Titre: Perdus
Rating: M par prudence mais pour une fois, je ne suis pas trop sûre ^^"
Genre: je dirais bien romance mais rien n'est moins sûr alors, aventure et heu... on verra bien ^^"
Pairing: non défini pour le moment
Disclaimer: les arbres sont à moi... les personnages en revanche, pas vraiment...
Petit mot de l'auteur:
Bon, à ce qu'il paraît, j'ai fait pas mal de fautes dans le chapitre précédent, je m'en excuse auprès de tous. Si j'ai un peu de courage, je le corrigerai sinon tant pis, il restera comme ça ^^"
Bref, je vous livre le chapitre six... J'espère qu'il vous plaira, il marque vraiment un tournant dans l'histoire...
Bonne lecture à tous!
Chapitre 6: Nouveau monde:
Une voix résonnait au lon. Très très loin dans un brouillard flou, un écho incertain et presque inaudible... Il ne savait pas à qui elle appartenait, il ne la reconnaissait pas et finalement, s'en fichait un peu... Il avait mal, c'était la seule sensation qu'il parvenait réellement à discerner... Sa tête était lourde, si lourde... Néanmoins, il flottait... La lumière lui brûlait les yeux, elle semblait trop vive, ou pas assez peut-être et pourtant, ses paupières restaient closes malgré sa volonté de les ouvrir... ou pas... Tout, absolument tout était flou, comme s'il avait ouvert les yeux sous l'eau, tout bougeait autour de lui, beaucoup trop vite, comme accéléré et laissant simplement de vagues traînées de couleur derrière... Pourtant, il n'en voyait aucune... Il avait vraiment la sensation de flotter et s'étonna alors qu'il se sentait... bouger? Oui, peut-être... Mais tout n'était que coton, chaud et froid à la fois... C'était doux finalement, moelleux, presque confortable... Était-il enfin mort? Oui, probablement et dieu que ça faisait du bien!
Et puis... du blanc... Tout était blanc... Un blanc trop présent, trop vif, trop pur... Plus oppressant encore que le noir auquel il avait presque finit par s'habituer... C'était un blanc tellement triste... Trop lisse, uniforme et à la fois trop flou, un peu brumeux... Alors, c'était donc ça qu'il y avait, après? Cette pureté étincelante qui l'enveloppait, qui l'engloutissait... Oh bon sang, il préférait presque la vie! Lui qui pensait qu'il n'y avait rien, qu'il n'aurait plus aucune consistance, qu'il n'aurait plus mal lorsque tout serait fini et bien, il s'était apparemment lourdement trompé... Il avait encore une conscience bien trop aigüe de son corps mort qui le faisait souffrir, c'était vraiment étrange et plus que désagréable, la souffrance semblant être la seule chose concrète a laquelle il arrivait encore à se raccrocher et pourtant, il aurait préféré l'oublier... Mais il n'arrivait pas à bouger, prisonnier de lui-même quelque part...
Si c'était vraiment cela, la mort alors, l'au-delà lui semblait bien cruel...
Étrangement, des périodes de noir profond se mirent à succéder par intermittence à ces grandes étendues de blanc, il avait presque l'impression d'être plongé dans des rêves dont il ne retenait rien, comme si les couleurs avaient disparues. De toutes façon, même dans sa vie, il n'avait jamais réussi à se souvenir de quoi que ce soit de ces moments oniriques mais là, c'était comme s'il se trouvait entièrement plongé dans ses rêves, dans ses cauchemars où il ne se passait rien... Et pourtant, régulièrement, la lumière revenait, chaque fois un peu plus vive mais nénamoins semblant chaque fois un peu moins pure... Des ombres se dessinaient de temps à autres et de vagues nuances, presque des couleurs, apparaissaient parfois... Il apercevait quelques mouvements et se mettait à entendre de vagues sons aussi étouffés que présents. Lointains, il parvenaient pourtant parfois à percer le silence, aussi oppressant qu'apaisant...
Le coton qui l'avait englouti semblait être présent depuis une éternité, comme s'il était là depuis toujours, oubliant peu à peu ce qui avait fait sa vie. Il était prisonnier de cette étrange antichambre de la mort qui le maintenait prisonnier mais pourtant, semblait vouloir évoluer doucement au fil du temps qui s'égrainait avec une lente rapidité, ou bien une rapide lenteur, il ne savait pas très bien. Cette notion du temps qui passe lui semblait trop terre-à-terre pour pouvoir être appliquée dans ce lieu et tout lui semblait confus, comme s'il était plongé dans un épais brouillard aussi glacial que brûlant. A ses yeux, il pouvait bien s'être écoulé une véritable éternité ou quelques minutes seulement... peut-être plusieurs siècles, déjà... Au fond, quelle importance puisqu'il était condamné à rester ici pour toujours?
