Chapitre 6 : Passer les doutes…
Bonjour, bonjour ! Un chapitre un peu moins « mou » qu'il y a quinze jours mais… La « guérison » de Rick ne se fera pas en un claquement de doigts… Et encore, s'ils y arrivent…
Je vous remercie pour vos mots et vous souhaite une bonne lecture !
Castlefan : Je te remercie beaucoup pour ton commentaire ! Et pour le décor noir… Il va s'éclaircir !
Le souffle à peine entamé, ses jambes frêles et nues jaillissaient à chacune de ses foulées. Ce n'était pas la première fois qu'il se plaisait à la contempler ou plutôt l'épier mais il ne s'en rassasiait jamais. Il ne savait rien d'elle, à part qu'elle venait d'emménager avec son mari à quelques maisons de chez de lui, qu'elle était américaine et aussi, pour ne rien gâcher à son plaisir, très séduisante. Ses mollets se dessinaient à chaque impulsion, ses muscles se gonflaient sous l'effort de ses tractions et sa mâchoire saillante se contractait sous un effort trop longtemps exercé. Pour lui, elle était parfaite. Il n'avait pas tous les éléments en main pour juger davantage cette sublime créature mais il faisait le pari qu'elle était la femme parfaite pour ce qu'il avait en tête. Il ne lui restait maintenant plus qu'à patienter et à l'observer encore un peu avant de faire part à ses supérieurs de cette nouvelle proie.
-Rick !
Il se retourna rapidement et découvrit au loin l'homme de sa nouvelle future conquête arriver. Il devait s'éclipsait pour ne pas se faire surprendre. Trop tôt. Trop de choses à vérifier. Il n'avait pas le choix. Il fallait qu'il disparaisse. Il devait rester le simple dog jogger de ce petit village. Enfant né dans les vallées toutes proches, personne ne le soupçonnait. Un coup d'œil à droite, un coup d'œil à gauche. Il avait choisi. Ainsi, comme il était arrivé, il repartit sans faire de bruit.
-Hey mon cœur ! Encore au sport ?
-Il faut bien que je m'entretienne, gémit-elle en s'étirant.
-Ton corps est parfait.
-Hum… Tu n'es pas objectif.
-Hum… Tu ne me crois jamais, se moqua-t-il. Tu rentres ou tu poursuis ton parcours ?
-Je te suis, j'ai quelque chose à te faire tester ce soir…
Il sentit immédiatement monter en lui une chaleur. Une chaleur non pas douce et agréable mais étrange, presque irritante. Ce n'était pas celle de d'habitude. Pas celle qui signifiait, moi aussi, j'ai envie de toi. C'était plutôt, j'ai un coup de stress. Une drôle de sensation, incontrôlable, invivable où le rouge monte au teint et où la sueur ne se contrôle plus. Du stress à l'état pur. Tout simplement.
-Rick, regarde-moi, murmura-t-elle alors qu'il ne bougeait plus. Nous ne ferons rien d'ordre… Sexuel. Et d'ailleurs, nous ne ferons rien que tu ne veuilles pas.
-Je suis désolé.
-De quoi ?
-D'être… D'être moi, finit-il par avouer en poursuivant son chemin.
Estomaquée par les paroles de son homme, elle ne réagissait plus. Debout, l'air désemparé, les bras ballants et la bouche grande ouverture, elle n'en croyait pas ses oreilles. Comment pouvait-il encore douter et dire des telles énormités ? N'était-elle pas assez convaincante ? N'essayait-elle pas tous les jours de lui prouver son amour ? Malgré ses peines, ses propres doutes…
-Kate, tu viens ? L'interrogea-t-il ne la voyant à ses côtés.
-Non.
-Non ? Répéta l'écrivain surpris. Tu poursuis ton parcours finalement ?
-Non plus.
-Tu peux m'expliquer ? S'enquit-il en faisant marche arrière.
-Je ne veux pas rentrer à la maison avec un homme qui doute de lui, surtout quand cet homme se révèle être mon époux. Je veux bien que tu es des difficultés, que tu souffres de ne plus pouvoir agir, que tu ne puisses plus te sentir homme en ton for intérieur mais Rick, je suis là ! S'énerva-t-elle. On se l'est promis quoiqu'il arrive… Always.
Il l'étudia peut-être quinze secondes, trente grand maximum et se rapprocha encore d'elle.
-D'accord.
-D'accord ?
