Disclaimers : Les personnages ne sont pas à moi, je n'en retire que le plaisir de les mettre en scène.

Titre : Liens de sang II

Auteur : Ephemeris

Résumé : Heero, Duo et Hélène vivent une vie tranquille où ils travaillent dans l'anonymat, mais les choses se compliquent, des événements inattendus arrivent et une lettre étrange leur parvient, peut-être signe de mauvais augure.

Couples : 1x2x1

Genre : Un peu plus comme l'histoire originale de Gundam Wing, moins comme la première partie de cette fic, mais un peu quand même…

Rating : T

Warnings : Yaoi. Ceci est la suite de Liens de sang. Il va sans dire qu'il est préférable pour votre compréhension de lire cette première partie avant de commencer celle qui suit dans sa totalité.


Liens de sang II

Chapitre 6

Wing Zero, Deathscythe, Heavy arms, Sandrock et Shenlong, ces cinq machines de guerre qui étaient devenues des légendes en matière de combat, de puissance et de grâce mécanique ces cinq Gundams qui, vingt ans plus tôt, avaient été détruits par leurs pilotes sous la demande du gouvernement terrestre pour des questions de sécurité une partie de ces cinq entités qui avaient disparu des années plus tôt venait de renaître sous les yeux des cinq pilotes.

Tout d'abord incapables de parler, les cinq hommes qui venaient d'entrer dans le hangar jetèrent des regards étonnés et incrédules sur les armures mobiles qui se dressaient fièrement devant eux. A cet instant, plus rien n'existait, les ingénieurs avaient disparu avec toutes les inquiétudes qui minaient les anciens pilotes. Seule Hélène, restée en retrait, avait encore conscience de l'espace et du temps, observant son père et ses anciens compagnons sans trop réaliser la force de leur réaction à tous.

« Je… Je comprends pas… » balbutia Duo en montrant du doigt les armures mobiles. « On voit bien que ce sont des Taurus, mais… Mais… »

« Mais ils dégagent quelque chose comme… » tenta de continuer Quatre.

« Comme les Gundams, » termina un homme vêtu d'une blouse blanche qui s'approcha d'eux.

Les cinq garçons tournèrent leurs regards vers cet homme qui arriva à leur niveau en souriant.

« J'imagine que j'ai là l'honneur de m'adresser aux anciens pilotes de Gundam ? »

La seule réponse qu'il reçut fut un hochement de tête de la part de Wufei qui cherchait à retrouver son calme. Cette réponse suffit à l'ingénieur pour continuer.

« Je suis ravi de vous rencontrer. Je suis l'ingénieur chargé du projet Taurus 00, Dorian Rockside. »

Il tendit la main vers Duo qui était le plus proche de lui en le regardant bien en face, mais ce dernier, avant de prendre la main qu'on lui présentait, ne put retenir une question.

« C'est vous qui avez fait ça ? » demanda-t-il en montrant les armures mobiles.

Sur la réponse affirmative de l'homme, Duo prit vivement la main de ce dernier avec un grand sourire.

« Enchanté, je suis Duo Maxwell, ancien pilote du Deathscythe. »

Le sourire de l'ingénieur s'agrandit à cette déclaration et, en serrant tour à tour les mains des quatre autres pilotes, Hélène, toujours en retrait, pouvait voir l'étincelle dans les yeux de cet homme s'intensifier au fil des présentations.

« Messieurs, maintenant que vous êtes là, laissez-moi vous expliquer en quoi consiste le projet Taurus 00. Etant donné que vous avez eu entre les mains les commandes des machines de guerre les plus performantes de l'histoire, le gouvernement a trouvé qu'il serait préférable d'apporter quelques modifications sur les machines existantes. On m'a nommé chef du projet et je me suis permis de baser nos améliorations sur les capacités des Gundams. »

Dorian se mit en marche et invita ses visiteurs à le suivre.

« Je dois avouer que j'ai toujours eu une grande fascination pour les Gundams. A l'époque de la grande guerre, je n'avais qu'une quinzaine d'années et j'étais à l'affût de tout ce qui pouvait les concerner, au grand damne de mes parents qui avaient peur des représailles du fait que vous étiez considérés, à tort selon moi, comme des terroristes. Grâce donc aux informations que j'ai récoltées et précieusement conservées depuis vingt ans, j'ai produit les plans pour les modifications, que ce soit dans les capacités de combat ou encore dans l'aspect physique. »

« Vous voulez dire que si je prends ce Taurus, » s'écria Duo en pointant une machine au revêtement noir, « je vais me sentir comme aux commandes du Deathscythe ? »

Dorian sourit.

