Merci ! Merci beaucoup pour tous vos compliments ! Je suis vraiment étonnée que les OOC ne se voient pas plus que ça, et que le perso de Gabrielle ait autant de succès ! Mince alors, on m'avait toujours dit que les slashers détestaient les persos féminins... comme quoi...

Je suis débordée en ce moment, je bosse encore plus quand je suis en vacances que pendant le reste de l'année (suis cinglée moi). J'essayerai quand même de ne pas trop tarder dans mes publications.


Dean ferma les yeux et inspira profondément. Il sentit juste la main de son ange se poser sur son front, et un brouhaha inconnu envahit tout à coup ses oreilles.
Il rouvrit les paupières, ébloui par le soleil.

Personne ne les avait vu se matérialiser. Castiel fut le premier à réagir et coupa à travers la foule. Le chasseur, lui, ne parvenait pas à bouger, assailli par des dizaines de sensations. La langue qu'il entendait chanter autour de lui n'était plus la même. La chaleur était plus puissante, les odeurs plus épicées et entêtantes. La lumière solaire pénétrait par chaque pore de sa peau, le réchauffant intensément.
Dean se sentait étonnement vivant.
Chaussant finalement ses lunettes de soleil, il chercha Cas' du regard. Ce dernier s'était éloigné de quelques pas, et il aperçut sa tête un peu ébouriffée de l'autre côté du flot humain dans lequel ils avaient atterri. Quelques enjambées lui suffirent pour le rejoindre avant qu'il ne s'arrête net, saisi.
« Cela faisait deux mille ans que je ne l'avais pas vu réellement, fit l'archange. Tu sais ce que c'est ?
La gorge étrangement serrée, le jeune homme approuva d'un signe de tête.
- Le mur des Lamentations. » Murmura-t-il.
Subitement, il n'eut plus du tout envie de se moquer de ceux qu'il considérait auparavant comme des bigots écervelés. Piégé entre ce qu'il savait désormais du Ciel et cette confrontation directe à tout ce qu'il n'avait jamais pu supporter de religieux en l'homme, il se sentit confus. Comment leur reprocher maintenant de croire et d'espérer ? De quel droit pouvait-il se moquer de ceux dont la foi ne faisait de tort à personne ? Bien sûr, la confiance aveugle restait une notion très mystérieuse et suspecte pour Dean. Mais devant ce spectacle millénaire des hommes cachant des messages pour Dieu entre les interstices des briques, ce n'était plus du mépris qu'il ressentait. Il y avait plus, il y avait... du respect.
Castiel le tira de sa contemplation en posant une main sur son épaule. Le chasseur constata avec surprise que son ami portait lui aussi des lunettes de soleil, et ne plus voir ses yeux bleus le perturba un instant.
« Qu'est-ce qu'on fait ? On ne devrait pas bouger ? Après un tel déplacement, il doit bien avoir un ou deux démons qui te cherchent.
- Ils ne peuvent rien faire ici. Jérusalem est une ville trois fois sainte, et ce n'est pas pour rien. C'est un véritable bastion divin dans lequel aucune créature de l'Enfer ne peut pénétrer.
- Alors ?
- Alors on attend. C'est ici qu'elle nous retrouvera. »
Souffrant de la chaleur, les deux hommes ne tardèrent pas à ôter leurs chemises et à les attacher autour de leurs reins. Soudain, une voix féminine leur parla en hébreu, et après une hésitation, Castiel lui répondit dans la même langue.
« Qu'es-ce qu'il y a ? Demanda son ami qui gardait le visage tourné vers le ciel, avide de soleil.
- Elle dit que tu n'aurais pas dû nouer ta chemise ainsi.
Piqué au vif, convaincu d'une attaque sur sa mode vestimentaire d'étranger, il se retourna vers l'autochtone, et se retrouva nez-à-nez avec le premier des anges.
- C'est vrai quoi, elle masque toute ta chute de rein attachée comme ça, ajouta Gabrielle d'un ton faussement plaintif.
Sonné, Dean abaissa ses lunettes pour vérifier qu'il ne rêvait pas.
- Et je peux savoir depuis quand vous matez ma chute de rein ? Vous n'avez pas honte ? Un archange voyeur ! C'est du propre !
- Je suis un ange, pas un saint.
- C'est pareil normalement !
- Nous aurions vraiment dû vérifier les traductions des textes sacrés quand elles ont été faites, murmura-t-elle. Qu'est-ce qu'on a l'air d'y trouver comme idioties...
- Pardon ?
Cette fois l'exclamation venait de Castiel.
- Je vous expliquerai plus tard. Pour l'instant nous avons des choses à faire. »

