Un rayon de soleil vient me chatouiller le nez. Je m'étire comme le ferait un chat et baille à m'en décrocher la mâchoire. Je me retourne lentement sur le flanc droit et me met en position assise sur mon lit en me frottant les yeux. Je me gratte la tête et m'étire une nouvelle fois. Que c'est bon d'être un samedi ! Je me lève et remarque que je porte un t-shirt de Pink Floydbeaucoup trop large sur moi, qui m'arrive à mi-cuisse. Il doit appartenir à Chris. Je prépare des habits de mon armoire que je pose – à comprendre : que je balance sans ménagement – sur mon lit. Je sors de ma chambre, et me dirige vers la salle de bain. Je prends une douche rapide et une fois fini, m'enroule dans une serviette. C'est qu'on est en Grande-Bretagne, il ne fait pas froid pour rien ! Je me rappelle que j'ai oublié mes vêtements sur mon lit – je ne suis pas totalement réveillée – mais que j'ai quand même ramené ma baguette avec moi. Je sèche mes cheveux grâce à un sort et ouvre légèrement la porte de la salle de bain.
- Accio vêtements !
J'attends quelque secondes, et mes vêtements arrivent finalement dans ma main. Je les pose sur les toilettes – que j'ai quand même pensé à refermer – quand je m'aperçois que mon soutien-gorge manque à l'appel. Je cherche par terre s'il serait tombé lorsque j'ai attrapé mes habits, mais il n'y a que le carrelage blanc. J'ouvre un peu plus la porte et vois Matt au milieu du couloir qui tient mon soutien-gorge devant lui, les yeux écarquillés. Le rouge me monte aux joues – en plus mon soutif est rouge à dentelles – et j'ouvre complètement la porte pour foncer sur l'ami de mon frère.
- Rends moi ça toi ! Je lui dis en arrachant mon sous-vêtement de ses mains.
Je repars aussi vite que je suis venue et claque la porte des toilettes derrière moi. Je colle mon dos à la porte et soupire. Il ne manquait plus que ça ! Je m'habille en vitesse et m'attache les cheveux en une queue de cheval haute. Je sors de la salle d'eau, descends rapidement les escaliers et arrive dans le salon. Tout est en ordre, rien n'a été déplacé. Je bifurque à droite et me retrouve dans la cuisine, où Ginger, Chris et Matt prennent leur petit déjeuner. En me voyant, Matt rougit et colle littéralement son nez dans son bol. Mes joues prennent une belle couleur rosée. Je salue tout le monde – en ne manquant pas de faire un gros bisou sur la joue de ma sœur – et m'installe près d'elle pour entamer mon petit-déjeuner.
- Vous vous zêtes amusés hier ? Questionne Gin'.
- Qu'est-ce qu'on avait dit ? Je lui demande.
- Qu'on n'en parle pas devant les parents, me répond Ginger avec un grand sourire innocent.
Je ne peux m'empêcher de lui rendre son sourire, et vois qu'elle a fièrement mit le bracelet jaune fluo autour de son poignet.
- On ne s'est pas amusé autant que toi tu vas t'éclater avec Chris cet après-midi, je commente en lui lançant un clin d'œil.
Chris me donne une petite tape sur la tête avant de grogner un truc dans sa barbe de trois jours. Je lui fais mon plus grand sourire et coince sa joue entre mon pouce et mon index avant de serrer bien fort.
- Au fait, c'est quand que vous allez faire votre pari ? Demande Matt avant d'avaler un peu de café.
