« CrossRoad »
Résumé complet: Ichigo est un adolescent en dernière année de lycée. Il est temps pour lui de choisir sa voie. Dans quelle université ira-t-il? Quel merveilleux avenir l'attend? Alors que d'innombrables personnes sont là à décider de son destin, sa rencontre avec un homme lui ouvrira les portes d'une nouvelle vie. Cependant, on sait que rien n'est jamais facile...
Rating: M
Pairing: GrimmjowxIchigo (et d'autres en arrière-plan)
Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont à Tite Kubo.
Correction : Real Dream Nirom (petite dédicace : Je t'adore pour tout ce que tu fais!)
Note : "Un petit chaton tout mignon joue avec une pelote de laine et dans l'ombre, une paire de yeux brillants le regarde avec avidité". L'histoire se met doucement en place et je vous annonce... *roulements de tambour* Rien du tout. Tout simplement parce que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous même la suite de l'histoire! Merci à tous et à toutes pour vos reviews (et oui je ne vous remercierez jamais assez et je le ferais encore! Crazyitachi, Kokuyii-chan, xAsaa, The Clockwork, trinity07, yuness, ayu et anonyme972 (Je ne te lâcherai pas! Je ne Vous lâcherai pas haha) et d'autres encore je l'espère car j'ai du plaisir à découvrir des lecteurs réguliers!) qui me font toujours autant chaud au coeur. Je vois que vous avez apprécié le petit Komamura *rires*. En tout cas vos suppositions sont-elles les bonnes? HAHAHA!
Si un philosophe devait décrire « CrossRoaD » il le ferait ainsi : « Admettre que notre mieux être dépend de la qualité de nos relations aux autres » d'Abraham Maslow.
_5_
« Cat'ch verbal »
- « Ce n'est pas normal. »
C'est ce que pensait Ukitake Jūshirō alors qu'Unohana Retsu, son amie de toujours, s'occupait de soigner son neveu calmement assis sur le lit. Il y avait même quelque chose d'effrayant dans sa façon de rester immobile. Quelques heures auparavant, il avait pleuré sur son épaule comme un enfant qu'on aurait grondé. À un point tel qu'il avait cru qu'il ne s'arrêterait jamais. Il s'était pourtant calmé au bout d'un moment, avait essuyé ses larmes du revers de la main. Si l'argenté devait résumer ce qui c'était passé, il aurait simplement dit que son neveu s'était résigné. Il connaissait assez bien l'adolescent pour affirmer sans se tromper qu'il devait avoir énormément médité sur ce qui était arrivé. Peut-être même cogitait-il encore, retournant la situation sous tous les angles possibles tout en se demandant s'il avait finalement agi de la meilleure façon qui soit. Son visage restait étrangement stoïque, n'exprimant plus aucune douleur. Mais ses yeux pleuraient encore.
Il sentit la main de Shunsui se poser doucement sur son épaule alors qu'Unohana refermait sa sacoche de médecin, adressant un dernier sourire à Ichigo avant de les rejoindre. D'un regard, elle leur intima de la rejoindre à l'extérieur. C'est dans un silence de marbre qu'ils s'attablèrent autour de la table de la cuisine, Ukitake déposant une tasse de thé devant son amie.
- Sa fièvre n'est pas trop grave ? se renseigna l'argenté alors qu'il s'asseyait à son tour.
- La fièvre ne sera pas un problème puisqu'elle a déjà bien diminué comparé à la mesure que vous avez prise auparavant. Et je vous félicite pour avoir procédé aux premiers soins. Il ne devrait avoir que quelques maux de tête occasionnels. Voilà en ce qui concerne les médicaments à lui administrer.
Tout en parlant, elle avait retiré une feuille de sa sacoche qu'elle avait noircie en un mouvement rapide d'une élégante écriture, avant de la lui tendre.
- Encore merci, Unohana-san. Je m'excuse encore une fois de t'avoir fait venir aussi tard.
- Il n'y aucun problème. Ce n'est pas comme si j'avais quelque chose de plus important à faire. S'il y a des personnes qui ont besoin d'être soignées, il est de mon devoir de les aider.
