Chapitre 6 : l'alcool : un mal pour un bien ou un bien pour un mal?

Le silence se faisait sur son passage. Il faut dire que, même si sa taille pouvait prêter à sourire, l'aura noire qui se dégageait de lui, empêchait quiconque d'amorcer le moindre mouvement dans sa direction. C'était même le contraire qui s'effectuait. Tous s'écartaient de son passage et le regardaient passer en silence. Pourtant le FullMetal était connu pour sa bonne humeur. Mais il faut croire que ça arrivait à tous d'être de mauvais poil. Et encore c'était un euphémisme pour décrire le blond en cette matinée pourtant ensoleillée.

Edward n'avait même pas conscience de ce qui l'entourait. Il marchait machinalement dans les couloirs pour aller à son bureau. Il avait encore en tête son départ précipité de la veille. Après la discussion qu'il avait eut avec son frère et son amant, il était partit. Il lui fallait respirer. Il avait alors prit le premier train pour Central et était arrivé tard dans la nuit à son appartement. Comme il avait besoin de penser à autre chose, il avait décidé d'aller mettre en ordre son bureau. Ça lui permettrait d'avancer un peu dans sa paperasse en retard et de se vider la tête de cette … il ne savait même pas comment nommer ça … envie … désir … caprice … d'Envy de vouloir, non pas, avoir un enfant, mais porter un enfant. Le vert aurait voulut en adopter un, il n'aurait pas réagit comme ça, mais là … c'était autre chose … c'était contre nature … et le pire, c'était l'espoir qui était né en lui. Il ne voulait pas de cette petite flamme. Il ne voulait espérer, être tenté par ce projet, pour au final être déçu si ça ne marchait pas. Il savait qu'il ne s'en remettrait pas si ça échouait.

Il entra dans le bureau en ouvrant brusquement la porte, faisant sursauter les personnes présentes, c'est à dire le colonel Mustang, le lieutenant Hawkeye et le sous-lieutenant Havoc. Ils regardèrent le blond s'asseoir à son bureau et se plonger dans ses dossiers.

-Et bien FullMetal aieeeeee … lieutenant pourquoi vous m'avez frappé ?

-Parce que vous vous dispersiez colonel, répliqua la jeune femme.

-Je peux même plus saluer mes subordonnés maintenant ?

-Il a pas l'air d'avoir envie.

-Justement !

Mustang ne put ajouter autre chose, Riza venant de le frapper une nouvelle fois à la tête avec un des dossiers qu'elle tenait à la main. Roy lui lança un regard de chien battu qui ne marcha pas sur la jeune femme. Elle lui lança un regard noir et il fut obliger de se concentrer à nouveau sur la feuille qu'il avait devant lui.

Havoc, lui, n'avait même pas esquissé le moindre geste en direction du Boss. Il avait bien vu l'aura menaçante qui entourait le jeune homme et il n'était pas du genre suicidaire. Il continua donc à travailler après avoir jeté un coup d'œil au blond.

La journée se passa dans un calme relatif. A midi, Havoc avait été cherché à manger pour eux quatre et ils en avaient tous profité pour faire une pause. Même Edward. Il ne répondit pourtant pas aux provocations de Roy, ni aux questions de Havoc concernant le fait qu'il se trouvait là, à bosser, alors qu'il devait être normalement en vacances à Resembool.

Finalement la délivrance arriva plus vite que prévue. Le lieutenant Hawkeye, satisfaite du travail fourni par son supérieur, le lui fit savoir en l'autorisant à sortir.

-Je vous laisse vous amuser ce soir colonel ... Mais je vous veux d'attaque demain, lâcha-t-elle alors qu'elle sortait du bureau.

-Pfiou … on l'a échappé belle, fit Mustang visiblement soulagé.

-Vous l'avez dit colonel.

-Alors Havoc ? Toujours partant pour ce soir ?

-Et comment ! fit le châtain.

Les deux hommes s'apprêtaient à sortir quand ils remarquèrent que le Full Métal était toujours là, à son bureau. Il semblait perdu dans ses pensées. Roy se rapprocha de lui, décidé à l'embêter un peu, vu que le cerbère qui lui servait de lieutenant n'était plus là.

-Alors FullMetal ? Tu vas peut être pouvoir nous dire pourquoi t'es là et pas avec ta chérie ?

-Ça vous regarde pas, bâtard !

-Et bien ! On dirait qu'il est de mauvais poil !

-Colonel ! s'exclama Havoc.

-Tu veux pas venir avec nous ? Proposa le brun. On va sortir faire un tour et oublier tous nos soucis. Ça te dit ? T'as l'air d'en avoir besoin ...

Edward n'avait toujours pas relevé la tête de son dossier mais poussa un soupir d'énervement qui ne passa pas inaperçu. Roy étira un fin sourire sur ses lèvres. Il avait envie de l'embêter, il ne savait pas pourquoi, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

-Allez, fit le colonel en se penchant un peu plus vers lui. Je suis sûr que ça te ferait du bien …

Il voyait le blond essayer de faire comme s'il n'existait pas. Mais c'était inutile. Roy savait qu'à un moment ou un autre, il arriverait à le faire sortir de ses gonds. Et il savourait tout le travail de sape qu'il était en train d'effectuer pour arriver à l'explosion de sa victime.

