Salut à vous !

Merci énormément à tous ceux qui prennent le temps de lire ! Je vous en suis extrêmement reconnaissante.

Alors, voici la suite et j'espère que la manière dont les choses tournent vont vous plaire, même si j'en doute, héhé...


Chapitre 6 – Les insectes de Firone

Nous fûmes rapidement arrivés au niveau de la source de Firone. Link avait été chamboulé par le changement de décor. Toute la forêt semblait brûler d'un feu intérieur sous l'éclat rougeâtre du ciel. Personnellement, je n'avais pas été trop surprise. Je savais déjà que, partout où s'étendait désormais le crépuscule, la désolation nous attendait. Le voir ainsi attristé m'avait touchée mais ce qui était le plus dur à voir était son inquiétude. Il craignait pour les enfants et grognait dès qu'un monstre nous retardait.

D'ailleurs, j'avais eu le droit à ma première confrontation. Quelques mètres après notre entrée dans le monde des ombres, nous avions été piégés dans un cercle rouge. Trois agents nous avaient attaqués. Midona avait enseigné à Link ça fameuse technique pour les tuer au même moment afin qu'ils ne se relèvent pas. Je m'étais occupée du troisième juste avant qu'il n'utilise ce pouvoir. Il n'avait pas fait trop attention à moi mais je savais qu'il avait apprécié mon soutien. Je ne tenais pas à être un fardeau ! De plus, j'avais remarqué que lorsque les créatures se trouvaient un peu trop près de moi, mon front me piquait légèrement, signe que ma nouvelle marque s'illuminait. Je me demandais toujours pourquoi cette femme m'en avait fait cadeau. Elle me servait à repousser le crépuscule, était-elle une aide silencieuse ? Je secouai la tête, les questions se poseraient plus tard.

Nous débouchâmes sur la source après quelques minutes, les chemins étaient bien plus long dans cette version ! Je soupirai intérieurement, comment allait être la plaine d'Hyrule dans ce cas ? En arrivant, nous vîmes un orbe doré flotter dans le vide. Il n'était pas aussi éclatant que l'orbe de Latouane. Il peinait à produire la lumière qui le rendait visible à nos yeux.

« Ce doit être l'esprit dont nous parlait Latouane ! » m'écriai-je en sautillant dans l'eau. Des remous s'échouèrent sur le rivage et vinrent lécher le bout des pattes du loup noir qui me fixait. Je plongeai mon museau dans la source afin de me désaltérer. Je n'avais ni bu, ni mangé depuis ma transformation et je commençai à ressentir la fatigue. Boire m'aiderait déjà à pallier une de ces envies. Au fur et à mesure des gorgées que je prenais, je sentis la soif, la faim et la fatigue refluer. Cette eau était géniale ! Elle pourrait retarder le moment où je serais obligée de m'arrêter, ce qui ralentirait Link… J'espérais qu'il ne me laisserait pas sur le carreau… Il n'oserait sûrement pas au milieu de nulle part. Je voulus partager ma découverte avec le héros et ressortis en jappant joyeusement.

« Qu'est-ce qui te prends Tp ? » s'étonna-t-il en me voyant débouler devant lui. Je souris et lui donnait un coup de patte au niveau de l'épaule.

« Viens boire, cette eau revigore le corps ! » m'écriai-je en y retournant. Il roula des yeux et se leva pour me suivre. Je le regardai passer à côté de moi et au lieu de boire, s'avancer vers l'orbe. Midona me jeta un regard en coin avant de me laisser en arrière. J'aurais voulu y aller aussi mais ce n'était pas à moi de le faire. Je ne devais pas déranger la trame principale qui semblait aisément modifiable.

« Sois…prudent… » dit une voix tremblante. Elle avait du mal à parler et le son semblait s'étioler dans l'air. Elle atteignait difficilement nos oreilles, pourtant ultra-sensibles… « Cette forêt a changée… Elle a été absorbée par le crépuscule… Les êtres de lumières ne peuvent y survivre et s'y désincarnent. Seuls les monstres faits d'ombre et de mauvaises intentions peuvent y résider… Ô noble animaux aux yeux brillants, aidez-moi à récupérer cette lumière qui m'appartenait. Usez de ce calice… » Un objet tomba dans l'eau et Midona plongea sa main rousse dans le liquide. Elle farfouilla quelques secondes avant de remonter le calice de lumière. Elle le brandit et Link le fixa, attentif.

« Je pense qu'il faut remplir les perles accrochées à ce bijou » dit-elle en se grattant le menton. Link hocha la tête.