« Je pense tout de même qu'il y aura une petite période d'adaptation vu que les proportions sont un peu différentes, mais je crois que vous ne serez pas longtemps dépaysé. D'ailleurs, Monsieur Maxwell, nous avons ajouté à ce Taurus une grande faux à rayon thermique qui se porte dans le dos. »

Les yeux de Duo s'ouvrirent en grand, passant de Dorian au Taurus qui lui était visiblement destiné.

« Une grande faux ! Je vais avoir une grande faux comme mon Deathscythe ! »

« Oui, les caractéristiques principales des cinq Gundams ont été ajoutées au mieux sur ces cinq armures Taurus. »

Dorian expliqua alors les capacités de chaque machine l'une avait une grande puissance de tir concentrée dans les bras et le torse que Trowa regarda d'un œil étincelant une autre était équipée d'un lance-flamme qui fit tressaillir Wufei d'excitation deux grands sabres étaient disponibles sur une autre qui fit sourire Quatre la dernière, enfin, avait un puissant rayon destructeur et deux grandes ailes qui rendirent Heero nostalgique.

Hélène, à ces explications, prit vraiment conscience de la portée de ces révélations sur les cinq pilotes et plus particulièrement sur les deux hommes qui partageaient sa vie. Elle-même impressionnée de voir devant elle des esquisses de Gundams, elle s'était rapprochée et avait glissé sa main dans celle de son père.

« Tu te rends compte comme c'est beau, Hélène, » lui dit son père à son contact, sans pour autant lâcher des yeux sa future armure mobile.

A cet instant, Dorian se rendit compte de la présence de la jeune fille qu'il n'avait pas remarqué à cause de son empressement à rencontrer les anciens pilotes qu'il admirait tant. Il s'avança alors vers elle.

« Pardonnez-moi, mais je ne savais pas qu'une sixième personne devait venir aujourd'hui. Vous êtes ? »

Hélène tourna le regard vers l'ingénieur et lui tendit sa main libre en souriant.

« Pardon, je suis Hélène Maxwell, la fille de Duo Maxwell. »

« Hélène Maxwell ? C'est donc vous qui venez renforcer l'équipe. Il paraît que vous êtes très douée pour la mécanique et en particulier en ce qui concerne les armures mobiles. »

« Elle va donc travailler ici ? » s'exclama Duo.

Puis, il tourna un regard étincelant vers sa fille.

« Si c'est toi qui répares mon armure mobile quand elle en aura besoin, je n'ai vraiment rien à craindre alors. »

D'un geste tendre, il caressa la joue de sa fille du revers de la main, ce qui produisit un étrange sentiment dans l'assistance. Les trois pilotes qui n'avaient rencontré Hélène que très récemment, ne s'étaient pas encore totalement fait à l'idée que Duo puisse avoir une fille, mais de le voir si attentif, si attentionné envers cette jeune fille provoquait de drôles de choses en eux sans qu'ils ne puissent les définir.

Ce fut à ce moment qu'un grand fracas se fit entendre derrière eux et, en se retournant, ils virent un ingénieur agenouillé devant une caisse en plastique, ramassant des pièces de métal éparpillées sur le sol qui devaient être originaires de la caisse avant ce grand bruit. Sans qu'un mot ne soit prononcé, tous comprirent à quoi était dû l'incident. Devant l'homme agenouillé se tenait une femme en tailleur violet et en escarpins qui regardait avec de grands yeux l'ingénieur.

« Vous pourriez faire attention tout de même ! » s'exclama Relena en passant son chemin et marchant vers l'attroupement.

Lorsqu'elle fut à leur niveau, elle jeta un coup d'œil circulaire pour s'assurer que tous les intéressés étaient présents.

« J'imagine que les présentations sont faites. Rockside, veuillez présenter le projet Taurus 00 à ces messieurs, je vous prie. »

« C'est chose faite, Madame la ministre. »

Relena ouvrit de grands yeux, outrée.

« Comment ? Vous avez présenté le projet sans que je sois présente ? »

« Veuillez m'en excuser, mais l'empressement de ces messieurs… »

« C'est vrai Relena, » le coupa Duo. « Un si beau projet comme ça, sous nos yeux, on n'a pas pu attendre. Mais de toute façon, tu le connaissais déjà le projet, tu n'avais pas besoin d'être là. Ou bien, si tu voulais le réentendre pour comprendre ce que tu n'avais pas compris, il fallait être à l'heure. »

Si les regards pouvaient tuer, Duo n'aurait plus été de ce monde après cet affront public, mais les yeux n'ayant pas cette capacité, il resta debout, fier comme un paon, un petit sourire mi amusé, mi sadique sur le visage.