Ukitake ne chercha pas à la contredire ni à s'excuser une nouvelle fois, sachant combien son amie pouvait être extrêmement effrayante quand on persistait sur des sujets où il n'y avait nul besoin d'insister. Il fut même étonné de la voir repartir sans demander son reste, pourtant certain qu'elle lui aurait demandé la raison de la présence de son neveu et d'un étranger sur les lieux. Le sourire qu'elle lui avait lancé en passant la porte avait contribué à lui faire comprendre la raison de son silence : « Tu vas passer à la casserole ! ». Tout simplement. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amusé avant de reprendre son sérieux alors qu'il gagnait son bureau afin d'y récupérer son portable. Il y avait une personne à qui il avait bien envie de dire deux mots. Il composa son numéro et s'approcha de la fenêtre. Une voix se fit entendre au bout de quelques tonalités, dénuée de chaleur, mais qui témoignait d'une grande force de caractère. Ainsi était la voix de son frère. Celle qu'il détestait le plus au monde et dont il aurait souhaité ne plus entendre le son.
- Isshin. Qui est à l'appareil ?
- C'est Jūshirō.
Un silence lui répondit. Bref mais significatif.
- Je pensais bien que tu m'appellerais à un moment ou à un autre. Tu as…
- Je me moque bien de ce que tu as à dire. Je veux savoir pourquoi tu as fait ça. Est-ce que ça t'amuses de faire souffrir ton fils ?
- Alors il est chez toi ? De tout façon, peu m'importe ce qui lui arrivera désormais. Il est celui qui à commencé tout cela. Il n'a eu que ce qu'il méritait.
- Pour un père qui lui donnait l'illusion d'un grand et bel amour, je trouve que tu as bien joué ton jeu. Comment peux-tu te montrer aussi froid ? C'est le fils de Masaki enfin ! Ton fils !
- De quoi te mêles-tu ? Je n'ai pas à recevoir de moral de la part d'un déviant, lâcha Isshin d'une voix glaciale.
Ukitake se raidit en entendant ces mots prononcés avec un ton de mépris, s'abattant sur lui à la manière d'une sentence qui le laissa sans voix quelques secondes.
- Je ne vois pas ce que mon orientation sexuelle à avoir la dedans, finit-il par lâcher d'une voix chevrotante. Mais je commence à percevoir le fond de ta pensée. J'aurais dû m'y attendre après tout. Tu as toujours été comme ça. Si intransigeant avec les règles. Tout ce qui n'était pas ordinaire selon ta logique, tu le méprisais. Parce que je suis tombé amoureux d'un homme tu m'as désavoué et maintenant c'est le tour de ton fils ? Tu es imbu de ta personne et tu exècres tout ce qui n'est pas sous ton contrôle.
- Et qu'est-ce que ça peut bien te faire dis-moi ? On a des comptes à se rendre ?
- Qu'est-ce que tu cherches à faire en le déshéritant ? Prendre ta revanche en déchargeant sur ce pauvre garçon 40 années de frustration ?
Ce fut au tour d'Isshin de rester silencieux. Bien qu'ils soient au téléphone, Ukitake pouvait sentir sa colère. Il en aurait sûrement été effrayé s'il n'avait lui-même pas été aussi furieux.
- Je n'ai pas de raisons de me justifier auprès de toi. Mais sache que je ne suis pas homme à abandonner les autres comme de vulgaires animaux et loin de moi l'idée d'apparaître dans les journaux à scandales. J'ai rencontré mon avocat et je t'ai désigné comme étant son tuteur légal. Il prendra bientôt contact avec toi afin que tu procèdes à quelques démarches administratives.
- Très bien, conclut simplement Ukitake comme s'il s'était attendu et préparé à ce qu'il venait d'entendre. Ichigo ayant mesuré la gravité de ses actes, j'espère seulement que tu en feras autant et que tu n'iras pas te le revendiquer une fois qu'il se sera affirmé.
- Je doute qu'il réussisse quoi que ce soit avec ces types, ironisa Isshin d'un ton moqueur.
- Parlons-nous bien de ton fils ? Celui-là même que tu as élevé comme une machine ? Car je suppose que la seule chose bénéfique que tu aies pu lui apporter durant ces dernières années c'est une connaissance et une intelligence hors norme.