« Effectivement, ce sont les insectes des ombres qui enferment la lumière que devrait contenir ce calice… » répondit l'esprit.

« Les insectes des ombres ?» s'étonna Link en prenant une expression qui eut un rendu étrange sur son faciès lupin.

« Oui, ce sont des bêtes qui grouillent aux alentours. Ils ne doivent pas avoir pu s'échapper à des kilomètres. Utilisez vos sens affutés pour les débusquer et les tuer. La lumière sera automatiquement amenée dans le calice » expliqua-t-il faiblement. J'hochai la tête et m'approchai de Link puisqu'ils avaient terminé leur discussion. C'était étrange mais tous les esprits m'incluaient dans leur discours. La preuve, il avait dit : vous, et avait parlé de deux loups aux yeux brillants… Les choses étaient vraiment bien faites.

« Dépêchons-nous, l'esprit ne tiendra plus très longtemps» dit Link en se tournant vers moi. Il sortit de l'eau et s'ébroua. Midona lâcha un petit cri de mécontentement en manquant de tomber.

« Tu pourrais faire un peu plus attention ! » s'écria-t-elle en lui attrapant une oreille à la volée. Le loup noir se retrouva la tête tordue vers l'arrière en grognant. Il tenta de mordre la twilis qui l'esquiva habilement sans quitter son dos.

« Il a raison, ce n'est pas le moment de faire ça » dis-je en regardant Midona. Elle le laissa et croisa les bras. Elle ne devait pas avoir trop l'habitude d'être dirigée. Je fis un pas à côté d'eux et finis par les dépasser. Je me retournai et fis un mouvement de tête vers l'avant. « Allons-y ! » Elle sourit et je vis une mèche des sortes de filaments qui formaient sa main rousse se couper et venir entourer chaque extrémité du calice. Elle le jeta et il atterrit autour de mon cou. Par réflexe, je fis un mouvement d'esquive mais il était déjà sur moi. Je baissai les yeux comme je pus et les relevai incrédule. « Qu'est-ce que- ? »

« Tu seras la garante du calice, avec mes cheveux, il t'ira très bien comme collier ! » rit-elle. Je grognai légèrement à cause de la manie qu'elle avait à rabaisser les gens. M'enfin, je ne devais pas en tenir compte. Link ne dit rien, il n'était pas très bavard sous forme lupine, ou alors il était trop préoccupé. Je tentai de deviner ses états d'âmes sans succès. Il était assez illisible…

« Partons » fut tout ce qu'il dit en me rejoignant. Nous avançâmes jusqu'à un tunnel de roche assez sombre et je plissai les yeux. Ma vue s'adapta rapidement et je posai la patte dans le passage. Il était censé y avoir des insectes ici. Je me souvenais des emplacements de ces bestioles. Peut-être pas le nombre exactement ou la liste exhaustive mais en les voyant, je m'en rappellerais aisément. A la seconde où mes griffes touchèrent le sol, un son dégoutant résonna. Il s'agissait d'une baba mojo sortant du sol. Le bruit de bave gluante était bien plus réaliste ici. Je sentis chaque poil de mon épiderme se dresser et m'arrêtai sur place. Link n'hésita pas et s'engouffra dans le tunnel. Je le suivis, je devais me faire violence ! Je vis la baba quelques mètres plus loin. Elle attendait et son immense gueule fendue laissait voir une langue et des dents acérées recouvertes de bave qui se rependait partout au sol. Le héros prit son élan et sauta sur elle, sectionnant sa tige d'un seul coup de gueule. Elle tenta de l'attraper au vol mais disparut avant d'y parvenir.

« Ksh ksh ksh, il semble que notre chère Tp ait peur de nos ennemis » se moqua Midona en tournant son buste vers moi.

« Je lui avais dit de rester au village » grogna Link tout bas. Il ne prit même pas la peine de stopper sa marche en parlant. Comme si je n'existais pas !

« Je n'ai pas peur ! » protestai-je. Je me ravisai et plaquai mes oreilles sur mon crâne en détournant les yeux la tête basse. « C'est juste que je n'ai pas eu l'occasion d'en rencontrer avant alors je suis un peu… » La main de Midona s'allongea jusqu'à moi et elle me toucha la truffe en souriant.

« Apeurée ? » compléta-t-elle. « Il est vrai que ces monstres ne sont pas très accueillants mais ils ne sont qu'une fraction de ce que nous devrons affronter. Tu aurais peut-être dû écouter Link au final » conclut-elle en rétractant sa main.

« Non ! » éructai-je. « Je promets que je vais m'améliorer ! Je sais très bien ce qui nous attend et c'est loin d'être facile !» protestai-je. Les yeux de Link se posèrent sur moi, ils étaient durs.

