Hellow :) Me revoilà avec un nouveau chapitre :p Bon, comme c'était mon dernier en rab, les prochaines publications risquent d'être un peu plus espacées XD Surtout que comme je travaille ce mois-ci, je n'ai pas vraiment le temps d'écrire. La journée, peut pas, et le soir quand je rentre, je n'ai envie que d'une chose : glander ! XD Mea culpa... J'essayerais de me rattraper ! Mais je sais pas trop comment... d'autant que je ne suis pas sûre de pouvoir continuer cette histoire... 36 15 My Life bonjour... Bref XD
Je vous laisse lire tranquillement, en souhaitant, comme d'habitude, que cela vous plaise ;)
Résumé du chapitre précédent : Le Roi en personne est venu, inquiet par les messages que lui a envoyé le CRV. Il essaye lui aussi de déterminer si Aleya est oui ou non une ennemie. Quoiqu'il en soit… Ansem le Sage ne semble pas de cet avis ! Aleya lui a sauvé la vie juste avant que la machine n'explose. Ce qui implique donc qu'elle connaissait le monde de l'Organisation. Mais et l'Organisation en elle-même ?
Le réveil
« Elle courait, aussi vite qu'elle le pouvait, aussi rapidement que lui permettait ses poumons et son cœur, qui lui faisait mal. Horriblement mal. Même si ce n'était pas la douleur qu'elle ressentait depuis quelques temps. Non, celle là était pire, bien pire. La dernière fois qu'elle avait ressenti pareille souffrance, cela avait été à la mort de sa meilleure amie… Mais qu'importe.
Les arbres défilaient à toute vitesse autour d'elle, et elle était parfois contrainte d'en esquiver. Son chemin était plus ou moins tortueux dans la forêt de chênes. De temps en temps, les racines sortaient du sol, ce qui l'obligeait à faire des petits sauts, la fatiguant encore plus vite. Dans sa précipitation, elle n'en vit pas une et trébucha avant de tomber. Elle atterrit lourdement dans les feuilles tombantes de la fin de l'été, s'égratignant un peu les mains. N'y prêtant pas attention, elle se releva rapidement et reprit sa course éperdue.
Finalement, elle réussit à atteindre la rivière. Elle avait bien cru que jamais elle n'y arriverait. Remontant la berges sur quelques mètres, elle franchit le pont après avoir viré à droite, et continua ensuite tout droit, toujours sur un rythme effréné.
- « Je devrais bientôt le rejoindre » pensa-t-elle avec un certain soulagement. « Le champ des papillons est tout proche. »
Le champ des papillons… C'était son endroit préféré. On l'avait surnommé ainsi car plusieurs fois par an, des centaines de milliers de papillons se réunissaient pour butiner ou sortir de leur chrysalide et ensuite s'envoler, illuminant cette étendue de fleurs de nouvelles couleurs mouvantes et enchanteresses. Mais ce qui faisait le charme de ce lieu, c'était que peu de personnes le connaissait…Non, rectification. Tout le monde avait connaissance de l'existence de cet endroit, d'autant plus qu'il était visible depuis un point panoramique sur une falaise. Mais seulement quelques uns savaient comment s'y rendre facilement à pied. Et elle, elle le savait. Tout comme lui.
Et il avait choisi ce site justement parce qu'il était plus ou moins caché.Il ne serait pas dérangé de cette manière, comme il le lui avait dit la veille. Et elle avait approuvé, bien que cela lui fende le cœur. Ils s'étaient déjà dit au revoir vingt minutes auparavant, mais elle avait oublié quelque chose qu'elle voulait absolument luii remettre. Et ce quelque chose était une lettre qu'elle avait écrite pour que jamais il ne l'oublie, pour qu'il ne s'écarte jamais des raisons qui l'avaient poussé à partir. Normalement, ça ne devrait pas arriver. C'était même impossible que cela arrive. Mais elle se sentirait mieux en la lui donnant.
Ses jambes lui tiraient, elle avait un point de côté et quasiment plus de souffle. Mais elle continua quand même. Et finalement, elle le vit, en train de faire ses dernières vérifications sur l'appareil d'un gris sombre, fort simple, à l'abri des regards dans une grande anfractuosité de la paroi rocheuse. Elle l'interpella, ce qui attira l'attention sur elle avant de le rejoindre. Elle se planta devant lui, s'écroula même, à bout de force et hors d'haleine. Inquiet, il s'agenouilla à ses côtés, lui laissant reprendre un semblant de respiration. Elle tremblait suite à l'effort qu'elle venait de faire, elle qui n'était que peu habituée à courir. Elle était à deux doigts de s'évanouir, ses joues écarlates et son corps entier en sueur. Mais elle put rester consciente, et lorsqu'elle se sentit légèrement mieux, elle lui sourit.
- J'ai réussi à t'attraper avant ton départ, je suis contente.
- Tu es folle de te mettre dans un état pareil, sermonna-t-il, assez gentiment toutefois.
- J'avais quelque chose à te donner. J'ai oublié de le faire tout à l'heure.
Sur ces mots, elle sortit d'une des poches de son pantalon le papier sur lequel elle avait écrit et le tendit d'une main tremblante. Il le prit et lut la lettre. Un sourire, qu'elle qualifia d'attendri en le connaissant, apparut sur son visage d'habitude peu expressif.
- Tu as même signé de ton nom, remarqua-t-il. Aurais-tu peur que j'oublie ce pourquoi je pars ? Que je t'oublie toi ?