Il fallut quelques secondes à la ministre pour digérer ceci et reprendre un semblant de calme pour s'adresser de nouveau au groupe.

« Puisque vous savez de quoi il s'agit, je vous laisse les deux prochaines heures pour explorer ces armures de guerre. Une fois cela fait, retrouvez-moi dans la salle de conférence pour rencontrer les chefs militaires. »

Et elle tourna les talons sans attendre de réponse, mais elle en perçut une tout de même.

« Okay, à tout à l'heure, Princesse ! » lança Duo, plus joueur que jamais.

Cette appellation fit tressaillir la jeune femme qui tenta de dissimuler son trouble, mais qui sortit du hangar beaucoup plus rapidement que ce qu'elle avait prévu. Une fois qu'elle fut sortie, Heero se tourna vers son amant.

« Je vois que vingt ans plus tard, tu es toujours aussi gamin. Calme-toi un peu quand même, tu pourrais t'attirer des problèmes. »

« C'est vrai ça, » renchérit Hélène. « Et pourquoi tu n'arrêtes pas de l'appeler 'Princesse' ? Je vois bien que ça ne lui plaît pas, mais c'est tout de même un titre important. Je comprends pas pourquoi tu lui donnes ce titre. »

Duo eut un petit rire sournois avant de répondre.

« Ma pauvre enfant, j'oublie parfois que tu es jeune et que tu n'as pas vécu à cette époque, alors laisse-moi t'expliquer en deux mots : cette appellation est tout ce qu'il y a de plus ironique et sarcastique. Ce qu'on ne dit pas dans les livres d'histoire, c'est que techniquement, Relena est une princesse, la princesse du royaume de Sank qui n'existe plus vraiment aujourd'hui. Elle serait donc à la tête d'un pays virtuel et donc elle est une princesse virtuelle. »

Hélène comprit l'ironie de cette situation et un petit sourire apparut sur ses lèvres. Mais alors qu'elle allait passer à un autre sujet, son père se retourna vers les autres pilotes, comme pour chercher leur approbation et ajouta :

« Et puis, elle a fini ministre alors qu'il faut pas oublier que la fondation Romfeller l'avait nommée Reine du Monde, et ça, c'est encore pire pour son estime personnelle ! »


Les deux heures accordées par Relena pour faire connaissance avec les armures Taurus furent utilisées à cet effet. Chaque pilote, sans que Dorian Rockside ne leur ait indiqué l'armure qui leur était destinée, s'était dirigé naturellement vers celle-ci. Alors que Wufei, Heero et Trowa avait tout d'abord observé de l'extérieur leurs machines calmement, Quatre l'avait fait avec un enthousiasme qui trahissait son excitation tandis que Duo s'était empressé de grimper dans le cockpit pour retrouver cette sensation d'être aux commandes d'une armure mobile.

Hélène, quant à elle, était restée au sol, près de Dorian, observant le manège des cinq pilotes, mais admirant également ces armures mobiles. Elle éprouvait une joie immense d'avoir le privilège, surtout à son âge, de pouvoir travailler sur de telles machines. L'ingénieur laissait vagabonder son regard dans le hangar, lançant des coups d'œil furtifs à Hélène.

« Il paraît, Mademoiselle Maxwell, que vous êtes une mécanicienne très douée. Je ne vous croyais pas si jeune. »

Hélène sourit en tournant son regard vers son nouveau patron.

« C'est mon père qui m'a tout appris. Il est lui-même très fort dans tout ce qui est réparation d'armures mobiles. J'ai entendu dire aussi que ma mère avait un certain potentiel dans ce domaine, ça doit être inscrit dans mes gênes. »

« Et votre mère n'est-elle pas également ici ? A-t-on fait appel à elle ? »

Hélène baissa un peu la tête, mais répondit.

« J'ai cru comprendre que oui, mais elle n'est pas ici et ne viendra pas. Ces gens des Preventers sont bien renseignés sur certaines choses, mais ils ne savaient pas que ma mère est décédée il y a un peu plus de trois ans. »

Dorian fronça les sourcils à cette déclaration.

