Yellow les cloportes sans nom !

Désolé, vraiment désolé que ce chapitre ait mis, ermh, deux mois pour arriver presque ? On va dire qu'entre temps il y a eu un super concours de nouvelles, et que, bah, ça occupe un peu l'espace écriture. En plus il y a eu de la neige, et ...

Pyro : La neige est une excuse maintenant ?

Léo : Bien sur que oui ! C'est tellement magnifique...

...et oui j'ai passé la semaine à rien branler à cause de ça XD On ne peut échapper aux affres de l'enfant en nous je suppose. J'en profite pour faire un poutou à une demoiselle qui me harcèle souvent pour la suite de cette fanfic ( remerciez là, vraiment, sinon on en serait au chapitre 2 ), et qui se reconnaîtra X) Sur ce, je vais vous laisser avec ce chapitre 5, qui est un plus court que les derniers, mais sans doute un peu moins lourd à lire. Dîtes moi ce que vous en pensez en review, c'est une denrée qui se fait rare par ici.

Des bisous et bonne lecture.

Lola

Chapitre 5 : Ballade dans la jungle

L'après-midi se déroulait calmement dans l'appartement des Sommets. Pas de cris apeurés, d'odeur nauséabonde de drogue, de poils de panda répandus en touffes sur le sol. Même la lumière au dehors semblait empreinte de sérénité : elle s'infiltrait par les fenêtres, rayons de soleil d'une radieuse journée. C'est même soleil malicieux qui venait taquiner la joue du corps effondré sur le lit dans la chambre. Le reste de la pièce était s'enfonçait progressivement dans la pénombre, l'obscurité crasse mangeant les contours des objets au fur et à mesure que l'on s'approchait des murs. Dans un coin, les genoux sous le menton, les doigts blanchis sur ses mêmes genoux, et les yeux écarquillés de terreur, gémissait le Geek. Il voyait des monstres dans chaque parcelle trop sombre, ne pouvant risquer de s'enfuir sans en perdre un de vue. Impossible qu'il ne bouge de là tout seul, et comme il n'y avait, à priori, personne dans le coin pour venir l'aider, ça voulait dire qu'il n'y avait aussi personne pour venir l'emmerder. Le moment parfait pour aller vaquer à quelques menues activités.

Le corps du vidéaste eut un sursaut, et soudain le Patron fut assis sur le rebord du lit, ses yeux luisant dans la semi-obscurité. Son regard balaya rapidement la chambre, avant qu'il ne fronce le nez en étant brusquement agresser par des effluves de sueur rance : il grogna de dégoût, les sourcils froncés. Apparemment, il était temps de changer de vêtements, et pas seulement parce que le style vestimentaire de Mathieu était à chier. Il leva son divin fessier du lit, et dirigea ses pas vers l'armoire remplie de vêtements divers et variés, aussi à l'aise dans le noir qu'un poisson dans l'eau. On trouvait vraiment n'importe quoi dans la penderie, des fringues immondes de Mathieu aux tee-shirts fatigués du drogué, en passant par les kigurumi du chanteur à deux balles à ses merveilleux costumes, outils indispensables dans la diffusion de son, charisme. Cinq minutes plus tard, un fringuant Patron était sur le pas de la chambre, ignorant le regard terrorisé que lui lançait l'innocent coincé dans l'obscurité. D'une main, il ajusta ses lunettes sur son nez, de l'autre sortit une cigarette de son veston le briquet en main, il écouta. Puis, dans le silence religieux de l'appartement, l'alluma. La fumée dansait avec la poussière, elle-même produit de la lumière. A elles trois, elles faisaient un magnifique ballet, qui se reflétait dans les verres fumés de leur spectateur muet.

La clope du matin, meilleur moment de la journée. Coup d'œil à l'horloge du couloir, constatation du fait qu'on est l'après-midi.

La clope de l'aprèm, le meilleur moment de la journée.

Doucement, le psychopathe se mit en branle. Une traînée blanchâtre suivit ses pas vers le salon, s'assit en face de l'ordinateur resté ouvert sur un site de … rhubarbe ?, avant d'ouvrir Olydri. Son esprit divagua, bercé par la quiétude ambiante, tandis que l'écran chargeait avec la lenteur caractéristique de leur connexion pourrie. C'était vraiment incroyable ce qu'on pouvait obtenir d'un gosse avec un peu de flatterie et de mise en scène. Bon après, fallait le supporter…

« C'eeeeeeeeest bon, c'est envoyé illico presto dans la boite aux lettres de l'ordinateur magique ! fit joyeusement Sparadrap, les trois petits points de l'AFK disparaissant d'au-dessus de sa tête.