- C'est plutôt pour que tu penses à moi de temps en temps…
- Voyons, je penserais tout le temps à toi.
Il lui donna une bise sur la joue en disant cela et l'aida ensuite à se relever. Elle se tint à lui pour rester debout, les jambes décidemment trop flageolantes. Il supporta son poids jusqu'à ce qu'un bruit les fasse se retourner. C'était un autre homme, brun avec des yeux noirs. Elle fronça les sourcils. Elle ne l'aimait pas. Elle savait qui il était, elle savait que cet homme n'était que ténèbres et noirceur. Les deux hommes échangèrent quelques mots. Le vaisseau était prêt, il pouvait partir. Une nouvelle fois, elle sentit l'émotion lui nouer la gorge. Elle ne voulait pas qu'il parte. Il la prit dans ses bras, la serra bien fort pour lui faire comprendre son affection, même s'il ne le montrait que trop rarement.
- Quels que soit les dangers, et où que tu sois, je ferais tout pour te retrouver si tu ne reviens pas, prononça-t-elle, sanglotante.
- Je sais, fit-il en séchant quelques unes de ses larmes. Mais je reviendrais le plus vite possible. Au revoir, petite sœur.
À cet instant, tout se déroula très vite, comme un film que l'on passe en accéléré. Elle le vit se détacher d'elle et monter dans l'appareil, celui-ci décollant en soulevant la poussière, et elle le regarda ensuite s'éloigner. Alors que l'engin devait être à une centaine de mètres de hauteur, tout se figea. On avait appuyé sur pause. Elle paniqua lorsque le ciel s'obscurcit soudainement, comme si le voile de la nuit venait de tomber en moins d'une seconde. Elle porta son regard sur l'autre homme, qui était resté avec elle. Il lui souriait d'un air narquois. Puis six personnes, trois hommes et trois femmes, apparurent derrière lui sans qu'elle puisse deviner leur visage. Pourtant, au fond d'elle même, elle savait qui ils étaient...
Une aura sombre les entoura brutalement, se consumant telle une flamme infernale, avant d'aller se concentrer entre leurs mains. Elle n'osait bouger, terrifiée. Elle poussa un gémissement de douleur et se mit à genoux lorsque son cœur la lança. Cela fit rire les sept personnes. Se tenant le cœur, elle leva son regard vers eux. Horrifiée, elle ne put qu'assister, impuissante, à l'envoi d'une sorte de sphère noire partant de leurs mains pour venir percuter de plein fouet le vaisseau figé, qui explosa. »
- XEHANORT !!
Aleya se redressa vivement sur son lit alors qu'elle hurlait le nom de son frère, la respiration haletante et la sueur collant ses cheveux vermeille à son visage. Elle resta assise un instant, les yeux hagards, en proie à une forte frayeur. Elle porta machinalement ses doigts à son cou dans l'espoir d'y serrer son collier. Seulement, il n'était pas là… Elle l'avait perdu. Laissant échapper un gémissement de douleur lorsque son cœur se manifesta, en réaction à sa peur, elle se tourna pour voir si Xehanort, allongé juste à côté d'elle, se portait bien. Et même s'il était toujours inconscient, elle fut rassurée de le voir. Sa présence supplantait largement celle d'un collier. Elle tenta alors de se calmer, tandis que sa respiration retrouvait un rythme plus normal.
- Du calme Aleya, s'ordonna-t-elle en déglutissant. Ce n'était qu'un rêve, qu'un cauchemar. Ça ne s'est pas passé ainsi.
Elle essaya de faire la différence entre la réalité et son rêve, même si tout était encore trop vif et trop fort dans sa mémoire pour qu'elle y arrive bien. Elle repassa la scène point par point pour trouver les discordances et tout remettre en place dans sa tête, et finalement elle parvint à se souvenir exactement. Le ciel ne s'était jamais obscurci, il n'y avait jamais eu d'autre homme avec son frère à ce moment, les six autres n'étaient jamais apparus et le vaisseau n'avait jamais explosé.
Sa gorge se noua lorsqu'elle repensa à ce passage de son cauchemar. Et si cela était annonciateur de la prochaine mort de Xehanort ? Non, elle ne pourrait le supporter. Elle savait que si là, il mourrait, elle n'aurait aucun moyen de le ramener à la vie, de pouvoir être à nouveau avec lui. Elle avait déjà eu de la chance avec la Keyblade, et elle était consciente que ce serait la dernière qu'elle aurait. Il ne devait pas mourir !
La porte de la chambre s'ouvrit violemment, laissant entrer une faible lumière créée grâce à une bougie, seule source d'éclairage possible du fait du manque d'électricité. Aleya regarda Ansem s'approcher, visiblement inquiet. Il approcha la bougie du lit, examinant rapidement la jeune femme et son frère.
- Que s'est-il passé ? s'enquit-il. Je t'ai entendue hurler.
- C… ce n'est rien, rassura-t-elle en tentant, en vain, de sourire. J'ai fait un… très mauvais cauchemar. Excusez-moi de vous avoir réveillé.
- Ce n'est pas grave. Veux-tu m'en parler ?
- Non, c'est bon.
- Très bien. Mais souviens-toi que si jamais tu désire t'entretenir avec moi pour que l'on discute, cela ne me pose aucun soucis, quelle que soit l'heure.
- Je m'en rappellerai. Merci.