- De pures années de gâchis. Si j'avais su où tout cela aurait mené je ne me serais pas donné autant de peine.
Ukitake fit de son mieux pour se contrôler et ne pas laisser éclater sa rage devant les paroles dénuées de sentiments du père de son neveu.
- Cette discussion ne nous mènera plus à rien alors autant qu'elle se termine. J'attendrai l'appel de ton avocat. Au revoir.
La tonalité résonna avant même qu'il n'ait pu raccroché et il jeta son portable sur son bureau rageusement. La tête posée sur son bras appuyé contre la vitre, il tenta de reprendre son calme. Il se sentait à la fois frustré mais aussi affreusement peiné alors qu'il se rappelait sa jeunesse, du temps où il résidait encore dans la demeure familiale. Exactement comme Ichigo, sa vie avait complètement basculé en l'espace de seulement quelques heures. L'un comme l'autre chassé par son père, orphelin de sa famille.
Parce qu'il était bien trop peiné ou parce qu'il n'avait plus la force de lutter, il se laissa simplement faire lorsqu'un bras puissant vint se glisser autour du corps fluet qui était le sien. Il ferma les yeux, ses traits n'étant que douleur, son cœur n'étant plus qu'un puits sans fond irrigué par sa tristesse. Il pivota sur lui-même et sans lever les yeux, se laissa aller à se détendre contre le torse musclé de Shunsui qui l'avait emprisonné dans l'étreinte de ses bras, relevant son visage entre ses mains afin de lui revendiquer un baiser qu'il lui délivra sans rechigné. Dès lors, leurs lèvres n'avaient de cesse de s'effleurer pour mieux se toucher encore, avec à chaque fois toujours plus d'audace et de fougue, rendant l'échange plus enfiévré qu'il ne l'était déjà. Ukitake avait gémi plusieurs fois contre ses lèvres, avait étouffé un cri quand le brun avait aventuré sa bouche contre la peau pâle et brillante de son torse qu'il avait dévêtu. Perdu dans les méandres du plaisir, il dut se faire violence pour réfréner les ardeurs que le brun avait réussi à réveiller en lui et le repousser, doucement mais fermement. Kyōraku ne lutta pas mais délivra un dernier baiser à l'argenté qui le lui rendit avec une infinie tendresse avant de s'écarter de lui.
- Ichigo est…
- Je sais, souffla le brun, un demi-sourire flottant sur son visage alors qu'il caressait sa joue. Ne t'en fais pas.
Ukitake baissa les yeux alors que le brun l'aidait à refermer sa chemise.
- Tu vas parler à Ichigo ? Si c'est le cas j'aimerais que tu accèdes à une de mes requêtes. Seulement si tu es d'accord bien sûr.
L'argenté leva un sourcil interrogateur.
- Tu dois certainement t'en douter mais même si rien n'est encore décidé, je pense qu'il nous rejoindra. C'est même certain. Étant donné que j'ai été personnellement choisi pour m'occuper de lui, je pense que ce serait une bonne idée qu'il reste chez moi. Du moins un petit moment.
Le brun s'étonna de voir Ukitake réfléchir sérieusement à sa proposition. Il s'était attendu à un refus catégorique - le lapin blanc étant surprotecteur – mais quelque chose semblait le travailler. Quelque chose lui revint soudain à l'esprit et il comprit.
- Tu comptais déjà me le demander n'est-ce pas ?
- Et bien…
- J'avais deviné la raison de ton appel concernant ton neveu, et que tu aurais souhaité que je m'occupe de lui mais je ne pensais pas que tu irais jusqu'à me demander de l'héberger chez moi. Tu avais anticipé tout ça pas vrai ?
- J'avais comme un pressentiment, confirma Ukitake d'une voix basse. Il m'est arrivé une chose semblable après tout. Kyoraku, je suis vraiment désolé de te demander ça. Mais juste pour quelques temps…
Le brun s'avança et embrassa l'intérieur de son poignet qu'il avait attrapé. L'argenté frémit à ce simple contact.
- N'as-tu pas écouté ce que j'ai dit ? Je te demande moi-même de me confier ton adorable neveu. Et je tiens aussi à te remercier pour la confiance que tu m'accordes. Je saurai en être digne, tu peux me croire.
