Pour Anaëlle… En espérant que tu as continué à lire jusqu'ici !! Bizou, je t'adore.
Morgane.
Bonne lecture à toutes.
Chapitre 6
« Elle me lança un long regard méprisant avant de s'élancer. Droit vers les combattants. »
POV Bella
Tout d'abord, il y avait eu Jeff, et son interrogation à propos de la fête qui s'organisait ce soir. Jeff parlait à Edward, bien sur, et ça m'avait rappelé à quel point ma vie sociale était inexistante depuis deux ans. Je vivais dans un monde de livres ; là où je savais que rien ni personne ne pouvait m'atteindre. C'était bien ainsi. Bella la Solitaire et Edward le Populaire.
Ensuite, il y avait eu Tanya. Elle m'avait lancé un sale regard en me voyant si près de son Eddy. Quelle idée il avait eu, aussi, de nous flanqués dans ce trou étroit entre les casiers et ce vieux meuble qui tombait en poussière ! J'avais vaguement entendu Edward faire les présentations mais je n'y avais pas fait attention. D'une part parce que sa copine paraissait avoir autant de cervelle que mon bon vieux Maurice et que, d'autre part, j'entendais des cris au bout du couloir, et j'étais curieuse de savoir ce qu'il s'y passait.
-Enchantée, avais-je répondu. Edward, je crois qu'il se passe un truc, là-bas. On devrait aller voir.
N'attendant même pas de réponse, j'étais partie rejoindre la foule d'élèves qui se pressaient les uns contre les autres. Je jouai des coudes pour me faufiler au premier rang. Les cris me parvenaient comme dans un rêve. Ou plutôt comme dans un cauchemar. Je voyais ces gars, là, par terre, en train de se battre. Le blond avait le visage en sang et l'autre, celui qui semblait dominé, haletait à force de rouer de coups son adversaire. Des grognements de bêtes. Je vis mon voisin qui riait. Il semblait heureux, lui. Content. Ce n'était pas lui qui se faisait frapper. Ce n'était pas lui qui avait mal, qui était humilié. On aurait dit un de ces romains de la Grèce Antique avide de sang. Je le fixai et, gêné, celui-ci me regarda à son tour.
-Qu'est ce que tu veux toi ? demanda t-il durement.
Je continuais à le fixer avant de dire :
-Tu devrais aller te faire soigner ; ce n'est pas sain d'éprouver du plaisir devant la souffrance d'autrui.
Il me regarda bizarrement avant de s'éloigner de cinq bons mètres et de reporter son attention sur la baston. Le blond avait un peu repris le dessus mais les spectateurs continuaient à scander à l'unisson : « Robin ! Robin ! ». Ca me rendait malade. J'aurais voulu partir mais mes pieds en avaient décidés autrement. Ils restaient scotchés au sol comme si leur vie en dépendait. Le dénommé Robin (j'en avais déduit que c'était le brun) avait réussi à se mettre debout et martelait de coups de pieds le ventre du blond. Qui grognait de souffrance. Et la scène me revint, aussi vivace qu'autrefois.
J'ai 15 ans depuis sept mois aujourd'hui. J'avance dans l'allée qui conduit au lycée en me faufilant parmi un groupe de filles jacassantes. Pleines de vie. Jacob est parti il y a plus de cinq mois maintenant. Je m'efforce de faire comme si ça ne m'atteint pas. Bien sur, je n'y arrive pas. Mais il y a James, à présent. Que ferais-je, sans lui ? Il est ma sécurité. S'il m'abandonne, je tombe. Je vois un attroupement de jeunes qui se forment, tout près, dans la pénombre. Je m'approche. J'aperçois ce garçon qui se fait battre. Les coups pleuvent sur lui comme la pluie sur la Bretagne. Il crie. Les autres s'en fichent. Ca n'est pas leur problème. Ils s'amusent presque. Je sens mes jambes vaciller. Je voudrais aller l'aider, ce gars. Dire à tous ces gens, autour de moi, que ce sont tous des connards. Je voudrais mais… je vois James qui apparait près de moi. Il s'empare de mon bras comme si j'étais à lui ; un objet qu'il peut manipuler à sa guise. Peut-être est-ce ce que je suis. Il serre fort, j'ai mal.
Je sentis une main étrangère s'emparer de mon bras, au moment même où le blond, devant moi, se ramassa un énième poing dans les cotes. Je me dégageai prestement. La main ne voulait pas me lâcher. Elle était douce mais tenace. Je frissonnai. La main finit par abdiquer. Edward. James…
James se penche vers moi. Je suis petite. Et faible. Il me le dit assez souvent. Je l'entends me chuchoter à l'oreille : «C'est ce qui arrive, Petite Bella, lorsqu'on ne me paye pas. C'est ce qui arrive lorsqu'on n'est pas correct avec moi. Tu es d'accord avec moi, bien sur ?». J'acquiesce. Que puis-je faire d'autre ? Je suis petite. Et faible. Dans un sursaut, je reconnais le mec qui s'en donne à cœur joie sur le malheureux qui gît à terre. C'est Aro. Un ami de James. Je n'ose pas regarder ce dernier. Il se rendrait compte que l'horreur a envahi mes yeux. Je n'ose pas parler. Le dégout ferait trembler ma voix. Je me fais pitié. Je n'ose pas élever la voix parce que James m'en empêcherait. James me ferait mal. Et s'il ne me gifle pas, il choisira surement de me quitter. Et ça, je ne peux l'accepter. Je souffrirais trop. Encore. Alors je regarde. Horrifiée mais je regarde quand même. Je ne peux du reste pas m'échapper puisque que James me tient toujours fermement par le bras. Il me fait mal. Toujours. Et le garçon devant continue à se faire rouer de coups. Toujours.