« Le sais-tu vraiment ou pense-tu le savoir ?» me demanda-t-il. Il croyait que je ne réalisais pas ce dans quoi je m'embarquai ?! Je le savais bien mieux que personne ici ! Je savais tout, du début à la fin dans le moindre détail ! Il ne pouvait pas dire ça ! pensai-je. Je voulus lui exposer le fond de ma pensée mais me retins. Il ne devait jamais apprendre que je n'étais pas réelle. Il devait croire dur comme fer à sa propre réalité…

« Je… pense… Mais je vais faire des efforts ! » repris-je pour changer de sujet. Il soupira et continua sa route sans me répondre. Je lui emboitai le pas, triste de son opinion sur moi…

« Je me demande vraiment comment on va pouvoir les trouver ces bêbêtes… Elles ont l'air bien planquées… » bailla Midona en s'asseyant plus confortablement sur le dos de Link.

« Les trouver ?» demandai-je.

« Oui, on ne sait pas du tout où elles sont… Elles pourraient se cacher dans toute la forêt de Firone… » dit-elle en me jetant un coup d'œil avec le seul qui était ouvert. Je réfléchis et me souvins que l'esprit ne leur avait par donné les emplacements des insectes des ombres. Eh oui, on n'avait pas de mini-carte dans cette version alors les indications étaient inutiles. Je pourrais les guider ! Mais comment faire en sorte qu'ils ne me suspectent de rien…

« Il y en a peut-être près d'ici… Il devrait suffire de se concentrer suffisamment...» chuchotai-je.

« Si c'était aussi facile, le calice serait déjà plein » répondit Link avec nonchalance. Je l'ignorai et jappai un coup en me précipitant vers l'avant, les doublant.

« Là ! » criai-je simultanément en feignant poursuivre une cible invisible. Link s'élança à ma suite et je le conduis aux bestioles à la suite d'une des leurs que j'avais imaginée.

« Tp ?!» m'appela-t-il en courant derrière.

« J'en ai vu une ! Elle s'enfuit par-là ! » Il me rattrapa et je me stoppai à un tournant du tunnel. Il était long d'ailleurs… Je me ramassai sur moi-même et jetai un coup d'œil à Link qui m'imita. Nous bondîmes en synchronisation et retombâmes sur les insectes, les écrasant sous notre poids. Ils s'évanouir dans une fumée noire, laissant une boule de lumière blanchâtre à l'endroit de leur mort. Je m'en approchai et elles se ruèrent sur moi avant de disparaitre. La seconde suivante, elles étaient dans le calice. « Voilà les deux premières !» dis-je joyeusement en m'asseyant pour montrer mon cou à Link. Etonnamment, il me sourit et s'approcha de moi. Il me donna un petit coup de museau dans le cou, juste sur ma gorge, au-dessus du collier. Je sentis un frisson descendre ma colonne vertébrale au contact de sa truffe froide. Je baissai la tête et le regardai avec consternation.

« Bien joué Tp » souffla-t-il avec sincérité. Je restai immobile mais mon corps me trahit. Ma queue battait furieusement l'air dans mon dos, retombant sur le sol avec force. Qu'elle arrête ! Stop ! J'allais me faire griller ! J'enfonçai mes griffes dans le sol mais rien n'y fit, elle s'agitait toujours autant. « A croire que tu es aussi heureuse que moi » se moqua-t-il en lançant une œillade derrière moi. Je savais très bien de quoi il parlait…

« Ouais » grognai-je en me redressant. Je pris les devants, déçue que mon corps me trahisse autant… J'espérais qu'il pensait vraiment que j'étais heureuse d'avoir trouvé les deux premières lumières sinon, j'étais une femme morte… Nous continuâmes jusqu'à la fin du tunnel et nous retrouvâmes devant deux chemins mais l'un était barré par un portail. Link aboya en apercevant une décharge électrique se dégager du sol, signe qu'un insecte se cachait là. Il le poursuivit avant qu'il ne passe derrière le portail. Le loup noir tenta de passer au travers des barrières, de sauter par-dessus ou de détruire les planches mais rien ne marcha. « Link ! » l'appelai-je.

« Oui ? » répondit-il en se stoppant dans son acharnement.

« Essayons par-là » proposai-je en montrant la bifurcation à droite. Il jeta un coup d'œil à l'insecte de l'autre côté du portail. « Il y a peut-être un passage pour faire le tour » argumentai-je avant qu'il ne refuse. Je savais que non mais cela nous permettrait de passer par chez Kikolou et donc d'épargner le temps d'un aller-retour. Il abandonna son objectif et revins vers moi en fixant l'insecte.