L'ancien souverain, satisfait de ces paroles, se retourna alors et quitta la pièce pour se replonger dans le sommeil, tout du moins l'espérait-il. Mais en portant un regard à la fenêtre, qui n'avait pas de rideaux, la jeune femme sut qu'il ne dormirait pas longtemps. La nuit commençait à s'évanouir, signe que l'aube ne tarderait pas. Et Ansem n'était pas du genre à s'accorder des grasses matinées, tout comme elle.
La présence d'Ansem avait réussi à occuper un instant l'esprit d'Aleya, mais celui-ci fut de nouveau assailli par les images de son cauchemar. Elle se rallongea à moitié, prenant appui sur son coude. De noires pensées surgirent dans sa tête, toutes plus funestes les unes que les autres. Elle bloqua du mieux qu'elle put ses larmes. Tandis qu'elle se colla un peu plus à son frère, l'une de ses main alla se poser contre la joue de Xehanort pour ramener son visage vers la jeune femme. Elle y déposa un long baiser sur les pommettes. Malheureusement, ce geste déclencha la crise de larmes qu'elle retenait depuis son réveil. Callant sa tête à la naissance du cou de son frère, elle y pleura longuement, des perles salées allant humidifier la peau matte de Xehanort avant de faire prendre au haut gris de ce dernier une teinte plus foncée.
- Je t'en supplie Xehanort, ne meurs pas, implora-t-elle entre deux sanglots comme si il pouvait l'entendre. S'il te plaît, j'ai tant besoin de toi…
Tout à ses prières, elle ne remarqua pas que derrières ses paupières closes, les yeux de l'homme aux cheveux d'argents s'agitaient anormalement.
Yuffie et Léon s'avançaient dans une grande rue du quartier commerçant des Jardins Radieux. À leur passage, certains citadins venaient les voir, leur demandant s'ils avaient d'autres projets pour embellir encore la cité. Mais il était dorénavant difficile d'améliorer la ville tant elle semblait quasi parfaite. Les deux membres du Comité de Restauration de la Ville étaient fiers en entendant les remerciements qu'on leur adressaient. Sans eux, les Jardins Radieux n'en seraient peut-être pas à un tel stade de reconstruction.
De temps en temps, la ninja et l'homme à la gunblade s'approchaient de certaines personnes pour vérifier que tout allait bien, que tout fonctionnait parfaitement. Et lorsque quelque chose n'allait pas, ils le notaient sur un petit calepin que Léon tenait à la main. Ainsi, ils reportèrent le disfonctionnement d'une petite fontaine, qui crachotait l'eau au lieu de la laisser couler de façon fluide et continue. De même, l'une des grue servant à amener les matériaux au château dominant la ville était en panne. Malheureusement, ça, ils ne pouvaient rien y faire. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais le chef de chantier, le seul habilité à signer les papiers pour faire venir un mécanicien adéquat, était en congé maladie depuis un moment. Les joies de la paperasse…
Après une bonne heure d'inspection, Léon et Yuffie firent une pause déjeuner à l'un des bars de la ville, profitant sur une terrasse du soleil, quelques fois caché par les nuages gris (des restes de la veille). Ils se commandèrent de quoi manger, et pendant qu'ils patientaient, ils entendirent une étrange rumeur. Apparemment, peu avant l'aube, certains matinaux avaient entendu comme un cri lointain, un cri de terreur porté par la nuit. Trois hommes assis non loin de la table des deux membres du Comité parlaient de cette rumeur, et l'un d'eux assura avec crainte que c'était sûrement le fantôme d'une vieille acariâtre revenue se venger pour une quelconque raison. Ses deux amis se moquèrent de lui en le traitant de superstitieux, et Léon et Yuffie n'y prêtèrent plus attention.
Une fois rassasiés, le jeune homme et la ninja reprirent leur travail, marchant lentement pour profiter de la tranquillité de l'endroit. Tout était si calme… sauf autour de cette mère indignée qui venait se plaindre qu'un fil électrique dépassait de trois millimètre sur le toit de sa maison et pouvait menacer la vie de sa fille. On lui assura l'envoi d'un électricien dans les plus brefs délais.
Bien qu'ils n'y croyaient pas vraiment, Léon et Yuffie tentèrent d'obtenir des informations sur le lieu de vie d'Aleya. Vu ce qui s'était passé trois jours avant, à savoir l'espionnage d'une discussion entre la jeune femme et un autre homme du nom de Kerl, ils étaient certains qu'elle était encore dans la ville. De plus, le Roi appuyait cette hypothèse.
- Dis Léon, tu crois vraiment qu'Aleya est encore dans le coin ? interrogea Yuffie.
- Oui. Sinon nous n'aurions pas eu quelques témoignages disant qu'elle est parfois en ville.
Effectivement, quelques interrogatoires avaient révélés l'apparition d'une nouvelle rouquine correspondant à la description d'Aleya, et celle-ci semblait parfois se promener en ville comme si de rien n'était, mais le plus souvent pour acheter une bricole ou de la nourriture. Léon s'approcha donc d'un vendeur et lui posa quelques questions. Avec les réponses de l'homme, il crut tenir une piste. En effet, une jeune femme rousse venait souvent se procurer des fruits à son étal depuis quelques temps. Une bouffée d'espoir s'empara de Léon et de Yuffie lorsque le marchand affirma connaître l'endroit où elle vivait car il avait fait une livraison chez elle.
