Note d'auteur : Bonne lecture !


Chapitre 6

Sept mois plus tard, c'est une Hermione dont le tour de taille avait nettement augmenté qui vint rendre visite à Harry et Ginny, accompagnée de Ron. Il la soutenait, une main contre sa taille et l'autre lui tenant une main.

— Doucement, doucement, fit Hermione lorsqu'il lui fit passer le seuil de la maison.

Elle était nettement moins entreprenante que lors de leur échange amoureux après le restaurant – qui n'avait cependant pas été le dernier. Elle était plus prudente et plus consciencieuse que jamais, passant parfois des journées entières à lire des livres sur les soins à apporter aux bébés, et même sur l'éducation, bien que Ron eût essayé de supprimer ces derniers de la bibliothèque, ne souhaitant pas que l'éducation de leur enfant soit influencée par de bêtes écrivains.

— Hermione ! s'exclama Ginny. On se ressemble, non ?

Ginny était elle aussi tombée enceinte, peu de temps après Hermione. Elle l'avait appris une semaine après qu'Hermione eut annoncé sa propre grossesse à Ron.

— Ils seront ensemble à Poudlard, fit Harry. C'est un bon point, espérons que ton enfant saura tempérer le nôtre, s'il ressemble un temps soit peu à James !

— Ne parle pas de malheur, fit Ginny. Il est de pire en pire, dit-elle à leurs deux amis. Maintenant qu'il marche sans problème, il est presque impossible de le laisser seul dans une pièce sans qu'on retrouve quelque chose de cassé au bout de cinq minutes ! Une catastrophe ambulante !

A peine eut-elle fini sa phrase qu'un bruit de verre brisé retentit et un miaulement furieux se fit entendre. Un chat noir déboula dans le salon, le pelage hérissé et les oreilles couchées en arrière. Ginny le prit dans ses bras et sourit :

— Pauvre Patmol, il en voit des vertes et des pas mûres, avec James !

Le prénom du chat avait été donné en l'honneur de son pelage qui faisait penser à celui de Sirius sous sa forme de chien. Le chat semblait encore fou de colère et poussait des grondements menaçants. Hermione se souvenait que le jour où ils avaient voulu les présenter, lui et Pattenrond, cela s'était terminé en une sanglante bataille et il avait fallu les séparer avec l'aide de la magie. Pattenrond en avait gardé des cicatrices cuisantes sur le museau pendant plusieurs mois.

Harry revint avec James qui se débattait furieusement entre les bras de son père en essayant de tirer les moustaches de Patmol, bien à l'abri dans les bras de Ginny. Hermione éclata de rire.

— Vous voulez boire quelque chose ? demanda Ginny. Un peu de whisky Pur-Feu, Hermione ?

— Très drôle, rétorqua Hermione.

— C'était pour voir si tu suivais !

— Ginny se descend une bouteille par jour, plaisanta Harry. Et regarde, elle va parfaitement bien ! Même le bébé apprécie !

Ron éclata de rire, mais Hermione leva les yeux au ciel.

Harry mit James dans son parc et alla à la cuisine pour revenir avec deux Bièraubeurres pour lui et Ron, et une bouteille d'eau minérale pour leurs deux épouses. Ils s'assirent au salon et commencèrent à parler de tout et de rien. Ginny leur donna des nouvelles de Bill et Fleur, qu'ils étaient allés voir la semaine précédente. Leur fille, Victoire, était une adorable bambine de cinq ans. Depuis qu'elle savait écrire, elle entretenait une régulière correspondance avec Teddy Lupin. Ginny leur avait raconté ce qu'ils se disaient, et Hermione avait trouvé cela des plus adorables : Victoire lui racontait ses journées, lui parlait de ce qu'elle pouvait faire avec ses pouvoirs, et Teddy lui répondait de la même manière, en lui racontant sa vie avec sa grand-mère.

— Victoire lui a un jour demandé dans une lettre pourquoi il ne vivait pas avec ses parents. Je croyais que Bill et Fleur l'avaient avertie de ne pas en parler, mais visiblement, non.

— Et alors ? demanda Hermione, inquiète.

— Il l'a plutôt bien pris, en fait. Il lui a dit qu'ils avaient été tués en se battant pour protéger les bons sorciers. J'ai l'impression que la mère de Tonks lui a épargné toute l'histoire, se cantonnant à ça.

— Vous croyez qu'on devrait en parler à nos enfants ? fit Ron. Je veux dire, vous croyez qu'ils ont besoin de savoir ?

