Les jambes ramenées près de la poitrine, sa tête posée sur l'un de ses genoux, Elena observait pensivement la nature qui s'éveillait, l'astre du matin faisait afin son apparition comme à l'accoutumée de façon théâtral, majestueuse. Hélios (soleil en grec) monte ainsi le matin sur son char attelé de chevaux qui ne respirent que par les étincelles et la fébrilité, et il s'élance dans le ciel par sa route familière, dès que l'Aurore lui a ouvert les portes du Jour. A l'époque de la Grèce Antique, le soleil était considéré comme l'œil ouvert sur le Monde. Cet œil, aujourd'hui, allait être le témoin d'un déroulement tragique : le sacrifice d'une doppleganger, Elena.

Les frères Salvatore voulaient reprendre rapidement la route pour la Pension. Ils voulaient profiter des derniers moments avec la jeune femme.

_ « Elena, es-tu prête ? Nous partons. » appelèrent les deux vampires.

_ « Un instant, les garçons, je voudrais écrire quelque chose, aller dans la voiture, je n'en ai que pour quelques instants. »

Elena, parcourut quelques pas, savourant le contact des quelques feuilles et d'herbes qui avaient reçu la rosée du matin sur la plante de ses pieds, puis s'agenouilla près d'un frêne blanc. Il était majestueux, élancé, robuste. Il était isolé mais profitait de cette solitude pour élargir sa cime et ses branches fleuries.

Elle claqua la porte de la voiture et annonça :

_ « Nous pouvons y aller. Merci d'avoir attendu. J'espère que vous n'avez pas trop patienté. »

_ « Bien sûr que non Elena. » affirma Stefan un large sourire sur son visage

_ « Que faisais-tu là-bas ? Tu disais à Bambi qu'il n'avait plus besoin de se cacher et qu'il pouvait ramener tous ses petits copains ? » plaisanta Damon.

_ « Oh, ce n'était vraiment rien d'important. Rentrons. J'ai hâte de revoir Jérémy et les autres. Et merci encore pour tout. » remercia Elena

_ « C'était un réel plaisir Mademoiselle Gilbert ! » Damon fit une révérence accompagné de son sourire charismatique.

Au loin, gravé sur un frêne blanc, on pouvait lire :

Je reviendrais.

Frappant en rythme sur le volant, Damon sifflotait, Stefan observait le paysage défilant à vive allure et Elena était allongée sur la banquette arrière. Quand subitement, à la radio, une des chansons préfères d'Elena passa :

_ « Damon, s'il te plaît, mets plus fort ! »

_ « Elena, pitié, c'est tellement mièvre, et déprimant…. Bon d'accord, c'est bien parce que c'est toi ! »

(…)
I sat on the roof and kicked off the moss
Well a few of the verses well they've got me quite cross
But the sun's been quite kind while I wrote this song
It's for people like you that keep it turned on

So excuse me forgetting but these things I do
You see I've forgotten if they're green or they're blue
Anyway the thing is what I really mean
Yours are the sweetest eyes I've ever seen.

_ « Cette chanson d'Ellie Goulding, Your song, elle est vraiment magnifique. Elle correspond parfaitement à vous deux, surtout à la fin de la chanson, où la chanteuse évoque des yeux vert ou bleu. Vos yeux, ils sont comme dans la chanson, ils reflètent une tendresse que je n'avais jamais rencontrée auparavant. Excusez-moi, je m'égare. »

Les deux frères Salvatore étaient subjugués. Auparavant, Elena n'aurait jamais osé aborder ses sentiments aux deux frères dans une pièce aussi confinée. Et surtout en présence des deux frères Salvatore.

Arrivés devant la Pension des Salvatore, Elena fut stupéfaite de découvrir tous ceux qu'elle chérissait sur le perron. Jérémy, Bonnie, Caroline, Matt, Tyler et curieusement Elijah était présent aussi. Ils étaient tous là. Pour elle. Avec elle. Ils l'accueillirent avec effusion, enlacements fraternels, amicaux et amoureux. Elijah observait la scène, il haïssait les scènes d'épanchement, synonyme de sentiments humains. Ces sentiments lui étaient devenus étrangers depuis la trahison de Katerina Petrova. Pourtant, un corps frêle vient l'éteindre :

_ « Je sais bien que ma vie t'importe peu, que tu ne veux que détruire que celle de ton frère Klaus. Mais, tu as aussi perdu quelqu'un, il y a fort longtemps. Katerina Petrova. Tu l'aimais et elle t'a fait souffrir. Désolée pour le mal qu'elle t'a fait. Désolée. »

Les bras ballants, après quelques minutes d'hésitation, il répondit au tendre enlacement de la jeune femme. Il lui susurra à l'oreille :

_ « Merci Elena. Merci. Tu es bien la première depuis mille ans à te soucier de mes sentiments. Tu n'es et tu ne seras jamais Katerina Petrova. Malgré que vous soyez les doppleganger Petrova, tu es la bonté incarné. Elena, je vais te confier un secret. J'aimais Katerina Petrova. De toute mon âme, je transpirais l'amour, je suais d'admiration pour elle, je l'idôlatrais ! Mais depuis, après cette trahison, j'ai abandonné tous les sentiments humains. Mais aujourd'hui, aujourd'hui, Elena, tu as éclipsé Katerina Petrova. Tu l'as fait disparaître de mon cœur. Et je t'en remercie. » Après cette tirade, il embrassa la tempe de la jeune femme, prouvant par ce geste qu'il l'estimait enfin, qu'elle était devenue un être à part entière et non un sacrifice humain pour l'orgueil d'un Vampire-Loup-garou millénaire.