- Reçu, fit laconiquement son boss. T'as bien bossé cette semaine gamin, sourit le pervers, les noms défilant sur ses lunettes noirs.

- Ça veut dire que je pourrais avoir une nouvelle récompense ? s'enquit aussitôt le jeune homme, agitant son bâton dans tous les sens, trop surexcité pour remarquer qu'il écrasait plusieurs touches à la fois.

- Euh, ouais, ouais si tu veux le mioche, répondit distraitement le Patron.

Plus d'une dizaine de noms s'étalaient sous ses yeux ébahis : des filles aussi bien que des mecs crédules, dont il allait devoir checker l'adresse un sacré bon en avant dans son palmarès en perspective. Il essuya le filet de bave qui sortait dégoulinait de sa gueule, avant de reporter son attention sur son, ermh, informateur.

- …même que je me suis mis à parler devant toooout pleins de gens et que y'a un monsieur super badass of-the-dead qui m'a dis que je parlais troooop bien, et que j'étais un suuuuuper atout…continua de déblatérer sans interruption le noob, manquant d'assommer l'avatar du Geek avec son sceptre.

- C'est à peu près à ce moment là que le Patron du se foutre une baffe mentale monumentale pour ne pas parler d'une récompense en rapport avec le dit bâton et le cul du gamin. Il était d'une nécessité absolue qu'il rende visite à ses bordels, ça devenait urgent.

- Oui bon, eh abruti ! coupa le psychopathe. J'ai une nouvelle mission secrète pour toi si tu veux.

- Oh oh, comme celle avec la carte magique de mamie ? demanda le jeune innocent, devenant soudain beaucoup plus sérieux.

- Je vais t'expliquer ça gamin. Tu t'en souviens du colis que je t'ai gentiment envoyé l'autre jour ? demanda le tueur, foutant une torgnole au côté pédophile de son cerveau après s'être pris à regretter que le gamin ai cessé de remuer son bâton pour l'écouter un peu de sérieux putain !

- Oui je m'en souviens, affirma le très naïf complice. Je peux en avoir un deuxième ? sautilla le noob, une lueur, un brasier d'espoir se déversant par ses yeux.

-Peut-être, si tu fais ce que je te dis, sourit le pervers, carnassier. Une petite ballade, ça te dit gamin ?

Dans l'appartement Lepape, l'inquiétude était matérielle. On la distinguait flottant dans l'air, concentré près de l'embrasure de la porte d'entré. On était un samedi, un samedi matin ordinaire. Sauf que Kévin partait en expédition, sous les yeux nerveux de sa petite famille. Ce n'était bien entendu par décelable au premier coup d'œil, l'impassibilité étant une vertu traditionnelle chez les Lepape depuis trois générations mais, le plissement des yeux caractéristique de Thomas et la petite moue d'Odette indiquaient bien leur anxiété manfieste. Déjà un pied dehors, un Sparadrap déterminé leur faisait face. Dans son sac, un kit de survie minimale avec une part de flan, des barres ultra-méga-super chocolatés, un smourbiff bleuté pour lui porté chance, des clés ( aucune idée de à quoi elle serve, mais mamie avait insisté pour qu'il les emporte ) et un portable chargée à bloc avec le numéro de la maison, de la police et des pompiers pré-enregistrés.

« Tu es sur que tu veux y aller seul ? demanda pour la troisième fois Ystos en moins de 10 minutes, record battu dans son niveau d'inquiétude.

- Mais ouiiiiii, assura encore candidement Sparamoule, tout sourire.

- Tu ne veux pas que ton frère t'accompagne mon canard ? s'enquit également la grand-mère, tendu sur son déambulateur, la peau flasque de ses bras n'ayant que deux replis sur les quatre habituels.

- Nan, s'agaça Sparadrap, visiblement vexé. Je suis plus grand que lui d'abord, alors je peux me débrouiller sans personne !

- Bien sur mon grand, bien sur…murmura en retour le vieille dame, pas rassurée pour un sou.

- T'inquiète pas mamie, tout va bien se passer ! s'exclama joyeusement le noob, réajustant les bretelles de son sac à dos Olydri. Bon, bah eu, j'y vais ! Bisous Thomas, bisous grand-mère, à tout à l'heure !