— Je préférerais les préserver le plus longtemps possible, dit Ginny. Ils en entendront forcément parler à Poudlard, mais d'ici là, mieux vaut qu'ils ne sachent rien. Même si Voldemort…

— Voldemort ! s'écria James dans son parc, les faisant tous sursauter.

Ils échangèrent quelques regards angoissés et Harry dit à sa femme :

— Emploie un autre mot, je préférerais qu'il apprenne celui-ci après avoir appris à prononcer correctement « chaussure ». Ça me semble plus utile et… moins dangereux.

Ginny acquiesça et reprit :

— Même si Vous-savez-qui est un personnage fondamental de l'histoire de la sorcellerie, j'aimerais que leur innocence soit protégée au moins jusqu'à leur entrée à Poudlard. Ils auront tout le temps de l'apprendre avec Binns. Et je préférerais qu'ils nous voient comme des parents plutôt que comme des super-héros !

Hermione sourit à la comparaison. Elle regarda James. Il ressemblait de plus en plus à Harry. Il n'avait pas de lunettes, mais son sourire était le même, ainsi que la forme de son visage et ses indomptables cheveux ! Il avait les yeux de Ginny, cependant, ce qui lui donnait un regard moins insolent que son père.

— Vous savez si c'est un garçon ou une fille ? demanda Hermione.

— Qui, James ? demanda Ginny, un peu perplexe. A priori, on n'avait aucun doute, mais maintenant que tu le dis…

— Mais non ! fit Hermione. Le deuxième, celui qui n'est pas né !

— Ah, répondit Ginny alors qu'elle avait parfaitement compris la question. Non, on a préféré avoir la surprise. J'aimerais bien avoir une fille, pour changer. Une qui serait un peu plus calme, et qui me ressemblerait un peu, parce qu'avoir deux clones du même dans la maison me donne l'impression d'être en compagnie des Daltons !

Hermione pouffa de rire. Harry lui avait fait découvrir les célèbres bandes dessinées trois ans auparavant et elle les avait toutes dévorées. Ron ne voyait absolument pas de quoi elle parlait, mais Hermione si. Elle expliqua brièvement à son mari de quoi il s'agissait et il émit un vague « Ah » un peu évasif.

— Que veux-tu, Hermione, il a beau être le fils d'un amoureux des Moldus, Ron restera un éternel ado accroché à ses traditions et incapable de s'adapter !

— Si, je peux m'adapter, protesta Ron. La preuve, je me suis marié et j'ai même emménagé avec Hermione ! Si ça ce n'est pas du changement…

— Arrête, fit Ginny, si Papa et Maman n'étaient pas en Australie, tu passerais probablement tous les jours les voir et tu t'arrangerais pour rester dîner.

— Faux, répondit Ron, Hermione est aussi douée que maman pour la cuisine, j'adore ce qu'elle fait !

— Merci, mon amour, fit Hermione avec un petit sourire amusé.

— Tu as de la chance, Ron, fit Harry. Ginny doit être une des pires cuisinières du monde des sorciers, voire du monde tout court ! En fait, quand elle fait à manger, c'est souvent parce que j'ai quelque chose à me reprocher, et avant de toucher au dîner, je lui demande ce que j'ai encore fait !

Le salon résonna de grands éclats de rire à cette phrase, même Ginny y participa.

— Résultat, fit Harry lorsqu'ils se furent calmés, c'est soit moi, soit Kreattur qui faisons la cuisine. J'essaie d'épargner Kreattur, il n'est quand même plus tout jeune, et il laisse brûler le repas une fois sur deux. Après, il faut presque l'enchainer à une chaise pour l'empêcher d'aller se jeter dans la cheminée !

— Le pauvre, fit Hermione. Tu le paies bien, au moins ?

— Mais oui, ne t'en fais pas, je… Hermione, ça va ?

Il se leva, et les regards de Ron et Ginny se tournèrent vers elle. Elle venait de pâlir à une vitesse fulgurante. Une main sur son ventre, elle souffla :

— Je… je crois que j'ai perdu les eaux…


Note de fin : Je n'ai pas eu le cœur à réécrire un passage entier de ce chapitre alors j'ai laissé tel quel, mais aujourd'hui je n'arrive pas à imaginer qu'ils ne parlent pas de Voldemort à leurs enfants avant qu'ils entrent à Poudlard, c'est juste impossible que les gamins ignorent tout en arrivant en première année, c'est pour ça que dans l'épilogue du 7, je ne comprends pas qu'Albus ne voie pas pourquoi les gens dévisagent son père x)

Voilà, j'espère que ça vous a plu, et à dimanche pour la suite !