Auteur : Duuduu est de retour ……
Note : j'avoue avoir honte de ce que j'ai écrit T_T mais en espérant que ça vous fasse rire …
IV
Midgar. Midgar l'éternelle. Berceau de l'espoir et du désespoir. Ville fantôme à ses heures perdues. Enfer permanent.
Bas-fonds de la cité, un jour normal. Non, pas un jour. Une mâtinée normale pour une jeune femme banale : une cover-girl épuisée qui rentre chez elle après une nuit de débauche. Sur le chemin ? Une rue trop sombre, une de plus, à peine touchée par les premières lueurs de l'aube, rien d'étonnant ici. Sur le chemin, trois mecs en triangle penchés sur quelque chose entre eux, rien d'étrange. Petit deal ou grosse livraison, l'audace des receleurs de Midgar était connue. Tout y circulait, comme dans les boyaux putrides d'un monstre sans visage, celui qui dévorait les âmes saines et innocentes au petit déjeuner ! Tout y sentait le viol, l'argent, le meurtre, la drogue, l'alcool, le sexe, les neuf Enfers, les entrailles de Lucifer …
La tête haute, elle fit un pas dans la ruelle noire. Elle avait l'habitude depuis l'âge de treize ans où elle se faisait déjà aborder. Non décidemment plus rien ne l'étonnait, pas même ces trois clodos défoncés qui semblaient se partager une nouvelle dose. Ses pas résonnaient sur le bitume, ça faisait beaucoup trop bruit bon sang ! Elle en avait l' « habitude » d'accord, elle conservait quand même cependant cette petite boule au ventre qui fait les gens sensés et un minimum prudents face à un danger potentiel. Elle souffla un coup ; ils se rapprochaient, à moins que ce ne soit elle qui se rapprocha d'eux, elle n'arrivait pas à savoir. Le plus grand releva la tête et donna un coup de coude à son voisin de droite. Comme ils bouchaient les trois quarts du passage, la jeune femme se racla la gorge afin qu'ils lui cèdent la place ; puis, devant leur manque total de réaction –ils devaient déjà planer complètement– passa quand même en se frottant un peu au mur. Heureusement elle n'était pas épaisse, Odin me tripote.
« Héhé attends ma jolie ! » susurra le plus grand –le chef apparemment– sur un ton répugnant de sous-entendu.
Il tapa sur les épaules de ses deux potes qui portèrent eux aussi leur attention sur elle. Il y avait un petit blond trapu avec les cheveux ébouriffés, un moyen tout maigre avec de longs cheveux roux et le dernier, le boss, portait un bonnet sombre (noir ?) et arborait un bouc taillé court. Les trois étaient vêtus comme des gamins de la rue, ils ne devaient pas avoir plus de dix neuf ans … et ils ne devaient plus rien attendre de la vie à voir leur expression lassée …
Ella regarda le ciel et continua à avancer en le regardant fixement. Elle essayait de paraître aussi blasée qu'eux mais en vérité, elle glapissait presque d'effroi. Pourquoi, ô pourquoi, ils avaient décider de l'accoster ?!
« Eh mais dis donc, t'as pas un peu d'tunes ? » reprit l'autre dadais niaiseux.
Se reprenant, elle fit volte face et répondit sans émotion :
« Certainement pas pour toi non. »
Elle voulut faire demi tour mais le balèze s'était avancé et l'avait retenu violemment par l'épaule. Une irrépressible envie de crier au loup ébranla le petite chaperon rouge qui se trouva réellement très petit et très vulnérable.
Dans la panique qui la submergea, son énorme sac glissa de son épaule et répandit son contenu à terre. Elle se maudit intérieurement en s'accroupissant. Elle ramenait les fringues en tas vers elle lorsque le jeune homme se baissa à son tour et souleva -avec un demi-sourire mauvais/niais/douteux ne rayez aucune mention- un accessoire en dentelle blanche du plus bel effet :
« Hé ! T'avais prévu qu'on se croiserait ou quoi ? Tu sais quoi j'ai une super idée pour utiliser ces machins avec toi ma puce …
- Lâchez-moi. » grinça-t-elle en lui arrachant la jarretelle qu'il tenait entre ses gros doigts sales.
Elle ramassa tout en désordre et, plutôt que de s'enfuir corps et âme en courant comme le criait sa raison, elle l'envoya balader et tenta –oui tenta– de partir drapée dans sa dignité. Malheureusement, les deux copains s'étaient réveillés en voyant tout ce fatras appétissant. Non content d'avoir un bonobo en rut, la voilà affublait d'un gorille qui se serait pris un pétard et d'un orang-outang mou comme un gastéropode léthargique … Hum.
A peine avait-elle tourné les talons que, les deux potes primates s'esclaffant comme des gros lourds, le singe au bonnet en rajoutait une couche :
« Roooh mais pars comme ça poulette, on veut juste un peu d'affection.
- Allez vous faire empailler », cracha-t-elle de dos.
Tout se passa alors très vite, bientôt cernés par la bande, elle jetait des coups d'œil à la rue sombre derrière eux qui ressemblait à un paradis doré …
« Laisse tomber, tu vois bien qu'c'est une chaudasse elle est pas pour toi … » lança le rouquin avec plein d'entrain.
Elle le vrilla d'un de ses regards haineux dont elle seule avait le secret :
« J'suis danseuse, pas pute. T'as fait erreur connard. »
Mais cela semblait les amuser encore plus que leur petite proie essaye de se défendre.
« Dis donc t'as vu comment elle me parle ? ricana le susnommé « connard ».
– Oooh laisse, je les préfère comme ça ! s'exclama le chef en tendant une main vers les cheveux blonds de la jeune femme.
- Ne me touchez pas, fulmina-t-elle en voulant toutefois se contenir.
- Juste un câlin poupée, rien qu'un p'tit peu d'affection pour trois mâles solitaires …
- Mâles solitaires ? s'étouffa-t-elle. Depuis quand trois pécores qui se cament dans une ruelle, ça fait des mâles solitaires ?! hurla-t-elle en pensée. »
Le chef au bonnet se colla à elle par derrière et enserra sa taille de son bras droit avant de goûter à la fraîcheur de ses cheveux par ses lèvres. Sans qu'il n'eut le temps de vraiment comprendre, son bras se tordit bizarrement, il était au sol, du sang l'aveuglait, il entendit ses amis hurler, l'un d'eux s'effondrer, les pas précipités de l'autre sur le bitume, il avait la tête dans du coton, tout son corps était irradié par la douleur, il perçut à peine le bruissement de l'air là où la belle jeune femme blonde se tenait avant de disparaître dans la brume matinale …
A suivre …