Mais plus Léon écoutait, plus il trouva que quelque chose clochait. Le vendeur parlait bien d'une femme aux longs cheveux roux, mais elle était apparemment plus grande qu'Aleya, et elle avait des yeux verts. Yuffie poussa un soupir excédé. Léon remercia le commerçant d'avoir répondu à ses questions et reprit la montée de la rue, la ninja sur les talons qui ne put s'empêcher d'entamer la discussion, pour le malheur du jeune homme.
- À force de trop chercher Aleya, j'en finis presque par en oublier les raisons, se plaignit la jeune fille.
- On la cherche parce qu'elle a ramené un homme dangereux, son frère. En la trouvant, on le trouvera, et on pourra ensuite le surveiller… ou le neutraliser.
- Mouais. Si ça se trouve, Xehanort est réveillé et ils sont déjà partis.
- On ne pourra le savoir qu'une fois qu'on aura trouvé sa cachette.
- Je peux vous aider si vous voulez.
Léon et Yuffie se retournèrent précipitamment au son de cette voix dans leur dos. Juste devant eux se tenait un homme grand et plutôt massif, aux courts cheveux noirs avec des yeux verts. Léon fronça légèrement les sourcils, méfiant devant la stature imposante.
- Et à qui avons-nous l'honneur ? demanda Léon.
- Je m'appelle Kerl.
Léon et Yuffie échangèrent un regard, un peu surpris. Voilà donc celui qui avait discuté avec Aleya il y a quelques jours… La ninja laissa son compagnon s'occuper de la suite, car bien que son caractère lui disait de s'imposer, il y avait quelque chose chez leur interlocuteur qui l'intimidait, comme une lueur animale dans ses yeux émeraude...
- Ainsi donc, vous êtes l'homme qui connaît non seulement Sora, Riku et Kairi, mais aussi Aleya… Vous savez où elle est ?
- En effet, affirma Kerl, confiant. Mais avant de vous le dire, j'aimerais vous poser une question : quels sont les endroits où vous n'avez pas cherché ?
En dépit de sa première intimidation, Yuffie réagit vivement devant cette interrogation car pour elle ils avaient cherché partout. Léon haussa un sourcil, ne comprenant pas vraiment où il voulait en venir. Étant d'accord avec la ninja, il pensait avoir fouillé chaque recoin de la ville, et avait même étendu le périmètre de recherche assez loin à l'extérieur de la ville jusqu'à quelques petits villages alentour. Mais ils firent chou blanc.
Kerl se tourna alors vers le nord-est et fit un vague signe de tête pour désigner quelque chose. Yuffie s'impatienta car elle ne vit rien d'autre qu'un pâté de maison déjà retourné quinze fois (d'après elle). Mais le brun, lui, vit autre chose. Au début bien sûr, les bâtiments occupés étaient tout ce qui s'offrait à sa vue, à l'instar de la pile humaine. Mais son regard remonta alors le long d'une ruelle, slaloma entre les passants et sauta par-dessus le mur d'enceinte duquel s'élevait un point particulier.
La forteresse…
Léon se tourna vers Kerl, qui lui souriait.
- Aleya est-elle dans la forteresse abandonnée ?
- De quoi tu parles Léon ? s'étonna Yuffie. Cet endroit est en ruines, il n'est plus habitable !
- C'est exact, approuva Kerl. Depuis la défaite de Maléfique, ce bâtiment à perdu bon nombres de ses avantages niveau logement. Mais certaines pièces sont encore en état d'accueillir des gens.
Cette nouvelle perturba les deux amis, car jamais ils ne se seraient doutés de la présence d'Aleya dans un tel édifice. Malgré tout, quelque chose clochait encore pour Léon, aussi en parla-t-il à Kerl.
- Des travaux de reconstruction ont été entamés à la forteresse, et des ouvriers y travaillent régulièrement. C'est étonnant qu'ils n'aient rien vu ou entendu prouvant la présence de quelqu'un là-bas.
- Vos ouvriers ne se sont pas aventurés au-delà d'une certaine hauteur. Aleya squatte les parties les plus hautes, et surtout celles ayant l'accès condamné.
Léon réfléchit, bénissant aussi le silence de Yuffie qui ne savait pas quoi dire. Il essayait de se souvenir des parties où les couloirs n'étaient pas praticable. Plusieurs passages lui vinrent en tête, chacun menant à un endroit différent de la forteresse.
- Il existe plusieurs possibilités, fit remarquer Léon. On ne pourra pas tout explorer sans éveiller l'attention d'Aleya.
- C'est vrai, admit Kerl. Mais si vous faîtes quelque chose avec Sora et Riku, peut-être trouverez-vous un signe pour vous guider, dit-il d'un ton énigmatique.
- Un signe ?
- Vous verrez le moment venu. Bon, c'est pas tout, mais j'ai encore des choses à faire. Je vous laisse. À la prochaine, et bonne exploration !
Sur ces mots prononcés avec un sourire quasi moqueur, Kerl se retourna et disparut rapidement dans la foule, malgré les efforts de Léon et Yuffie qui tentèrent de le suivre. Ils décidèrent d'aller voir Sora et Riku, puisque Kerl semblait suggérer leur présence. Après être revenus dans la maison de Merlin et avoir relaté les évènements, les deux adolescents approuvèrent leur idée et allèrent se joindre à la ninja et au brun pour visiter la forteresse. Kairi voulut venir aussi, mais ils réussirent à la convaincre de rester. À vrai dire, si Mickey n'avait pas persuadé la jeune fille de ne pas y aller, ils étaient presque certain qu'elle aurait fait partie du groupe.