Ukitake sourit en refermant sa main sur celle de son ami.
[…]
- Tu es certain que ça ira ?
Ukitake ne pouvait empêcher l'inquiétude de le gagner progressivement. Sous l'insistance de Kyōraku, il avait finalement décidé d'ouvrir son bar comme convenu et avait avant cela partagé quelques mots avec Ichigo. L'adolescent était resté très calme. Il aurait été même plus exact de dire qu'il avait eu affaire au Ichigo de tous les jours. Bien trop poli. Et bien trop souriant. À la différence près qu'il avait remarqué cette petite ride entre ses deux yeux qui lui faisaient froncer les sourcils. La moue bien sûr, avait quelque chose de terriblement aguichant - même si ce n'était pas voulu – mais elle ne faisait que renforcer son pressentiment quant à son état d'esprit. Il lui avait alors parlé de la discussion qu'il avait eue avec son père et de sa décision. Le rouquin avait semblé réjouit d'apprendre que son oncle allait devenir son tuteur légal - le lapin blanc s'en réjouissait lui aussi – et ne semblait pas plus affecté que ça par le reste.
- Je m'y suis résigné mon oncle. Je t'avais dit que je mesurais la pleine conséquence de mes actes.
L'adolescent avait pourtant esquissé un sourire amer.
- C'est juste qu'une fois que c'est arrivé, j'ai encore un peu de mal à croire à l'audace dont j'ai su faire preuve. L'oisillon à finit par tomber du nid.
- « Tu veux plutôt dire qu'il a fini par quitter le nid. »
C'est ce qu'il avait voulu lui dire pour le corriger. Mais il avait eu le sentiment que cela n'aurait fait que le blesser davantage. Alors il avait préféré garder le silence et avait embrassé son neveu sur le front.
- J'ai un ami à moi qui souhaiterait te parler. Il a toute ma confiance alors j'aimerais que tu écoutes sérieusement ce qu'il a à te dire.
Intrigué par ses paroles, Ichigo avait néanmoins acquiescé et Ukitake était sorti de la pièce pour aller chercher le brun.
- Ne t'inquiète pas. Je ne serais pas brusque avec lui.
- Ce n'est pas ce qui m'inquiète. Peut-être refusera-t-il et…
- Ma ! On verra bien ce que ça donnera.
Ukitake chercha à le retenir mais celui-ci avait déjà pénétré dans la chambre, telle une tornade. Le rouquin le suivit des yeux alors qu'il venait s'assoir sur le lit à côté de lui. Komamura, qui était resté allongé tout ce temps près d'Ichigo vint immédiatement installer sa tête sur ses genoux.
- On dirait qu'il vous apprécie, lâcha Ichigo sur le ton de la conversation.
- Pas autant que toi en tout cas, s'exclama le brun alors que le chien s'évertuait à lui baver sur le visage. Il semblerait que ce vaillant petit soldat se soit perdu et je pensais le ramener avec moi.
Une lueur de déception sembla s'allumer dans le regard de l'adolescent alors qu'il posait les yeux sur le canidé.
- Ah... C'est bien pour lui.
- Et je pensais aussi t'emmener avec moi.
Ichigo écarquilla les yeux et posa sur le brun une expression stupéfaite qui disait aussi : « Est-ce que c'est une blague parce que moi je ne la trouve pas drôle du tout. »
- Je vous signale que je ne suis pas un animal abandonné que vous pouvez ramener chez vous comme ça vous chante. Et d'abord, qui êtes-vous ?
- Honte à moi ! J'étais tellement pressé que j'en ai oublié les bonnes manières. Je suis Kyoraku Shunsui, déclara-t-il en tendant une main à Ichigo qui la serra non sans un regard suspicieux. Ton oncle a sûrement dû te le dire, mais je suis un de ses amis. Et je travaille aussi pour CrossRoad en tant que manager.
Le brun vit nettement le garçon se figer et se reprendre, si vite qu'il en était presque fasciné.
- Il n'y a aucun piège neko-chan, je peux te l'assurer.
Haussement de sourcils de la part du lapin blanc et du chat orange, qui sembla pourtant ne pas s'offusquer du petit sobriquet dont il avait été sujet.
