Quelques heures plus tard, tout le monde était de nouveau réuni pour dîner.
- Il faut finir les restes! Ordonna Molly. Dans une semaine on remet ça!
Quelques soupirs se firent entendre, mais elle ne sembla pas y prêter attention.
- J'ai reçu un hibou de Remus, dit Arthur. Il passera demain après-midi avec Tonks!
Molly acquiesça d'un signe de tête.
- Ils ont l'air heureux tous les deux non? demanda Fleur.
- Ils ne refoulent pas leurs sentiments, eux, c'est tout, parvint à marmonner George la bouche pleine.
Ron haussa un sourcil.
- Au début Remus ne voulait pas! rappela-t-il.
Bill eut une moue pensive.
- Oui, approuva-t-il. George s'est mal exprimé. Ce qu'il voulait dire c'est que Remus a su se rendre compte de ce qu'il ratait...
- Qui veut des biscuits de Hagrid? coupa Ginny.
Moqueurs, Bill et George montraient Hermione du regard, sous l'oeil rageur de Ron. Heureusement, elle semblait n'avoir rien entendu, discutant activement avec Charlie. Il prit un biscuit, faillit se casser les dents alors finalement le donna à Pattenrond; ce dernier avait le poil luisant et beaucoup plus doux qu'à l'ordinaire. Harry le remarqua aussi.
- Tu as testé le cadeau de Ron, Hermione? demanda-t-il après qu'ils soient sortis de table.
- Oui, répondit-elle. Il est bien plus beau comme ça, non?
Les garçons approuvèrent, elle rayonna.
- Attends que Tonks te voit comme ça!!! dit-elle à son chat. Elle va encore plus t'adorer!
Harry et Ron échangèrent un regard moqueur. Quand elle parlait à Pattenrond, Hermione était méconnaissable: elle gloussait, lui faisait des papouilles, des "gouzi-gouzi" toutes les dix secondes.
C'est à cet instant que Fred attaqua.
- Et bien, Hermione, dit-il d'un ton suave. Est-ce que je pourrais avoir le même traitement que Pattenrond?
Celle-ci éclata de rire, tout comme Harry.
- Il faut d'abord te brosser le poil, Fred, dit-elle.
Ron se retint de rire. Il savait que Fred essayait de le rendre jaloux, mais là c'était complètement naze, et aux yeux des autres c'était simplement une blague de plus.
- Et il y a de quoi faire, rit-il. Fred, ta pilosité s'est beaucoup développée ces derniers temps!
- Ouais d'ailleurs c'est pas normal, reconnut Fred. George est quasiment imberbe...quelqu'un a du me faire boire une potion.
Il regarda autour de lui, l'oeil accusateur.
- Mais non, fiston, lui dit Arthur. Mon frère était pareil à ton âge. Cela disparaît avec le temps.
Fred haussa les épaules, puis s'engouffra dans l'escalier. Molly arriva avec quelques tasses de thé dans les mains.
- Je vous ai préparé ça, les enfants. Moi je monte me coucher, je suis exténuée.
Elle embrassa tout le monde, et partit à son tour, suivie peu de temps après par son mari.
Bill, Fleur et Charlie étaient partis passer la soirée chez un vieil ami de la famille qu'ils n'avaient pas vu depuis des années. Il ne restait donc plus que Harry, Ginny, Ron et Hermione sur les canapés. Ils passèrent de longs moments à se rappeler les bons moments de Poudlard, notamment ceux où ils avaient eu le dessus sur Malefoy. Lorsque les douze coups de minuit sonnèrent, Ginny se leva, tenant Harry par la main.
- Bonne nuit, vous deux, dit-elle à Ron et Hermione. Nous, on va se coucher.
- C'est ça, railla Ron.
Harry se pencha et déposa un baiser sur le front d'Hermione, et chuchota à l'oreille de Ron:
- C'est le moment, mon vieux...
Puis il lui fit un clin d'oeil et s'empressa de rattraper sa petite amie, déjà partie.
Ron et Hermione se retrouvèrent donc seuls, face à face sur leur fauteuil respectif.
Hermione jouait toujours avec son chat, et Ron la regardait en silence. Elle était absolument magnifique ce soir là, bien qu'elle fut simplement habillée d'un jean et d'un pull. Ses cheveux détachés encadraient son beau visage, et ses yeux pétillaient de malice. S'il s'écoutait, il irait l'embrasser tout de suite.
- Rapproche-toi, Ron, lui dit-elle.
Tiré de sa rêverie, il mit un petit temps à comprendre ce qu'elle lui avait dit.
- Rapproche toi, répéta-t-elle. On n'a pas besoin de garder un espace comme ça entre nous...enfin à moins que tu y tiennes?
- Pas du tout, fit-il avec un grand sourire.
Il se leva donc, et s'installa près d'elle. Avec délice, il sentit son parfum: de la vanille. Il dut se faire violence pour ne pas lui embrasser le cou...il était impressionné par le pouvoir qu'avait Hermione sur lui, c'était tout bonnement incompréhensible.
Pattenrond quitta les bras d'Hermione pour rejoindre ceux de Ron. Celui-ci se mit machinalement à le caresser.
- Quand je pense que pendant toute une année il avait l'occasion de tuer Pettigrow et que je l'en empêchais!!! dit-il d'un ton amer.
Hermione leva les yeux vers lui.
- Tu-Sais-Qui ne serait peut-être pas encore revenu, reprit-il. Dumbledore serait encore vivant à l'heure qu'il est, et Sirius aussi!
Hermione prit le visage du rouquin entre ses mains, qui ferma les yeux à ce contact. Elle avait la peau si douce.
- Ron, dit-elle doucement. Personne ne savait que Croûtard n'était pas un rat!!! Tout le monde est autant responsable que toi!
- Je sais, répondit-il. Mais parfois je me sens coupable...
Il croisa le regard d'Hermione, qui le soutint. Elle adorait ses grands yeux. Si elle le regardait encore elle ne pourrait pas résister très longtemps.
- Il n'y a vraiment pas de quoi, Ron, conclut-elle en détournant les yeux.
Elle posa sa tête sur l'épaule du jeune homme.
- J'ai peur, Ron.
- De quoi? demanda-t-il doucement.
- Que cette histoire ne s'arrête jamais, que tout le monde y laisse sa vie, que Harry meurre...
Il commença à lui caresser les cheveux. Il ne les imaginait pas aussi doux.
- Moi aussi j'ai peur, Hermione, avoua-t-il. Mais je n'ai pas envie de me laisser faire. Je me battrai pour le bien, pour toi, et pour Harry. Je vous protègerai, même si c'est la dernière chose que je dois faire.
Hermione ne répondit pas. Elle le reconnaissait bien là, courageux et fidèle jusqu'au bout. Elle se sentait en sécurité, là contre celui qu'elle aimait. Entendre sa voix la rassurait, elle serait restée toute la nuit blottie contre lui.
Pendant un moment qui lui semblait une éternité, il continua à lui caresser la chevelure. Puis sentant que la respiration de son amie était devenue régulière, il comprit qu'elle dormait. Alors il la prit dans ses bras, l'emmena dans sa chambre et la déposa sur son lit. Ses lèvres effleurèrent sa joue, il chuchota un petit "bonne nuit", et referma la porte.