-Tu m'as bien entendu, sourit-il. Je ne douterais plus de toi, de tes sentiments, de ton amour quoiqu'il arrive… Always.
Il pouvait changer d'avis en une fraction de seconde comme il passait de l'homme à l'enfant en fonction des situations. Une versatilité qui la décontenançait parfois mais qui le plus souvent, le faisait l'aimer encore davantage. Une preuve de son amour ? De ses sentiments ? Qui comme les siens étaient inexplicables quasi impénétrables ? Elle ne le savait pas. C'était son mystère. Un secret qui lui rappelait ô combien son mari était une énigme.
Pas très loin, pendant ce temps…
Son plan, s'il pouvait qualifier ainsi sa filature, avait fonctionné à merveille. Ni lui, ni elle ne semblait l'avoir vu. Toutefois, il fallait qu'il en apprenne davantage sur eux et surtout sur elle. Lui, un écrivain s'il avait bien entendu n'était qu'un détail, une pièce dont il n'avait pas besoin. La serviette autour de la taille et le torse parfaitement musclé encore souillé de quelques gouttes d'eau, il s'installa à son bureau. Ses pieds nus apprécièrent le moelleux de sa moquette mais pas le temps de rêver, il avait des recherches à effectuer. Il cliqua sur le seul raccourci de son bureau informatique, entra identifiant et code d'accès puis partit sans relâche à la pêche aux informations.
Katherine Beckett, Katherine Houghton Beckett Rodgers Castle - Ex-lieutenant de la police de New-York, de nombreuses fois récompensée pour ses états de service ainsi que son courage…
L'homme n'en lut davantage. Ce n'était pas la peine d'aller plus loin et de poursuivre. Cela lui suffisait amplement. Sourire aux lèvres, un brin narquois, il se laissa choir au fond de son fauteuil. Il avait eu du flair son instinct avait parlé. Elle était parfaite pour son plan et surtout, ainsi, il remontrait dans l'estime de ses supérieurs.
Chez les Castle, aux alentours des vingt heures.
Assis l'un en face de l'autre, uniquement séparés par un bureau se résumant à une planche de bois posée sur deux tréteaux, ils se regardaient. Rien de bien intrusif, rien de bien romantique non plus, juste un homme et une femme, perdus dans le silence et la lumière tamisée de leur cocon. Les visages seulement éclairés par le faisceau d'une lampe de bureau au design épuré, ils semblaient hésitants. Tous les deux. Aucun pour rattrapait l'autre.
-Alors, on procède comment ? Chuchota Richard comme hésitant à briser le silence.
-Euh… Rappelle-moi. C'est bien toi l'expert ?
-Votre humour vous perdra Madame Castle, ironisa-t-il. Je suis l'écrivain certes mais je n'ai jamais écrit avec quelqu'un.
-Oui mais tu sais comment lancer une histoire, débuter une intrigue.
-Tu vas rire mais je ne sais pas. Enfin, se reprit-il devant son air étonné. Je ne me pose pas cette question. L'inspiration arrive et je couche sur papier ou ordinateur mes idées. Tu vois, c'est… C'est en fonction de ce que je ressens, de ce que je vois, de ce que je vis… De ce que nous vivons.
Attendrie pas cette dernière phrase que son époux n'avait pas à priori pas calculé, elle se mit à le contempler davantage. Ainsi par des petits mots devenues attenions au fil des années, elle savourait la chance qu'elle avait de vivre avec un homme de lettre, qui plus est, éperdument amoureux d'elle. Il ne se rendait pour la plupart du temps pas compte de ce romantisme fait mot mais elle, elle ne s'en rassasiait jamais.
-Kate ?
-Euh oui, excuse-moi, sourit-elle. Si tu ne sais pas par quoi commencer, nous devrions peut-être choisir le thème ?
-Tu es sérieuse ?
-J'ai dit une bêtise ?
Elle semblait si naïve, si jeune. Presque une enfant. Il secoua la tête, amusé par sa femme. Comment pouvait-elle poser cette question ? Pour lui, c'était clair. Il n'avait qu'un choix, qu'une possibilité… Qu'une envie.
-On poursuit les aventures de Nikky Heat !
-Tu es sérieux ?
-Bien sûr, je ne me vois pas écrire autre chose que les histoires palpitantes du personnage s'inspirant de ma muse.
-Tu sais que je t'aime, murmura-t-elle la voix chevrotante.
-Je crois, rougit-il comme un jeune adolescent vivant ses premiers émois.