- Il dévala les escaliers de l'immeuble, sautillant comme un enfant de huit ans partant à l'école, avec les parents proche crispés de voir partir leur enfant chéri dans la nature pour la première fois. Thomas n'avait pas fini de broyer la poignée de la porte.

Une clope, un regard lointain, une barbe naissante et clairsemée. Ainsi se définissait la population fidèle aux vertus du quartier le plus mal famé de la ville. Des drogués aux yeux vides voyageaient sur leur transat, leurs enfants cassaient les quelques fenêtres encore intactes de l'immeuble, leurs cousins faisaient chauffer leur hot-dog au-dessus d'un feu de baril. Au milieu de cet océan de saleté, de désespoir et de regards mauvais, un être pur se baladait sur le pavé. Il souriait à tous, disait bonjour aux enfants, et jetait un regard méfiant à tous les adultes qui le fixaient, éberlués. Ses pas seuls semblaient faire reculer la décadence crasse qui recouvrait les gens et les choses. Dans un coin sombre, un homme aux yeux injectés de sang se crispa en le voyant débarquer. Sérieusement, c'était ça son nouveau contact ?

Son regard croisa par hasard, et pour son malheur, celui de l'inconnu naïf. Soudain, l'univers était devenu beaucoup plus simple.

« T'es sur que tu peux t'en sortir tout seul p'tit vieux ? s'inquiéta Pie, nouvel ami de ce cher Sparadrap, actuellement en train de fumer un joint et de regarder l'innocent manger son goûter.

- Totalement sur of-the-dead, rassura Kévin, la bouche pleine de barres chocolatées. Je suis suuuuper fort quand même.

- Ouais, ouais s'tu le dis p'tit homme, bougonna son interlocuteur, la fumée de sa « clope » s'égaillant au-dessus de sa tête. Tu reviens la semaine pro' d'acc ?

- Bah oui, évidemment, s'exclama joyeusement le noob, la bouche encore entourée de traces marronnasses mais déjà sur le départ. Sinon, j'aurais pas mon super-cadeau-of-the-dead !

- Et c'est quoi ton cadeau là ? s'enquit, curieux, le jeune Pie.

- Un smourbiff !

- Un quoi ?

- Un smourbiff idiot ! s'insurgea l'innocent, manifestement choqué. Tu….tu connais pas Olydri ?

- Euh…nan, fit, presque embarrassé, son nouvel « ami ». C'est quoi ?

- Le meilleur jeu du monde ! fit avec des étoiles dans les yeux Sparadrap. Tu peux te faire pleins de copains partout et y a les smourbifs et en plus y faut se battre ou soigner et tu veux rejoindre la guilde Noob…

- Calme p'tit vieux, j'comprend que dalle à ce que tu me parles là, calma Pie. Genre, c'est sur internet, un truc du genre ?

- C'est pas dans la vraie vie, enfin, ça c'est que dit on idiot de frère, ronchonna Kévin, l'image d'Ystos passant furtivement devant ses yeux.

-Ouais donc faut un ordi pour ton truc là, c'est ça p'ti vieux ?

- Ouiiiiii, d'ailleurs l'ordi de ma mamie il est tooooout nul, alors je demande tout le temps au Père Noël de m'en apporter un mieux, mais à chaque fois mamie elle dit que le Père Noël c'est pas Tony Stark, débita d'une traite Sparamoule.

- C'est qui ça, ton « Tony Stark » ? s'enquit le petit dealeur.

- Je sais pas, mamie elle veut pas dire et Thomas y dit que mamie a dit qu'il fallait rien dire, fit avec une petite moue contrariée le pauvre enfant.

- M'a l'air d'une sacrée vieille, sourit Pie, attendrie. Faut que tu files p'tit homme, tu vas être à la bourre à ton taff.

- Ah oui, la super mission top secret du Patron ! s'écria bien haut et bien fort le noob, recalant son sac à dos. J'y vaaaaaais, à plus Pie !

Un instant plus tard, il avait filé en courant, en sautillant plutôt, vers sa destination. Il n'avait pas vu que derrière lui, son nouvel ami aux yeux injectés avait fortement pâli : qui était ce putain de gamin qui venait de l'envoûter et qui parlait du Patron comme le type le plus sympa de l'univers ?