-Et puis, tu dois être seul, non ? Personne à t'attendre. Personne pour te demander des comptes. Pourquoi t'en profiterais pas ?

-…

-A moins que tu n'ais peur … Titilla Mustang.

Le regard noir que lui lança Edward lui prouva qu'il était sur la bonne voie. Il allait continuer dans ce sens et le blondinet finirait bien par céder et venir avec eux boire un verre. Chose qui n'avait jamais tué personne.

-Tu sais … je peux comprendre que depuis que tu as une copine, tu sortes moins avec nous. T'as pas envie de te faire engueuler en rentrant tard et en sentant l'alcool. T'as peur qu'elle le prenne mal. Mais, parfois, faut savoir aussi oublier cette peur et se lâcher …

-Je n'ai pas peur ! Gronda Edward.

Il en avait marre du monologue de son supérieur. Non mais pour qui il se prenait à la fin. Il était mieux placé que quiconque pour savoir qu'Edward Elric, le FullMetal Alchemist, n'avait peur de rien ni personne.

-Pourtant c'est pas l'impression que tu donnes …

-C'est d'accord … je viens !

Et le jeune homme se leva d'un bond, faisant reculer Roy et Jean. Un fin sourire s'inscrivit sur le visage du colonel. Havoc quant à lui était plus mitigé. Est-ce réellement une bonne idée d'inviter le Boss, alors que son humeur semblait orageuse et son moral au plus bas ?


-Mais puisque je vous dis que tout va bien ! S'écria indigné, et alcoolisé, Edward. C'est pas ma faute si veut pas comprendre !

Roy et Havoc, tout aussi alcoolisés, mais se tenant un peu mieux, regardaient Edward avec un sourire de connivence. « Ah les femmes ! ». Ils essayaient aussi de comprendre les phrases du blond. En effet, il avait tendance à oublier des mots, surtout les sujets, et du coup, les deux militaires devaient faire un effort pour savoir de qui parlait le blond.

-M'enfin non ! S'exclama Jean. On dirait que tu veux tuer tout le monde depuis ce matin. Y'a forcement un truc qui va pas.

-Je veux pas qu'Envy tombe enceinte ! Lâcha le plus jeune avant de se mettre à sangloter. Je veux pas de ce sacrifie pour moi. Et puis c'est sûrement encore un des ses caprices. Peut être qu'en voudra plus une fois qu'sera là !

-Elle veut un bébé ! S'écrièrent en même temps les deux hommes.

Ils se regardèrent alors et éclatèrent de rire. Est-ce qu'Edward se rendait bien compte de la chance qu'il avait ? Non sûrement pas ! Sa copine désirait fonder un foyer avec lui. C'était une chose à laquelle les deux hommes rêvaient, même s'ils n'avaient pas pour l'instant trouvé la femme qui désirerait partager leur vie et fonder avec eux un foyer, une famille.

-Ouais tout ça parce qu'Winry est enceinte, alors veut la même chose.

-Winry est enceinte !

-Vous avez pas l'impression de faire écho là ? Se moqua Edward.

-Et pourquoi tu veux pas ? lâcha Jean. Moi si ma copine voulait un bébé, j'dirais pas non.

-Je veux pas ! Point barre !

Apparemment, le blond ne semblait pas d'accord pour exprimer ses arguments. Il se resservit un verre qu'il descendit cul sec et reporta son attention sur les deux militaires qui se mirent à imaginer la vie qu'ils auraient avec une femme et des enfants.

-J'en aurais deux, un garçon et une fille, fit rêveur Havoc. Et puis une femme aimante. Elle s'occuperait bien des enfants et de la maison. Elle leur apprendrait à faire des gâteaux. Et puis on irait à la pêche.

-Ils seraient intelligents et polis. Deux grands gaillards comme leur père. Disciplinés et courageux. Ils feraient ma fierté et celle de leur mère.

-Non mais vous vous écoutez des fois, fit rageur Ed. Et il s'passera quoi quand vous mourrez ! ! ! Hein ! ! ! Y s'passera que vous laisserez une veuve et des orphelins ! ! ! ! Personne ne devrait être orphelin ! ! !

Il se leva alors d'un bond pour disparaître du bar, devenu silencieux pendant quelques secondes. Les deux militaires se regardèrent en silence, leur euphorie retombant brutalement. Une même interrogation trottait dans leurs têtes : alors c'était pour ça qu'il voulait pas ?


-Et on fait quoi maintenant ? Demanda Havoc, choqué par le départ précipité du blond.

-Ça te dirait un dernier verre … chez moi? Proposa Mustang.

-Pourquoi pas ! Acquiesça le sous lieutenant.