Je n'en pouvais plus. Ce n'était plus une simple bagarre qui se jouait devant moi, à présent. C'était l'histoire de toute une vie. L'histoire de ma vie pendant ces deux dernières années. Cette fois, j'avais la possibilité d'intervenir. Je pouvais décider de quoi faire sans avoir à me soucier d'une tierce personne. Mais James m'avait si bien persuadé que je n'étais rien, rien qu'un petit bout de femme faible et inutile, que je me sentais incapable de faire ne serait-ce qu'un seul pas.
-Edward, Edward… bafouillais-je. Je sentais confusément sa présence à mes cotés. Interviens. Fais quelque chose.
Il devait être habitué à gérer ce genre de conflit. Non ? NON ? Et bien, non, Edward Cullen se révélait incapable de résoudre cette stupide baston, tout comme j'étais également incapable de m'approcher des combattants pour leur dire d'arrêter.
-Edward…murmurai-je une dernière fois, espérant par je ne savais quel miracle qu'il allait bouger.
Et puis soudain, l'évidence me frappa. Cullen ne bougerait pas. Le brun continuerait de frapper le blond. Le blond me rappellerait ce jour funeste où James, pour la première fois, m'était apparu sous son vrai jour. Il fallait que je me bouge. James était loin. Si je continuais sur ma lancée, à me refermer ainsi, j'allais finir par ne jamais m'arrêter de penser à cette sombre journée. Et ça commençait à bien faire. Je rouvris brusquement les yeux. Je n'avais même pas eu conscience de les avoir fermés. Edward me regardai, curieux. Personnellement, il ne m'inspirait plus à présent que du mépris. Avoir tant d'influence sur les gens aux creux de ses mains pour finalement n'en rien faire au moment crucial. Il aurait du intervenir, tout comme j'aurais du intervenir il y a de ça deux ans…
Je passai sans un regard devant lui et m'approchai de Robin, qui s'attaquait à présent à l'épaule du blond. Jamais vu un con pareil. Il ne voit pas qu'il est out ??
-Arrête ça immédiatement, Robin.
Ma voix avait résonné, clair parmi les gémissements et les cris. Je savourai. Ma voix aurait du résonner ainsi, il y avait deux ans.
-Casse-toi ! Il accompagna sa réplique d'un coup de poing dans le bas ventre du blond. « Alors, Mike, tu veux toujours me piquer ma copine ? », continua t-il enragé.
Nouveau coup de poing. Nouveau gémissements. Je m'approchai doucement de Robin et regardai derrière son épaule, évitant son poing qui partait droit en arrière pour plonger ensuite en avant. J'observai la tête défaite et ruisselante de sang de Mike et eu un hoquet. Je me penchai alors en avant et chuchotai au creux de l'oreille de Robin : « Je crois qu'il a compris. Tu devrais arrêter ». Et lui continuait. Quelle andouille. Je plaquai alors fortement mon pouce tout contre sa gorge et les coups s'arrêtèrent instantanément. Je le sentis hoqueter et partir en arrière. J'accompagnai le mouvement et l'allongeai promptement à terre.
- Ca ira mieux dans quelques minutes, lui assurais-je avant de me lever pour voir l'état du dénommé Mike, ce vilain piqueur de copine. Que personne ne s'inquiète. Je ne viens pas de tuer ce crétin ; je l'ai juste paralysé quelques instants...pensais-je. Ah ! Parfois je remerciais Dieu de m'avoir pourvue d'une mère excentrique comme la mienne, qui se prenait parfois d'amour pour les arts martiaux. Et je la remerciais, elle, d'avoir insisté pour que je l'accompagne à chacun de ses cours. Je me penchai vers Mike et décidai de me faire oublier en lui parlant à voix basse.
-Hey, Mike ! Réveille-toi ! Dormir dans un couloir, ce n'est pas le must.
J'usais d'humour, mais c'était plus pour me détendre moi que le mec groggy étendu à mes pieds. J'avais réussi. J'avais dépassé les limites que James avait jusqu'à présent fixées à mon esprit. Je me sentais bien. Bien sur, je me sentirai encore mieux si Mike évitait de baver sur ma main en essayant de parler. Le pauvre.
-Merci…
-C'est tout naturel.
Un sourire éclatant éclairait mon visage. C'était ces mots là que j'aurais du prononcer il y avait deux ans. Je n'y étais pas parvenue. Je les prononçais quand même aujourd'hui.
Je commençai enfin à me sentir digne de moi-même.
Salut à toutes !
Désolée pour l'extrême petitesse de ce chapitre mais je suis fââââtiguée ! 2h56 du matin et je dois me réveiller à 7h pour garder ma sœur… Bouh ! Que toutes celles qui travaillent très tôt le matin se révoltent, c'est inadmissible !
X Morgane
N'empêche, je suis très fière, j'ai écrit trois chapitre en deux jours ! Bisous à toutes.