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Vers le sud !
Assis à l'arrière de la Jeep Wrangler, une main accrochée aux montants en acier qui formaient l'habitacle, Dean profitait du soleil, la tête rejetée en arrière, les yeux clos. De temps en temps, il soulevait ses lunettes noires et regardait le paysage défiler. Le désert de rocs lui paraissait somptueux, et les monts qui se succédaient en une chaîne ininterrompue lui donnaient l'impression d'être sur une autre planète. Devant lui, les deux anges se taisaient. Aucun d'entre eux n'avait d'ailleurs dit grand-chose durant ces dernières heures. Leur entreprise était dangereuse, et ce voyage était comme le calme avant la tempête.
Brusquement, après avoir dépassé la ville de Yeruham, Gabrielle vira sur la droite et quitta la route bien tracée pour s'enfoncer dans l'étendue désertique. La poussière vola autour d'eux, et les cahots se multiplièrent. Le chasseur redressa la tête pour éviter de se cogner, mais s'abstint de se plaindre. Il n'avait pas envie de passer pour un douillet auprès de deux des meilleurs guerriers de Dieu. On avait sa fierté !
Le soleil déclinait lentement. Leur route s'arrêta bientôt, au sommet d'une montagne surplombant des kilomètres et des kilomètres de terres vides et arides. Fourbu, Dean quitta le 4x4 et s'étira sous le regard curieux de Castiel, tandis que leur compagne s'approchait du vide. Elle époussetta ses jambes et son short noir avant d'observer le paysage.
« Où sommes-nous ? Demanda le jeune homme à son ami.
- Dans le désert de Negev, près du grand cratère. Cette montagne en est le point culminant.
- Pourquoi ici ?
- Parce que c'est un fort point de concentration cosmique. Tu peux rire si tu veux, mais de grandes énergies antagonistes se croisent ici, Dean. Cet endroit a été le tombeau de nombreux anges et démons. »
Impressionné malgré lui, le chasseur s'avança alors jusqu'à l'extrémité du pic rocheux, près du premier des anges. La vue était immense, et le crépuscule donnait à la terre sablonneuse des allures de foyer bienveillant, à la chaleur réconfortante. Gabrielle lui jeta un coup d'oeil avant de demander:
« Comment te sens-tu ?
- Comme un ver de terre qui se serait paumé sur une énorme pierre au-dessus de son jardin. Je n'aime pas beaucoup ça.
- Tu as tort, être un ver de terre plus élevé que les autres est un immense privilège. Mais je voulais dire: comment te sens-tu pour cette nuit ?
- J'en sais rien, je ne pense jamais à la chasse avant d'y être. »
Il aurait cru que l'ange critiquerait cette façon d'appréhender le danger, mais elle n'en fit rien. Il ne vit que ses lèvres qui bougeaient doucement, dans ce qu'il pensa être une prière. Puis elle se frotta les mains et fit apparaître une veste qu'elle posa sur ses épaules dénudés.
« Allons, préparons-nous. La nuit risque d'être longue et froide, enfin... Pour la première partie du moins. »