- Dans le cas où tu aurais accepté son offre. Le patron, enfin Shinji, a souhaité que je sois celui qui te prenne en charge. Bien entendu, j'ai parfaitement conscience de ta situation. Peut-être préférerais-tu rester avec ton oncle. Ou peut-être as-tu tout simplement changé d'avis. Mais je pense que dans le cas où tu serais toujours enclin à nous rejoindre, il serait plus profitable pour toi comme pour moi que tu viennes temporairement habiter chez moi. J'ai entendu dire que tu étais un garçon très intelligent. Alors je pense que tu vois où je veux en venir pas vrai ?
Ichigo lui adressa un sourire amusé. D'une certaine façon il se sentait rassuré. Il avait craint que son oncle ne soit trop inquiet à son sujet - et c'était toujours le cas – mais il semblait qu'aucun d'entre eux ne voulait s'appesantir ce qui s'était passé auparavant. L'ami de son oncle semblait vouloir lui offrir un échappatoire. Sa sortie de secours à l'enfer de la solitude qui le narguait encore.
- Vous êtes celui qui m'avez trouvé n'est-ce pas ? demanda-t-il finalement.
- Je n'étais pas tout seul. Comme je te l'ai dit, tout le mérité revient à ce petit soldat.
Le rouquin tendit la main vers l'animal, qui vint y coller son museau tout en remuant la queue.
- Si je vous suis, il n'y aura plus de retour en arrière possible pas vrai ?
- Il s'agit de ta décision neko-chan. Contrairement à ton père, nous te laissons le choix. Accepte ou refuse, c'est à toi de décider.
Malgré ce qui était arrivé, il avait constaté que le brun n'avait pas hésité à faire mention de son père. Alors, telle une question existentielle à laquelle il fallait absolument qu'il trouve une réponse, Ichigo se mit à réfléchir tandis que dans son esprit, un bruit de chaine et de cadenas qu'on refermait se faisait entendre, semblable à une litanie. Depuis ce que lui avait dit Ikkaku et la conversation qu'il avait eu avec Ukitake, l'évidence c'était imposé à lui comme la plus douloureuse des vérités. Cette certitude dont il n'avait jamais voulu prendre conscience de toute sa vie. Ce miracle qu'il avait tant espéré jusqu'à la fin. Et qui s'était finalement manifesté. Cette détermination qu'il avait dite inflexible mais qui s'était lentement disloquée jusqu'à la dix-huitième année de sa vie.
- « Je ne voulais pas l'admettre, mais jusqu'à la fin j'ai espéré qu'un miracle arriverait. »
Il avait parfaitement pris conscience de cette cage et de ses chaînes qui l'entravaient. Son cœur avait hurlé de douleur mais ses lèvres étaient restées muettes. Il avait souhaité le bonheur de sa famille mais la réalité était tout autre. Et il se dégoutait pour cela. A cette pensée, le dernier clic d'un cadenas se fit entendre et le grincement des chaînes s'arrêta.
- J'accepte, annonça simplement Ichigo avec un sourire. J'ai dit à mon père que je renonçais à la succession pour accepter la proposition d'Hirako-san. Je ne manquerai pas à ma parole. Si vous pensez que vous suivre est la meilleure solution alors je vais vous faire confiance, tout comme mon oncle vous fait confiance.
Un sourire se dessina sur le visage du brun et de l'argenté qui s'approcha d'Ichigo pour le serrer dans ses bras.
- Je suis si fier de toi Ichigo. Si tu savais à quel point je suis heureux.
- Je le suis aussi mon oncle, parce que pendant tout ce temps tu as été auprès de moi et tu m'as protégé. Tous les remerciements de la terre ne seraient pas suffisants pour t'exprimer ma gratitude.
Ukitake aurait sûrement pleuré de joie s'il ne s'était pas retenu à la dernière seconde. Kyōraku quand à lui, mit fin à la séquence émotions en se levant.
- Alors c'est décidé. Fais tes, euh, bagages puisque c'est ce soir même que nous nous en allons, lâcha soudain le brun, les bras écartés et un immense sourire sur les lèvres.
L'adolescent le regarda d'un air ahuri en se demandant s'il avait bien entendu ou si son imagination était en train de lui jouer des tours.