« J'espère que tu te trompes pas » me lança-t-il en contractant sa mâchoire de frustration. Je ne répondis rien. Nous arrivâmes à la place où se trouvait la maison du marchand d'huile. Je fis quelques pas et regardai Link. Allait-il penser à la maison ? Il fit un mouvement vers cette dernière et la contourna, visiblement intéresser par quelque chose. « Il y a une ouverture par laquelle on pourrait passer ici ! » dit-il à mon intention. Je le rejoins, soulagée qu'il ait trouvé l'entrée seul. Je ne pouvais pas trop me mettre en danger non plus, je devais garder mon savoir pour les situations d'extrême urgence.

« Vraiment ? » demandai-je en levant le museau vers la fenêtre de l'étage.

« Oui, on peut facilement l'atteindre en sautant» dit-il alors que Midona se déplaça sur l'avancée en bois. « En plus, avec elle c'est dans la poche.»

« Ah bon ?» J'étais étonnée, il est vrai que je sautais et gravissais les obstacles sans l'aide de Midona depuis le début. Dans le jeu elle était celle qui nous permettait les grands sauts.

« Oui, on peut être plus précis et elle stoppe le saut au bon moment» m'expliqua-t-il. Donc elle servait à atteindre des endroits plus étroits. Il sauta pour la rejoindre et j'en fis de même, sans l'aide de la twilis. Effectivement, il avait atterrit pile au bord et moi j'avais dérapé sur quelques centimètres. « Allons dedans, il y a peut-être des rubis !» s'exclama-t-il. Je fronçai les sourcils.

« Des rubis ?» répétai-je troublée.

« Bah oui, c'est une maison et il n'y a personne qui peut nous voir dedans, rien ne nous empêche de récupérer les rubis !» dit-il avec enthousiasme.

« Mais ça ne se fait pas !» m'écriai-je en le suivant à l'intérieur. Il ne répondit pas et se rua en bas. Je le suivis et remarquai l'esprit désincarné dans un coin. Par instinct, j'allai l'écouter.

« C'est quoi c'est trucs immondes ! Je n'en ai jamais vu dans la forêt ! » s'écria Kikolou en tremblant. Il était perché sur une caisse en bois entre deux poutres et tremblait de partout. « Elles sont toutes grosses et toutes noires ! Argh ! Qu'elle horreur ! Dégagez ! Non ! Allez-vous-en ! » cria-t-il d'une voix aigüe quand les deux bestioles surgir de sous un meuble. Link jappa de surprise alors qu'il fouillait un meuble de ses pattes. Il se précipita sur une des bêtes mais elle l'esquiva.

« Merde ! » jura-t-il avant de s'écraser contre le mur et de retomber au sol en couinant de douleur. Je ne le pris pas en considération et sautai sur les deux insectes en prenant mon temps pour viser. Aussi facile que le tir à l'arc ! Je les tuai d'un coup de mâchoire et recrachai des morceaux de leurs carapaces. C'était dégueulasse ! Je marchai sur les lumières bleuâtres pour les enfermer dans le calice et finis par me rapprocher de Link. Il était allongé au sol et sa truffe était recouverte par ses pattes. Il leva des yeux humidifiés par les larmes vers moi en lâchant un énième couinement.

« Tu aurais dû faire plus attention… » soupirai-je. « On reste entre quatre mur et tu as beaucoup de force. » Il hocha la tête.

« Je ne pensais pas que c'était aussi sensible. Ça fait un mal de chien ! » se plaint-il.

« De loup tu veux dire ? » riai-je en faisant un clin d'œil. Il s'immobilisa et me fixa. Je levai les yeux au ciel. « Bon, je sais que ma blague était pourrie mais je voulais te réconforter et te faire oublier la douleur. Tu pourrais au moins rire !» dis-je d'une petite voix. Il se releva et me regarda dans les yeux. « Quoi ?!» m'écriai-je comme si j'étais une victime.

« Rien, tu es juste très comique à regarder.» J'écarquillai les yeux et je vis les siens devenir rieur. Il se fichait de moi !

« Tu te moques de moi ! C'est ingrat ! » m'exclamai-je en le bousculant avec mon épaule. Il ne bougea presque pas et je fus celle qui m'heurta à un mur, manquant de m'affaler contre lui. Il éclata de rire, faisant résonner les mêmes bruits que moi la dernière fois. Une fois calmé (plus vite que moi en passant), il se tourna vers moi.