Néanmoins, il suivait avec un certain intérêt ces étranges évolutions, ces circonvolutions qui apparaissaient de temps à autre, de plus en plus fréquemment lui semblait-il. Et ces bruits autour de lui qu'il identifiait presque par moment sans pouvoir réellement leur coller une étiquette et puis surtout, son corps lourd dont il reprenait de plus en plus conscience... Il semblait se rematérialiser peu à peu dans tout ce coton et n'avait désormais plus qu'une idée en tête: arriver à ouvrir les yeux. Il voulait, plus que tout, explorer ce nouveau monde qui l'accueillait pour sa future éternité et peut-être même, chercher son ami qui avait du le suivre dans l'au-delà. Car il était sûr que quoi qu'il se soit passé, ils n'avaient pu être séparés...
Alors, inlassablement, péniblement, il rassemblait ses maigres forces, celles que ce monde daignait lui rendre peu à peu et tentait de retrouver une vague emprise sur son corps, aussi immatériel devait-il être désormais. Il voulait à tout prix sortir de cette bienfaisante mais cruelle léthargie qui n'avait que trop duré à son goût et l'ennuyait profondément désormais. Ce qu'il voulait, lui, c'était découvrir le monde, explorer ce nouveau lieu dont, finalement, il ne savait encore trop rien mais qui serait sa dernière demeure, pour toujours...
- Kitamura-san? Kitamura-san, vous m'entendez?
Un voix... si lointaine, si faible, fragile comme la flamme d'une bougie... Elle semblait féminine, légère, aérienne... Kitamura? Est-ce que c'était lui? Oui... Il croyait bien alors... On l'appelait? Allait-on enfin le guider un peu? Était-ce un ange qui venait lui prendre la main et lui faire découvrir tout ce qu'il ne connaissait pas encore?
- Kitamura-san...
Douce, la voix était si douce... Du velours, apaisant et qui lui donnait terriblement envie de la suivre, de savoir à qui elle appartenait. Les questions se bousculaient inlassablement et l'idée qu'il s'agisse d'un ange revint un peu plus fortement. Mais non, c'était ridicule... Maintenant qu'il arrivait presque à se souvenir et à retrouver ce qui avait été sa vie... c'était impossible... Car s'il était bel et bien mort alors, Hyde aussi devait l'être et maintenant qu'il se détachait du coton alors, il savait que le paradis lui était interdit. Par sa faute, un autre homme avait perdu la vie... il était impardonnable...
Alors, finalement, voulait-il réellement découvrir ce nouveau monde maintenant que cette évidence s'imposait à lui? Était-ce l'enfer qui allait se déployer autour de lui s'il parvenait enfin à ouvrir les yeux? Serait-ce donc pour cela que la voix l'appelait inlassablement et semblait de plus en plus se rapprocher de lui? Allait-il finalement être englouti par les ténèbres alors qu'il n'avait l'impression que tout n'était que lumière autour de lui? Un démon à la voix douce... Oui, c'était possible finalement. Le diable jouait souvent vicieusement avec ses proies non? L'induire en erreur ainsi pour l'attirer dans les méandres de la souffrance, là où était sa place...
S'il avait peur, un peu, il se rendait aussi compte que finalement, tout cela lui importait bien peu... S'il était coincé ici alors, qu'il le découvre un peu plus tôt ou un peu plus tard n'y changerait pas grand chose au fond... Et puis, il avait toujours été curieux...
Alors, de nouveau, il rassembla toute sa volonté, toutes ses forces qui semblaient le fuir et la voix si douce se fit un peu plus présente encore... Les ombres revenaient, plus nombreuses que jamais et se dessinaient peu à peu dans une lumière qu'il voyait légèrement rosée désormais... Elle filtrait faiblement sous ses paupières closes, faisant ressortir tous ces petits vaisseaux sanguins qui les irriguaient. Sa cornée semblait le brûler, apparemment plus réellement habituée à la luminosité ambiante. Ça faisait mal, en total contradiction avec ce qu'il sentait sous son corps... Quelque chose de mou, de confortable et il y avait une tendre chaleur qui l'enveloppait....