Chris et moi nous regardons. Une petite étincelle c'est allumée dans ses yeux : il est sûr de gagner, ça se voit. On se lève en même temps – je n'ai même pas finit de manger ma tartine de Nutella ! – et nous nous dirigeons directement dans le salon. J'allume la PlayStation et lui la télévision. Il installe le CD alors que je prépare les mannettes : Ça va chauffer ! Matt nous rejoins en nous faisant remarquer que nous n'avons pas terminé notre petit déjeuner, mais ni mon frère ni moi ne répondons. Il s'est prit un vent ! Ha ! Je souris – j'adore quand les gens se prennent des vents – et m'installe confortablement sur le canapé face à la télé. Chris m'y rejoins, écarte ses jambes, se penche en avant et tient la mannette dans ses mains : il est déterminé. Le pauvre, j'ai presque pitié de lui, il va se prendre la raclée de sa vie. Matt tire une chaise près de nous et s'assoit sans aucun commentaire. Il a encore son verre de café dans la main, et en boit quelques gorgées de temps en temps. Beurk, je déteste le café. Et dire qu'il y a des gens qui n'arrivent pas à démarrer leur journée sans leur dose de caféine ! Moi, le seul truc dont je ne peux pas me passer le matin, c'est … le CHOCOLAT ! Le Nutella plus précisément, mais s'il n'y en a plus je prends une autre sorte de chocolat. Comment font les diabétiques pour se passer d'une telle saveur ? Moi à leur place je me serais suicidée depuis longtemps … je ne peux tout simplement pas vivre sans chocolat ! Je peux en manger des tonnes et des tonnes sans jamais sentir que je vais vomir ou avoir des maux de ventre. Ce qui est bien aussi, c'est que mon corps s'y est habitué, et que je ne prends aucun gramme en en mangeant. J'ai même envie de retourner à la cuisine chercher ma pauvre tartine de Nutella qui m'appelle désespérément et attend qu'elle se fasse manger – par moi évidemment. Je peux l'entendre d'ici gémir ! Je jette un coup d'œil derrière moi et aperçois la porte de la cuisine qui me sépare de mon précieux. On se croirait dans le seigneur des anneaux, sauf que l'anneau ici c'est ma tartine de Nutella. Elle m'appelle, je le sens. J'entends la musique de la pub résonner dans ma tête, Glorious d'Andreas Johnson.
- Bon tu choisis ton perso ou quoi ? Me demande Chris visiblement agacé.
Je sors de mes pensées – plutôt tordues, je vous l'accorde – lui lance mon regard le plus meurtrier – il m'a quand même séparé de ma tartine ! – et choisi vite fait un personnage. Je vais le battre à plat de couture cet idiot ! Il n'avait qu'à pas s'interposer entre mon Nutella et moi. Na !
- Ok, il n'y a qu'une seule partie, celui qui gagne devient le maitre de l'autre pendant toute cette journée, dis-je.
- Je vais t'écraser sœurette.
- Cause toujours.
Mon rouquin préféré clique sur Start et la partie démarre. Je clique sur la touche R2, celle qui me permet d'avancer, et mon petit personnage bleu démarre en trombe dans sa voiture miniature. Je rentre dans une case « bonus » qui me permet de balancer un objet qui déséquilibre l'adversaire derrière moi – qui comme par hasard se trouve être mon frère. Je balance l'objet, mon frère rentre en plein dedans et perd un temps précieux. Il me donne un coup de coude. Tricheur. Je lui tire les cheveux, il n'avait qu'à pas me frapper ! Il met sa main devant mon visage et m'écrase avec contre le canapé. Je ne vois plus rien, je vais perdre ! Je lui lèche la main qu'il s'empresse de retirer avec une moue de dégoût sur le visage et abandonne la manette en bondissant sur lui, griffes et crocs sortis. Il lâche sa mannette à son tour et m'attrape en plein vol. A cause de mon poids et du sien, nous tombons du canapé et roulons sur le sol en se griffant, mordant et s'arrachant les cheveux – enfin ça c'est surtout moi. Lui essaye de me repousser – il s'en voudrait trop de frapper une fille – mais n'y arrive que moyennement. Il se retrouve à califourchon sur moi et m'empêche d'utiliser une de mes mains. J'utilise l'autre pour le repousser – comprenez que je prends son menton, que j'enfonce mes ongles dans sa chaire et tire le plus loin possible de moi. Mon frère lâche un cri de douleur et fronce des sourcils avant de me coincer l'autre main avec tellement de facilité que je me demande s'il a vraiment eu mal quand je lui ai griffé le menton. C'est là que j'entends :
- Joueur 1 gagne!
