarnée ce type.

-Il est bizarre ton pote, je fais remarquer.

-Et Ohyhamburu est la normalité même, grince-t-il.

-Il suffit, l'amitié inter-maison est encouragée par Albus Perceval Wilfied Bryan Dumbledore lui-même ! Je m'exclame, un peu trop haut à mon goût.

Je jette, craintive, un coup d'oeil à la table des profs. Dumbledore me lance un regard paisible, agrémenté d'un léger sourire.

-Je suis votre envoyée Professeur ! Je m'écrie à travers la Grande-Salle.

Lily and the Marauders éclatent de rire. Fière de mon petit effet, je m'allume une clope pour terminer mon repas.