Le trio d'amis fut d'ailleurs plutôt étonné que le Roi ne veuille pas les suivre. En effet, retrouver Aleya impliquait de retrouver une personne autre que son frère… même si Léon et Yuffie n'étaient pas au courant. Mais il prétendait vouloir rester ici pour veiller sur Kairi, et avertir les autres au cas où les choses tourneraient mal. Ils approuvèrent tous, et lorsqu'ils furent fin prêts, ils se dirigèrent vers la Forteresse Oubliée…
Le chemin pour y aller fut long et pénible car très abrupte par endroit. Bien qu'ils soient tous des guerriers entraînés, ce n'était pas simple d'avancer. De plus, Sora revoyait parfois des souvenirs en fonction des lieux où son regard se posait. Et si certains lui rappelaient des évènements satisfaisants (comme la mort du neuvième membre de l'Organisation), d'autres étaient un peu plus lourds (tels que l'accident de Dingo ou la disparition de Cloud, qui n'était toujours pas réapparu depuis son combat contre Sephiroth).
Après une bonne vingtaine de minutes de marche, ils finirent par atteindre le premier téléporteur de la forteresse. Sora grimaça un peu, car il se souvenait le temps fou qu'il avait passé avec Donald et Dingo à essayer de se repérer avec toutes ces machines faisant plus penser à des cages qu'à des transporteurs (1) Mais le Porteur de la Keyblade put se réjouir, car ils n'étaient pas utilisables. En effet, suite à un problème d'alimentation, la plupart avait cessé de fonctionner, et un ouvrier avait même failli y laisser sa peau. Depuis, l'usage de ces cages mouvantes étaient prohibé jusqu'à réhabilitation complète de l'édifice.
Par contre, ce ne fut pas tellement pour réjouir ses compagnons, qui avaient bien espéré tirer parti de ces installations pour se rapprocher un maximum et le plus rapidement possible du repaire d'Aleya. Mais tant pis, ils se contenteraient de prendre le chemin à pied. Profitant des armatures du chantier de rénovation, ils grimpèrent dans la forteresse, suivant les conseils des ouvriers qui connaissaient bien les chemins à emprunter sur le site en travaux.
Après quelques escalades, ils finirent par retrouver le chemin du hall d'entrée de la forteresse. Ce fut au tour de Riku de se sentir mal à l'aise. Bien qu'il ait parfaitement accepté ses actes, il était encore un peu gêné envers son ami pour ce qu'il lui avait fait lorsque le Sans-cœur de Xehanort le manipulait. Mais Sora lui avait certifié qu'il ne lui en voulait pas…
Rapidement, ils constatèrent qu'en dépit du hall d'entrée qui était plutôt bien conservé, le reste du bâtiment, lui, semblait avoir subit largement plus fortement les dégâts du temps. Même en seulement un an, quelques façades étaient si délabrées qu'on les aurait cru à l'abandon depuis des siècles. Faisant attention à ne pas provoquer de dégâts (Yuffie étant particulièrement à surveiller à cause de ce risque), ils cherchèrent un passage pouvant les mener en hauteur, tentant aussi de découvrir le signe qu'avait mentionné Kerl. Mais après quinze minutes, ils s'assirent devant les débris d'un plafond écroulé dans une pièce vide.
- Raaah, j'en ai marre ! s'exclama Yuffie, excédée. On ne trouvera jamais ce passage ou le signe dont il nous a parlé l'autre là.
- Peut-être que nous ne sommes pas dans la bonne partie du bâtiment, supposa Sora.
- Non, affirma Riku qui connaissait plutôt bien cet endroit du fait de son séjour ici en compagnie de Maléfique. Nous avons passé en revue tous les accès menant aux étages supérieurs.
- Et apparemment, ceux qui ne se sont pas effondrés mènent tous à des endroits inutilisables, renchérit Léon.
- Pff, c'est nul, soupira la jeune fille. Si ça se trouve Aleya n'est même pas là !
- Je ne vois pas l'intérêt qu'aurait Kerl à nous mentir, avoua Riku.
- Il s'amuse, voilà tout !
Les trois garçons lui dirent de descendre d'un ton, Aleya, si elle était toujours là, pouvant l'entendre et prendre ses précautions pour rester cachée. Le silence retomba alors dans le groupe, jusqu'à ce qu'ils perçoivent un son qui n'avait rien à faire là, du moins normalement. Un jappement court et rauque. Ils tournèrent tous la tête pour voir, dans l'encadrement d'une porte…
- Un renard ? s'étonna Sora.
Et effectivement, un magnifique renard roux, avec les pattes noires et le poitrail blanc, se tenait là, assit, la queue autour des pattes, les observant de son regard émeraude… Riku fit deux pas vers l'animal, qui n'aurait en théorie jamais pu venir jusque là, et celui-ci se redressa pour partir. Mais contre toute attente, il s'arrêta lorsque Riku stoppa et s'assit de nouveau, continuant de les observer.
- C'est moi ou il veut qu'on le suive ? hasarda Yuffie, décontenancé par une telle attitude venant d'un animal.
- J'en ai l'impression, concéda Léon. Peut-être… que c'est le signe de Kerl ?
- T'es dingue !
- On ne sait jamais. Mais moi je crois que c'est ça.