Un lit?
Une couverture?
Mais... était-il réellement mort?
- Kitamura-san?
Probablement fut-ce le plus gros effort qu'il eut jamais à fournir mais il y arriva, il parvint à battre faiblement des paupières. C'était difficile, tellement difficile, comme si des poids de plusieurs tonnes s'étaient accrochés à ces cils mais il y arriva tout de même... Sa vue était terriblement floue et à travers les fentes de ses paupières faiblement entrouvertes, il ne parvenait pas à distinguer grand chose... Pourtant, bien assez pour faire une simple constatation: ni le paradis, ni l'enfer ne pouvaient ressembler à ça...
Les choses avaient du mal, beaucoup de mal à se remettre en place, les contours étaient encore totalement incertains mais sa soif de curiosité l'emportait... Mais bientôt, son exploration de ce qu'il pensait être un "nouveau monde" fut interrompue par l'apparition soudaine d'un visage. Celui d'une femme, une jolie femme assez jeune et surtout, souriante...
- Bonjour! fit-elle joyeusement.
La voix... Alors, c'était donc elle?
Péniblement, il entrouvrit légèrement la bouche pour tenter de lui répondre mais aucun son ne daigna en sortir. Sa gorge était atrocement sèche et il avait encore du mal à faire le point... Le visage de la demoiselle, néanmoins, était enfin net et il se sentit bêtement rassuré, sans réellement trop savoir pourquoi. Elle... Elle semblait savoir ce qu'il faisait ici et puis, son sourire était si rassurant... Elle devait avoir l'habitude...
- Je vais chercher le docteur. fit-elle de sa voix beaucoup plus - trop? - réelle désormais. Ne bougez pas d'accord?
Et avant même qu'il ait pu ne serait-ce que penser à la retenir, elle s'était déjà éclipsée, le laissant seul avec ses questions. Le docteur? Ken cogita de plus belle - vraiment pas facile - et arriva en peu de temps à la conclusion la plus simple, la plus logique: il devait être dans un hôpital. D'ailleurs, maintenant qu'il y voyait un peu plus clair, l'espace autour de lui ressemblait fort à une chambre. Immaculée, aseptisée... Arf, il n'aimait vraiment pas ce genre d'ambiance, ça le déprimait et puis, les hôpitaux lui avaient toujours filé la nausée. D'ailleurs, l'odeur qui commençait à lui monter aux narines n'était pas loin de le rendre malade, encore plus qu'il ne l'était déjà...
Fatigué, il ferma un instant les yeux, pas encore réellement habitué à toute cette luminosité. Il soupira. A l'hôpital, il était à l'hôpital... Il était vivant...
Un bref sentiment de plénitude totale le prit l'espace d'une seconde. Il se sentait si confortable alors qu'il ne se rappelait que trop bien la sensation de la dureté du coffre sous lui, le froid ambiant, la douleur... Désormais, il savourait avec un bonheur sans nom le moelleux du lit pourtant pas génial dans lequel il était installé, la chaleur des draps autour de lui, les médicaments qui devaient endormir sa souffrance et le faisaient flotter un peu... Dieu qu'il était bien! Mieux qu'il ne l'avait jamais été malgré ses bobos, malgré sa solitude et sa tête qui tournait. Oui, il était bien... et pourtant, il semblait lui manquer encore une chose, rien qu'une... Hyde... Sa présence après tout ce temps passé ensemble, si étroitement liés l'un à l'autre, semblait lui manquer étrangement, lui qui s'était si désespérément accroché à lui durant tout le temps qu'ils avaient pu passer dans la forêt...
Hyde...
Hyde lui manquait plus qu'il ne saurait le dire. Tout seul dans cette chambre malgré le bien-être incroyable qu'il ressentait à l'idée d'être enfin de retour dans le monde moderne, dans le monde des vivants et bien... il lui manquait tout de même sa petite peluche, son compagnon d'infortune qui durant quelques jours, était devenu son unique univers, sa seule vraie raison de s'accrocher, lui qui s'était rendu compte que finalement, il n'avait rien... Et pour cela, il lui serait à jamais reconnaissant. Ça, et tout le reste... le fait que malgré tout ce qu'il s'était passé, Hyde lui avait pardonné...
- Hyde...
Ah tiens, il semblerait que finalement un son puisse tout de même réussir à s'échapper de sa gorge. Un mot, en l'occurrence, un nom... et pas n'importe lequel...