« Excusez-moi, je n'étais pas au courant. »

Hélène fit un vague geste pour montrer que ce n'était pas grave et regarda de nouveau les armures mobiles. Soudainement, l'une d'elle émit un son aigu qui attira l'attention de toutes les personnes présentes dans le hangar. Les yeux de la machine s'allumèrent et un bras de mit en mouvement. Dorian, le regard paniqué, avança de quelques pas et s'empara d'un émetteur qui, à priori, servait à communiquer avec la machine.

« Monsieur Maxwell, arrêtez cette machine ! Vous ne pouvez pas l'initialiser dans ce hangar ! Je vous en prie ! »

Il n'y eut aucune réponse du pilote, mais le message sembla être entendu et compris par ce dernier. La machine retrouva son immobilité première et le cockpit s'ouvrit pour laisser descendre Duo. Une fois l'homme de nouveau sur le sol, il s'avança lentement vers Dorian avec une expression de joie mélangée à de l'admiration sur le visage.

« Vous… Vous avez fait un travail remarquable avec cet engin. Là, à l'instant, je me suis retrouvé comme dans mon Deathscythe. »

Hélène fixait son père d'un regard intense, surprise de voir une telle expression sur son visage après simplement avoir pris les commandes de cette armure mobile qu'on lui imposait. Mais en voyant poindre au coin de l'œil de son père une toute petite larme, elle réalisa que le lien qu'il y avait eu entre son père et son Gundam, ce lien qu'on lui avait cruellement demandé de briser, ce lien allait pouvoir être recréé avec cette machine qui avait été construite dans la pensée des Gundams.

« J'en suis presque à espérer que la première mission qu'on va nous confier arrive très vite pour que je puisse décoller avec cet engin. »

« Ne t'emballe pas trop Duo, » intervint Trowa qui était descendu de son armure mobile. « J'ai comme l'impression que nous n'aurons pas autant de liberté que pendant l'opération Météore. »

Duo fronça les sourcils, se souvenant des ordres souvent abrupts qu'on leur avait donnés vingt ans plus tôt. A cette époque, il n'aimait déjà pas recevoir des ordres et l'âge ne l'avait pas assagi sur ce point de son caractère. Du fait que les deux heures octroyées par Relena étaient écoulées, les cinq pilotes se regroupèrent pour se rendre là où les attendaient les chefs militaires, précédés de Dorian. Mais alors qu'Hélène les regardait s'éloigner, Duo se retourna vers elle, fit quelques pas dans sa direction et l'attrapa par le poignet.

« Toi, tu viens avec moi. Tu n'es pas pilote, mais tu assisteras à toutes les réunions avec moi, même si ça ne plaît pas à l'autre. »

Hélène ne pensa même pas à répliquer et se laissa entrainer, trop heureuse de ne pas rester en arrière. Le cortège avançait dans les couloirs d'un pas plus rapide que ce dont il avait pris l'habitude depuis que cette affaire avait commencé. D'une certaine manière, ils étaient tous impatients d'entendre quelque chose de concret sur leur rôle dans ce conflit et de rencontrer les chefs militaires, les chefs de guerre, malgré la connotation que cela avait, les émoustillaient.

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle de réunion où Relena les avait convoqués, la présence renforcée de la ministre par deux hommes en uniformes jeta un froid sur le groupe. Ces deux militaires avaient un regard étrange et une expression inquiétante. Chacun prit place, Hélène à côté de son père et Dorian se plaça debout derrière Relena, prêt à intervenir si la ministre le lui demandait. Cette dernière prit alors la parole.

« Messieurs, je vous présente le Général Dixon et le Colonel Casdan. Ils sont en charge de l'armée terrestre en collaboration avec mon ministère et vous travaillerez donc sous leurs ordres en plus des miens à partir de maintenant. »

Elle fit une pause, échangeant un regard avec le Général qui prit alors la parole.

« Comme vous le savez, nous avons subi plusieurs attaques à buts terroristes que nous ne pouvons accepter sans réagir. Nous pensons que ces terroristes se servent des bases de l'ancienne Alliance terrestre qui ne sont plus en service. »

« Vous parlez des bases de l'Alliance ou bien des bases d'Oz ? » interrompit Duo, sans la moindre gêne.

Le Général le fixa de son regard de glace pendant quelques secondes et se pencha vers la ministre en lui demandant à mi-voix :

« Le nom de cet impertinent ? »

« Duo Maxwell, » répondit Relena sur le même ton, ne pouvant s'empêcher de sourire.