Sur ces mots, le possesseur de la gunblade s'avança pour suivre le canidé, qui se mit en marche. La troupe imita le jeune homme et se plaça derrière lui. De temps en temps, le renard regardait derrière lui pour voir si tout le monde était là. Ainsi, la scène plutôt perturbante pour tout spectateur extérieur se déroula pendant quelques minutes. L'animal les guida à travers les couloirs et les salles, prenant les chemins comme s'il connaissait par cœur la forteresse. Ce qui était passablement frustrant pour la troupe, obligée de suivre un renard pour trouver une femme qu'ils cherchaient depuis presque une semaine. Mais le pire, ils le savaient bien, c'était surtout que depuis le début, elle était là, pas très loin, dans un endroit qu'ils pouvaient voir tous les jours, mais qu'ils n'auraient jamais soupçonné. Oui, c'était bien ça qui était le plus énervant.
Après avoir tourné un moment, gagnant quelques étages grâce à un escalier dissimulé qu'ils n'avaient pas vu, le renard finit par s'arrêter au beau milieu d'un couloir effondré, une ouverture dans le mur donnant accès à l'extérieur… si divers tuyaux et autres pierres ou plaques de métal ne venaient l'obstruer. L'animal se mit debout devant les débris, grattant le fer comme un chien ou un chat demandant à sortir de la maison. Le groupe s'approcha et examina l'ouverture.
- Hmm…réfléchit Léon. On devrait pouvoir en retirer suffisamment pour pouvoir passer. Ça n'a pas l'air trop compliqué.
Ses amis approuvèrent, et aussitôt ils entamèrent leur tâche. Petit à petit, au fur et à mesure qu'ils retiraient les gravas, ils réussirent à voir ce qu'il y avait derrière. Encouragés par cette vision, ils redoublèrent d'efforts, formant parfois une chaîne et enlevant minutieusement ce qui bouchait le passage. À un moment, Sora retira un tuyau, ce qui dégagea une entrée suffisamment large pour qu'ils puissent passer à environ quarante centimètres au dessus du sol. Sauf que l'adolescent ne le remarqua pas, affairé à essayer de retenir un autre conduit qui menaçait de lui atterrir sur le crâne. Le renard se chargea de les mettre au courant en s'engouffrant dedans à toute vitesse.
- Hé ! Attends nous Renard ! ordonna Yuffie comme s'il pouvait la comprendre.
Riku et Léon aidèrent Sora à repousser le lourd tuyau, lui évitant une bosse, tandis que la ninja se baissait pour suivre l'animal et s'assurer qu'il ne leur échappe pas. Mais cette intention fut inutile, car le canidé attendait, juste à côté d'une série d'escaliers reliant quelques balcons, tous à un étage différent. La jeune fille attendit que ses compagnons sortent eux aussi, puis ils reprirent leur avancée. Ce qu'ils ne savaient pas, c'était que des yeux ambrés suivaient leur progression avec froideur et une certaine animosité…
- Vous croyez qu'on est bientôt arrivé ?
- On ne sait pas Yuffie…
Silence.
- Vous croyez qu'on est bientôt arrivé ?
- On ne sait pas Yuffie…
Re-silence.
- Vous croyez qu'on est bientôt arrivé ?
- ON NE SAIT PAS !! cria Sora, à bout de nerfs.
Sa voix se répercuta en écho alors qu'ils atteignaient le dernier palier de l'escalier. Yuffie avait fait un bond, ne s'attendant pas à une réaction aussi vive pour sa dixième question. (2) Léon secoua la tête, désapprobateur, et Riku poussa un soupir. Si maintenant, Aleya ne savait pas qu'ils étaient là, c'est qu'elle était sourde ! Ils rentrèrent de nouveau dans la forteresse, et les deux plus vieux supplièrent leurs cadets de se tenir silencieux, ou du moins de ne pas faire trop de bruit. Ils accélèrent, contraignant le renard devant eux à en faire de même, comme s'il voulait conserver une distance de sécurité.
Quoiqu'il en soit, le quatuor put constater que Kerl avait eu raison. Cette partie de la forteresse était en meilleur état que ce qu'ils avaient vu jusque là. Et donc, il était fort probable que quelqu'un puisse vivre ici. Ils observaient tous les angles, craignant d'une part une attaque, mais aussi pour être sûrs de ne rien rater, que la jeune femme ne se trouvait pas dans une pièce qu'ils dépassaient. C'est pour cela que, en dépit de l'avancée de leur guide à quatre pattes, ils ouvraient prudemment et silencieusement toutes les portes qu'ils croisaient.
Au bout de quelques minutes, le renard se figea brusquement, regardant une porte fermée. Intrigué, Léon s'approcha et posa la main sur la poignée. Il se tourna vers les autres, qui hochèrent la tête. Ils étaient prêt. D'un geste vif et rapide, le jeune homme abaissa la poignée et ouvrit le panneau de bois avant d'entrer, ses amis derrière lui. Mais ils furent sidérés par ce qu'ils virent. En effet, ils aspiraient à retrouver la rouquine, aussi avaient-ils espérer la dénicher là. Et bien que Sora et Riku étaient au courant, les deux guerriers de la Keyblade s'étonnèrent de la personne qui se trouvait dans la pièce.
- Ansem ?! fit Sora, décontenancé.
L'ancien souverain était assis dans un fauteuil de couleur lavande, juste à côté d'une petite table ovale, lisant un livre. La pièce devait être sa chambre dans la forteresse car il y avait un lit aux draps noirs et blancs. En découvrant qui venait d'apparaître dans la pièce, Ansem eut un regard abasourdi… mais aussi quelque peu mécontent. Yuffie et Léon se ressaisirent en réagissant au nom prononcé par l'adolescent aux cheveux brun.