- Kitamura-san...
Ken tressaillit. La voix qui venait de prononcer son nom n'avait vraiment plus rien à voir avec celle de la jeune femme qu'il avait identifié comme étant probablement une infirmière. Non, cette fois, il s'agissait d'un homme à la voix grave, virile et un peu rauque... Le guitariste tourna lentement la tête vers lui. Le médecin avait lu son nom comme cela, semblant regarder ce qui devait être son dossier et Ken fut frappé par une question qu'il ne s'était même pas encore posée: avait-il quelque chose de grave? Oh certes, il savait qu'il n'était pas particulièrement en forme et ses derniers souvenirs assez confus n'étaient pas vraiment très agréables... Son corps était en miette, salement amoché même et quand il y songeait, ce devait vraiment être un miracle qu'il soit encore en vie...
L'homme, lui, se rapprocha du lit de son patient en souriant ce qui fit ressortir quelques unes de ses petites rides. Il devait avoir une cinquantaine d'années environ et ses cheveux grisonnaient un peu. Son air était assez sévère mais son regard était clairement celui de quelqu'un qui aboyait plus qu'il ne mordait. Un peu comme celui de Tetsu lorsqu'il se mettait en colère... Ken espérait qu'il savait ce qu'il faisait, inquiet finalement pour sa santé, ce qui était plutôt logique tout compte fait...
- Vous l'avez échappé belle. fit-il de but en blanc sans même prendre la peine de se présenter. Nous sommes vraiment heureux de vous voir enfin réveillé.
- Hyde...
Le seul mot qui parvenait à franchir ses lèvres s'était de nouveau échappé, comme s'il était un peu obsédé par son ami. Ce qui était plus ou moins le cas, finalement... Il voulait vraiment savoir... Savoir si le miracle n'avait eu lieu que pour lui où s'il devait garder espoir concernant le petit chanteur... Le docteur fronça les sourcils.
- Vous parlez de votre ami? s'interrogea-t-il en parcourant de nouveau dans ses papiers. Monsieur... Takarai Hideto-san c'est cela?
Ken acquiesça faiblement, plus inquiet pour son compagnon d'infortune que pour lui-même finalement.
- Ce n'est pas moi qui m'occupe de son dossier, il est dans un autre service. expliqua-t-il. Mais je crois savoir qu'il va bien, mieux que vous d'ailleurs à ce que j'en sais si cela peut vous rassurer.
Ken poussa un faible soupir qui aurait été énorme s'il en avait eu la force tant il se sentait soulagé. Un poids s'envolait de sa poitrine et il se sentit un peu plus léger... Hyde était en vie, c'était vraiment tout ce qui comptait...
Perdu dans son soulagement et se sentant un peu étrange car la culpabilité semblait, elle, refuser de le quitter malgré tout, il n'entendit pas vraiment le début de ce que lui disait celui qui se présenta enfin comme étant le Docteur Hachiko et qui commençait à lui parler de son propre état de santé:
- ... mais l'hémorragie a pu être maîtrisée. Vous avez eu de la chance, le rein n'a pas été touché. L'opération s'est bien passée, nous avons pu enlever tous les tissus nécrosés, l'infection n'a pas eu le temps de se propager. Il va falloir vous reposer et reprendre des forces mais vous devriez probablement pouvoir sortir avant la fin du mois je pense...
Ken n'écoutait déjà plus vraiment. Trop d'informations à la fois pour sa pauvre petite cervelle mais ce qu'il savait, c'est qu'au fond, il ne s'était jamais senti aussi bien, aussi léger... Il était vivant, Hyde aussi. Ils s'en étaient sortis et jamais la vie ne lui avait parue aussi belle. Alors que dans ses derniers souvenirs il agonisait presque, là, on lui donnait déjà une date de sortie ou quelque chose qui s'en rapprochait, l'espoir n'avait plus vraiment lieu d'être et pourtant, il était plus présent que jamais... Bientôt, il pourrait reprendre sa vie et désormais, il la savourerait comme il se doit...
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Et bien voilà! Ils s'en sont sortis! Youpi!
Hum, pardon...
Bref, finalement je ne suis pas si sadique que ça, j'ai sérieusement pensé à sombrer dans la death-fic à un moment mais voilà, ils sont vivants pour le moment! (oui oui, "pour le moment" héhé)
J'espère que ce chapitre vous a plu et je vous dis à très vite pour la suite!
Bisous!
Lilys