« Maxwell, » s'écria alors le Général d'une voix tonitruante. « Je vous ferai ravaler votre impertinence ! Ne m'interrompez jamais et quand vous vous adressez à moi, dites 'Monsieur'. »

Duo, peu habitué à devoir appliquer le code militaire, fut abasourdi de cette façon de s'adresser à lui, mais se reprit rapidement. Fronçant les sourcils, il se leva doucement, croisa les bras sur sa poitrine et fixa le général dans les yeux.

« Monsieur, » commença-t-il. « Vous êtes peut-être général des armées, mais moi, je suis pilote de Gundam. »

Il avait prononcé ces mots avec une telle froideur, mais en même temps avec un regard si enflammé que le général se sentit mal pendant un instant.

« Duo… » murmura Heero, cherchant, le plus discrètement possible, à calmer son compagnon qui reprit.

« Je vous dois le respect ? Vous me le devez aussi. Je vous ai posé une question parce que ce que vous nous dites n'est pas clair pour moi. Je viens d'arriver. Je dois m'excuser de ne pas être au courant de la situation ? C'est pourtant vous qui avez fait appel à moi. Débrouillez-vous pour m'expliquer les choses calmement. »

Sans lâcher les yeux du général, il se rassit lentement en ajoutant :

« Et vous aussi, la prochaine fois que vous vous adresserez à moi, appelez-moi 'Monsieur'. »

Le général ne bougea pas pendant quelques secondes, comme en transe tant ce qui venait de se produire était inhabituel pour lui. Il se ressaisit le plus rapidement possible et reprit ses explications, demandant au colonel à côté de lui de lui rappeler la question que Duo lui avait posée.

« Ah oui, les bases. Eh bien, les bases désaffectées que nous avons répertoriées étaient la propriété de l'Alliance, mais Oz était une faction interne à l'Alliance, il est fort probable que les bases en question aient été utilisées par Oz également. »

A l'entente de cette réponse, Duo fit un petit signe de tête indiquant qu'il était satisfait de ce qu'il venait d'entendre. Relena, qui s'était contentée d'observer l'échange qui avait eu lieu, se sentait bouillir et fusillait Duo du regard sans que celui-ci ne s'en préoccupe. Ce fut alors que le colonel prit la relève.

« Vous travaillerez la plupart du temps en binôme et vos missions auront toujours des cibles bien précises. Nous savons que vous aviez votre propre manière de travailler lors du précédent conflit, mais nous vous demandons de suivre les procédures indiquées. Vous n'êtes plus des terroristes, vous êtes des soldats à partir d'aujourd'hui. »

Hélène eut un frisson à ce terme de terroriste. Dans sa tête, les pilotes de Gundam avaient œuvré pour la paix et donc étaient les gentils de l'histoire. Les considérer comme des terroristes, même si ce n'était pas une nouveauté, la rendait nerveuse, comme si les choses pouvaient prendre une tournure négative à tout moment.

« Vous aurez toutes vos informations sur un tableau à l'entrée du hangar où seront stationnées les machines prévues pour vous, » continua le colonel. « Référez-vous à ce tableau avant toute utilisation des Taurus et ne les utilisez que pour les missions qui vous seront attribuées. Lorsque vous ne serez pas en mission, les ingénieurs et mécaniciens s'occuperont des réparations éventuelles à effectuer avant les missions suivantes. Y a-t-il des questions ? »

Une main se leva dans l'assistance, le colonel demanda son nom rapidement à Relena et donna la parole à cette personne.

« Monsieur Winner ? » dit-il, n'oubliant pas l'échange entre son supérieur et Duo.

« Le début des opérations est prévu pour bientôt ? J'ai un peu de mal à rester inactif, » avoua-t-il en baissant un peu le regard.

« Vous devriez partir d'ici deux ou trois jours, le temps que les machines soient totalement opérationnelles et que les missions soient attribuées. Monsieur ? » termina-t-il en désignant une autre personne demandant la parole.

« Barton, monsieur. Serons-nous sollicités pour l'élaboration des missions ? Je sais que vous êtes compétents et que vous connaissez la situation, mais notre expérience n'est pas à négliger, surtout que nous avons déjà travaillé ensemble par le passé. »

« Votre intervention est judicieuse, monsieur Barton, mais ne vous en faites pas. Nous avons étudié les dossiers, nous connaissons parfaitement les caractéristiques de chacun d'entre vous pour préparer les missions au mieux. Nous préférons d'ailleurs qu'entre les missions, vous puissiez vous reposer pour ainsi être le plus productif lorsque vous devrez partir. »

Trowa hocha la tête pour montrer qu'il avait compris, mais cette façon de procéder, même si elle était très bien présentée, ne lui plaisait pas. Il ne posa pas la question, mais il se doutait qu'il n'aurait pas le droit de participer aux réparations ou modifications du Taurus qu'il allait piloter.