- Quoi ?! Ansem ? Mais enfin, il est mort ! s'écria Yuffie, perdue.
Mais personne n'eut le temps d'expliquer quoi que ce soit à la jeune fille. Derrière eux, le renard poussait des glapissements continus en sautillant sur place, visiblement pressé. Riku n'attendit pas plus longtemps pour prendre une décision.
- Yuffie, Léon, vous restez avec Ansem. Je pense qu'il a des choses à vous dire. Sora, suis-moi !
Sur ces mots, l'animal roux s'élança dans le couloir, aussitôt suivi par Riku, lui-même talonné par Sora. Lorsqu'ils furent tout les deux sortis, la ninja et le balafré reportèrent leur attention sur l'homme blond. Celui-ci inspira profondément tout en fermant son livre dans un bruit sec. Cette discussion, il l'avait longtemps appréhendée, et en dépit du fait qu'il s'y était préparé, elle ne serait pas très plaisante dans un certain sens. Comme l'avait si bien fait remarquer la jeune fille, il était censé être décédé. Et avouer ses mensonges, surtout lorsqu'ils sont aussi gros, n'est jamais aisé…
La course fut brève, mais un tel sprint essouffle rapidement. Heureusement, après quelques mètres, l'animal se figea soudainement, obligeant les deux garçons à en faire de même. Ils observèrent le guide à quatre pattes jeter des coups d'œil autour de lui avant de reprendre leur progression, toutefois sur un rythme beaucoup plus lent. Après quelques pas, il s'arrêta une fois de plus devant une nouvelle porte. Celle-ci étant légèrement entrouverte, Sora appuya avec un doigt sur le bois de chêne, ce qui agrandit l'ouverture. Son ami et lui purent examiner plus en détails ce qu'il y avait à l'intérieur de cette pièce.
Il y avait là une commode en hêtre, et juste à côté une chaise du même matériau. Entendant du bruit, Sora continua de pousser la porte. Le sommier d'un lit, apparemment identique à celui dans la chambre d'Ansem, fut ce qui apparu en premier. Et après… Aleya. Qui leur tournait le dos. Elle s'activait à réunir quelques affaires dans un sac gris, ces affaires étant principalement de la nourriture initialement éparpillée sur le lit. Mais la vitesse de ses gestes indiquait clairement que quelque chose n'allait pas. Et puis surtout, son épée pendait à sa taille, et elle portait également sur elle les deux autres étuis (toujours étrangement vide).
Les deux adolescents entrèrent silencieusement et s'arrêtèrent au bout de trois pas. Riku se racla la gorge pour attirer l'attention de la jeune femme, qui se pétrifia net. Quelques secondes s'écoulèrent ainsi, pendant lesquelles aucun des trois n'osa bouger, comme si cela aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Puis, finalement, Aleya brisa le silence, sa voix trahissant clairement son anxiété.
- Ansem ?
- Désolé de te décevoir, répondit Riku.
La jeune femme se retourna vivement pour leur faire face, lâchant la boîte qu'elle avait en main, inquiétude, colère et défiance se mêlant dans ses yeux gris. Ils se regardaient en chiens de faïences, se jaugeant du regard comme pour déceler chez l'autre la moindre faiblesse et l'exploiter. Sora tenta d'apaiser la situation, ne tenant pas à être entraîné dans un vain combat.
- Aleya, s'il te plaît ne t'enfuis pas tout de suite, on aimerait te parler.
- Où sont les deux autres ? questionna-t-elle d'une voix où perçait la suspicion et la crainte.
- Qui ? fit Sora, ne comprenant pas.
- Léon et l'autre jeune fille. Où sont-ils ?
- Avec Ansem, répondit Riku d'un ton neutre. On l'a trouvé avant toi.
- Je vois… Dans ce cas, qu'est-ce que vous me voulez ?
- Te parler, rappela Sora.
Aleya eut un rictus mi-amer mi-amusé avant de poser l'une de ses main sur sa taille d'un geste presque provocateur. Il était évident qu'elle avait mis ses sentiments de crainte de côté pour prendre un air plus assuré, plus confiant, et donc plus à même de gérer cette situation. Mais elle n'y arrivait qu'à moitié…
- Ça je m'en doute, tu me l'as dit il y a trente secondes, ajouta-t-elle avec un peu plus d'assurance que précédemment. Mais vous voulez me dire quoi ? De vous laisser Xehanort ?
- Non, assura Sora avant son ami qui allait dire autre chose. J'aimerais comprendre.
- Comprendre quoi ?
- Tu maîtrises les ténèbres, c'est ça ? Et grâce à elles, tu es capable de te déplacer d'un endroit à un autre rapidement, comme tu l'as fait lorsque tu as ramené ton frère.
- En effet.
- Alors pourquoi tu n'as pas quitté ce monde ? s'enquit l'adolescent.
- Ansem voulait rester un peu, et diverses raisons m'obligent à ne pas trop forcer sur le pouvoir des ténèbres. Je ne m'en sers qu'en cas de nécessité.
- Pourquoi ? intervint Riku.
- Cela ne vous regarde pas, dit-elle froidement.
Pensant la discussion close, Aleya se retourna pour continuer de ranger les affaires dans le sac. Sora se tint coi, hésitant et quelque peu dérouté par une telle attitude. Mais Riku, lui, n'avait pas terminé avec la jeune femme.
