Chapitre 6
PDV Edward
Je démarrai la voiture et m'engageai rapidement sur la nationale vers Port Angeles. Bella avait le regard rivé sur sa fenêtre, c'est à peine si elle osait respirer. Je la rendais peut-être nerveuse. Après tout, nous avions beau nous croiser à l'hôpital, nous ne nous connaissions pas. Je n'en avais aucun souvenir mais apparemment nous avions invité Bella à ma fête d'anniversaire pour mes dix ans.
« Ça devrait être rapide. » dis-je au bout de vingt minutes.
« Je peux voir la liste ? »
Je lui tendis le papier.
« Oh, mais il y a beaucoup à acheter. Je croyais que ta mère ne voulait que des bougies. » s'étonna Bella.
« Oui, je le croyais aussi. Elle est étrange depuis mon retour. »
« Comment ça ? »
J'hésitai à répondre, je ne voulais pas parler de ma mère avec une inconnue mais je n'avais encore trouvé aucun autre sujet de conversation.
« Au début elle était vraiment contente que je revienne vivre à la maison. Puis elle a commencé me presser pour trouver un appartement. Il y a peu d'opportunité à Forks et j'aime autant rester proche de l'hôpital alors je suis encore chez eux. Ensuite elle a voulu me présenter… des femmes. »
Je n'avais pas voulu dire la dernière partie mais c'était sorti et je me demandai si Bella allait comprendre que ma mère tentait de nous caser ensemble.
« Oh ! Comme mon père. Après son attaque, il a été heureux que je sois avec lui. Je me suis occupée de lui. Puis il a changé, il se cache pour téléphoner, ses horaires sont bizarres, il m'a presqu'harcelée pour que je fasse du bénévolat. Je ne regrette pas pourtant. Mon père va mieux, j'aime bien m'occuper des patients. »
« Il se cache pour téléphoner ? » relevai-je.
« Oui, pourquoi ? »
« Ma mère aussi… Des fois en plein après-midi, elle dit qu'elle va jardiner et puis elle s'enferme dans la cabane où elle range ses outils. Je l'entends souvent chuchoter, un jour je l'ai surprise en pleine conversation avec… »
Je freinai brusquement. Je me rejouais quelques moments les deux derniers mois. Ma mère au commissariat, au téléphone avec Charlie il y a quelques semaines, elle le croisait souvent au supermarché d'après Mme Cope, Jessica aussi l'avait vu prendre un café avec lui trois jours plus tôt.
« Edward ! Qu'est ce qu'il t'a pris ? » me secoua Bella.
« Je… elle… Charlie… »
« NON ! » s'écria Bella en mettant sa main devant sa bouche.
« Elle raconte souvent qu'elle l'a croisé ou alors qu'elle est passée à la station… »
« Il y a eu aussi ces invitations à déjeuner chez vous, presque toutes les semaines. » renchérit-elle.
« Oh mon dieu ! »
« Ta mère et mon père… J'avais des soupçons sur le fait qu'il était amoureux mais je ne savais pas de qui… »
Mes mains se crispèrent sur le volant et je dévisageais Bella.
« Attends, attends, ne nous emballons pas. » se calma-t-elle.
J'étais incapable de chasser de mon esprit toutes les fois où ma mère avait prononcé le nom de Charlie, son attitude de cachotière, limite adolescente en pleine puberté.
« C'est évident ! Sale enflure ! »
« Eh, c'est mon père ! » s'offusqua Bella.
« Il est célibataire ! Pas ma mère ! »
« Edward, on n'est sûr de rien. »
« Non mais il y a un moyen de l'être, on va les espionner. »
Voilà, on pouvait se douter qu'Edward avait deviné le complot de sa mère mais il n'a surtout toujours pas compris pourquoi ses parents persistent…