Elle sourit devant sa gêne, se remémorant la discussion qu'ils avaient eu plus tôt. Il avait bien saisi le message. Ne plus douter. Ne plus craindre… Du moins, de son amour à son égard.
-Alors où vont claquer les talons de Nikky ?
-Je ne sais pas encore mais… Je voudrais quelque chose de spécial pour la relation de Heat et Rook.
-Quelque chose de spécial ?
-Oui, comme… Je ne sais pas… Tu vois…
Il jouait avec son stylo, n'osant la regarder. Il savait parfaitement ce qu'il désirait seulement, il appréhendait la réaction de sa muse. Alors, comme si de rien n'était, il se murât dans un processus que sa moitié, souvent témoin de ses phases de production, pouvait assimiler à une période de réflexion. Des heures, des minutes, des secondes à penser, à imaginer sans écrire le moindre mot, sans frapper la moindre touche. Malheureusement, elle le connaissait trop bien.
-Un enfant ?
Castle releva les yeux vers elle, encore une fois surpris et heureux de voir à quel point ils pouvaient se comprendre sans même se parler… Toujours ou presque sur la même longueur d'onde. Toujours ou presque d'accord. Toujours ou presque ces âmes-sœurs étranges à l'esprit des simples mortels.
-Oui, chuchota-t-il encore incertain.
-Alors, en conclut l'ex-lieutenant émue, Nikky sera en plus d'être une épouse épanouie, une mère comblée.
Les larmes plus que menaçantes chez l'un comme chez l'autre, ils mouraient d'envie de s'embrasser, de se toucher… De s'aimer tout simplement. Alors, sans plus attendre, sans plus réfléchir quitte à prendre peur par la suite, quitte à peut-être regretter, Rick avança sa main légèrement tremblante sur le bureau, sans jamais quitter les yeux de sa femme.
-Babe, qu'est-ce que tu…
-Approche, l'interrompit-il.
-Tu es…
-Chut.
Elle le voyait pour une fois déterminée dans un besoin de vrai contact, de vraie union mais elle sentait aussi qu'il pouvait basculer d'une seconde à l'autre. Tout comme elle. Ses doigts fin tremblotaient sans qu'elle n'y puisse rien, trop soucieuse de voir comment ils allaient tous les deux réagir à un nouveau peau contre peau. Enfin. Il y était presque. Quelques millimètres et il sentirait de nouveau, s'il se souvenait bien, une peau douce, légèrement chaude surement un peu moite prendre place contre la sienne. Bientôt. Il n'eut besoin d'aucun mot, d'aucun geste pour que dans un synchronisme parfait, sa femme écarte légèrement ses doigts pour l'accueillir. Ils prirent place entre les siens, s'accrochèrent, s'entrelacèrent et se relevèrent pour que paume contre paume, elles soient liées. Leurs regards vers leurs deux mains jointes, ils pleuraient. De joie. De bonheur. Sans doute d'allégresse aussi.
Quasiment sept mois, qu'elle n'avait pu le toucher et encore moins, lier sa main avec la sienne. Sa force faite main, paradoxalement sensible, l'enveloppait, la rassurait, lui étreignait le cœur et les émotions qui s'y bousculaient en ce moment même. Elle adorait être ainsi, celle fragile presque timide qui savourait l'enlacement de sa grande main contre la sienne, plus petite, plus fine.
-Je t'aime, chuchota-t-elle.
Une si belle déclaration scellant une promesse écho et image de leurs doigts encore accrochés, l'écrivain ne résista pas et se mit à sangloter. Trop. Trop de ressentis. Trop de sincérité. Trop de renouveau…. Il ne pouvait se musser derrière l'homme qu'il était jadis. La sensation de sa main contre celle de son amour… Très peu pour certain. Geste anodin pour d'autre. Mais n'était-ce pas cette union pudique mais à la fois publique qui faisait qu'un amoureux appartenait à un autre ? Qu'une femme prouvait à un autre qu'elle était déjà conquise ? Qu'un homme démontrait que son cœur avait déjà été ravi ? N'était-ce pas non plus ce contact qui entrainait la promesse d'une après-midi tendresse ? D'une soirée plus qu'amitié ? D'un matin nettement moins enfantin ? Si…
-Je t'aime aussi….
Un léger tintement se fit entendre à travers la pièce, sortant les deux cœurs fragiles de leur bulle.
-Appelle face-time d'Alexis, tu viens ? L'interrogea-t-il en se défaisant délicatement de sa main en regardant l'écran de son ordinateur.