- Où est Xehanort ?
- Quelque part, répondit-elle sans pour autant stopper son rangement.
- Dis nous, insista l'adolescent.
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que vous lui feriez du mal.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Vous le cherchez depuis que vous savez qu'il est en vie. Et tu as essayé de le tuer, rappela la rouquine.
- C'est vrai, mais peux-tu seulement nous comprendre ? Tu dis être au courant d'une partie de nos « aventures », mais as-tu conscience de tout ce que nous avons traversé ? Nous voulons éviter que cela recommence !
Aleya ferma le bagage plutôt sèchement, signe qu'elle avait fini en dépit des quelques bricoles qui restaient encore sur le matelas. Elle leur fit de nouveau face, avec cette même fausse assurance qui n'était que le flou reflet de son malaise et de son angoisse.
- Vous savez ce que c'est que de perdre un être cher et d'entamer une quête dans l'espoir de le retrouver, n'est-ce pas ? C'est ce qui s'est passé lorsque Kairi a disparu. La retrouver était votre objectif, supposa-t-elle.
- Bien évidemment, fit Sora.
- Mon frère est tout ce qui me reste de ma famille ! Je n'ai pas l'intention de le laisser mourir !
- Ton frère est dangereux ! accusa Riku. Tu sais qu'il a donné un Sans-cœur et un Simili, mais sais-tu à quel point ils étaient maléfiques ?
- Maléfiques ?! s'indigna-t-elle. Tout ce que désirait Xemnas, c'était recouvrer un cœur !
- Comment peux-tu être aussi affirmative ? Tu savais peut-être où se trouvait le repaire de l'Organisation, mais je doute que tu les aies fréquentés comme nous.
- En effet, les rapports que j'ai eu avec les membres de l'Organisation sont complètement différents des votre… Moi j'ai vécu pendant un temps avec eux ! Je les connais bien mieux que vous le pensez !
Cet aveu arracha des cris de stupéfaction aux deux adolescents. Aleya avait les larmes aux yeux, comme si parler de ça ravivait de douloureux souvenirs. Une grimace de souffrance se lut un instant sur ses traits, mais elle la réprima aussitôt, craignant que les deux porteurs de la Keyblade n'en profite. Elle commença à avoir une respiration haletante, comme si son cœur battait anormalement. Riku tira parti de son silence récupérateur pour repasser à la charge, mais avec un peu plus de calme.
- Si tu as vécu au sein de l'Organisation XIII, commença-t-il, tu dois savoir que Xemnas, même s'il ne voulait que récupérer un cœur, n'employait pas la bonne méthode. Ses projets perturbaient l'équilibre des mondes et mettaient les gens en grand danger.
- Je sais ! Je sais… J'ai essayé de trouver une solution lorsque je l'ai appris, mais je n'ai pas pu, avoua Aleya en fermant les yeux et en secouant la tête pour chasser ces souvenirs. Et vous, avez-vous tenté quelque chose ?
- Il n'y avait rien à faire hormis les tuer.
- C'est tout ce que vous avez trouvé ?! s'offusqua la jeune femme, visiblement sidérée.
- C'était la seule solution ! se défendit Sora.
- Ah ouais ? Parce que vous êtes des Élus de la Keyblade, vous possédez droit de vie et de mort ? Vous n'avez même pas cherché à les comprendre ! Vous avez foncé dans le tas et c'est tout ! Je ne vous laisserai pas toucher à mon frère !
Elle avait le visage désormais ruisselant de larmes, et la main prête à dégainer son épée, une lueur de détermination dansant dans ses yeux. Mais un vortex indigo apparut à côté d'elle. Et si Sora et Riku furent plus ou moins étonnés, il en allait de même pour Aleya… Mais elle se ressaisit, et empoigna son sac avant de le traverser à toute vitesse, fuyant ces deux garçons qui la faisait souffrir. Avant qu'ils ne puissent la suivre, le passage se referma. Riku pesta, tandis que son ami se contenta de froncer les sourcils, dépassé par les évènements.
Quoiqu'il en soit, les mots qu'elle venait de prononcer passaient difficilement. Car quelque chose au fond d'eux-mêmes leur disait qu'ils ne s'étaient pas intéressés au Treizième Ordre comme ils auraient sans doute dû le faire. Et Sora savait enfin pourquoi il avait l'impression de connaître cette femme. Aleya avait côtoyé Roxas…
(1) Je ne sais pas pour vous, mais j'aurais tué Nomura juste pour ce labyrinthe qu'il nous a pondu dans KH1...
(2) J'avoue, j'ai peut-être un peu trop exagéré le caractère de Yuffie pour ça… Mais un peu d'humour ne fait jamais de mal.
Mazette... Mon chapitre le plus long jusqu'à présent XD Mais j'ai bien aimé l'écrire, même si je trouve la fin trop... bâclée. Bon, maintenant que vous avez appris certaines choses sur Aleya, j'aimerai vous poser une question existentielle : voulez-vous voir ce qu'il s'est passé lorsqu'Aleya était parmi l'Organisation ? (non non, ce qu'elle a dit n'était pas des conneries XD). On peut considérer cela comme une "partie annexe" de cette fic. J'imagine que vous vous posez des questions sur l'utilité de cette partie. Et bien elle permettra d'expliquer certaines choses qui vont apparaître quelques chapitres plus loin :p
Sinon, que dire... reviews ?