- Si rapidement ? réussit à demander Ichigo après coup, surpris par un départ aussi prompt.
- Je t'avoue que ça m'ennuie un peu étant donné que tu es encore convalescent mais je me dis que plus vite tu seras installé mieux ce sera. Et il y a un tas de choses importantes à faire maintenant que tu as officieusement accepté la proposition du boss. S'il faut que tu prennes tes marques, autant le faire le plus rapidement possible, tu ne penses pas ?
Légèrement déstabilisé, Ichigo acquiesça néanmoins d'un signe de la tête en guise d'approbation. Il se sentait encore faible et n'avait plus trop envie de s'opposer à quoi que ce soit.
- Pour les vêtements…
- Nous irons t'en acheter d'autres, le coupa Kyoraku en souriant. Et je pense que ton oncle saura aussi se débrouiller pour t'en obtenir quelques-uns en attendant.
- Ne t'inquiète pas Ichigo, le rassura l'argenté en posant une main sur son épaule. Je m'occupe de tout pour l'instant. Pour l'heure, enfile ces habits. Ils sont un peu grands étant donné que ce sont les miens mais je pense que cela ira malgré tout.
- Nous irons piocher dans ceux de l'agence demain ou un peu plus tard. Shinji sera certainement d'accord parce que de toute façon, je ne pense pas qu'il aura le courage de te refuser quoi que ce soit à présent – haussement de sourcil de la part du rouquin – Ne t'en fais pas, tu comprendras bien assez vite. Pour l'heure allons-y avant que nous ne mettions ton oncle encore plus en retard qu'il ne l'est déjà.
Ichigo comprit que le brun faisait allusion à son travail de barman et il se leva assez maladroitement, encore quelques peu étourdi d'être resté couché aussi longtemps. Le bras de Kyoraku vint entourer sa taille pour l'aider et le rouquin ne put s'empêcher de noter à quel point il semblait musclé et combien cet aspect physique chez lui avait quelque chose de rassurant. Il comprit en partie pourquoi son oncle semblait avoir autant confiance en cet homme.
Enfin, quand il fut rhabillé et sur le pas de la porte, Ukitake lui tendit un petit sac en papier blanc qui contenait quelques boîtes de médicaments. Leurs yeux se croisèrent et chacun esquissa un sourire empreint d'une certaine mélancolie.
- J'ai… C'est un peu idiot de dire ça mais… j'ai l'impression de te chasser moi aussi. Et…
- Ne dis pas ça oncle Ukitake, le coupa Ichigo avec un sourire. Après tout, je suis toujours le bienvenu chez toi pas vrai ?
- C'est vrai, affirma l'argenté avec un grand sourire alors qu'il posait tendrement une main sur sa joue. Tu es et seras toujours le bienvenu ici. Car après tout, il s'agit désormais de ta maison.
Le rouquin ferma les yeux, abandonnant sa joue contre la main si chaude de son oncle, lui rappelant celle de sa mère. Une douceur que son père n'avait jamais su lui dispenser. Quelque chose de tout nouveau pour lui et qui l'aidait à mieux supporter la précarité de sa situation. Car à présent il en était certain. Il n'était plus seul.
OOOoooOOO
L'adolescent ouvrit de grands yeux surpris quand le taxi les déposa dans une immense allée surmontant une légère colline.
- Tu sembles assez surpris.
Ichigo haussa un sourcil narquois alors qu'il se baissait pour vérifier que la laisse de Komamura- une vieille corde toute usée – était bien attachée.
- Je me disais simplement que pour un homme comme vous, l'espace d'un appartement grand standing vous correspondrait mieux. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences.
Les deux hommes se retrouvaient devant le portail d'une immense maison traditionnelle qui n'était pas sans lui rappeler celle de son père. Il eut comme un léger pincement au cœur alors qu'ils franchissaient la grille et suivaient le chemin pavé de pierres en direction de la maisonnée.
- Hahaha ! J'aime être à mon aise. Et donc, plus il y a d'espace et mieux c'est pour moi. En parlant d'être seul, je viens de me rappeler qu'il y a quelque chose dont j'ai oublié de te parler tout à l'heure.
Tic nerveux et nouvel haussement de sourcils de la part du chaton orange.