-Bien sûr, déglutit Beckett en effaçant les dernières larmes de son visage. Tu devrais faire de même, lui sourit-elle en sentant son regard sur elle.
-Tu as raison, elles vont se faire des films sinon.
Assis l'un à côté de l'autre, quelques stigmates des émotions passées encore présentes sur les joues, ils découvrirent les deux rousses apparemment excitées de les revoir.
-Bonsoir papa, bonsoir Kate !
-Richard, Katherine ! Comment allez-vous ?
-Bonsoir ! Nous allons bien et vous ?
-Très bien mais vous nous manquez, avoua la plus jeune.
Martha passa un bras autour de ses épaules, la rapprochant d'elle. C'était dur. Parfois très dur. Pour les deux. Mais Alexis était bien celle qui souffrait le plus. L'ainée tentait ainsi jour après jour de combler ce vide qui serrait le cœur de sa petite fille, seulement rien ne pouvait faire taire l'absence d'un père.
-Vous aussi vous nous manquer mais souviens-toi Lex, vous venez nous voir en été.
Richard essayait de la rassurer, de la consoler car il ne savait que trop bien les émotions que pouvaient faire naitre un père absent. Mais, à des milliers de kilomètres, le réconfort se révélait plus difficile que jamais. Ne pas pouvoir lui parler en tête à tête dans son bureau. Ne pas pouvoir la prendre dans ses bras. Ne pas pouvoir discuter avec elle, tard le soir sur le canapé du loft. Ne pas pouvoir la soutenir quand elle rentrait épuisée ou énervée. Lui aussi, ça lui manquait.
-Je sais bien papa.
Oui… Elle savait. Seulement, elle vivait assez mal la séparation avec son père. Elle n'avait pas un sentiment d'abandon ou même un quelconque sentiment de colère à son égard, car ce n'était pas une décision égoïste de son père que de s'éloigner de son quotidien mais… La conscience était un être abstrus et dépourvu de sens quand les sentiments s'en mêlaient. Elle avait pourtant bien conscience que s'il n'était pas parti, il n'y aurait eu aucune chance qu'il redevienne celui qu'il était, toutefois, concevoir et accepter, c'était une autre paire de manches.
-Et tes études ? L'interrogea l'ex-lieutenant pour dédramatiser la discussion. Toujours la tête plongée dans les bouquins ?
-Plutôt submergée par les livres, ria la rouquine.
-Regardez par vous-mêmes, soupira Martha en décalant l'ordinateur.
-Tu as envahi le loft ! S'exclama l'écrivain, estomaqué de voir son chez lui transformé en bibliothèque.
-Et tu n'as pas vu ton bureau fils !
-Cela ne vous dérange pas de parler de moi alors que je suis encore là ? S'offusqua-t-elle. Et pour ta gouverne papa, je n'ai qu'entreposer les documents que Kate m'a transmis avant de partir.
-C'était ça les cartons du poste ? S'enquit l'écrivain auprès de sa muse.
-Oui, j'ai récupéré les doubles des affaires que nous avons résolu tous les deux.
-Et crois-moi, vous n'avez pas chômé !
-C'est ça l'alchimie Alexis, sourit Castle.
-Je sens qu'on va déraper sur des sujets dont je n'ai toujours pas envie de parler avec vous alors je vous embrasse et vous souhaite une bonne nuit !
-Bonne nuit Lex !
-Bonne nuit Pumkin !
La jeune femme leur envoya un baiser, un sourire aux lèvres, ravie d'avoir pu retrouver son père et sa belle-mère ne serait-ce que quelques minutes. Elle aurait bien discuté encore et encore mais c'était au-dessus de ses forces. Des larmes auraient coulé. Un écran qui s'interposait entre elle et son père, ce n'était pour elle, pas la relation père-file à laquelle elle avait été habituée depuis sa tendre enfance.
-Comment va-t-elle réellement ?
Katherine détourna son regard sur son époux, toujours heureuse de voir le papa poule ressurgir quand il s'agissait de sa petite tête rousse. Elle l'adorait ainsi si protecteur, si paternel.
-Je ne vais pas te mentir Richard, elle est triste de ne pas vous avoir près d'elle.
-Tout ça est de ma faute, se lamenta-t-il.
-Non ! Rectifièrent en même temps Kate et Martha.