Je me retourne vers la télévision, les yeux exorbités et la bouche à demi ouverte. J'ai perdu ! Non ! Ce n'est pas possible.
- J'ai gagnééééééééé ! S'écrie mon frère.
C'est plus fort que moi, je lui fous une bonne droite dans la gueule. Je sais, je n'aurais pas dû, mais s'il n'avait pas triché, j'aurais gagné ! Oui, je suis très mauvaise perdante, et alors, quelqu'un a un problème ? Qui a dit oui ?
- Non mais ça va pas ? Me demande-t-il en se massant la joue gauche.
- Non, ca ne va pas ! Je hurle. Tu n'es qu'un tricheur ! Un tricheur roux en plus !
- Et toi tu n'es qu'une mauvaise perdante ! Une minuscule mauvaise perdante !
Je sors ma baguette, et avant qu'il n'est le temps de faire le moindre mouvement, l'expeliarmus l'atteint de plein fouet et le propulse à l'autre bout du salon. Je n'en reviens pas … j'ai réussi un informulé ! J'AI REUSSI UN INFORMULE ! Je saute de joie et fait la danse du bonheur quand un sort rencontre – très douloureusement – mon dos et m'envoie valser contre la télévision qui, au passage, se casse et crache de l'électricité et des étincelles autour d'elle. Je retombe lourdement sur mon bras et lâche un cri de douleur. Je crois bien que je retournerai bientôt à l'hôpital. Je regarde ma main endolorie : il y a plein de sang autour avec des petits morceaux de verre noir. Elle a dû heurter la télé et l'a sûrement cassée. J'ai vraiment mal. J'espère qu'il souffre bien, cet idiot ! Je me lève difficilement, et vois que Chris se dirige tout droit sur moi, la mâchoire serrée et les poings fermés. Je pointe ma baguette sur lui, mais d'un mouvement du poignet il me désarme. Je commence sérieusement à avoir peur. Dans ce genre de situations, il ne se contrôle plus. Merlin, aide-moi ! D'un coup, Chris se fige. Son pied droit et son bras gauche restent suspendus dans l'air. Cette expression de rage pure sur son visage ne le quitte pas. Ses yeux sont seuls à bouger dans leurs orbites. Matt avance et regarde mon frère avec un air de pitié sur son visage :
- Désolé mec, mais je ne pouvais pas te laisser faire quelque chose que tu regretterais plus tard.
J'y crois pas ! Alors s'il l'a stupéfixé c'est pour le protéger lui, et pas moi ! Je me retiens de lui foutre un coup de poing dans sa gueule d'ange – tout simplement parce que mon poing est en très mauvais état – et le fusille du regard. Il me sourit en guise d'excuse et arrange un peu la maison grâce à des sorts. Quand il voit ma main ensanglantée il arrête toute activité et fonce sur moi. Il me prend délicatement ma main – aussi délicatement que possible dans cette situation – et je grimace. Ça fait vraiment mal ce truc ! Il marmonne quelques sorts et ma main redevient comme neuve avant que je n'ai eu le temps de dire « Quidditch ». Je le regarde, étonnée avant de me rappeler qu'il veut faire Medicomage. Je souffle un merci et aide à ranger la maison autant que je peux – autrement dit, je ne suis d'aucune utilité. Il m'a évité l'hôpital ! Finalement, j'adore ce mec. Apres quelques minutes de rangement acharné, Matt libère mon frère du sors qu'il lui a jeté. Chris fulmine, mais ne dit rien. Il se retourne vers moi et me dit en insistant bien sur le premier mot :
- Esclave, je veux que tu joues aujourd'hui avec Amélie à ma place. Matt et moi on va prendre l'air.
Il accompagne le geste à la parole et prend Matt par le bras avant de claquer la porte d'entrée derrière eux. Je ne voulais pas jouer avec Gin' moi ! Ne vous méprenez pas, je l'adore, mais j'avais d'autres projets en tête, comme voir Lex et Eric. Finalement, je déteste les samedis !
