5.

Il avait bien fallu à Sakura toute une bonne partie de la soirée et Monsieur était bien content de l'avoir sorti de sa chambre pour partir dans les temps. Soulagé, ils étaient sur le pas de la porte sortant les manteaux pour enfin sortir

- On est des invités ou c'est votre confrérie qui invite, demanda Sakura ?

- Des invités de premier choix, c'est le clan ennemi qui invite.

- Quoi ? Vous vous moquez de moi là ?!

- Malheureusement nan.

- Je retourne me cherchez des talons moins hauts parce que je sens qu'il va falloir galoper avant la fin de la soirée.

Comment une femme avait le don de vous désespéré autant ! Sakura n'avait pas tord, il fallait bien le reconnaître mais, s'ils ne se dépêchaient pas un peu qui sait comment ça allait se finir…

Arrivés devant le bâtiment, un garçon prit la clé de voiture des mains de Monsieur et leur souhaita une bonne soirée. Sakura s'arrêta juste avant de franchire la porte, posant un regard inquisiteur sur son compagnon de soirée.

- Dite moi, elle est où votre escorte de gros bras ?

- Si vous parlez de mes hommes de mains, ils doivent être chez eux avec leurs petites femmes ou devant le match de ce soir.

- Vous êtes en train de me dire qu'on va chez les « méchants », seuls, tous les deux, sans défense ?

-…Oui.

- On va mourir.

- Merci de votre confiance.

La jeune femme lui attribua un regard de biais, pour finir par lui prendre le bras et à afficher son plus beau sourire tout en se dandinant sur ses petits talons - on ne perd pas de mauvaises habitudes comme ça.

- Tiens donc, Shaolan Li, vous voici enfin, accompagné seulement d'une jolie jeune femme : Sakura si je n'abuse.

- Ca n'aurait servit à rien, Hiromitsu, de déplacer mes hommes, de plus je ne compte pas rester longtemps. Vous avez le plaisir de la connaître, alors je n'ai pas besoin de faire les présentations.

- Et quel plaisir.

- Je vais donc vous laisser.

A croire que le mauvais sort s'acharnait sur elle. Elle était loin de se douter qu'elle fasse la pire de toutes les rencontres ce soir encore. Son corps était marqué par la répulsion que lui procurer la vue de ce chien galeux. Elle pensa qu'elle aurait pu subir toutes les avances de son « patron » à la place de se retrouver en présence de cette…chose. Tous…sauf ça ! Alors, elle s'écarta le plus loin de lui, mais cette monstruosité était sur ses pas et ne tarda pas à lui faire comprendre ce qu'il cherchait.

- Tu t'es embellie depuis la dernière fois, tu es même délicieuse à regarder. Mais dis-moi, est ce que ce Li te fait aussi bien l'amour que moi ? Car c'est bien pour ça que tu l'accompagnes, en tant que…pute. Juste entre nous, tu ne veux pas monter faire un tour à l'étage ? J'ai une suite ici, bien sur tout ça pour se souvenir du bon vieux temps !

- Ca suffit.

- A être entouré si bien entouré, c'est qu'elle se prend pour une dame en plus cette catin…de mieux en mieux !

- Enflure.

Sakura lui jeta son verre à la figure et se planqua sur un balcon à l'abri des regards pour camoufler son rimmel naissant. Et le temps passa…

- Vous vous cachez maintenant, murmura Monsieur dans son dos?

- Je veux rentrer s'il vous plait.

- D'accord.

La voie de Sakura avait eu un trémolo, il se doutait que quelque chose n'allait pas mais il n'avait pas insisté pour savoir. Il savait juste qu'elle le suivait au bruit des talons de celle-ci.

Ils n'avaient pipé mots, pendant le trajet du retour, au contraire de l'allé. Sakura fronçait les sourcils depuis qu'ils étaient de retour dans l'appartement, ça fait de cela moins de cinq minutes.

- Vous voulez quelque chose à boire, tenta Li ?

- Vous le saviez ? N'est ce pas ! Bien sur que vous le saviez et en plus vous m'avez laissé avec ce salopard de première ! Vous ne valez pas mieux que lui de toute façon !

- Expliquez moi ce qui vous arrive, je ne laisse pas les gens m'insulter impunément.

- Hiromitsu est un violeur…je n'avais que 15 ans…Et vous tout ce que vous avez trouvez à faire, c'est de me laisser avec ce…

- Il…

Monsieur s'arrêta dans sa phrase et se souvînt d'un détail qui lui avait échapé.

- Ca fait quatre ans de cette même rengaine ! Je suis une pute - comme il me l'a si gentiment rappelé – six soirs par semaine !

- Je crois avoir compri maintenant, alors tu peux te calmer.

- Non, je n'ai pas fini. Je ne fais que commencer, parce que toi ! Monsieur je n'ai pas froid aux yeux, t'es la pire des ordures, tu m'as eu, il y a 3 ans et puis pouf ! Tu reviens, tu m'embarques, t'imposes tes lois et je subis, j'exerce tes volontés, que dis-je, tes plaisirs ! - -Pourquoi moi ? Franchement, pourquoi moi ? Je n'ai pas une vie assez minable, je ne suis pas assez méprisée par les autres, c'est ça ? Tu m'exhibes avec une pancarte dans le dos « C'est une pute, elle est bonne, elle est à moi » Et maintenant que je t'appartiens, que tu m'as encore plus humilié dans le peu d'amour propre qu'il me reste, que comptes-tu faire de moi ?

- Je vais dans mon bureau, t'es devenue hystérique.

- Tu n'es même pas capable de me donner une raison, tu ne vaux franchement pas mieux que cette… merde !

Monsieur fit les deux pas qui les sépara, il leva sa main, joint ses doigts pour finalement un son sourd retentisse dans la pièce.

- Alors maintenant, tu vas te calmer tout de suite, jusqu'ici je t'ai laissé déballer ton sac ! Si tu veux t'en prendre à quelqu'un, prends en toi à toi-même de ne pas être assez forte pour t'en sortir toute seule !

Sakura se mit à pleurer et se recroquevilla sur le sol froid de la cuisine. Elle pleura les yeux grands ouverts, baissé, plongeait dans le vide. Anéantie…