_ « Je t'ai déposé un présent dans la chambre de Damon. J'espère que tu l'apprécieras. Il appartenait à ma mère et j'ai réussi à le conserver depuis tous ces siècles. Il m'est d'une valeur inestimable. Prends en soin, je t'en conjure. »

Elena se tenait devant un gigantesque miroir qu'avait disposé Elijah. Elle se tourna pour admirer sa robe. Cette robe aurait fait vaciller le plus simple des humains ou le plus puisant des dieux de l'Olympe. « Simplicité. » pensa immédiatement la jeune femme. En effet, la robe ne tenait que sur sa simplicité, elle reposait ainsi uniquement sur la beauté d'Elena. En soie d'ivoire, elle était légèrement froncée sous la poitrine et elle formait une encolure autour du cou olive. Elle était aussi retenue à la taille par une délicate ceinture marron. Les pans de la robe étaient croisés dans le dos, on pouvait ainsi voir la peau soyeuse de la jeune femme tachetée de taches de rousseur. La robe drapée tombait après les genoux et elle était assortie de somptueuses spartiates. Elle avait soigneusement peignés ses cheveux châtains et ils retombaient en cascade, flottant au gré de ses mouvements. Elle n'avait ajouté qu'un simplement crayon noir sur ses yeux pour souligner la profondeur de ses yeux chocolat. Dans ses yeux, désormais, se lisait la détermination. « Je suis prête. Klaus. Attends-moi ! » pensa-t-elle.

Nous t'aiderons, n'aie crainte.

Ces quelques paroles, chuchotées au creux de l'oreille de la jeune femme, provenaient d'une contrée lointaine. Le vent, porteur de ce message salutaire, voguait depuis le ciel. En effet, à l'écart du regard des hommes, se tenait un lieu utopique. Magnifique, splendide, il surpassait indéniablement toutes les beautés terrestres inimaginables : la Nature était en effervescence. Fleurs magnifiques, parfums suaves, délicats, odorants, capiteux, végétation luxuriante, une herbe dorée que foulaient chaque jour les bénéficiaires de ce lieu utopique. Ces individus, au nombre de dix-huit, tout en festoyant du nectar et de l'ambroisie, contemplaient le monde.

_ « Elle est enfin prête à ce combat, que les Dieux soient avec elle… »

_ « Mais que dis-tu, nous sommes les Dieux, l'aurais-tu déjà oublié ? »

_ « Bien sûr que non, mais j'ai entendu cette métaphore lors de mon séjour sur Terre … »

_ « Silence, mes enfants, l'Aurore se dévoile ! Observons ! »

Les dix-huit Dieux s'installèrent majestueusement autour d'une table marbrée, épiant chaque mouvement de la jeune femme.

Elena descendit lentement les escaliers de la Pension, respirant calmement, elle songeait à la réaction de ses proches lors de son apparition.

Un craquement d'escaliers interpella toutes les personnes, lorsqu'ils tournèrent la tête, ils découvrirent une Déesse. Les frères Salvatore, la bouche béante, les yeux remplis de désir, l'a convoité. Jérémy, Bonnie, Caroline, Matt et Tyler se surprirent à sentir sur leurs joues des larmes de bonheur et de fierté. Et enfin, Elijah, imperturbable, observait le changement de comportement de la jeune femme : « Elle est déterminée à suivre sa destinée. Que les Dieux soient avec toi » pensa-t-il.

_ « Elena, tu es magnifique ! » affirmèrent ceux qu'elle chérissait de toute son âme.

_ « Vos compliments me vont droit au cœur. Merci. » remercia-t-elle.

_ « Elena, j'ai un présent pour toi, j'espère que tu apprécieras. » Damon s'agenouilla près d'Elena et entrelaça ses doigts à ceux de la jeune femme. Lorsqu'il retira ses doigts, on pouvait distinguer une bague sur l'annulaire de la « Déesse Elena ».

_ « Cette bague a appartenu à ma mère, c'est le bien le plus précieux que j'ai d'elle. Elle t'appartient désormais. »

Avec sa couleur bleue, unique et intense, le lapis lazuli de la bague dégageait un symbole de pureté, de noblesse et d'élégance.

_ « Elena, je voudrais aussi t'offrir quelque chose s'il te plait, ferme les yeux » demande Stefan.

Il déposa autour du cou, un collier serti de rubis. « La plus précieuse des douze pierres que Dieu créa », rare, pur et éternel que portait la jeune femme prouvait l'Amour éternel que porte Stefan à l'égard de la jeune femme.

Elena, remercia du regard les deux frères Salvatore et entrelaça délicatement ses doigts autour de ceux des deux vampires. Elle se sentait prête à tout affronter et à vaincre Klaus.

Klaus, ton heure est arrivée !


Dans ce chapitre, j'exploite le dernier "Jour" d'Elena : il y a de nombreux révérences sur la Grèce Antique et la mythologie des Dieux (cette époque m'a toujours fasciné). Si vous avez des suggestions à me faire, vous êtes les bienvenues (une petite review me ferait énormément plaisir).

Bisous et à bientôt pour la suite.