- Je n'aime pas trop le ton que prend votre voix tout comme je ne suis pas très certain d'apprécier ce que vous allait me dire. Crachez-le morceau.
- Eh bien il y a quelqu'un d'autre chez moi en ce moment même. Non ce n'est pas une femme bien que j'aurais aimé… que ce soit le cas. Quelque chose du genre en tout cas.
Petite pensée du brun pour le lapin blanc.
- Il s'agit en fait de l'un de mes protégés. Shinji a tendance à me refiler plus de boulot que les autres. Donc ce que font les autres managers, je le fait en double. Dans le cas présent, j'ai déjà la charge d'un autre mannequin.
- C'est possible ?
- Parfaitement. Et puis, celui dont je m'occupe a déjà bien établi sa carrière. Je n'ai plus grand-chose à lui apprendre.
- Alors pourquoi continuez-vous à vous occuper de lui ?
- Un manager s'occupera jusqu'au bout de son poulain à moins qu'un autre soit désigné pour le faire. En l'occurrence, j'avais été tenté d'en faire la demande au patron mais, comment te le dire ? Celui dont je m'occupe est un peu comme un sale gamin arrogant et prétentieux à qui le fait de distribuer des claques ne contribue qu'à le rendre plus irrespectueux encore. Ma ! Tu verras bien comment il est une fois que tu l'auras rencontré ! Je suis sûr que tu vas l'adorer !
- Vos paroles ne m'aident pas à aller en ce sens, signala Ichigo d'une voix consterné.
Le rouquin ne pouvait maintenant s'empêcher d'éprouver comme un certain malaise face à la déclaration du brun alors qu'ils pénétraient dans le vestibule. Ils enlevèrent leur chaussure et s'avancèrent dans un couloir quand des bruits de pas se firent entendre, venant dans leur direction. Une voix puissante, semblable à un rugissement s'éleva soudain, sortant d'entre les murs.
- Où t'étais passé le vieux ? Ça fait trente fois que je t'appelle et que tu me réponds pas ! Je te préviens que t'as pas intérêt à me sortir une excuse à deux balles !
Sourire de la part du brun et regard effaré du rouquin alors que la voix tonitruante se faisait entendre de plus en plus fort à mesure que les bruits de pas se rapprochaient, tout aussi violents.
- J'arrive pas à croire que tu oses m'engueuler parce que je sors alors que toi tu te permets de le faire comme ça t'enchantes.
- C'est parce que je suis ton manager. Et tu n'es encore qu'un enfant, répondit Kyoraku à son interlocuteur qui n'était toujours pas apparu.
- J'suis majeur connard ! J'ai passé l'âge de jouer à la poupée !
- Ne sois pas aussi vulgaire… soupira le brun, consterné.
Les bruits de pas cessèrent quand l'inconnu apparut soudain devant eux. Ichigo crut à cet instant que son cœur allait cesser de battre – limite lui sortir de la poitrine – alors que son esprit se déconnectait lentement de la réalité en poussant des kya kya hystériques tandis que ses iris ambrés plongés inévitablement dans les orbes cobalts d'un homme à la chevelure pareil à la couleur du saphir le plus pur.
- … Grimmjow.
Le nom qui résonna à ses oreilles fut pareil au dernier coup d'estoc. Précis. Et surtout fatale.
"Bang. Strike." Ou comme à la bataille navale : "Touché, coulé!" Lui-même ne comprit pas pourquoi il c'était dit ça.
Un clic. Un battement de cœur. Un appel d'air. Un cœur tambourinant férocement dans sa poitrine.
Un silence où seul perçait le bruit de leur respiration alors qu'il se sentait comme aspiré par l'immensité pareil à l'océan qu'inspirait la couleur de ses yeux. Non, il fallait qu'il parle. Il fallait qu'il dise quelque chose. Il fallait qu'il s'assure que tout ceci n'était pas un rêve.
- « Allez Ichigo, dit quelque chose ! »
- Je…
- Mais enfin c'est qui ce connard ?
Silence de marbre. Ses yeux s'écarquillèrent comme des boules de billards alors que son cerveau se reconnectait lentement à la réalité.
- Hein ?