Ce fut alors que Heero demanda également la parole. Pendant les explications des officiers, il avait observé tour à tour toutes les personnes présentes dans la pièce, portant une attention un peu plus longue à Hélène qui semblait se décomposer au fur et à mesure du discours. Un échange de regard rapide avec Duo lui avait fait comprendre que son amant, après l'affrontement qu'il avait eu avec le général, ne voulait pas reprendre la parole. Ce fut Heero qui posa la question qu'il pensait brûler les lèvres de son compagnon.

« Je vous prie de m'excuser par avance, mais je vais aborder maintenant un sujet délicat, mais qui, je crois, nous concerne tous. »

« Mais je t'en prie, Heero, tu n'as pas à t'excuser voyons, » minauda Relena.

Duo détourna le regard pour ne pas sauter à la gorge de la ministre et Heero poursuivit.

« Qu'en est-il de la rémunération pour ce service ? »

Tous les regards se tournèrent vers Heero, étonnés que ce soit ce dernier qui ait abordé ce sujet. Personne n'avait osé, jusque là, demander les détails financiers, mais ils étaient importants. Tous avaient un travail qu'ils avaient dû abandonner et ne pouvaient rester dans revenu pendant une période indéterminée. Le général regarda Relena en lui faisant comprendre que c'était à elle que revenait cette partie. Elle s'avança alors et répondit.

« Il va sans dire que vous serez rémunérés pour le travail que vous allez fournir. Vous toucherez le salaire d'un officier Preventer puisque les responsabilités sont équivalentes. »

« Nous n'aurons pas une prime de risque ? » relança Heero, profitant de son influence positive sur Relena pour s'assurer le plus de choses possibles. « Et une assurance pour nos familles au cas où quelque chose tournerait mal ? Je ne dis pas que ça arrivera, mais nous sommes bien placés pour savoir que dans un conflit de ce type, les accidents arrivent. »

A l'entente de ces paroles, Hélène frissonna et chercha fébrilement la main de son père qui croisa son regard en lui prenant la main et en lui faisant un petit sourire réconfortant.

« Oui, bien sûr, vous aurez tous la possibilité de souscrire à des assurances vie subventionnées par le gouvernement. C'est normal, ne vous en faites pas, » termina Relena, un sourire crispé sur le visage.

Heero se sentait vainqueur et, pour l'achever, il ajouta :

« Ta bienveillance me touche, tu es vraiment digne de ta réputation. »

Un peu plus loin, Duo retenait son sourire du mieux qu'il le pouvait, mais profitait de la manière dont Heero jouait avec la ministre. Dans ces conditions, cette affaire commençait vraiment à lui plaire.

« D'ici votre première mission, nous allons avoir des détails à régler avec vous, » continua Relena. « Avec vous seuls, » ajouta-t-elle en regardant Hélène. « Rockside, vous pouvez retourner au hangar pour terminer les préparatifs des Taurus. »

Duo se tendit, mais sentant sa fille calme et posée à côté de lui, il ne tenta pas de la retenir ou chercher à la faire rester. Dorian s'éloigna de la ministre et invita Hélène à le suivre. Cette dernière sourit à son père et suivit son nouveau patron sans rien dire. Ils avaient du travail et se devaient, pour la sécurité des pilotes, de le mener à bien.

A suivre…


Note de l'auteur : Je ne suis pas une revenante, je vous l'assure, mais il est vrai que je reviens vers vous avec la suite de cette histoire après une très très longue absence. Je m'en excuse. Les choses de la vie nous font parfois faire des choses ou en oublier d'autres de manière étrange et inattendue, mais un relent d'inspiration en relisant les précédents chapitres m'ont donné envie de continuer cette histoire. J'espère que vous l'apprécierez et que vous trouverez encore l'envie de la suivre. Je compte bien la mener jusqu'au bout (je n'aime pas ce qui est inachevé) et il y aura donc une fin à cette histoire.

J'espère donc que ce chapitre vous aura plu et qu'il en sera de même pour la suite. N'hésitez pas à laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé.

-Ephemeris-