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Leçon 6 : Jeux de pute et coups de vilains.

La première fois qu'il l'a perdue, il a hurlé.

o.O.o

Elle l'a frappé. Elle l'a griffé au coeur, claqué à la joue et les deux coups sont inacceptables. Il est resté là, planté dans le couloir, presque assommé par la nouvelle. Presque hanté par l'image imprimée sur sa rétine, greffée dans son âme. C'est... C'est... Impossible. Quand aurait-il pu... Comment a-t-il pu tomber sous le charme de l'agneau ? Le prédateur entiché de sa proie ? C'est impensable. Idiot. Voir suicidaire ! C'est interdit. Il ne peut pas se le permettre.

Non mais quel imbécile ! Il a toujours le goût de ses lèvres sur sa langue et il se damnerait pour y regoûter. C'est juste... ridicule. Lui, Tom Elvis Jedusor, est... Amoureux. Il se frapperait. Et puis elle, pourquoi ne réagit-elle pas comme les autres ?! Quelle idée aussi de résister ! Il aurait fallut qu'elle le laisse la coucher dans son lit sans ruer comme un animal enragé.

Mais non forcément, il faut lui compliquer la vie ! Elle doit déjà être en train de tout raconter à Dumbledore. Dans peu de temps, le vieil incontinent va venir avec quelques questions désagréables. Quel crétin ! Il aurait fallut la laisser patauger dans ses rêves jusqu'à ce qu'elle le supplie de la prendre ! Qu'elle le harcèle, qu'elle se colle et se frotte à lui comme une chatte en chaleur. Au lieu de ça, il a fait le premier pas. Il l'a embrassée, trop sûr de sa victoire. Et il a tout gâché.

Tom bouge enfin et s'éloigne, réfléchissant à la suite des événements. Ce n'est qu'un mauvais pas, de toute façon. Il y a forcément moyen d'arranger les choses. Le sorcier réfléchit donc, refusant tout simplement d'abandonner.

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Luc est plongé dans son livre de potions. Il est, comme tous les gryffondors, une vraie buse en cette matière, de toute façon. Il voit pas pourquoi il devrait réviser. En plus, là, tout de suite, c'est un peu compliqué vu qu'on est en train de l'embrasser à pleine bouche. Vous l'excuserez. Le gamin louche un peu sur les mèches noires et les yeux émeraudes de Minerva. Il ne comprend pas tout, c'est clair. Il sait juste que Marx va lui faire la peau dès qu'il en entendra parler. Il avait dit quoi, déjà ?... Ah oui. "Minerva est ma meilleure amie. Tu l'approches, je te castre." Okay, ils avaient douze ans à l'époque. Il n'empêche, Luc est presque sûr que rien n'a changé dans la tête du gryffondor. Et même si profiter encore un peu du baiser ne serait pas de refus, faut qu'on lui explique.

C'est pourquoi donc, il se sépare de la jeune fille, assez soucieux.

"Heu... Minerva ?"

Elle le regarde, réalisant peu à peu ce qu'elle venait de faire.

"Luc. Je... Je ne voulais pas.

- Quoi ?

- Oui, enfin...

- T'embrasses souvent les personnes sans le vouloir ?

- Oui ?"

Elle a l'air stupide. Il l'a regarde, pas ému des masses.

"Vraiment ?

- Non mais enfin... Tu vois ?" Apparemment, il ne voyait pas. "Je... C'est que... Enfin... Tu... Je... Tu comprends ?"

Elle est stupide. Elle s'emmêle dans ses explications. Il attend patiemment qu'elle finisse de baragouiner. Merde.

"Luc, je...

- Tu veux quoi, exactement ?

- J'en sais rien.

- Mais encore ?

- Je suis perdue. Je... Je suis désolée.

- Tu veux pas m'embrasser une nouvelle fois ?"

La question résonne entre eux et Minerva hoquette. De quoi ?! Il est complètement fou. Il la regarde et elle voit bien qu'il est sérieux. Elle devrait refuser. Etre raisonnable. Mais elle n'en a pas envie. C'est idiot mais si ses lèvres pouvaient encore se poser sur les siennes, elle serait contente.

"Oui."

Elle l'a soufflée, sa réponse. Luc l'observe se pencher vers lui. Elle ne l'aime pas, c'est évident. Ca ne le dérange pas, bizarrement. Ca aurait dû, pourtant. Mais bon... Tant pis pour sa santé mentale. Ainsi, quand elle l'embrasse, c'est doux, c'est tendre, c'est Minerva et il aime bien.

...

Quand ils se séparent, elle soupire. Il la fixe de ses prunelles argentées, attendant la suite des événements.

"Je ne peux pas t'expliquer pourquoi je t'ai embrassé.