Enfin ce n'était pas encore tout à fait ça. Mais ce qu'il comprit néanmoins et à son grand désarroi, était que la voix pleine d'arrogance qu'il avait entendu appartenait bel et bien à cet homme aux larges épaules et envers qui il avait cru éprouver une grande admiration. Sa vision idyllique du mâle qui se tenait devant lui, à l'allure de félin et dont la seule présence semblait exhaler autour d'eux une aura empreinte de sauvagerie, se brisa comme un verre de cristal sur du carrelage.
- Grimmjow lui jeta un regard dédaigneux avant de reporter son attention sur Kyōraku, une veine palpitant à son front.
- Alors comme ça t'es sorti draguer ? Je savais que t'étais un pervers mais je pensais pas que tu irais jusque là. Comment qu'on appelle ça déjà ? Un lolicon ?
- « Mais enfin qu'est-ce que c'était que ça ? Dîtes-moi que j'ai rêvé…»
- Et en plus t'a des gouts de chiottes. Regarde-moi sa tronche !
- « Ichigo, calme-toi et réfléchis. C'est surement quelqu'un d'autre ! »
- Un gringalet avec des cheveux bizarres en plus.
Le son de quelque chose qui venait de se briser résonna soudain en lui. Ichigo, qui jusqu'à maintenant avait eu la tête baissé vers le sol, la releva soudain, avec une lenteur exagérée tout en jetant au passage un regard altier à son homologue.
- Attends là. C'est de moi que tu parles… connard ?
Le brun – qui s'était tu jusqu'à maintenant- et le bleuté ouvrirent grand les yeux, comme s'il avait du mal à croire ce qu'il venait d'entendre. Avait-il affaire à la même personne ? D'un même geste, les deux hommes regardèrent par-dessus l'épaule du rouquin pour voir s'il ne s'était pas caché quelque part, attendant le bon moment pour sortir et crier « Surprise ! C'était une blague ! ».
- Et bien quoi ? Tu as perdu ta langue ? Tu l'ouvrais un peu plus avant. Je me trompe ou il suffit d'un rien pour fermer ta grande gueule ?
Grimmjow tiqua à l'insulte et l'atmosphère se chargea soudain d'électricité alors qu'un grondement menaçant pareil à la lave d'un volcan naissait dans sa gorge. Les murs en auraient tremblé.
- 'Tain ! T'as un sacré répondant pour un poil de carotte !
- C'est pour mieux pouvoir te clouer le bec mon garçon !
Les insultes se mirent alors à pleuvoir comme pendant un jour de tempête. Kyoraku ne s'offusqua aucunement de les voir se chamailler ainsi alors qu'il s'agissait de leur première rencontre. En fait, il en était même plutôt content, se satisfaisant de la situation, un sourire aussi grand qu'une banane sur les lèvres.
Il l'avait su dès le début que ça se passerait ainsi, même s'il ne s'était pas attendu à ce que ça se passe aussi vite. Il avait prédit des situations explosives. Il en avait pour son argent. Il découvrait –pour son plus grand plaisir- une nature à son chaton qu'il ne lui avait pas soupçonné, même s'il s'en était vaguement douté. Mais plus encore que ses injures –pareils aux feulements de deux chats désireux d'en découdre - qu'ils s'acharnaient à cracher l'un sur l'autre, il y avait cette étincelle, cette flamme qu'il avait tant espéré voir renaître en eux. Cette fougue. Cette jeunesse. Cette vitalité alors qu'ils continuaient à s'injurier. Ce besoin de se défouler. Et mieux encore qu'il ne l'aurait cru malgré la violence de la scène, et qui fut pour lui la meilleure des récompenses –mis à part les câlineries prodigués par son lapin – ce fut leur sourire. Et cette étincelle dans leur yeux qui disait simplement : « Je suis en vie ! ».
… à suivre
*tremblement de peur* Etait-ce seulement à votre goût? Je l'espère en tout cas ^^
Ce chapitre est un peu plus court que les précédents et ce n'est pas plus mal, sachant qu'il a tardé à paraître. J'ai eu un coup de fatigue dernièrement.
Le rythme de parution sera surement de 2 chapitres au moins par semaine (puis si il y en a un de plus, tant mieux hein!), puisqu'il faut maintenant compter le fait que le texte passe sous l'œil expert de ma bêta!