Les deux femmes se sourirent, conscientes de l'osmose qui les unissait quand il s'agissait de l'être qu'elles aimaient toutes les deux. Elles étaient toujours sur la même longueur d'onde, d'autant plus durant cette période qu'elles savaient l'une contre l'autre, décisive dans la reconstruction de Castle.
-Babe, tout ceci n'est en rien ta faute, murmura l'ex-lieutenant. Tu le sais très bien. Alors, si Alexis est triste, je peux le concevoir mais rappelle-toi aussi qu'elle doit apprendre à grandir, à couper le cordon. Je ne dis pas que notre éloignement de New-York était la meilleure des solutions pour elle mais je pense que c'est un bien pour un mal au final.
-Ta fille grandit Richard… Ma petite-fille aussi… Katherine a raison.
Rick étudia tour à tour sa femme, sa mère… Elles n'avaient pas tort, comme souvent. Seulement, pour lui, fils unique, il avait l'impression d'abandonner sa fille, son enfant, la chaire de sa chaire. Sentiment irrépressible presque inconscient, il savait aussi que ce départ, ce nouvel envol était la seule solution pour reprendre sa vie d'avant, alors le prix en valait peut-être la chandelle.
-Sinon, sérieusement, comment allez-vous ? Reprit la matriarche.
Les concernés se retournèrent, leurs yeux s'accrochant et dans un synchronisme parfait se retournèrent vers l'écran : ils avaient leur réponse.
-On va bien.
Martha sourit. Il était vrai, ils avaient tous deux repris une once de cette magie qui les faisait eux. Il manquait un petit quelque chose, elle n'en doutait pas mais de l'extérieur, pour des personnes non-initiées, ils formaient un joli couple. Alors, s'ils ne voulaient rien lui dire, ou plutôt si Kate ne voulait se dévoiler sur sa vie personnelle, intime, elle respecterait son choix. Elle n'avait rien à dire.
-Je suis heureux pour vous alors.
Un moment de silence. Un blanc. Beckett se sentait de trop. Elle n'aurait su l'expliquer mais elle préféra s'éclipser et laisser un peu de temps à son époux et à sa belle-mère pour un tête-à-tête. Qui sait peut-être qu'il réussirait à se livrer ? A dépasser certaines de ses craintes ?
-Je vais me coucher, fit-elle en se levant. Bonne nuit Martha ! A demain Babe.
-A demain mon cœur.
-A bientôt Katherine, prenez soin de vous !
L'actrice masqua son amusement devant le regard amoureux et admiratif de son fils suivant les courbes du corps de son épouse valsant pour quitter la pièce. Manque de chance, Richard avait eu l'œil.
-Ne te moque pas de moi mère, se défendit-il. Elle est parfaite.
-Je ne peux dire le contraire.
-Je me demande encore comment elle fait pour accepter cette vie…
Enfin ! Il se livrait. Elle avait attendu des semaines et des semaines pour qu'il lui livre davantage que les faits atroces dont il avait été victime et apparemment, c'était ce soir.
-Elle me dit sans cesse qu'elle est heureuse, qu'elle m'aime… Mais quand je la vois, je n'arrive pas à faire taire cette petite voix lancinante qui me dit qu'elle pourrait être encore plus heureuse, épanouie…
-Qu'ai-je fait pour avoir un fils si bête ! S'agaça Martha. Tu n'as toujours pas compris que le bonheur de ta femme, c'était toi ! Tu es celui qui la rend si belle, si joyeuse, si amoureuse.
-Oui mais…
-Il n'y a pas de mais Richard, le coupa-t-elle. Si tu penses toujours ainsi, à chercher le pourquoi du comment, à comprendre ci et là, tu n'avanceras et vous n'avancerez pas. C'est avec cet esprit-là que tu perdras ton épouse.
Elle venait de lui porter le coup de grâce mais là était bien son but. Elle voulait lui faire entendre que s'il ne se bougeait pas, que s'il restait toujours tourmenter dans des aberrations telles que se demander si sa moitié ne serait pas plus satisfaite sans lui, il courrait à la catastrophe. Elle y avait été bien évidemment fort avec un éventuel départ de Katherine, tant elle savait que c'était impensable, seulement, elle voulait qu'il réagisse, qu'il se batte.
-Tu… Tu crois ?
-J'en suis certaine fils.
Alors le verdict ? Ennuyeux… J'essaie de faire de mon mieux mais ce n'est pas non plus une histoire où l'action est au centre de l'intrigue… xD
Un p'tit commentaire ? Sinon, à dans quinze jours tout le monde.