- Je sais.

- Et on aurait pas du.

- Je sais.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- Sors avec moi.

- C'est hors de question."

Luc lui sourit, pour la première fois depuis le début de leur entretien.

"Et pourquoi ?"

Minerva rougit, confuse.

"Mais... Parce que... Tu n'es pas amoureux de moi !

- Et alors ? Toi non plus." Il réplique du tac au tac.

"Oui enfin... C'est pas la même chose !

- Ah oui ? Je te plais, tu me plais, pourquoi se compliquer la vie ?"

La jeune fille ferme la bouche, sans arguments. Mais...

"Et Marx ?" elle chuchote, se raccrochant à cette dernière idée. Luc réfléchit un instant et finit par lâcher :

"On est pas obligés de le lui dire."

Elle ouvre des grands yeux et encore plus quand elle le voit, mortellement sérieux.

"Alors ? C'est d'accord ?

- Mais... Mais... Non !

- Pourquoi ?" s'agace-t-il.

"On se connaît à peine !"

Luc se redresse, un rictus moqueur sur la bouche.

"C'est peut être pas plus mal." Avant qu'elle ne s'offusque, il reprend en se levant. "Bon. La prochaine sortie à Pré-au-lard est à moi.

- Quoi ?"

Il ne s'explique pas plus. il lui dépose un baiser léger sur le bord de ses lèvres et il part, les mains dans les poches. Insouciant.

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Elle n'a pas réussi à refuser son invitation. Il est venu la chercher dans la bibliothèque, dans le vieux rayon où elle se dissimulait puérilement et s'est incliné en ricanant.

"Minerva... Tu te caches ?"

Elle a sursauté et a claqué le livre qui la dissimulait à son regard.

"Non.

- Menteuse."

Elle soupire. Il la fatiiiiigue...

"Qu'est ce que tu veux ?"

La question le surprend presque.

"Eh ben... T'as déjà oublié ? Me dis pas que tu étais soûle quand...

- Mais non !" Elle le coupe, les joues brûlantes.

"Donc tu te souviens ? Qu'est-ce que tu fais encore ici alors ?

- Luc...

- Oui ?" Il lui dédie un sourire adorable et elle essaye de ne pas s'énerver.

"Pourquoi t'y tiens tellement à cette sortie ?

- Si je réponds que c'est parce que tu embrasses bien, tu me frappes ?

- Oui.

- Bon."

Elle attend la suite. Attend encore. Patiente devant le silence de l'autre imbé... Elève.

"Tu viens ? On a pas toute la nuit.

- LUC !"

Il l'éneeeeeerve.

"Oui ?

- Luc Marchese. Ne te fiche pas de moi. Pourquoi tu me harcèles ?

- Je te l'ai dit, tu embrasses..." Le regard noir qu'elle lui balance le dissuade de finir sa phrase. "Bon... C'est parce que je veux te connaître. Voilà. T'es contente ?

- Non. Mais on va accepter ça. Tu veux faire quoi ?

- La cabane hurlante ?

- Accordé."

Il lui attrape le poignet d'autorité et la tire hors de son refuge, sourd à ses protestations. Son livre là ! Il faut qu'elle le range ! Elle devait en emprunter en plus ! Mais enfin ! Laisse la... Oh et puis merde. Quand il se retourne et la fait taire d'un baiser, elle finit par déclarer forfait. Pour cette fois.

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Quand il l'a embrassée avant de remonter au dortoir, elle n'a pas protesté. Elle n'a pas protesté non plus en sentant sa langue dans sa bouche. Et quand il lui a reposé sa question, elle a dit oui. Il a sourit discrètement et ils se sont engouffrés dans la salle commune. Il a fallut retrouver l'éclat chaleureux de l'endroit, de croiser les yeux de Marx pour bien prendre conscience de ce qu'il venait de se passer.

Ils ont été clairs : Aucun des deux n'aime l'autre. Point. Une deuxième règle a été énoncée : Ils gardent leur relation secrète. Déjà, pour éviter à Marx de hurler à la mort. Ensuite parce qu'elle n'a rien de sérieux. Pas la peine de la crier sur tous les toits. Elle est donc en couple avec un homme qu'elle n'aime pas. Officieusement. C'est idiot. Et puis elle voit son regard pétillant et ça lui semble normal.

Fin du chapitre ^^

J'espère que vous avez aimé ! Désolée du temps, je pensais avoir le temps de poster plus tôt... C'est bête, ce chapitre était fini depuis un p'tit bout de temps. Une petite pose dans la noirceur. Vous aimez ?

Merci à Romy, comme d'hab !

Merci d'avoir lu. Merci de lire. Merci des Reviews.

Bouya'.