Il faisait noir à présent. Abrités derrière leur véhicule, les trois compagnons avaient dressé un camp plutôt confortable, autour d'un feu de bois qui n'avait rien à envier à une flambée de bûcherons. Après avoir mangé tout son content et bu de quoi se réchauffer, Dean s'était étendu à côté des flammes, la tête sur un coussin moelleux, et songeait en regardant les étoiles. Près de lui, Castiel s'était adossé à la Jeep, jambes pliées, bras croisés. Le second archange observait toujours le cratère de ses yeux perçants.
La voix de Cas' s'éleva soudain près de lui, le tirant de sa douce somnolence.
« Gabrielle ? Puis-je te poser une question ?
- Bien sûr, fit cette dernière tout en continuant de scruter l'horizon.
- Pourquoi as-tu parlé des traductions des textes, ce matin à Jérusalem ? Qu'ont-elles de problématique ?
- Elles ont été mal comprises, mon ami.
- Cela se peut-il ?
L'archange se retourna vers eux et s'assit en tailleur.
- Dean a été plus qu'étonné de ma boutade, tout comme toi. Apparemment, toutes les créatures de notre Père ont été trompées à ce propos.
- Quel propos ? Fit le chasseur, curieux.
- Les anges ont le droit d'aimer.
Castiel la regarda comme si elle était devenue folle. Pourtant ses yeux gris brillaient d'une malice qui ne trompait pas.
- Je te demande pardon ?
- Parfaitement. Je savais que de nombreux penseurs considéraient l'amour comme une chose corruptrice empêchant les esprits de s'élever au-dessus de la médiocrité humaine. Du coup, un être supérieur ne pouvait aimer que l'humanité dans son intégralité, et non s'attarder sur la passion en couple teintée de luxure. Ok, très bien, chacun ses opinions...
Ses yeux s'illuminèrent sous l'effet de l'agacement.
- Mais je commence à me rendre compte que ces imbéciles ont répandu cette vision de l'amour universel pour l'ériger comme précepte d'élévation morale. Tu parles d'une connerie ! Et par-dessus le marché, ils se servent de notre image divine pour appuyer leurs théories fumeuses sur ce qu'est un humain supérieur: pur, détaché de tout... Du coup, plus aucun problème terrestre à affronter... C'est pas de l'élévation ça, c'est de la lâcheté !
Dean essayait de suivre du mieux qu'il pouvait, mais il avait un peu de mal avec les grandes phrases philosophiques.
- Ca donne quoi en langage normal ?
- Ca donne que plus l'on s'élève, plus l'on devrait aimer au singulier, au contraire.
- De quel droit...? Ne put s'empêcher d'objecter un Castiel encore incrédule.
- Aime toute l'humanité, et tu ne pourras empêcher ses malheurs. Mais aime une personne, et tu pourras la rendre heureuse pour l'éternité.
- C'est étrange.
- C'est la vérité. »
Et d'un geste, elle raviva le feu avant d'approcher ses mains pour les réchauffer un peu. Dean jeta un coup d'oeil en direction de son ami et remarqua le trouble profond qui semblait marquer ses traits. Quoi que tout ce charabia ait voulu vraiment dire, il avait bouleversé l'archange, c'était visible.
- Je peux poser une question bête ?
- Pas de soucis.
- Reluquer mon corps de rêve, ça fait partie des trucs permis par votre « droit d'aimer » ?
- Oui, tout à fait ! Fit-elle avec un sourire. Ces cinglés ont voulu faire croire que le sexe était une chose dégradante et sale... Une belle connerie ! Vous croyez que si notre Père avait voulu ça, il aurait mis autant d'application à rendre les humains fous de plaisir lorsqu'ils s'unissent ? Il faudrait être sadique pour faire ça.
Castiel avait de plus en plus l'air foudroyé. Il finit par laisser tomber sa tête entre ses bras, et eut un rire nerveux.
- Cas', ça va ? Demanda le jeune homme, l'air un peu inquiet de cette réaction inédite.
- Oui, oui. »
Que répondre à cette question ? Toute son existence, l'ange avait résisté à de nombreuses tentations, s'obligeant à rester froid et détaché avec beaucoup de ses protégés, de peur de voir se confondre affection et amour. Ne sachant pas ce que c'était, comment aurait-il pu fixer des limites ? Alors il n'avait jamais pris de risques. Jamais, jusqu'au coup de foudre...
Quelle souffrance d'avoir concédé tant d'efforts pour rien !
Le silence retomba sur le petit campement. Les deux hommes semblaient digérer les informations, tandis que le premier des anges contemplait les étoiles. De longues minutes s'écoulèrent ainsi, jusqu'à ce qu'un cri se fasse entendre dans le désert en contrebas.
Dean sentit un frisson lui parcourir le dos. Castiel se redressa brusquement, le visage grave. Gabrielle, elle, se contenta d'éteindre le feu d'un geste négligent avant de se remettre debout et de faire craquer ses doigts.
« C'est reparti. » Constata-t-elle simplement.


La bagarre sera pour la prochaine fois, gnark !

Bisous