« Merci Tp, ça m'a aidé à ne plus rien ressentir » dit-il en me lançant un regard doux. Je ne le remarquai pas mais notai que sa queue allait et venait doucement dans l'air, à un rythme régulier. Ah ! Je n'étais pas la seule au moins ! Nous n'attendîmes pas plus longtemps et repassâmes dehors. Nous cherchâmes une sortie pouvant mener de l'autre côté du portail mais aucune ne nous apparaissait.

« Retournons là-bas » proposai-je naturellement après quelques minutes de recherches. Il hocha la tête et nous nous dirigeâmes vers l'origine de la bifurcation en courant. Finalement, nous refîmes face au portail en bois qui bloquait le passage.

« Il faut absolument passer de l'autre côté ! » insista Link en piétinant autour de la barrière. Le plus discrètement possible, je me mis à renifler le bas du portail et m'arrêtai au niveau de la palissade moisie à sa gauche.

« Link ! La terre est meuble ici ! » m'écriai-je en relevant la tête rapidement.

« Et alors ? » répondit-il se demandant pourquoi je lui communiquais cette information.

« Et alors tu peux creuser ! » s'écria Midona sur son dos en donnant un coup dans son flanc. Il sursauta et l'ignora pour s'approcher de moi. Je commençai à creuser quand il me donna un coup dans l'épaule, m'expulsant plus loin.

« Qu'est-ce que tu fais ! » protestai-je en reprenant mon équilibre.

« J'irais plus vite, j'ai plus de force » dit-il neutrement. Puis, il entama le travail, creusant efficacement la terre pour en faire un petit tunnel.

« Ça devrait aller » l'interrompis-je quelques minutes plus tard. Il s'engouffra dedans et ressortit de l'autre côté. Il se jeta immédiatement sur l'insecte. Je l'imitai et sentis les planches en bois me racler le dos. En m'en dégageant, je grognai. Ma fourrure blanche était entièrement tâchée. Il se moqua légèrement, me disant que j'étais une précieuse. Je soufflai par le nez pour exprimer mon mécontentement. « Continuons au lieu de déblatérer » le coupai-je. Je devais prendre la tête dans ces galeries car je savais où l'on devait se rendre. Je m'engouffrai dans le dédale rocheux, Link sur mes talons.

« Tp ? » J'aboyais pour lui signifier que je l'écoutais. J'étais en pleine course, je n'allais pas perdre mon souffle en faisant une phrase. « Tu es déjà venue ? Tu sembles connaitre le chemin » me dit-il. Je l'entendis parfaitement malgré le vent dans mes oreilles. Notre course était si rapide que je créais un courant d'air. Je ne m'arrêtai quand débouchant sur la forêt de l'autre côté. Link se stoppa et me lança un regard interrogateur.

« Hum… Oui… J'ai… Je me suis perdue la dernière fois et… j'ai eu l'occasion de passer par là » mentis-je. Je ne devais pas donner trop de détails ou tout se mélangerait à la fin. Je grimaçai intérieurement. Il paraissait me croire, autant ne pas s'attarder.

« Et tu es sûre qu'il n'y a pas d'insecte dedans ? Il y a une autre galerie de souvenir non ? » Je trépignai sur place et réfléchis.

« Oui mais s'il y en avait un à l'entrée, il ne serait pas sorti sans ses copains donc… Il n'y en a pas d'autres » inventai-je pour ne pas perdre de temps.

« Comment tu sais cela ? » s'étonna-t-il.

« Ce genre de nuisance n'aime pas quitter son groupe. Ils grouillent ensemble » répondis-je. Il me fixa quelques secondes.

« Si tu le dis…» Puis, il tourna la tête avant de se précipiter dans un coin. Je le vis s'approcher d'une falaise afin d'attaquer un insecte. Midona le remarqua aussi et utilisa sa main pour l'écraser violemment contre le mur, broyant sa carapace qui explosa en fumée. La lumière qui s'en dégagea me rejoint rapidement et se retrouva dans le calice. Je louchai pour voir les pierres sans succès. Link le vit et se rapprocha. Il parut compter. « Encore six ! Nous avons fait la moitié !» s'écria-t-il en me regardant. « Le reste doit être derrière» dit-il en courant dans mon dos. Je compris son geste trop tard. Il s'était élancé vers la brume violette qui recouvrait la moitié du sol.

« Link! » tentai-je pour le stopper mais il était déjà trop près. « Link ! » Je courus vers lui en le voyant s'évanouir.


Notre cher Link qui joue aux inconscients, moi je vous le dit, on ne va pas être la demoiselle en détresse tout le temps ^^ Alors, à votre avis, comment vous allez pouvoir vous en sortir ?